VÉCU – AGNÈS – MARIE-NOËLLE

Je la rappelle, vers 21h30, pour savoir « comment ça va ». N’osant pas prendre une voix enjouée, ni même « normale », j’adopte un ton un peu « funéraire ». Elle me dit que ça va « et heureusement, sinon ma voix l’aurait fait déprimer ». Je lui explique que j’ai cherché ma voix (sic !) et que, si je ne l’ai pas trouvée, je m’en excuse. Ça la fait « (légèrement) sourire.
C’est cela qui me déprime : en toutes choses, être « à côté de la plaque » et, particulièrement, manquer de légèreté.
Impression qu’elle me fait et à juste titre !
Voilà qui réveille mon angoisse de mort, cette pensée de mon impréparation, inadaptation à la mort évoquée plus haut, où j’ai peur d’être un poids pour elle, mais aussi d’avoir besoin d’elle (et qu’elle ne me réponde pas).

– Note écrite à 68 ans

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