Carnet 6

Carnet 6 – Du 10 juin 1966 au 16 août 1966

 

10/06/1966

 

ÉCRITURE

 

Je transcris aujourd’hui des notes, prises dans le train (J’en ai fait un poème, très discontinu, phrase par phrase) J’en ai envoyé un exemplaire à Jo et à Zyf.

 

Lorient  Paris

 

Train commun aux hommes

A nous les forêts, les fontaines et les routes

Odeur d’herbe par la fenêtre

Soleil courant à travers les arbres

Il sera couché quand nous arriverons

Bruissement des freins

Le soir tombant Place de la Gare…

 

ÉCRITURE

 

J’en pince pour cette guitare… (2014 : from Internet : pas fait)

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Voyante qui dit le caractère ou l’avenir d’après le numéro de téléphone d’une personne.

 

11/06/1966

 

CINÉMA – ÉCRITURE

 

« Boudu sauvé des eaux »

 

Cravate : « Une mince étoffe qu’on se met autour du cou » (Boudu sauvé des eaux)

 

12/06/1966

 

PROJET CONGÉLATION

 

Problème de la congélation en ce qui concerne les vieux : un vieux malade refuse de se faire congeler (+ famille de vieux cons) malgré les efforts d’un jeune qui insiste pour le congeler. Quelle nécessité puisque :1/ Lui désire la mort, en fait.2/ La famille aussi 3/ Le jeune en question ne l’aime pas vraiment, du moins il n’y a pas de compréhension mutuelle sur le problème essentiel de la mort et de la vie.

 


différentes (sociales-familiales-religieuses-intellectuelles)

 


1er cas : femme de vingt-sept, vingt-huit ans. Intellectuelle. Assez d’argent. Elle a un enfant (pas mariée). Lorsqu’elle est décongelée, son enfant a le même âge qu’elle. Deuxième cas : un jeune couple. La femme tombe malade. La mère du mari s’oppose à la congélation. Elle tue la jeune femme Suicide du mari. Dernier cas : l’homme seul. Assez vieux. Lui, c’est pour atteindre une période où le rajeunissement sera possible Il pourra refaire sa vie.

 

13/06/1966

 

CINÉMA – FILM « DELPHINE » – RESNAIS

 

Projeté « Delphine » à Resnais

 

16 h 20 (« Masculin féminin »)

 

Projeté « Delphine » à Resnais. Je retiens surtout de lui :

– Lorsqu’on veut intéresser le public par les personnages, faire faire aux personnages des choses qu’ils vivent. Lorsqu’on est hors du coup, on s’intéresse, on se met dans le coup.- Psychologie : choses qui appartiennent en propre aux personnages et qui nous intéressent par là.

 

PROJET CONGÉLATION 2

 

Je ne peux pas traiter tous ces sujets à la fois. Il va falloir choisir, s’en tenir à deux ou trois cas.

 


S’en tenir aux deux couples (échec # accomplissement) ?

 

CINÉMA – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RESNAIS

 

Bien sûr : l’opinion de Resnais et de tous les gens intelligents et de tous les artistes compte, mais l’essentiel, c’est que je sois heureux moi-même de ce que je fais. Si cela est acquis, le reste sera moins dur.

 

CINÉMA – FILM « DELPHINE » – RESNAIS

 

Pendant la projection de « Masculin féminin », cet après-midi, j’ai eu une impression épouvantable : je venais de projeter « Delphine » à Resnais. J’avais avec moi la bobine, dans sa boîte métallique, posée sur mes genoux. En portant la boîte à mon nez, j’ai senti par un interstice de la boîte, l’odeur de cellulose et de bande magnétique. J’ai eu l’impression que tout le cinéma, c’était ça : du celluloïd, de la bande magnétique, de la matière, inerte, figée, dont les sentiments et l’expression sont absents. C’était injuste pour Godard. Pour « Masculin », que je voyais au même instant, je pensais pareil : du celluloïd, de la matière qui défile mécaniquement à 24 saccades par seconde. C’était injuste : ce n’est pas parce que je pense ça de mon propre film, où j’ai impression de ne pas m’être assez mis, que je peux penser la même chose de « Masculin » et de Godard. Certains films sont inertes et sentent le celluloïd. D’autres vivent.

 

14/06/1966

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Impression étrange, ce soir. Forte et pourtant pas comme ces exaltations qui ne durent pas et se révèlent décevantes. Pourtant : impression fugace. Je veux l’écrire et déjà je ne la ressens plus aussi bien… Mais définitive, cependant, parce qu’il me semble toucher une certitude… Oh pas bien grande, banale, en somme, mais je la sens profondément… Je vois distinctement les soirs que j’ai à passer comme celui-ci. Une certaine tristesse, un écrasement… Le cinéma : qu’on paye, où les exploités nord-africains viennent chercher l’oubli, entassés sur des fauteuils qui grincent lorsqu’ils se lèvent et sortent un à un, pour retourner dehors, l’air vide, et les trottoirs où deux ou trois personnes sont immobiles, affalées sur un banc, debout, regardant une vitrine, le début d’un été où restent à Paris les gens qui ne peuvent pas se payer des vacances, c’est-à-dire presque tout le monde, mais changé, transformé, anéanti par l’été, l’envie de ceux qui sont à La Baule ou à Saint-Tropez. Certitude d’un vide effrayant : le vide de moi-même… ? Et Fritz Lang, dans tout ça ? Comme je le comprends d’en être arrivé à son âge au détachement. Mais n’est-ce pas effrayant ? Il ne lui reste plus que l’exercice de son intelligence…

 

15/06/1966

 

VÉCU – CINÉMA

 

Minuit 30. Je viens de voir « Au hasard Balthazar ». Rencontré Richard C. avenue de Wagram. Le métro : transfiguré par le cinéma. Je le vois tous les jours, il faut que je l’imagine dans un cadre pour sentir son existence. Toujours cette impossibilité de vivre tout court, cette nécessité de me servir du monde pour créer, création d’ailleurs tellement imparfaite. Si, au moins, je maîtrisais le monde totalement et, au lieu de me laisser aller à lui, je le pliais à moi en en découvrant les structures… Mais il me reste tant à faire…

 

CINÉMA – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

« Balthazar » Angoisse profonde. Mais : « Balthazar » seulement… ?

 

Vécu

 

24 heures

 

Ch. m’a proposé d’aller aux 24 heures du Mans

 

ÉCRITURE

 

On cultive sa volonté, comme une fleur dans son jardin…

 

ÉCRITURE

 

Dans la tristesse, je reste seul dans l’intimité de moi-même et je suis mieux pour créer…

 

19/06/1966

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Confession par téléphone.

 

VÉCU – CINÉMA – RÉFLEXION

 

Retour des 24 heures du Mans. Valable seulement dans la mesure où mis en scène… Toujours cette insatisfaction de la vie Amour de la création (désir de démiurgie).Tribunes (vues des balcons au-dessus du stand de ravitaillement) = mouvements de foule (gens immobiles face à la piste, circulation latérale de quelques individus entre les rangées)

 

 

semblable mise en scène de Wozzeck à l’Opéra Impression d’être au théâtre, seulement alors : joie

 


Insuffisant pour le spectateur de la course : son point de vue est trop limité. Ce qui m’intéresserait : filmer la course du point de vue « technologique » du pilote, mais pas du spectateur

 


J’ai constaté qu’il est très facile d’accrocher les spectateurs comme Lelouch… Pourquoi avoir des scrupules ?

 

ÉCRITURE

 

Vu dans de grosses jumelles :

Un hélicoptère

Un vitrail de la cathédrale de Chartres

Etc.

Écrire ça ?

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Immense solitude

 


Je suis désormais certains que je suis malade. Ça devient intenable. Je souffre trop, je perds les pédales. Je suis terriblement seul. J’ai de plus en plus besoin du médecin. J’ai l’impression que je n’arriverai jamais à m’en sortir seul cette fois-ci… Impression de bientôt toucher le fond. Ça empire de jour en jour. Elle ne sait pas cela. Doit-elle le savoir ?Elle…

 

20/06/1966

 

VÉCU – CINÉMA – FAMILLE

 

23 h 30. Résultats de l’écrit : reçu. Soirée « en famille », si j’ose m’exprimer ainsi, car il y avait chez mon oncle et ma tante une pléiade d’» amis » tous plus braillards et péquenots les uns que les autres, avec discussions portant immuablement sur le « métier », l’argent, la famille et les sujets presque cochons qui font grincer les chaises : accouchement avec force détails crus sur forceps et écoulements, etc. Mon milieu social… La bouffe… Autour de la table où l’on s’empiffre dans l’indifférence de tout ce qui n’est pas soi… Comme je le refuse, comme je m’en sens prisonnier et voudrais m’en évader… Significatif : l’un d’eux avait été ouvrier (tourneur) pendant dix ans : « Je ne pourrais pas être le larbin des autres (en parlant des employés de la SNCF), je deviendrais fou ; déjà j’ai été dix ans en usine, j’ai failli devenir fou. » Il fait maintenant les marchés et roule en Fiat… Il est content (?), mais sent-il qu’il n’a pas réussi, qu’il ne réussira jamais à sortir du prolétariat, tout du moins de cette petite bourgeoisie, qui l’a marqué de son sceau, dans ses gestes, son parler, sa mentalité. Sent-il qu’il y a d’autres zones de l’univers dont il est exclu pour être relégué à cette zone qui est la sienne, son domaine et qu’il croit peut-être, en fait, et sans doute sûrement, être le monde entier, appliquant à tous les êtres humains ses propres désirs et ses propres satisfactions…

 


Quant à moi…Pour un moment le petit succès m’a « euphorisé ». Illusion d’être bien. Mais je sais maintenant que cela ne dure pas et qu’il faut prévoir les retombées dépressives, que, pour l’instant, le bonheur ne peut m’être donné qu’» en sursis »…Prisonnier de moi-même parce que prisonnier de mon milieu. Je fais des efforts pour m’y adapter (bien que ce soit le mien) et, quand je crois (seulement) y réussir, je me dis : « Mais, de toute façon, ce n’est pas le fait d’une adaptation contrôlée, car : m’adapterais-je à des classes supérieures, aussi bien… ?

 


À cheval entre deux classes : sans vouloir récuser complètement mon origine, sans pouvoir ni vouloir, par honneur (ou innocence) m’intégrer à la finalité promise aux transfuges de mon genre quand ils « réussissent »…

 

21/06/1966

 

VÉCU – VACANCES

 

Vacances avec Victor et Michel, fin juillet à Langoelan ?

 

 

22/06/1966

 

Je viens de passer l’oral de l’IDHEC. Je suis soulagé et en même temps énervé, insatisfait. Non, je n’irai pas au cinéma (pas assez décontracté). Je suis assez pressé d’avoir les résultats. Je me demande vraiment comment ça a pu marcher… ? Et aussi je pense à toi, qui ne m’as pas écrit… Dès que j’aurai les résultats, je t’écris. Ou bien je télégraphie ? Oui, je télégraphie et j’écris en même temps. Demain : le psychiatre. J’ai quelquefois l’impression que je n’en ai plus besoin, mais c’est trompeur et de toute façon passager. Je suis curieux de savoir si j’ai moi-même cerné mon problème ou si le mal est complètement à côté. Si j’ai vu juste, ce qui est terrible, ce qu’il ne sert à rien d’être conscient…

 


Il va falloir t’expliquer… Tu ne peux pas ignorer cela… Je ne me suis jamais totalement dévoilé, mais c’est que je n’en avais pas les moyens, en fait…

 


Je ne me connaissais pas bien moi-même… Le temps de la clarté approche ?

 

23/06/1966

 

VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

 

Ce matin : pas de lettre de toi… Que se passe-t-il ? Tu as dû croire que je te disais d’écrire après l’oral du bac seulement. Mais il s’agissait de l’écrit… Rester quinze jours sans s’écrire… Comment peux-tu ?

 

VÉCU – MUSIQUE

 

« Autumn leaves », 12 h 00. Volets fermés. Lampe de chevet. Saxo de Cannonball. Cigarette qui fume. Musique. Cinq notes.

 

24/06/1966

 

VÉCU – CINÉMA – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

 

Suis reçu. Reçu aussi une lettre.

 

VÉCU – CINÉMA

 

J’ai remarqué aux 24 heures du Mans la présence, au milieu de ce carrousel si vivant, si présent, d’un « musée » constitué par la projection en plein air de films en couleurs…Plusieurs éléments sont à noter :− Le phénomène de fascination fondamentale par l’image, tout d’abord. Il convient de noter qu’une majorité de personnes s’en allaient (dont moi) en refusant de s’intéresser à ces images (par peur d’être absorbés). − Le rapport voitures réelles (sur la piste) et voitures fictives (de vieux tacots), sur l’écran.− Le plein air− La couleur− Le fait que le cinéma tient lieu de « musée » (le plus important)à étudier

 

VÉCU – CINÉMA

 

Liste des reçus à l’IDHEC

Mlle G. – D. – I. – P. – L. – Cappadoro/M. ex aequo

 

25/06/1966

 

CITATION – CINÉMA

 

« Tout s’arrange sauf la mort » (« Voleur de bicyclette »)

 

VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

 

Il commence à faire bon sur la Seine. Il y a des couples qui s’embrassent, et des chansons lancées comme des défis. Je reviens à la Seine. Il y a des groupes de jeunes gens, des excentriques déguisés, des pédérastes. Il y a des gens qui s’ennuient, qui traînent leur solitude. Moi, je suis encore comme ça. Mais bientôt tu viendras me rejoindre.

 

26/06/1966

 

VÉCU

 

Près de chez moi, au coin d’une rue, sur le trottoir, se trouve un tas de sable qui peu à peu s’est étalé jusqu’à faire une nappe d’une certaine épaisseur. Quand je passe, le soir, par l’avenue Michel Bizot, je passe sur la nappe de sable et je marche dessus, pendant quelques secondes, avec difficulté, comme sur une plage, avec la nuit tout autour et le bruit de la mer, en cahotant, dans le déséquilibre fugitif de ma démarche et de mon existence quotidiennes.

 

ÉCRITURE

 

Exploiter les formules toutes faites

 


(Parler américain)

 

LITTÉRATURE – RÉFLEXION

 

« Les fleurs de Tarbes »  Paulhan : la terreur ou la non-coïncidence entre le signe et la chose. Elle provient du fait que le mot exprime toujours à l’origine la réalité profonde d’une chose, mais le critique (le public) ne sait plus retrouver cette identité. Le mot finit par vivre d’une vie autonome, bien qu’on cherche tout le temps à le faire signifier le plus intensément possible. (*) Quête peu fructueuse. Paulhan = retour à l’identité originelle signe-objet  classicisme

(*: peut-être à cause de cela justement. Mais on ne peut pas s’abandonner à l’autonomie des signes non plus (Surréalistes échec).

 

27/06/1966

 

VÉCU – FAMILLE

 

Ce soir, à la télévision française, chez mon oncle et ma tante, en compagnie de ma très respectable mère, nous avons eu droit à un « Sacha Show » des plus épouvantables. Je n’en pouvais plus, sur ma chaise. Je suis parti plus ou moins brutalement. Mais je n’arrive pas à briser le bloc de bêtise nationale et familiale. Je n’échappe à rien et surtout pas à mon nihilisme paralysant et à mon pessimisme. C’est vraiment à un monument aux morts de connerie que nous sommes obligés de rendre les honneurs. J’en ai marre.

 

VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

 

Je ne sais pas pourquoi, ce soir, je me rappelle. Je me rappelle le soir où nous avions été embarqués, Jo et moi, par les flics à cause de la moto. Quand Papa m’avait ramené en voiture, j’étais derrière, devant il y avait « Bebel », Maurice E., et, sur la banquette arrière, près de moi, comme dans le coffre, il y avait des paquets, des objets que Papa emportait, parce qu’il partait le lendemain pour Paris et il commençait le déménagement de la maison.

 


Je me rappelle : j’étais allé me promener, en mobylette, je l’avais laissée. Je m’étais enfoncé dans les bois, j’étais arrivé jusqu’à un ruisseau.

 


Peut-on se rappeler de tout ? Pourquoi ce déchirement ?

 

VÉCU – CINÉMA

 

Les jours passent vite, heureusement. J’ai écrit à Bruno, en l’engueulant plus ou moins. Je me demande comment il va réagir ?J’ai rendez-vous avec le producteur rencontré à la projection, à Voltaire. Qu’est-ce qui peut en sortir ? Je compte surtout lui demander du travail pour les vacances (oui ?)

 

VÉCU

 

16 h 15. Après-midi ensoleillé (dans le métro (Nation-Étoile).

 

MUSIQUE

 

Sicilienne de « Pelléas et Mélisande » (Gabriel Fauré), orchestre de la Suisse romande, mouvement très doux, très lent.

 

29/06/1966

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Le gars qui, pour des formalités, donne des photos d’identité où il fait une énorme grimace, où il dit sa haine du monde.

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

J’ai le dégoût de tout, y compris de moi.


Roland et Monique, qui sont venus me réveiller à 1 h du matin. Nuit « Jeu de la vérité » merdeux Mauvaise humeur. Prise de bec avec Monique Crise. Sécession. Rupture. Mépris. Mécontentement. Moi-même enfin, tel qu’en moi-même enfin la maladie me change.

 


Hier, chez le producteur (T.) commis une erreur : j’ai prêté le flanc en ne le traitant pas d’égal à égal Recul. Mais il en sortira peut-être quelque chose.

 


J’ai peur.

 


J’ai peur.

 

VÉCU

 

Suis passé l’autre jour à Stalingrad devant les bus bleus. Soulagé d’en être sorti.

 

QUESTION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Jouer franc jeu ?

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

 

1/ Main. Un type joue à la serrer il est entraîné irrésistiblement, sort du champ.

2/ Affiche en Plan Général. Le mec est sur l’affiche, brimé, prisonnier.

 

30/06/1966

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Salle de cinéma. Gangster armé se fait repasser éternellement la même scène de violence (Scarface) Il y a dans la salle quelques spectateurs vautrés dans leurs fauteuils : ils sont morts, tués par les hommes du caïd. Chaque fois qu’un nouveau spectateur entre, il est descendu en silence. En haut, dans la cabine de projection, l’opérateur, tremblant, sous la menace d’une mitraillette, a collé le film en boucle pour que repasse la même scène, qui plaît au caïd. Mise en forme :

1/ Plan Moyen Extérieur. Camera sur un trottoir : la rue. Passants. En face : cinéma. A l’affiche : « Scarface » Une voiture noire arrive, grosse voiture conduite intérieure. Plusieurs mecs à l’intérieur. Chapeaux, costars voyants, mines patibulaires.

2/ Ils descendent. Ils regardent (discrètement) autour d’eux. L’un d’eux ouvre la portière arrière. Descend un mec qui paraît être le chef, il fume un énorme cigare. Ils entrent dans le hall du cinéma.

3/ Intérieur. Plan Moyen Ils sont pris de face. La salle. L’ouvreuse proteste : « On ne fume pas ici ! » L’un des hommes de main lui fait signe de la boucler et lui donne leurs billets d’entrée avec un gros billet de banque. Elle se tait et les place (Panoramique et mouvement recadrage les suivant) Ils s’égayent autour du « boss ». L’un d’eux se cure les ongles.

4/ Plan Ensemble La salle, vue de l’écran . Dans la salle : trois spectateurs , débiles.

5/ Plan Ensemble le rideau s’ouvre. Le film commence, c’est « Scarface » premières images.

6/ 7/ et 8/ Plan Moyen sur chacun des spectateurs plongés dans l’écran.

9/ Scène de violence de « Scarface » : voiture qui fonce en tirant.

10/ Plan Moyen sur le « boss » Il regarde, au bout d’un moment, il fait un signe : un mec se lève et sort.

11/ Autres images de violence de « Scarface »

12: La salle vue de l’écran : la lumière s’allume. Les 3 spectateurs protestent tour à tour, de plus en plus fort.

13/ Plan Moyen le boss fait un signe

14/ Idem 12 : un mec se lève

15/ La cabine de projection . un mec menace l’opérateur avec un flingue. Celui ci achève une collure.

16/ 17/ et 18/ Plan Moyen sur chacun des spectateurs, désarticulé dans son fauteuil, mort.

19/ La lumière s’éteint. On revoit les premières images de la séquence de violence précédente (2 ou 3 plans)

20/ La cabine : l’opérateur assassiné, gisant en travers. Le tueur s’en va. Travelling jusqu’au projecteur qui tourne.

21/ La séquence : 1 ou 2 plans.

22/ Le boss. Soudain il sort un flingue et se met à tirer sur l’écran.

23/ Extérieur. La bagnole fonce dans la rue. Sur son passage, fauchés par une mitraillette, les passants s’écroulent.

24/ Séquence : « The world is yours »

 

 

ÉCRITURE

 

À quand le grand départ en ballon ?

 

ÉCRITURE

 

Tu es comme une assiette : tu attends qu’on te remplisse…

 

VÉCU

 

Astre : 10 h 00 au Flore, samedi matin.

 

01/07/1966

 

VÉCU – VACANCES

 

Téléphoné hier soir aux L. Il faut reconsidérer le problème de nos vacances : il n’est pas possible d’aller à Langoelan (trop de monde Gêne pour eux et pour nous). Reste la solution du camping en Auberge de jeunesse et du stop… N’importe quoi, pourvu que je prenne un mois de repos…

 

VÉCU – FAMILLE

 

Impossible de supporter mes parents. Plus ça va, plus le divorce s’accentue, à cause de leur irresponsabilité, de leur bêtise, de leur mauvaise volonté. Ce n’est pas l’affection qui manque, mais elle ne suffit pas : c’est là leur drame : ils ont vécu dans un univers bien clos et bien chaud, où l’affection, ciment indestructible du groupe familial (aussi cellule sociale), était le principe nécessaire et suffisant d’équilibre. Ils n’ont jamais pensé que l’intelligence, la lucidité, pouvait venir s’y ajouter et la renforcer…

 

02/07/1966

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Serviettes de bain : images de billets de banque.

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

La cuisinière dans un restaurant : une ménagère cordon bleu, obligée de travailler pour gagner de l’argent. Elle cuisine les plats amoureusement, comme si c’était pour sa famille. On vient les lui arracher.

 

03/07/1966

 

CINÉMA – RÉFLEXION

 

Ce qui m’intéresse dans le cinéma muet, c’est qu’il est de pure intelligence, sans la parole pour nous captiver subtilement (« Ordet »). Je ne parle pas seulement du cinéma muet proprement dit, mais de ces moments où le cinéma parlant se tait (comme pour réfléchir).

 

06/07/1966

 

ÉCRITURE

 

Le retour des choses…

 

CINÉMA – RÉFLEXION

 

Supprimer l’anecdote au cinéma ? Non… La MULTIPLIER. Dans la vie de tous les jours, nous vivons parfois des anecdotes (nous nous les racontons et c’est de la fiction…) Et nous sentons autour de nous des millions d’autres anecdotes. Au cinéma, nous sommes fixés sur une seule, qui nous envahit… Il faudrait arriver à retrouver cette diversité, cette multiplicité des anecdotes, des directions dans lesquelles notre esprit s’engage, dans certains moments de réceptivité exceptionnelle et de rêverie très profonde. Ce serait ainsi le réalisme le plus PROFOND, puisqu’on retrouverait, sans différence de nature, mais approfondies et maîtrisées, les découvertes les plus PROFONDES de la réalité du monde dans le monde de la fiction… C’est dans une telle direction que s’engage Resnais et certains le suivent. Ils ont raison. Mais il faut pouvoir le faire… Je ne me sens encore capable que de la linéarité et de l’unité anecdotique, autrement dit un scénario solide à quoi m’accrocher.

 


 « Réalité du monde et monde de la fiction… »

 

ÉCRITURE

 

Le vertige montré…

 

07/07/1966

 

LITTÉRATURE – CINÉMA – RÉFLEXION

 

Je me suis trompé : Paulhan, la « rhétorique », ce n’est pas le retour à l’harmonie signe-chose, mais, du fait de l’impossibilité constatée de cette harmonie, son dépassement, l’acceptation du signe en tant que signe, du langage en tant que langage. Dans cette mesure, je suis d’accord : dans le cas du cinéma, il est à remarquer (après tout, c’est aussi ça en littérature), que les terroristes ne coïncident pas avec la majorité du public. Le « grand » public, lui, n’a jamais fait autre chose (dans le cas du cinéma surtout) que de le considérer comme un spectacle (cf. Resnais). Il accepte le phénomène cinématographique en tant que tel.

 

CINÉMA – RÉFLEXION

 

Remarque : pourquoi les dimensions gigantesques de l’écran cinématographiques ? Pour que les gens puissent voir… Les dimensions dépendent des conditions économiques (public  conditions de projections) La télévision murale ne marchera pas, parce qu’elle n’est pas justifiée.

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Pourquoi est-ce que je te parlais tout le temps de mes projets, de mes idées, etc. parce que, n’ayant pas les moyens de diffusion de mes idées et les moyens de les réaliser, c’est-à-dire n’ayant pas un vrai public, je te prenais pour public. Maintenant que j’accède petit à petit aux moyens de diffusion, je réalise que cette attitude envers toi était nocive, perturbatrice et je ne te prends plus comme auditrice bénéficiaire de mes chefs-d’œuvre ou victime de mes désappointements (parce qu’en plus, tu étais un public qu’on peut accuser tranquillement d’incompréhension ou d’insensibilité, même si l’erreur était de mon côté).

 

LITTÉRATURE – RÉFLEXION

 

Paulhan

« Les fleurs de Tarbes »

(Exergues) :

« Comme j’allais répéter les mots que m’apprenait cette aimable indigène :

− Arrêtez ! s’écria-t-elle. Chacun ne peut servir qu’une fois

(Voyage de Botzarro, XV)

 

« À peine arrivé chez M. de Sainte-Beuve, j’entamais la lecture de « Louisa ». Au bout d’une demi-heure, M. de SB s’écria : « Ce n’est pas un roman ! » J’allais fondre en larmes, quand il ajouta, du même ton : « C’est la vie même ».

(Mémoires de Thérèse Thirion, II,8

 

« Le tribunal révolutionnaire d’Arras jugera d’abord les prévenus distingués par leur talent »

Le délégué Joseph Lebon Août 1793)

 

« La décadence des Lettres commence le jour où l’écrivain, trompé par le charme des périodes et, comme Balzac, séduit aux mots, se figure, l’insensé, qu’il lui suffit d’écrire. »

(Juvignet, De la décadence des lettres, 1765)

 

« Sitôt qu’il y a dans le monde des connaisseurs de chevaux, on voit apparaître des coursiers remarquables. C’est qu’il y a toujours eu de tels coursiers, mais les connaisseurs sont bien rares. »

(Man Yu, Considérations sur les coursiers… 815)

 

« À sept ans, Harry aurait voulu être une fille. C’est qu’il parvenait à l’âge amoureux : trouvant un grand charme à la société des filles, il se figurait qu’il éprouverait bien plus vivement encore ce charme s’il était fille lui-même. »

(R. Hugues, Un cyclone à la Jamaïque)

 

« Il est aisé de remarquer que la statue du Maréchal Ney unit deux attitudes : la main gauche et les jambes sont placées comme elles étaient au moment où le maréchal tirait son sabre ; le torse, qui devrait être incliné, se redresse au contraire en même temps que le bras droit élève l’arme en signe de commandement. De cette dualité résulte de la vie de la figure. »

(Propos de Rodin)

 

« L’emphase de Balzac n’est qu’un jeu, car il n’en est jamais la dupe »

(Carnet de Joubert)

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « L’APPARTEMENT-TÉMOIN » – « BIANCHETTI PÈRE ET FILS»

 

Reprendre l’idée du 15/03/1966 de l’ouvrier noraf qui refuse de quitter l’appartement qu’il construit

 

LITTÉRATURE

 

Ce soir, je repense au « Sud » d’Yves Berger. Sur le plan formel, ce livre est une sacrée réussite… ! Reste à voir, tout de même…

 

LITTÉRATURE – RÉFLEXION

 

Paulhan parle d’utiliser les lieux communs (Les fleurs de Tarbes et de la rhétorique  Oh ! Un zeugma… ! ?) en tant que tels… Je trouve qu’il le fait déjà dans les titres de ses ouvrages : « Progrès en amour assez lents » est la combinaison de deux lieux communs : progrès en amour et progrès assez lents… Quant au « Guerrier appliqué », plus subtilement, c’est la combinaison d’un substantif et d’un adjectif, type de combinaison fertile en lieux communs du genre : « Guérison miraculeuse », « Temps splendide », « Voûte étoilée », etc.… C’est-à-dire que Paulhan prend la structure (rhétorique) vide du lieu commun, qu’il remplit d’un contenu explosif qui la fait éclater et se découvrir comme carcasse pouvant être remplie d’éléments dangereux, c’est-à-dire qu’il met en lumière la nature inerte, propre à la manipulation humaine, du langage…

 

08/07/1966

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – FAMILLE

 

Papa chez L. – H. (psychiatre) ?Il faudrait qu’il suive un traitement régulier ici à Paris. Je suis persuadé qu’il en a besoin…

 

09/07/1966

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Extrait d’un rêve que j’ai fait :

1/ Un assassinat va être commis. La victime est ligotée. L’assassin a un couteau à la main (ou une autre arme) et s’apprête à descendre le gars . Soudain il se retourne et poignarde la camera (qui les cadre de profil).

2/ Contre champ : on découvre le 3ème personnage (la caméra) qui s’écroule. Travelling ascendant.

 

 

Additif au 1/ Le meurtrier doit être précédé, guidé par des mouvements de camera (téléguidage par le chef) Le personnage se retourne contre son démiurge, contre le cinéma lui même.

Possibilité : personnage qui crève l’écran = refus de rester dans l’écran, refus du cinéma.                

 

MOT – ÉCRITURE – CINÉMA

 

Les films sont des actes gratuits qui coûtent très cher… (2014 : from Internet : pas fait)

 

13/07/1966

 

VÉCU

 

Beaucoup de choses que je n’ai pas notées les jours précédents :

− Pour être inspecteur de police : avoir les deux bacs ou bien avoir 1 m 68 et alors on est simple flic.

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Faire un film classique (raccords mouvements) où on suit un personnage mais dans chaque plan, c’est une personne différente.

 

ÉCRITURE

 

art se regarde 

 

L’art du 7ème

Le 1er élément est :

Le 2ème : —-

Le 3ème : —-

Etc.

Le 7ème : —-

Le cinéma est l’art du…

(formalisme)

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

(Même veine que la confession par téléphone) Église vide : le prêtre qui parle devant la nef déserte. Travelling zoom sur une caméra installée sur balcon, en face du prêtre (caméra de télé) Puis série de plans dans intérieurs salles à manger : familles regardant la messe à la télé (chaîne privée Vatican). Pour les troncs, les gens ne se dérangent plus : ils envoient des chèques.

Au téléphone les fidèles demandent l’heure des services.

 

15/07/1966

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

(Toujours pour film anti clérical) Messe entendue dans voitures à la radio.

 

RÉFLEXION – CONSCIENCE – PSYCHOLOGIE

 

Réflexion sur la dialectique :Caillou noir dans le champ de la conscience Caillou blanc : il dément le précédent Synthèse = concept de caillou

 

17/07/1966

 

IDÉE – SPECTACLE

 

Spectacle sur le thème de l’information. Sur une scène : groupes de danseurs acteurs éclairés successivement, massés autour de transistors. Bulletin d’information : le même bulletin, chaque séquence d’informations diffusée sur 1 transistor, chaque groupe de personnages autour de ce transistor développant sur le plan visuel l’information orale, c’est à dire qu’ils sont (par leurs vêtements, leur allure, etc.) les personnages de l’information et ils jouent leur rôle, exécutant les actions qui sont exprimées par la radio, cette expression orale devenant en fait un commentaire (comme dit par un speaker sportif, il peut d’ailleurs y avoir une retransmission de match) ce qui m’intéresse c’est de montrer la guerre que se livrent dans notre conscience les informations et que certaines prennent le 1er plan (sport – faits divers) alors que d’autres sont effacées (politique – guerre)

Nouvelle version : un type (ou une femme) écoute la radio : informations le personnage dont il est question aux infos apparaît dans la pièce et joue son rôle, commenté et décrit par le speaker de la radio. le spectateur auditeur le contemple s’il lui plaît (sportif – jolie fille – etc.) S’il ne lui plaît pas, il tourne le bouton et on passe à d’autres informations. ainsi plusieurs personnages apparaissent. Lorsque le poste diffuse des infos qui le concernent (nouvelles diplomatiques pour le politicien – guerre pour le militaire – etc.) ils se mettent en branle. Lorsqu’on passe à une autre info, ils s’arrêtent, comme privés d’énergie.

Mais il y a une histoire : surviennent d’autres auditeurs (c’est en plein air) qui ouvrent leur radio. Elles marchent toutes ensemble : tous les personnages se mettent en branle, ils se cognent, se bousculent et finissent par se battre en une bagarre générale.

 

18/07/1966

 

PROJET BALLET VIETNAM

 

Le ballet (Vietnam) Plusieurs plans :

1/ Anecdotique :Histoire d’une agression et d’une résistance

2/ Réflexion sur l’image. Dans notre société l’image existe très fort, elle nous inquiète. Pour nous rassurer, nous la détruisons et l’assimilons à nous (déchirer et manger)

3/ Mais l’image renaît (réapparition), car, dans cette chasse, on ne peut capturer qu’un symbole (la carte) alors que le signifié, objet auquel se réfère le symbole (le territoire) et hors d’atteinte (sur la scène). Or, un symbole est indestructible, parce que parfaitement reproductible (nouvelle carte). C’est donc sur un plan très vaste l’histoire de l’impossibilité de se saisir des choses qui est racontée !

 

ÉCRITURE

 

Réécrire « Elly ».

Base : l’envoi dans l’espace temps se fait par effort collectif (comme pour le renvoi hors de la pierre) A ce moment -là, c’est logique et beaucoup plus compréhensible (La communauté se trouve rassemblée dans un espace découvert – groupe d’hommes le voyageur disparaît) (On peut placer le voyageur sur une sorte de véhicule qui disparaîtrait avec lui – Quant à la pierre, elle prendrait la forme du véhicule et de son occupant (ce pourrait être aussi une monture, un cheval ?

Une large avenue, bordée de bâtiments (en ruines ?) sur laquelle s’ouvrent des rues transversales.

Cette avenue est déserte. Les bâtiments s’arrêtent, c’est la lisière de la cité; passés ces extrêmes faubourgs, il n’y a plus que le désert, que traverse seulement cette avenue aux dalles de pierre jusqu’à l’horizon.

Soleil, blancheur. Cette avenue part du centre de la ville. En ce point se dresse une sorte d’amphithéâtre de quatre mille places, dont les gradins de pierre regardent vers l’avenue (comment s’appelle cette avenue ?)

L’amphithéâtre se remplit : ses occupants sont vêtus de vêtements spéciaux avec un insigne (étoile ?) Ils ont la peau de couleur noire.

Finalement l’amphithéâtre est plein. Tout cela s’est fait dans le silence.

Dans le silence, les 4000 noirs fixent de leurs regards le même point (avant cela : transes,negro spiritual – jazz, sur l’amphi) Ils fixent le même point : l’intersection de l’avenue et de la 3ème rue perpendiculaire. Regards intenses ? Immobilité cadavérique. Ciel bleu.

De la gauche, par la 3ème rue transversale, débouche un cavalier en armure, sur un cheval blanc. Il est noir lui aussi. Il traverse lentement, au pas, l’avenue, large de 30 m. Lorsqu’il atteint le centre, le point précis d’intersection, un éclair formidable éclate, une lueur blanche se reflète dans les yeux des 4000 qui sont comme soufflés par la détonation. Lorsqu’ils se relèvent, pêle-mêle, le cavalier a disparu. Ils viennent de le projeter dans l’espace temps. Leurs yeux sont normaux.

Dans les légendes de certains groupes de noirs : apparition d’un cavalier monté sur un cheval blanc.

 

19/07/1966

 

VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

 

(Saint-Brévin-les-pins, le 19/07/1966)

 

 

« Aujourd’hui, le 19/7/66, j’ai passé en revue les notes de mon cher époux ! Surprise ? Non ! Nouvelles vues, nouvelles idées Nouvelles formes de compréhension. Il faut à tout prix classer toutes ces notes de manière à en faire une synthèse. Nécessaire ! Encore une chose : j’aime son petit lapin ». (écrit par Jocelyne dans mon carnet).

 

23/07/1966

 

CINÉMA – BRESSON – RESNAIS

 

Films de Bresson : téléguidés. Avec Resnais : plus subtil. Téléguidés, mais s’échappent.

 


La « Guerre » : le poste-frontière : ce qui a séduit Resnais, un endroit où tout le monde passe (tous les touristes) (?)

 

01/08/1966

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Gars et fille allongés côte à côte (tête aux pieds) Concarneau. 10 h du soir. Auberge.

Je note des choses mises de côté depuis quelques jours ( Voyage)

1/ Elven. Le cimetière. Haie. Crucifix derrière. Travelling qui le découvre, puis exploration : on pénètre à l’intérieur

2/ Pouliguen :

Amour naissant.

1/ Gars et fille allongés côte à côte (tête aux pieds)

2/ La fille lève la jambe

3/ Le gars lui attrape le pied

4/Têtes du gars et de la fille à l’envers

 

 

(Renversement de l’univers entier = découverte de l’amour)

 

 

(Intéressant si inclus dans un ensemble. Pas valable tout seul (trop court).

 

Commentaire du 22 décembre 2011 :

 

20 ou 25 ans plus tard, j’ai réalisé cette idée. L’ai-je mal réalisée ? C’était affreusement décevant.

 

   Commentaire écrit à 65 ans

 

02/08/1966

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Un dessin réalisé ligne par ligne en suivant la ligne mélodique d’un morceau de musique (ou le rythme).

 


1/ Gars qui dessine sur une scène (sur un tableau). On voit le dessin se construire suivant la musique.

2/ Dessin réalisé + musique seulement.

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

taches mots

 

Lettres écrites sur une vitre à l’encre. Je les efface avec une feuille de papier Mots de la phrase transformés en taches d’encre. Indéchiffrable et pourtant représente quelque chose.

 

VÉCU – IDHEC

 

« Vous avez dit Einstein (il est fou !) »

 

03/08/1966

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Flipper : 1 point bulle. Personnage dialoguant. Si le dialogue est intéressant, on joue pour arriver à la fin + commentaire oral du flipper : si point marqué « Bien ! » Si faute engueulade.

 

CINÉMA – RÉFLEXION

 

Notes pour l’étude sur le cinéma :Les travellings latéraux (« La vie de château »)

1/ Pourquoi s’identifie-t-on à la caméra ? (sujet immobile Mouvements de l’appareil) : parce qu’on ne suit pas le sujet qui passe. Par PARESSE (tendance naturelle ?)Résultat = on ne détaille pas les éléments.

2/Refus de l’identification-spectateur immobile Il faut pour cela suivre le sujet : EFFORT. Résultat =

1/ On détaille un élément il y a CHOIX.

2/ Discontinuité car : (suivant la durée du plan) lorsque l’élément choisi sort du champ on revient pour choisir un nouvel élément (entre-temps = vide visuel. Absence d’attention (temps très court).

 

04/08/1966

 

LITTÉRATURE – BACHELARD

 

Bachelard (« Psychanalyse du feu »)» Balzac a noté dans Gobseck que les « froids intérieurs » des vieilles filles étaient parmi les plus luisants ». « On n’aime pas autrement les pierres que les femmes… » (Cf. 1/ « Désert rouge » Rochers sur la plage dans la scène de la petite fille 2/Le voyageur enfermé dans la pierre (Commentaire : dans ma nouvelle « Elly autour de la pierre »).

 

05/08/1966

 

LITTÉRATURE – BACHELARD

 

« Nous n’avons pas encore pu mettre au point une doctrine d’ensemble, mais il nous semble bien qu’il y a quelque rapport entre la doctrine des quatre éléments physiques et la doctrine des quatre tempéraments. »« Dis-moi quel est ton fantôme ? Est-ce le gnome, la salamandre, l’ondine ou la sylphide ? » (Bachelard)

 

06/08/1966

 

IDÉE – CINÉMA – PROJECTION

 

Grand écran mural. Les images défilent en un travelling transversal continu. Les spectateurs s’approchent et suivent en marchant un élément de l’image qu’ils ont choisi.

 

 

Ceci dans petite salle empêchant le recul + vision totale dans une autre salle (de l’autre côté ?)

 

 

Commentaire du 28 décembre 2011 :

 

À cette époque, j’ai eu ainsi plusieurs idées sur divers systèmes de projection. Aujourd’hui, j’imagine une adaptation de celle-ci : créer un « spectacle-rando » en faisant marcher des visiteurs-spectateurs dans un long couloir (pouvant donc accueillir de nombreux visiteurs), sur un tapis roulant à contresens obligeant à marcher pour rester à peu près au même niveau (et à bon train pour recréer l’effort d’une randonnée) avec, de part et d’autre, en images HD de grande longueur obtenues à partir de plusieurs caméras filmant vers la gauche et de plusieurs autres vers la droite : la moitié gauche et droite d’un paysage qui changerait en cours de route, permettant de faire comme si on parcourait des centaines de kilomètres en une seule « randonnée »… J’aime beaucoup cette nouvelle idée issue d’une idée vieille de 45 ans !

 

   Commentaire écrit à 65 ans

 

07/08/1966

 

VÉCU – MOT – ÉCRITURE

 

Impossible de terminer ma nouvelle de science-fiction. Ça fait trois semaines que j’essaye et je n’ai même pas écrit plus de 10 lignes. Impression décourageante d’être incapable de rien faire. Sans raison objective, je pense que, n’ayant pas réussi cela, je ne pourrai rien faire du tout. C’est peut-être pour ça que je m’accroche avec tant d’opiniâtreté. Mais si je fais fausse route ? Si c’est le texte lui-même qui est mauvais. C’est peut-être mieux que je m’aperçoive que je vais faire une erreur et que j’arrête, plutôt que d’écrire une saloperie en étant content de moi.

 

08/08/1966

 

VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

 

Brouille avec Jo. Je suis seul.

 

10/08/1966

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Hier : idée (Jo et moi) :

1/ Une fille, laide, couverte de boutons, s’assoit devant son miroir. Geste de dépit. Elle arrache une photo de visage de star et la place sous le cadre de la glace. Elle regarde et sourit…

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

A partir de l’importance de l’image dans la vie courante cadres des photos d’ancêtres : vides. Les ancêtres sont aux chiottes. A la place : jeunes premiers.

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Fille qui photographie un gars au télé et vit avec ses photos. Gars qui la photographie aussi et fait de même. Timides. Ils ne se rencontreront jamais.

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Strip-tease d’un tableau représentant une jeune fille. D’abord le cadre qui tombe, puis la vitre puis les vêtements, etc. (court métrage d’animation. À faire en s’amusant)

 

PROJET « ALICE »

 

 

Reprendre l’idée de la petite fille dans le sac à main Alice au pays des merveilles modernes. Long Métrage. Une petite fille, soudain rapetissée, part à la découverte du monde moderne. On la voit dans un sac à main, se regardant dans un grand miroir rond, elle se met du rouge avec un tube long comme son bras Monde en évolution constante

1/ Alice change de dimensions constamment

2/ les objets aussi.

Suivant les dimensions des décors, les objets changent de dimensions eux aussi.

Exemple : le rouge à lèvres. Elle décide de l’emporter avec elle.

 

 

Faire régner l’ambigüité : que le spectateur se demande si ce sont les objets qui changent de dimensions ou bien Alice…

il me semble qu’il est plus intéressant que ce soit Alice qui change de dimensions.

Variation :

Par rapport aux autres films du même type : la dimension était fixe ici elle change…

(Voir deux pages + loin)

La dimension variable : prolongement « philosophique » (pour faire plaisir à Siclier et Labarthe) : la petite fille peut rapetisser pour se procurer des objets qu’elle convoite et qu’elle ne peut approcher lorsqu’elle a une taille normale. Mais cette diminution de sa taille lui joue des tours car elle est alors aux prises avec des difficultés inattendues.

C’est la séquence

1/ du rêve

2/ du désir de possession

3/ de la société de consommation *

4/ de la difficulté (au sein même du rêve)

* : (les 2 et 3 sont liés)

 

Possibilité : une personne adulte désire rapetisser pour parvenir à s’emparer de certains objets. Elle rapetisse en régressant à l’adolescence et à l’enfance avant de rapetisser de dimensions en réalité. ( ?)

 

11/08/1966

 

PROJET « ALICE »

 

Pour « Alice » ou autre film utilisant le mélange des dimensions : montrer le personnage qui a rapetissé maintenant redevenu normal. Il contemple les traces qu’il a laissées lorsqu’il était miniaturisé (écriture par exemple) ou bien il refait son itinéraire en retrouvant ses traces.

 

12/08/1966

 

VÉCU

 

Rencontré le « Tonton Charlot ». Il cherche à se marier. Il est allé un jour chez une dame dont il avait entendu dire du bien pour lui demander de se marier. Elle n’a pas voulu car elle avait des enfants. Intéressant, ces mariages de vieux. Il ne faut qu’une bonne entente, des qualités ménagères. Il s’agit d’échapper à la solitude. Je trouve passionnant ce Tonton Charlot qui ne fait ni plus ni moins qu’aller sonner à une porte inconnue pour ne plus être seul à vivre… Je trouve ça admirable et triste…

 

13/08/1966

 

VÉCU

 

Relais « La peau de l’ours ». Exposition de gravures (Jaffré) sur Tristan Corbière. Cadre agréable. Assez bien agencé

 


Nous sommes allés à Gâvres. Nous avons vu « Pépé » et « Mémé », vieillards de 80 ans plus jeunes que nous peut-être, qui sommes des vieux précoces, des morts vivants, des Lazares non ressuscités…

 

14/08/1966

 

 « UNE SECONDE JEUNESSE »

 

Ce matin (en me lavant), j’ai eu l’idée de modifier le scénario fantastique (vieillards  oiseaux  résurrection) dans le sens d’une simplification et d’une « érotisation » plus poussée :

− Remplacer le couple de vieux par un couple de jeunes gens nouvellement mariés (on retombe alors sur la scène de la nuit de noces). Les placer dans le milieu d’une noblesse plus ou moins dédorée (inaction  décadence tares familiales), ce qui conduit à faire du mari un malade mental, carrément. Quant à la femme, il n’y aurait pas de rajeunissement du cadavre, mais simplement apparition du spectre semblable au cadavre. On pourrait même aller jusqu’à concevoir que le mariage (qui arrange financièrement les parents du mari, parce qu’ils sont nobles, mais sans argent, et les parents de la fille parce qu’ils sont riches, mais bourgeois), on peut concevoir que ce mariage est une machination du malade qui, paraissant faire le jeu de ses parents, mène l’affaire d’un bout à l’autre. En effet, sa passion serait l’empaillement et la collection des animaux et il ne désirerait avoir une femme que pour la joindre à sa collection… Jouer de l’ambiguïté de la situation d’une part : calcul des parents, d’autre part : machination du jeune homme. Mais il se peut qu’il profite de l’occasion et que l’idée ne lui vienne qu’après son mariage (les apparitions d’animaux ne seraient peut-être pas préparées  jouer sur cette ambiguïté) il découvre après le mariage qu’elle ne peut souffrir les animaux. Il en conçoit du dépit. Il ne l’avait pas su avant car il cachait sa passion et il avait peur d’éloigner la jeune fille. Si bien qu’il se servira des animaux pour la tuer, par haine, parce qu’elle ne les aime pas comme lui. Si elle les avait aimés, peut-être serait-ce différent, peut-être ne la tuerait-il pas. IMPORTANT : cinématographique  intercaler avant qu’elle apprenne sa passion, une scène où elle caresse un animal sans aucune crainte (animal très différent des siens  petit chat ?  Ce n’est qu’après une grande frayeur (apparition) qu’elle aura peur des bêtes.(Voir les références psychanalytiques  refoulement  obsession)Serait-il impossible pour préparer le tournage, d’écrire une nouvelle sur ce thème, en ayant présent à l’esprit la transposition au cinéma.

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Il est tard. Nuit. J’ai eu une gueule de bois formidable. Normogastryl. Ça va mieux. Je suis allé boire un verre d’eau et pisser un coup. J’ai eu une idée de gag assez pas mal. Je note : Un personnage frappe à la porte d’un appartement. A l’intérieur un personnage entend mais ne répond pas, refusant de se déranger, faisant comme s’il n’y avait personne. Coups répétés. Elle (mettons que c’est une femme) ne bouge pas. Le premier personnage passe un message sous la porte. La femme s’approche alors et prend le papier sur lequel elle lit : « Ouvre la porte, j’attends derrière… » Avec un geste de dépit, elle ouvre la porte et l’autre personnage entre.

 

PROJET « ALICE »

 

Changement de dimension elle grandit elle ne peut plus passer dans un trou par lequel elle voulait s’enfuir car elle est poursuivie (par une araignée, par exemple) mais, en retour : elle grandit assez pour écraser l’araignée (ouf…!)

 

Commentaire du 26 décembre 2011 :

 

La question que je me pose en relisant cette note, c’est : avais-je déjà vu alors « L’homme qui rétrécit » ? Mais je ne me souviens plus…

 

   Commentaire écrit à 65 ans

 

PROJET « ALICE »

 

fragment,» alice »,humour

 

Alice sans malice…

 

ÉCRITURE

 

Petite tête d’oiseau persifleur (Jo)

 

ÉCRITURE

 

Reprendre la nouvelle du facteur qui ouvre la lettre sans adresse. Il trouve un message « À l’intention de l’employé des postes » : souhait de bonne et heureuse année. Après avoir reçu la carte, il avait invité un miséreux et lui avait offert à manger pour la nuit du Nouvel An, quoique n’étant pas bien riche. Cette année là il devient riche.

Le Nouvel An suivant : même carte. Tout à sa joie et à sa richesse (présente et à venir) il en oublie la charité il en sera puni. Le miséreux le regarde passer le postier meurt dans l’année.

Mise en forme :

Le premier épisode (ouverture de l’enveloppe) est raconté par le facteur à sa femme alors qu’il rentre du travail. Le festin se prépare. C’est là que le miséreux se présente et est accueilli par le facteur, tout heureux qu’une chaleur humaine s’établisse. (Référence : le Juif errant). Lorsque le miséreux se présente, l’année suivante, c’est par un maître d’hôtel qu’il est reçu et mis à la porte… Dans l’ombre d’une porte cochère, il regardera passer l’ancien facteur devenu industriel, dans sa calèche, qui va dans un cabaret finir le réveillon…

 

IDÉE – SPECTACLE

 

(En relisant mes notes sur un possible spectacle sur l’Information) :

Pourquoi ne pas faire un spectacle qui serait une combinaison de figures préparées à l’avance (par exemple plusieurs morceaux de musique sur lesquels une chorégraphie serait préparée) mais ces morceaux pourraient passer dans n’importe quel ordre. Pour chaque morceau il y aurait un groupe de danseurs chargés de l’interpréter.

 

 

Chaque soir l’ordre de passage et la durée seraient changés. Mais comment ? Idée : Il y aurait une sorte de pupitre de commande permettant de choisir tel ou tel morceau puis de passer à un autre avant même qu’il ne soit terminé, si on le désire. Lorsqu’on entendrait un des morceaux les danseurs du groupe correspondant danseraient sur cette partie de la musique, les autres attendant leur tour. Les danseurs ne sauraient donc pas quand ils seraient obligés de danser… Entendant leur morceau, ils se mettraient à danser. Il y aurait donc possibilité de faire danser le groupe 1 pendant 10 secondes, le 2 pendant 30, le 3 pendant 5 puis de revenir au 2 pendant 5 minutes, etc. Et la direction du pupitre serait confiée à un spectateur désigné par un tirage de loterie.

 

Commentaire du 26 décembre 2011 :

 

Je vois dans cette note l’émergence de cette mythologie du « spectateur actif (voire acteur) » qui devait se développer par la suite, notamment pendant les années 70. Aucun intérêt. Absolument antinomique du « spectacle ». A proscrire.

 

   Commentaire écrit à 65 ans

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

En relisant la séquence de « Scarface » qui repasse : au lieu de mettre de vrais gangsters, mettons en des faux, des voyous tout jeunes, tout innocents…

 

Commentaire du 27 décembre 2011 :

 

Encore une prémonition ! C’est exactement ce qui s’est passé avec le « Scarface » de Brian de Palma, avec Al Pacino, film objet d’un véritable culte de la part d’une mase énorme de jeunes voyous… !

 

   Commentaire écrit à 65 ans

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

(En relisant idée sur strip-tease tableau)

Mieux :

1/ Tableau accroché à un mur avec un cadre. Il représente une jolie fille. Un camion passe. Tout se met à vibrer. Le cadre tombe et en même temps la robe de la fille.

2/ Un camion passe. Le tableau tombe tout en entier. En cognant le sol, la robe tombe.

3/ Un camion passe : le cadre tombe.

Une voiture : la robe.

Un autobus : la combinaison.

Etc.

4/ Camion passe le tableau (et autres objets autour du tableau) tombe et reste debout sur le sol contre le mur.

Voiture c’est la robe qui tombe, etc..

Il peut y avoir en bas des « spectateurs » (jouets par exemple)

Sûrement quelque chose comme ça dans Pierre Etaix.

 

16/08/1966 

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

La journée de travail d’un homme. La montrer sous l’angle de vue d’un enfant : pour la première fois, il voit son père en dehors de la cellule familiale, il part avec lui et le suit.

 

VÉCU

 

Café La rotonde

 

Café La Rotonde. Tôt le matin (il est 10 h moins le quart ). Soleil dans la rue. Ici il n’y a pas d’herbe. Je fume une cigarette blonde.

 

ÉCRITURE

 

     Vous la coiffez ?

     Si la sémantique ne venait pas s’en mêler, je dirais oui…

 

Commentaire du 29 décembre 2011 :

 

Ce dialogue imaginaire faisait suite à la question (réelle) que m’avait posée mon ancien professeur de lettres du Lycée Paul Langevin, à Suresnes, en 1962, que j’étais retourné voir, car je l’estimais, et avec qui je m’étais entretenu de mes rapports avec Jocelyne.

 

   Commentaire écrit à 65 ans

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

(A l’intérieur d’une séquence)

Personnages :

Un vendeur, Un touriste

Lieu :

Une librairie

Situation :

Le vendeur discute. Il est énervé. Il en a marre. Le touriste entre :

– Vous avez un guide de la ville ?

– Écoutez : dans cette ville, il n’y a rien à voir ! Je vous donne un conseil : quittez la au plus vite !

(Possible soit comique soit tragique)

Tragique : Hitchcock

2 points de vue :

Vendeur comique

Touriste tragique (western,vampires) Si on sait ce qu’il y a avant comique. Si on ne sait pas tragique (suspense)

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