Carnet 7

Carnet 7 – Du 16 août 1966 au 6 janvier 1967

 

16/08/1966 

 

IMAGE

 

 

Image figurant sur l’emballage d’un morceau de

sucre tel qu’on en sert dans les cafés collée en

1ère page intérieure du carnet 7

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Phénomène de foire = un type qui a un sens extraordinaire du poids des choses. Il soupèse et marque un poids sur un cadran, comme une machine. La personne qui a essayé monte ensuite sur une vraie bascule   c’est le même poids et c’est le poids réel de l’essayeur…

Certains trichent (ils viennent avec une charge en supplément) Il les démasque en disant leur poids réel.

 

 

Homme = Machine

La triche démasquée, l’homme redevient homme =

Un type arrive, se fait peser par le phénomène  tant de kilos. Puis il monte sur la bascule  il pèse plus ! Erreur ? Le phénomène se débarrasse de son attirail, arrive sur le gars, écarte sa veste : il avait ajouté des poids. Bien qu’il ait des poids sur lui, lorsqu’il passe sur le phénomène, celui ci donne le poids réel. Il casse la gueule au tricheur, avec rage. Puis il reprend son boulot.

CORRECTIF :

Il ne « pèse »pas les gens. Il donne leur poids en les regardant, en les tâtant puis il va indiquer un chiffre sur le cadran.

Soit phénomène seul (sans triche) au milieu d’une revue soit « histoire ».

 

17/08/1966 

 

VÉCU – CINÉMA

 

Aujourd’hui pas d’idée. Assisté à la troisième journée de tournage du film de G. et D. Un plan excellent : un échange de cigarettes et de feu. Mais ennuis de pellicule  Ils ont été obligés de recommencer. Sûrement moins bon la deuxième fois. D’autre part, Jocelyne est allée travailler le ballet pour le gars de Quiberon. Elle se bagarre dur. C’est bien. Je suis content. Excellente idée : elle voudrait faire un ballet moderne sur les Romans de la Table Ronde. J’entrevois des tas de possibilités très intéressantes, exaltantes. Pour le ballet nous retardons notre départ de cinq ou six jours.

 


Renoué avec Y. 

 


Revu aujourd’hui L.. Rien de spécial.

 


Envie de noter quelque chose mais : rien à dire.

 

DESSIN

 

 

Fleur véhémente

 

18/08/1966 

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Inclure in séquence (comique ou tout du moins farfelue) : réalisation (au sens propre) de métaphores (exemple : » Je ronge mon frein « » Exécuter une ordonnance »)

 ,type assis, frein à main en main. Un autre arrive :

– Qu’est ce que tu fais ?

– Je ronge mon frein… Et il le ronge. (Il attend quelque chose)

Placer les objets réalisants dans les mains de personnes ou à leur portée soudainement, sans autre explication ni justification, simplement pour la métaphore. Nécessité du langage

 

ÉCRITURE

 

Feu roulant de nœuds coulants…

 

VÉCU – CINÉMA

 

Aujourd’hui : nouvelle journée de tournage du film de G.

Très intéressant  dans certains cas il vaut mieux ne pas prévenir l’acteur de ce qui va se passer.

 

Vu » Le droit de regard » d’Yvon K. Manque de matière, mais certaines splendeurs.

 

19/08/1966 

 

ÉCRITURE – PROJET » ALICE »

 

Alice : bain dans un encrier  toute bleue  plongeon dans solution détachante (?)

 

ÉCRITURE – PROJET » ALICE »

 

Balancement des situations « extraordinaires « (rouge à lèvres, araignée) aux situations ordinaires (un objet minuscule a une fonction habituelle à la taille normale 

fil  corde. 

Brins d’herbe  balai) 

et dans un monde aux dimensions nouvelles : attitudes habituelles car la petite fille n’a pas conscience d’avoir changé de monde…

Il faut qu’elle rencontre des êtres  suivant la taille qu’elle a  rencontre avec tel ou tel animal

 

 

20/08/1966 

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Une fille chez une autre : la coiffeuse est encombrée, en désordre. Elle range les tubes et les flacons…

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Idée de Jo : viol à la rigolade. Gars et fille écroulés de rire, se chatouillant, etc. 

 

21/08/1966 

 

VÉCU – CINÉMA

 

Hier : tournage (dernier jour) film G. Scène d’accident : un gars renversé par une voiture. Je conduisais. Premier essai : rien (trop vite  peur). Deuxième choc. Je l’ai senti très fort. Le gars roule en gémissant. Je me précipite. Tout le monde a cru que c’était sérieux. La caméra a été arrêtée. Finalement ce n’était rien. Ce qu’il y a de formidable au cinéma, c’est que la vérité surgit à n’importe quel moment. On ne savait pas très bien si on jouait ou si « c’était vrai »…  très intéressant comme expérience à faire. Cela m’a marqué et je suis sûr que ça me servira. Les êtres se trouvent amenés à participer en entier

 

VÉCU – CINÉMA

 

Heureusement j’ai(me) le cinéma…

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Cette nuit, j’ai rêvé que j’essayais en vain de baiser une fille tandis qu’à côté de moi mon cousin m’envoyait victorieusement des torrents de sperme dans les jambes…

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Idée de décor (à inclure dans un ensemble) Église dont les bénitiers sont alimentés par des gouttières.

 

 

PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Je me sens humilié.

 

CARNETS – VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

J’aimerais que ce carnet ne serve qu’à noter des idées, des projets. Mais je crains qu’il ne doive être aussi un exutoire…

 

VÉCU – VACANCES

 

Finies, mes « vacances « hors de Paris. Autant dire que je n’en ai pas prises. Mais je m’en fous. À quoi me sert de voir la mer sans pouvoir la sillonner ou m’y plonger vraiment ? J’aime mieux me passer carrément de vacances, rester à Paris où, au moins, je pourrais aller au cinéma, plutôt que de jouer les vacanciers sans moyens. J’aime mieux attendre. Un jour ou l’autre, j’aurai les vacances dont je rêve et peut-être sera-ce plus que des vacances… (un film… ?) Les vacances et tout ce qui les entoure seront intégrés à un ensemble qui les dépassera (j’utiliserai le bleu, le ciel, la vitesse, le vent, le blanc, le soleil, les bateaux, les avions, le rouge, les voitures, mais sans m’y arrêter. Purs moyens.)

 

25/08/1966 

 

SOCIÉTÉ 

 

Émission télé Laborit :

Avant : société fondée sur le travail manuel  prédominance de l’homme (  supériorité musculaire # faiblesse musculaire de la femme)  domination de la femme par l’homme.

Maintenant : société automatisée  travail intellectuel  libération et promotion de la femme (  égalité intellectuelle).

 

court métrage « UNE SECONDE JEUNESSE »

 

Décidé de reprendre le scénario fantastique

 

MOT – ÉCRITURE

 

X n’est pas (a) mais il est (b)

(a) = épithète favorable, flatteuse

(b) = épithète défavorable

Exemple :

« X n’est pas courageux, mais il est paresseux… »

 

27/08/1966 

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Utiliser (je ne sais pas pourquoi je tiens tant à cette idée) le poulet cuit à l’intérieur d’une croûte de sel

 

28/08/1966 

 

ÉCRITURE

 

Ce qui n’est pas rentable n’est pas…

 

MUSIQUE – JAZZ

 

« Trouble in mind « (Jimmy Smith)

 

court métrage « UNE SECONDE JEUNESSE »

 

 (Scénario fantastique nouvelle manière) Bourgeoise riche avec noble fauché. Un jeune couple. Lui collectionne les animaux (notamment empaillés)  elle en conçoit une vive frayeur des animaux. Le couple, vieux. Un soir, le vieux découvre une chauve souris. Il l’enferme dans une pièce. « Avant le lever du soleil », le lendemain matin, la femme y pénètre. Elle est épouvantée. Elle meurt. On l’enterre. Le soir des funérailles, pris de remords, le vieux déterre le cercueil et le ramène au château où il la garde au milieu des animaux empaillés. Lorsque la nuit tombe, la chauve souris réapparaît, accompagnée d’une autre. Elles attaquent le vieil homme. Celui ci s’aperçoit qu’il a affaire à deux vampires. Il en détruit un mais l’autre s’enfuit, s’envolant dans la nuit. La nuit suivante, il se poste et surveille le cercueil. Sa femme en sort, rajeunie jusqu’à l’âge de leur mariage. Elle se transforme en chauve souris et s’envole par la fenêtre. Lorsque le jour revient, le vieil homme sait que le vampire doit être dans son cercueil. Muni d’un pieu, il s’apprête à l’enfoncer dans le cœur du cadavre mais il y renonce. Il laisse retomber le couvercle. Il attend. Lorsque vient la nuit, le couvercle se soulève, la jeune femme vampire sort. Un peu plus tard, dans la nuit, deux chauve souris s’envolent côte à côte.,

 

30/08/1966 

 

IDÉE – TECHNIQUE

 

On peut couper une bande magnétique 

on peut isoler certains mots d’un discours enregistré et les grouper 

 alliance de mots 

 signification nouvelle. 

Couper ainsi le son et les images correspondantes.

 

 

Mots ou groupes de mots montés pour signifier quelque chose, on prend des mots ça et là dans un discours et on les monte l’un après l’autre pour obtenir une phrase. 

Exemple : « Le vase était apporté par Jacques, qui ne voulait pas arriver les mains vides… « 

 on monte  « Le vase était vide « + images correspondantes à chaque mot où groupe de mots montés dans le même ordre que les mots ou groupes de mots. 

Résultat 

(Possible et peut être meilleur avec des sons ou groupes de sons)

 

« Paris nous appartient »

Jacques Rivette 1957

 

Tout d’abord : le théâtre (spectacle dans le spectacle = bien connu depuis, mais nouveauté en 1957)

Le « bruit des vagues « me paraît la clé :

1/ le metteur en scène (Gérard) désire que les acteurs réagissent comme dans la réalité

2/ puis il s’en désintéresse et recherche la musique.

Pas d’explication d’ordre logique. Explication musicale : contenue dans le film (la musique de Juan serait très mauvaise pour Périclès, mais sans elle le film n’existerait pas (sur le plan anecdotique également : Gérard n’aurait plus de raison de se tuer. Mais il y a toujours une musique au monde.

Juan = tués par la phalange

Gérard = acculé par un escroc.

Tout est simple, mais aussi complexe car Gérard (personnage central du film) ne s’est pas tué seulement pour des raisons sordides de traites impayées.

La musique.

 

31/08/1966 

 

ESTHÉTIQUE – RÉFLEXION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Le sentiment de la beauté se situe-t-il au niveau de l’inconscient ?

Problème d’une esthétique psychanalytique.

 

01/09/1966 

 

VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE JOCELYNE – POLITIQUE

 

Aujourd’hui : journée importante :

Discussion avec Jocelyne. Prise de conscience.

Compris que les problèmes personnels dépendent des problèmes politiques.

Primauté de la politique.

Nécessité d’un engagement constant et à tous les niveaux.

Nécessité d’une ascèse constante à tous les niveaux.

Nécessité du courage révolutionnaire.

Nécessité d’un style de vie sans concession (pour commencer : à soi-même : réflexion – refus)

Je sens que je ne suis pas encore un révolutionnaire digne de ce nom, mais la direction de départ est nette.

 

03/09/1966 

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Hitler n’est pas mort : il revient. 

C’est un vampire 

(Idée de « mauvais goût »)

 

04/09/1966 

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Pour une conférence sur l’action d’un mouvement ou d’un homme 

projection d’abord de prises de vues montrant directement cette activité puis un membre du mouvement ou bien l’homme en question apparaît et précise les prises de vues 

(il ne les commente pas mais expose la théorie alors que les prises de vues montrent la pratique.)

 

05/09/1966 

 

ÉCRITURE – PROJET » ALICE »

 

Pour « Alice « : la poupée qui couvre la théière.

 

 

ÉCRITURE

 

Jean Tralosto 

 

06/09/1966

 

VÉCU – CINÉMA

 

2 h du matin (Chat qui pêche)

Tout à l’heure : « La passagère « (Munk)

J’ai cru voir dans un coin de l’écran un troupeau de vaches. Mais dans un camp de concentration, ce sont les hommes qui remplacent les vaches.

 

07/09/1966 

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Reprise de notes anciennes : par des rencontres successives avec des dangers imprévus sur une autre planète, montrer les différents attributs d’un homme qui lui permette de résister. Dévoiler ainsi petit à petit les mutations qu’il a subies au cours des temps (spécialement pour affronter cette nouvelle planète (?). Homme qu’on découvre être un monstre (: remise en question sémantique).

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Un personnage qui refuse la convention qui fait prendre des choses mécaniques, mortes (disque – livre – bande magnétique – film – etc.) pour des choses vivantes.

 

ÉCRITURE

 

Le mot fin de la fin

 

VÉCU – CINÉMA – LOUIS LUMIÈRE

 

Commentaires des films réalisés par Louis Lumière au début du cinéma:

 

– Événements extraordinaires (aristocratiques – princiers) + exotisme : ceci après une première période où l’on contemple les choses habituelles (Paris) en longs plans-séquences.

– Mouvement de caméra : fascination du mouvement : ce n’est pas la caméra qui bouge, mais le paysage.

– La salle rit : sur un bateau, des officiels (en melon) dégueulent.

–Travellings : uniformes (latéraux ou avant ou arrière).

– Je vois : des maisons qui se déplacent de gauche à droite (travelling) = merveilleux.

– Travelling avant sur rails : des wagons qui grandissent.

– Tout de suite : noirs–jaunes (racisme ?) = Thèmes sociaux.

–Trains – bateaux – chevaux.

– Remarque = arrivée d’un train exactement comme la Ciotat.

–Inventions (ballon dirigeable)  historicité

– Dresseur de chat = comique de mouvement (rires de la salle).

– Par moment : pure contemplation.

 

IDÉE – SPECTACLE

 

2 pièces de théâtre avec exactement les mêmes accessoires mais en en faisant une utilisation différente.

 

VÉCU – THÉÂTRE

 

Notes sur « Le goûter des généraux « (Vian)

 

– Festival de mots d’auteur (l’ambition de Vian est-elle d’être le Michel Audiard des anarchistes ?)

– Style satirique. Mais on veut nous faire croire à la réalité des personnages (militaires – un ecclésiastique – un diplomate) Est-ce la mise en scène ou le texte lui-même ? ( relire la pièce).

– Pauvreté scénique (rattrapée par les acteurs, qui sont d’ailleurs amenés à jouer deux ou trois tons trop haut).

 

Jo : pièce bonne, mais mal jouée. Exagération qui tourne à la farce, mais on sent que c’est voulu, que les acteurs jouent à la farce.

– Chaussette pendue à un fil : décor (réaliste), pittoresque. Amusant un moment, mais après…

–Acteurs lisant le journal face au public = très scénique, très bon.

– Personnage qui lit au premier acte un texte (« Il est tombé dans un trou ») et au deuxième : il relie le même texte (= rétrécissement du temps).

– À force de voir chaque soir le même spectacle ou de le jouer : on en a marre. Société communiste = on ne jouerait pas le même spectacle = pas de professionnels.

– Inventé un moyen que les acteurs et au fur et à mesure du spectacle qu’il joue le point de vue détachée, que le metteur en scène à du spectacle lorsqu’il ne monte, mais avec, en plus, l’ambiance du moment (je personnel + détachement  trouvait le geste juste)

– Quand délire sur la scène (personnages faisant leur affaire tout seuls)  plus intéressant.

Montrer l’erreur :

Les personnages en délire, indépendant sur une scène, n’est-ce pas montré l’individualité. C’est-à-dire l’erreur humaine (dans la conscience de chacun) et en même temps la vérité, puisqu’on rétablit la collectivité par le regard qui embrasse tout.…

 

ÉCRITURE

 

Le « juste geste » (inclus dans Manuscrit « L’homme que les plantes aimaient »)

 

ÉCRITURE

 

Que cette marge d’imperfection est la rançon la plus éclatante de la gloire et du talent… »

 

RÉFLEXION

 

Je viens d’entendre la chanson de « Goldfinger ». Terrible parce que fascinante. D’autant plus effrayante que tout un capitalisme très puissant emploie, pour se propager dans une clientèle circonvenue, des moyens extrêmement séduisants et parés des artifices d’un fantastique qui peut être créé grâce à des moyens très étendus. Force de l’argent. Miroitement de l’or, désir dégradé des femmes montrées nues ou à peu près. Déréalisation extraordinaire. Identification. Notes de trompette fantastique : création d’un espace large et coloré où l’on se sent prêt à se lancer et à se perdre. Annihilation de soi. Charme.

 

VÉCU – RÉFLEXION

 

Je suis capable d’aimer à la fois Jean-Luc Godard et Claude François

 

VÉCU – RÉFLEXION

 

Fantastique de la vie

 

POLITIQUE 

 

31 décembre 1965 : 62 % des Américains pro-politiques de Johnson au Vietnam (en retrait par rapport aux 70 % précédents)

 

CINÉMA – PEINTURE 

 

Se demander si, lorsqu’on filme une peinture où la matière (la pâte) est en relief, excentrique, on ne renverse pas le sens du tableau et si on n’aplatit pas la pâte, si on ne crée pas un espace, si mince soit-il, entre le tableau, la matière et la surface de l’écran, c’est-à-dire si on ne donne pas, en la filmant d’assez loin, la réalité des choses représentées.

 

Tableau vu en galerie

 

 

Est-ce qu’on filmant on n’aplatit pas la pâte et on ne donne pas à la peinture non pas la réalité du tableau (matière) mais celle de la chose représentée (même pour l’art abstrait) par la création d’un espace supplémentaire entre le tableau et nous ?

 

Est-ce vrai dans tous les cas ?

 

Peinture-illusion : l’espace entre tableau et nous = ce qu’il faut faire.

Peinture-matière : n’est-ce pas l’exception pour certains tableaux, au moins ?

Conséquence : est-il possible de faire de la peinture au cinéma autrement que dans les formes et les dimensions ?

 

RÉFLEXION 

 

Vivre à coups de victoires… quelle idiotie. Si vous lancez une pièce en l’air 1000 fois, elle tombera 500 fois sur le côté face est autant sur le côté pile. On ne peut pas gagner toutes les batailles…

 

CINÉMA 

 

Cournot ou la performance

 


Mozart ou une charpente de porcelaine de Chine

 


À propos de la « Chevauchée fantastique » : pour relier l’intérieur de la diligence (monde clos) et l’extérieur (environnement), on aurait pu montrer des gros plans de scorpions, de bêtes, de cailloux. Mise en relation de dimensions différentes sur le même plan.

 

ÉCRITURE

 

La mort ne doit pas être un obstacle aux forces du rêve… (inclus dans Manuscrit « L’homme que les plantes aimaient »)

 

15/09/1966 

 

ÉCRITURE

 

Il y avait Jean Tralosto, le type qui était toujours malade, etc. (2014 : from Internet : pas fait)

 

court métrage  « L’AVEUGLE »

 

1/ Paris. Le matin. Un pont, vue en perspective. Au fond, assis contre la balustrade : un aveugle avec ses lunettes noires. Une fille débouche dans le champ par le côté et s’engage sur le pont.

2/ L’aveugle. PM.

3/ La fille. P. américain. Elle s’arrête en le voyant. 

 

18/09/1966 

 

court métrage  « L’AVEUGLE »

 

1/ La Seine vue du Pont des arts (profondeur de champ). Une fille entre dans le champ soudainement et s’arrête (P. Italien), ayant aperçu quelque chose, de profil.

2/ Le pont. La fille, regardant, debout, immobile, un aveugle, assis contre le parapet (plan moyen). Immobilité totale. Plan assez bref.

3/ Plan italien. La fille, de face. Elle se mord les lèvres. Vêtue d’un manteau + sac en bandoulière.

4/ plan moyen. Pantalons, cheveux défaits. La fille de trois quarts, adossée au parapet du pont, regarde de côté.

5/ plan rapproché. Assis contre le parapet, lunettes noires, canne blanche : l’aveugle.

6/ Gros plan. (Vu par la fille) son chapeau, un billet de 500 Fr. à l’intérieur + quelques pièces de monnaie.

7/ plan moyen. Boulevard longeant la Seine, avec bouquinistes. Au premier plan (en plan américain) : la fille (pantalons, cheveux défaits) l’attend. Un type traverse la rue et lui montre un bouquin policier, en regardant vers les bouquinistes.

8/ Gros plan sur le bouquin, dont on feuillette les pages.

9/ idem fin du 7 : les deux en plan américain. Il la défie de voler… elle ne dit rien.

10/ idem 4. La fille se met à marcher (on la suit en panoramique). Elle arrive devant l’aveugle. Elle se baisse, essaye de faucher le chapeau avec le fric qui est dedans. Il l’attrape d’une main par le bras et de l’autre récupère son chapeau, ramasse le fric qu’il met dans une poche et met son chapeau sur la tête. Il se lève et entraîne la fille, en gueulant.

11/ plan moyen. Les deux, de face, arrive sur la caméra. À l’arrière-plan, un « Monsieur » ramasse la canne que l’aveugle a laissée et, le rattrapant, l’arrête et la lui rend. Il lui propose de l’aider et de témoigner.… L’Aveugle remercie.… Le « Monsieur » s’en va, repartant vers le fond.

12/ plan moyen. Les mêmes, de profil. L’aveugle demande à la fille ce qu’elle fait dans la vie. Elle est étudiante. Qu’elle âge elle a ? 20 ans.

13/ plan italien (en amorce : la fille) l’aveugle enlève ses lunettes.

14/ idem, mais contre champ : la fille :

– « Vous n’êtes pas aveugle ? Ah, j’aurais dû m’en douter… »

15/ idem 13. Il lui demande : « Travaillez avec moi… » on reste sur lui… (Il sourit)

 

 

Face à la pointe du Vert Galant. Quai de Conti.

 

20/09/1966 

 

court métrage  « L’AVEUGLE »

 

1/ Elle hausse souvent les épaules (« Tu n’oserais pas voler) Lorsqu’elle se rend compte qu’il n’est pas aveugle.

2/ Lorsqu’elle guide : elle joue à le pousser et à le rudoyer…

3/ Elle prend ça à la rigolade (notion de pari).

 

01/10/1966 

 

ÉCRITURE

 

Après longtemps d’absence…

 

03/10/1966 

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Idée (vécue dans entreprise de mon oncle Louis où j’étais embauché pour travail vacances) :

Le gratte-papier qui désire être un colis pour être transporté dans les villes qu’il inscrit sur feuilles d’assurance (point de vue de l’objet).

 

ÉCRITURE

 

fragment,humour,social,mal-être

 

Il se définissait comme le type qui peut s’adapter à tout sauf à lui-même…

 

08/10/1966 

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Un type est planté devant une affiche, sur un panneau. On croit qu’il la regarde mais trou : il regarde à travers…

 

ÉCRITURE – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Vu au Caméléon : les charleston semblent être un bec qui s’ouvre et se ferme.

 

 

(A utiliser humoristiquement)

 

court métrage  « L’AVEUGLE »

 

Après une conversation avec Charlie, qui m’a persuadé (une fois de plus) des difficultés techniques que présente la postsynchronisation d’un film, j’ai décidé de faire le mien en muet. 

 

13/10/1966 

 

POLITIQUE

 

Ces notes ont été prises lors d’une enquête auprès d’un couple de « vieux » de mon quartier (12ème arrondissement de Paris) dans le cadre de l’activité de la cellule du Parti Marxiste-Léniniste (prochinois) auquel j’avais adhéré ainsi que mon ami Roland C. devenu psychanalyste plus tard – activité tendant à nous implanter dans le quartier au détriment de notre grand adversaire politique, le Parti Communiste français (PCF) qui ne l’a pas entendu de cette oreille et a fait en sorte que ce couple ne nous adresse plus la parole par la suite. 

 

Mme : 78 ans Femme de ménage

lui : 70 ans : il travaille à la Ville de Paris (sept ans)  ne compte pas pour la complémentaire

colis  bonnes sœurs

elle : pension (illisible)

lui : retraite complémentaire = 1859 (augmenté de 0,99 €)

assurance vieillesse : 57 900

maire  (assistante sociale dit : secours de logement tous les trois mois (se base sur le loyer brut, pas les prestations)

elle : on lui promet la complémentaire si elle fournit les patrons (= ils sont morts)

il travaille aux halles

Total : 50 816 + 57 900 + 1859 = 110 575

anciens combattants : (difficultés) 10 800 (tous les six mois)

lui : travail aux usines Ratier (avion) pendant la nuit comme gardien (41 à…

elle : cardiaque (hôpital Rothschild) pas sécurité sociale : aide médicale (il faut que le Docteur et le médecin y adhèrent)

ne paye pas

à partir de 70 ans cinq feuilles. Ils ne veulent plus en donner que deux (donné par la mairie – aide médicale)

lui : sécurité sociale  remboursé

avant : bon donné par hôpital pour une visite médicale

habitaient 13e =même surface (plus dépendances) auraient pu avoir même chose dans le 12e mais en payant plus cher (quatrième logement)

ici : l’eau s’infiltre.

Dans le 13e = 9000 par trimestre

ici : 25 000 (sûrement augmenté).

Il faut que les locataires payent le ravalement.

Expropriation : maison trop vieille

propriétaire obligeant

deux pièces cuisine wc entrée cave

66 240 Fr. par an

42 m² catégorie 3A

sans compter enregistrement – taxes – prestations

tout frais à charge locataires (eau – gaz qui manque – etc.)

intoxication par gaz (Verdun) en 1917  par antimilitarisme il attend 1930 pour demander sa pension

son frère à lui : SS créée en 1930 il s’inscrit

allocation au prorata de ce que l’on a versé (travail intermittent = mauvais)

logement « ensoleillé »…

 

14/10/1966 00h00 

 

ÉCRITURE – PROJET » ALICE »

 

Pour « Alice » : la petite fille joue à faire rouler un cerceau qui est une alliance en or.

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Le philosophe, perdu dans ses méditations, lit un bouquin de Kant ou Bergson et, le montrant à sa vieille tante, lui explique en même temps la portée immortelle de cette philosophie. Il est très enthousiaste mais la vieille tante ne comprend rien à ce qui est écrit (elle jette quelques regards vides) et en plus elle est sourde…

 

court métrage  « L’AVEUGLE »

 

Idée (pour « L’aveugle ») : partir, pour les dialogues, du principe que, lorsqu’il parle, les gens sont immobiles, comme figé par une photographie… (?)

 

15/10/1966 

 

court métrage  « L’AVEUGLE »

 

1/ Intégrer l’intertitre au découpage 

2/ Multiplier les photos à l’intérieur du même intertitre

 


Idée : une fille parle  titres. L’autre imagine  photos.

 

16/10/1966 

 

VÉCU

 

Larchamp et sa chapelle.

 

court métrage  « L’AVEUGLE »

 

Nuit : fond noir pour titres blancs 

 


Copine : « Je me demande ce que pensent les aveugles. »

Elle : « Je le connais. Il est comme ceci, comme cela »

 


Titre : qu’est-ce que pensent les aveugles ? (etc.)

Elle : (arrivant) « Tu vois ce type, là, l’aveugle, je le connais. J’étais là, à cet endroit, etc.… »

 

26/10/1966 ? 

 

ÉCRITURE

 

Jazz – les visages de nos amis… (s’opposant à) l’inhumanité de la « rêverie solitaire » musicale

 

27/10/1966 

 

COURT MÉTRAGE « UNE SECONDE JEUNESSE » 

 

Je viens de relire les notes prises sur ce carnet que j’avais délaissé depuis longtemps :

Modifications possibles du projet sur les « vieux »  prendre le couple dans sa jeunesse (*) (la femme ne rajeunirait pas en devenant vampire mais serait jeune au moment où elle est vampirisée

 

(*: En fait je l’ai déjà noté (voir carnet 6)

 

ÉCRITURE

 

Je n’ai raison que pour des choses qui me font mal…

 

20 ans

 

1967

 

06/01/1967 

 

ÉCRITURE

 

Ton cher visage s’inscrit en faux contre les accusations de la vie, qui me blessent cruellement par leur injustice et leur rigueur…

 

Mers carnets personnels depuis 1963