VÉCU – AGNÈS

Le téléphone a sonné vers 9h30, je crois.
Son grand-père est mort cette nuit. Il allait avoir 99 ans.
– Je ne me suis pas encore autorisée à pleurer, dit-elle.
Je me suis senti proche d’elle, plein d’une compassion dont je me méfie et que je me suis retenu de dire, car elle pourrait me submerger et l’affaiblir au lieu de l’aider.
Voilà une chose dont j’ai peur pour l’avenir et que je ne veux pas : que mon excessive sensibilité me rende les difficultés à venir (maladie – déceptions – mort) difficiles à supporter et que je manque de courage.
Je ne le veux à aucun prix.
C’est la chose la plus importante pour moi.
Moi qui pensais à l’informer de la rupture, à lui envoyer les notes plus haut, peut-être ! Heureusement le timing du destin m’a sauvé !

– Note écrite à 68 ans

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