VÉCU – AGNÈS – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

Paris. Depuis hier soir. Paris, après un détour (une fuite) par Nantes et Lourmarin.
Hier soir : flip intense, mais la solitude s’organise.
Culpabilisation très forte au contact de la maison (vis-à-vis d’Agnès principalement et, secondairement, vis-à-vis de Jocelyne) ← note écrite dans mon carnet par Jocelyne ayant souligné le mot « secondairement » : « Mais je ne suis jamais jalouse de ma fille »
J’aimerais avoir Agnès au téléphone, mais : les parents… Je ne sais pas si je les hais. Je ne crois pas. Mais je leur en veux. Et je m’en veux à moi aussi, bien sûr. Jocelyne va venir (mais il se passera des choses d’ici là). Toujours l’espoir de renouvellement de la relation, mais sans illusion cette fois-ci (un an, il y a un an je revenais plein d’illusions. Un an déjà ! Ah ! Ah !) Quoiqu’on s’oriente (peut-être et peut-être est-ce la meilleure solution ?) vers une divergence de nos vies, je n’arrive pas à l’admettre, à admettre d’être indifférent vis-à-vis d’elle, de vivre mes trucs de mon côté. Il y a une explication possible à cette non-admission : la peur (de moi, de ma vie) et son corollaire : le blocage, l’attachement foetusien à elle.
Autre explication : au fond, j’aime cette petite bourgeoise (est-ce si étonnant ? Je suis un petit bourgeois !) Et l’amour consiste à partager une vie.
Mais qu’il est difficile, l’équilibre entre le partage et la solitude : il faut d’abord réussir sa solitude et réussir à la contredire.
Je doute fort d’un changement réel. Et d’ailleurs veut-t-elle que nous restions ensemble ?
Si elle avait changé d’avis, de son côté ? Je crois cependant que, même en ce cas, alors que j’ai tant souhaité ça, je maintiendrais les choses en l’état pour l’agneau. Pas de sacrifice sur l’autel de la « liberté ».
Je veux changer des choses matérielles, dans la maison, dans mes vêtements. Je n’y crois guère. On verra ça. Rendez-vous ici dans quelque temps.

– Note écrite à 28 ans

Note écrite dans mon carnet par Jocelyne le 04/04/1978 : « Tu as fait le « sacrifice » sur l’autel de la liberté. »

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