Carnet 46

Carnet 46 – Du 7 janvier 1988 au 8 février 1988.02

 

07/01/1988

 

VÉCU – CARNETS – TRAVAIL – TÉLÉVISION – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Je suis surpris ! Je ne m’attendais pas, en ouvrant ce carnet, à trouver cet interlignage… ! Enfin : on fera avec… Peut-être est-ce plus lisible ?

Et puis, une fois de plus, je suis tenté d’y voir un signe : ce carnet, le premier de l’année, ne représente-il pas le changement ?

Les journées sont longues pourtant, en ce moment, car je ne travaille pas vraiment, du moins je ne tourne ni ne monte…

Travaillé cet après-midi aux histoires d’objets pour « Charmes ». Ce soir, Jean-Pierre M., le scénariste, va venir ici.

Avec G., on cherche un sujet pour « Super sexy », on a laissé tomber « L’amour en exil »…

 


 (23h54)

 

M. est reparti : on est arrivé à 3 synopsis, ce soir, pour « Charmes ». (Je me trouve assez efficace : avant-hier encore, je n’avais rien… !)

Drôle de mec. Je ne peux pas dire que j’éprouve une grande attirance pour lui, mais enfin… c’est praticable !

 

Je me retrouve seul, une fois de plus. Ce qui me frappe, c’est finalement la rapidité avec laquelle notre histoire, à Mathilde et moi, aura pris fin.

Il est vrai que ça couvait depuis longtemps. Mais quelle contradiction nous, en moi comme en elle ! Entre notre réelle attirance et les comptes à régler avec l’autre et les aspirations personnelles !

 

Je me dis qu’il faudra revenir sur tout cela en analyse, mais désormais que je n’ai plus de comptes à rendre qu’à moi-même, peut-être serai-je libéré pour affronter la vérité de mon être. Je pense que j’ai été bloqué dans mon analyse par une trop grande « intériorisation » (erronée, en plus) de l’Autre.

 


Il est bon qu’on se soit quittés : je la gênais et je commence à m’apercevoir qu’elle me gênait… ! Chose apparemment paradoxale. Je m’aperçois (en lisant un article de Patrice Van Erseel dans « Actuel », sur la thérapie familiale) que je n’ai sans doute jamais encore pu vraiment m’extirper d’une sorte de « bain », je devrais dire de « poisse », de mélasse familiales… !

Elle a besoin de son indépendance, mais moi aussi

 

« Courageux, indépendant et fort », c’était, je crois, les trois adjectifs dont – selon G. – je souhaitais m’autoqualifier (dans l’être et non dans le dire seulement)

Mais ne pouvais-je le faire avec elle ?

Voilà la question… !

Elle me l’a assez reprochée, lors des explications finales, cette stagnation où je m’autodétruisais…

Je lui refusais sûrement quelque chose, mais quoi ? pourquoi ? et à travers elle, à qui ?

Qui m’empêche, en moi-même, de « réussir » (à ma façon, incluant l’aisance financière).

D’où vient cette malédiction de la gêne, de l’angoisse du fric ?

G. en a parlé. On n’en reparlera. Ça, c’est sûr !

 

08/01/1988

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Il me revient que son coup de fil de rupture (« Tu fais des histoires… ») a été déclenché par mes reproches, une fois de plus (sur le fait qu’elle ne m’ait pas appelé après ce déjeuner manqué), mais, s’il est vrai que je dois interroger en moi cette tendance aux reproches (je viens de me remettre en colère contre Maman pour une de ses remarques sur panne répondeur (moyen de communication devenu pour moi hyper-important et « remplaçant » probablement beaucoup de choses…), il est vrai aussi qu’elle ne pouvait plus esquiver la mise en question que j’opérais sur l’avenir de notre couple. Elle a dû conclure qu’il n’en avait plus car elle ne voulait pas renoncer à une organisation de vie déjà mise en place depuis longtemps.

 


Je me sens, tout de même rejeté, largué.

C’est dur parfois.

Je me tiens à peu près bien, mais c’est dur parfois. 

 


La solitude m’est pénible. Je comprends ma lâcheté, ma répugnance à rompre, à poser même, seulement, des problèmes dangereux. C’était si bon, une maison pas toujours, seulement cela pas toujours vide !

 


Aujourd’hui elle est vide, à 99,9 % du temps… !

 


 (19h36 – couché dans la chambre devant la télé, à cette heure-ci… !)

 

Rien à faire, personne à voir. Que faire sinon s’ennuyer ?

Je fais tout ce que je peux pour avancer dans le boulot.

(Proposé sujet à G. – appelé 2 contacts boîte prod. d’institutionnel donnés par Greco – appelé Zeyen, à Cinétévé et Jean-Daniel Verhaeghe (pas là ni l’un ni l’autre), rappelé Marie-Claude Guilbert pour la « remercier » de la cassette « Sibylle » qu’elle a beaucoup aimée (manière de rester présent) (Lui ai dit : « Ça ne vous donne pas des regrets qu’on n’ait rien fait ensemble ? »   Elle : « Oui, mais j’attends le scénario… » (« le » scénario !). – Relancé machine (Jean-Marc P. – Solange V. – Frédéric Bourboulon) pour représenter « La mort dans l’œil » à la subvention (suivant conseil de Gauvreau).

Hier : demandé à B. de me recommander auprès de Villers. Il a pensé à en parler à Colette Etcheverry qui est très copine avec Villers, paraît-il. Lui ai raconté aussi mon projet « Lune ».

 

VÉCU – CINÉMA – CHAPLIN – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

(0h30)

 

Je viens de revoir « Les temps modernes » à la télé.

À la fin, ils sont seuls sur le bord de la route, tristes, sans argent.

Et, avant de se cacher le visage dans les mains et d’éclater en larmes, Paulette Goddard regarde la caméra, c’est-à-dire nous, ce côté-ci de l’écran, la réalité

C’est génial !

Elle le fait une seconde fois et dit « À quoi bon ? » 

Je me suis murmuré : « On se le demande, en effet ! »

Mais Charlot lui a remonté le moral et à moi aussi ! !

 

10/01/1988

 

VÉCU- AGNÈS 

 

(18h15)

 

Sommes allés, Agnès et moi, voir l’expo « Cités-Cinés » à la Villette. 

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TRAVAIL – TÉLÉVISION – PROJETS

 

Gros coup de cafard ce soir. Envie de pleurer. Suis allé me masturber : sentiment d’impuissance.

Quand on a baisé, Mathilde m’a dit : « Pourquoi tu ne t’es pas occupé de ma chatte ! »

Je pense qu’elle m’a puni d’avoir manqué de désir pour elle.

C’est un fait – que je suis bien obligé de reconnaître aujourd’hui – que je suis seul et malheureux : je dédaignais ce que j’avais à portée de la main parce que je l’avais… !

Vieux jeu, hérité de l’enfance.

Je m’en veux d’avoir été con ( aveu – dans ce mot – de refus de ma virilité. Recherche d’une sorte de féminité qu’elle me désire, mais elle désirait être désirée. (Elle le sera – nonobstant ses déclarations sur sa « consécration » à son métier – cela lui sera tellement plus facile qu’à moi !

Et moi, je reste avec mes angoisses, mes inhibitions, mes fatigues, mes dépressions

Et j’ai 41 ans !

 

Mais la question que je me pose est aurais-je pu éviter ça ?

Problème de mon métier. De l’argent.

Oui mais : sans y renoncer, faire autrement. Me défoncer plus…. ! ! ?

Il eût fallu avoir confiance en moi.

Et ne pas refuser la loi humaine qui est que ce sont les hommes qui expriment leur désir aux femmes.

 

ÇA, IL FAUT L’ADMETTRE UNE FOIS POUR TOUTES !

ET SAVOIR QUE CE N’EST PAS UNE CATASTROPHE SI ELLES DISENT NON. ÇA LEUR ARRIVE !

 

Je suis comme un gosse qui doit tout apprendre !

 


À l’appui de la théorie « sexualiste » de cette rupture (ou l’argent joue un vrai rôle, mais peut-être pas le premier, un mot de Mathilde au sujet de mes dépressions chômagesques et échequestes : « Un mec qui fondait comme une bougie » ! !

 


Voilà : la semaine s’est écoulée et le conte de fée n’a pas eu lieu : ni Verhaeghe ni Zeyen ne m’ont appelé pour me dire : « J’ai lu « Mélissa », c’est excellent. Rencontrons-nous… »

M’accrocher. J’appellerai demain. D’ailleurs l’ont-ils encore lu ?

 


Accompagner le projet à la 7 d’une note sur une possible collection « Les tyrans » ?

 


J’ai eu Serge G., le documentaliste, au bout du fil.

Gentiment, il me demande : « Alors, comment ça va ? Ça s’est arrangé ? »

 – « Ça s’est définitivement desarrangé… »

 – « Au moins, comme ça tu sais à quoi t’en tenir. Tu peux repartir d’un autre pied. »

 


Fellini, à propos de la scène « flash-back » d’» Intervista » sur la « Dolce Vita » : « Il y avait dans l’air un sentiment de sympathie. Envers Anita. Envers son acceptation stoïque du moment présent. Et cela ne pouvait pas être cruel. Ou alors, si c’est cruel, c’est qu’on se réfère à un désir infantile de toujours vouloir demeurer le même, de vouloir toujours tout posséder… »

 


L’honneur perdu de Robert Cappadoro : je pense ça parce que je viens de voir à la télé « Le parrain » (première partie).

Il y a un tas de choses en moi que je ressens ainsi : des régressions par rapport à un honneur sicilien, enfoui au fond de moi : ma lâcheté devant la mort – mes plaintes (ces temps-ci, comme ce soir, pensé à appeler des gens pour dire que je me sens mal, que j’ai le cafard. L’ai fait : avec Jean-Marc P., avec Jean M.. Mais personne ne me dit : « Mais qu’est-ce qu’il y a, mon petit vieux, t’as bien du malheur… ! » Non. Et surtout, surtout : elle, j’en suis sûr, elle ne se plaint pas ! Ne demande pas qu’on la console.

C’est fini, la consolation. J’ai 41 ans ! Je ne suis plus un petit garçon.

Et une femme aurait plus de courage que moi ? Plus de force ? Plus de punch ?

 

Non. Je me battrai.

J’ai déjà commencé.

 

J’aurai la force, l’intelligence, l’humour aussi. Tout ce qui est indispensable pour convaincre et réussir mes entreprises.

 

Cette fois-ci, ce n’est pas comme avec Colette. La position que j’avais prise (ne pas vouloir de cette fausse vie de couple, en vouloir une vraie, même – c’est autre chose – si je n’en avais pas les moyens) n’était pas infantile, comme avec Colette, ce n’était pas un désir de toute-puissance.

Je ne peux pas en vouloir à Mathilde de celle qu’elle a prise, elle.

C’est ça qui me rend sans colère à son égard et presque sans chagrin.

C’était ainsi. Une autre histoire aurait pu être, il eût fallu que ce fût dès le début différent…

Parti comme c’était, ça devait finir ainsi…

 

AGNÈS 

 

Aujourd’hui ma priorité est de retrouver mon honneur en me donnant les moyens de mon existence à moi tout seul, ce qui est déjà beaucoup, et ceux d’assurer les études de ma fille.

Le reste, les larmes, les apitoiements, les consolations, tout ça, c’est fini !

 


La vie est dure mais elle est dure pour tout le monde (elle est même beaucoup plus pour l’immense majorité des gens).

 


Aujourd’hui Agnès m’a dit (ça ne pouvait pas être plus clair) : « Quand tu quittes quelqu’un, ça ne me dérange pas, parce que je peux être seule avec toi… » (cf. Zelda : « Il ne faut pas faire de peine à Roberto » (traduction : « Que c’est bon d’être seule avec Maman ! »)

 


Tout de même : 5 ans de relations ne s’achèvent pas « comme ça ». Sans doute, ce qui aide à « faire passer » c’est, comme je l’ai écrit plus haut, l’» inévitabilité » de la chose et le fait que nous ayons chacun, comme dirait Renoir, « nos raisons ». Mais ce qui est le plus à craindre pour moi, ce sont ces moments de dépression.

Et puis surtout, je me définis par un « faire » (je l’ai dit plus haut : « faire » ma « situation ») mais pas par un « être » !

J’ai un équilibre à (re-?)trouver et pour cela, il me faudra reprendre mon analyse, régler plein de choses non dites, jamais vraiment abordées, toujours éludées ou masquées, « trafiquées ».

Je n’ai toujours pas compris comment je fonctionnais pendant mon existence (j’évite à dessein le « pourquoi ») : il y a des aspects névrotiques, compulsifs, de mes comportements qui sont restés hors d’atteinte et cela, je ne le veux plus…

 

11/01/1988

 

(Lundi – 11h30)

 

Je viens d’appeler Verhaeghe : il n’aime pas !

Le même sentiment de mort m’a étreint (que l’autre ne comprenait pas, celle à qui tout a réussi !) comme si je ne m’étais pas remis en cause, comme si je n’avais pas réécrit des tas de choses différentes.

Non, je ne peux pas croire que je n’ai pas de talent !

 

J’en étais là, cet automne : me dire que je n’ai pas de talent et arrêter !

Dur matin. Va savoir pourquoi j’avais mis tant d’espoirs en ce Verhaeghe, mais les choses, bonnes ou mauvaises, surviennent ainsi, d’elles-mêmes. Il faut vouloir les bonnes, bien sûr, mais ça ne suffit pas. Il y a comme un fatalisme qui s’installe en moi.

 


 (15 h – déjeuné avec Monique B., rue Saint-Benoît)

 

Métro. Abordée petite noire : Claudine : pas libre (19 ans). Mais on s’est fait au revoir de la main lorsque je suis descendu au métro Louis Blanc. C’était gentil. Elle avait l’air douce.

 


 (18 h)

 

Je rentre à la maison avant d’aller séance G. et trouve un message de Marc B. en réponse aux trois miens (dont le dernier, après refus Verhaeghe, où je parlais du sentiment de mort : il me dit qu’il ne peut rien faire pour moi, que les Télécoms ne sont pas aussi enthousiastes que ça et pas prêtes à refaire de la télé et qu’il s’en va aux USA !

 


Seul. « Comme un grand »…

 


Depuis ce matin : angoisses d’enfant.

 

12/01/1988

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

 

Hier, séance :

 

Je parle d’honneur sicilien. Il évoque le pistolet dont Papa menaçait de se servir si Maman ne l’aimait pas ! = sicilien 

(Un enfant ! Croire qu’un pistolet peut forcer à aimer ! On ne force pas à aimer !)

 

VÉCU – TÉLÉVISION – PROJETS

 

Ce matin : Chantal Knecht au téléphone. Rendez-vous demain à la 7. Je ne veux rien écrire ni rien penser là-dessus, par pure superstition.

Eu Marie-France Trémège qui a beaucoup aimé « Mélissa » et doit appeler Fauvel à Flach Films pour me recommander ! (Autre façon d’entrer à Flach Films que Fregosi qui m’aura beaucoup déçu !)

Ah si Zeyen pouvait aimer !

Me suis attablé aujourd’hui pour rédiger projet concept de collection « Les tyrans » accompagnant « Mélissa ».

 

13/01/1988

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA – PROJETS – FEMMES – ARGENT

 

Ce matin, de bonne heure : coup de fil : B. annule alors qu’hier soir il était OK pour que je tourne dans son appartement.

Ça m’a miné et m’a fait mal démarrer la journée. Bizarrement, il m’a fait penser à Mathilde.

Hier soir : suis allé chez B. avec Jean-Marc P. pour photographier, puis au restau d’Alfredo. Branché une serveuse : Adriana. Lui ai filé papier avec mon numéro. « Aspetto il tuo telefono » lui ai-je dit en partant. Appellera-t-elle ?

 


Cet après-midi : la 7. J’ai peur.

Aujourd’hui, je me sens mal et angoissé.

 


Il faut que je pense à payer : loyer + Assedic.

Demandé au plombier qui va venir pour eau chaude cuisine de remettre le bidet aussi.

Ce sera bien agréable pour mes roustons.

 


Je me « neutralise » autant que possible pour éviter espoirs et déceptions. Marie-France Trémège a parlé de moi à Isabelle Fauvel, de Flach films, qui s’occupe là de cinéma. Elle me donne rendez-vous pour demain Sans avoir lu le scénario ! Je ne comprends pas cette façon de fonctionner ! Enfin, on verra…

 


 (15 h)

 

Je viens d’essayer d’interroger le répondeur de location en remplacement du mien en réparation, mais il a l’air de merder… !

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – MA MÈRE

 

Le temps me paraît venu de noter – tout de même – un certain nombre de choses que nous nous sommes dites, Mathilde et moi, et qui ont conduit à notre séparation :

 

Elle : « C’est le matériel qui nous sépare (…) Pour moi, l’homme, dans le couple, c’est lui qui assure les besoins (…) Je veux y réussir toute seule, me rendre de comptes à personne (…) J’avais besoin d’être fière de toi, que tu aies réussi aussi, sinon il fallait que je me la ferme ! (…) Sois bien, Roberto, même sans moi. Vas-y : remplace moi (…) Ce que j’en ai connu, des angoisses dans cette maison, parce que je te sentais souffrir et déprimer (…) Je peux devenir quelqu’un d’important (…) Pour ton anniversaire, je me suis dit : « Pourvu que ce soit la Bonne Année pour lui… » (…) Quand on réussit, on n’est jamais seul. On n’est rien tout seul. Si tu réussis, tu verras que c’est parce qu’il y aura une équipe autour de toi. »

 

De toutes ces paroles, l’effet le plus sûr aura été de me donner de l’énergie et de m’amener à me dire qu’elle a raison : si j’ai stagné, c’est par ma propre faute.

 


Certes, de n’avoir pas accepté ma stagnation, je ne peux lui en vouloir, mais elle m’est devenue, de ce fait, totalement étrangère.

Un couple peut se fendre ainsi en deux, net, comme une bûche sous un coup de hache !

 


 (20h35)

 

Je viens de m’engueuler avec ma mère au téléphone (à partir d’une ancienne conversation, au début du travail de René ici dans le 20e où elle trouvait ça « normal »). Idem elle m’a dit, quand je souffrais en fin d’année : « Vous auriez dû être élevés à la dure… »

Sous-entendu : avec elle, on n’en a jamais assez bavé et on est tout le temps jugé.

 

Qu’elle la ferme, cette chieuse !

 

En tout cas, j’ai repensé : je n’ai pas attendu l’humiliation de Mathilde me traitant de raté (ou à peu près) pour réagir. Je l’ai fait de moi-même, quelques jours, quelques heures après son départ… !

 


Et c’est moi qui l’ai virée. Qui ai eu ce courage !

 

14/01/1988

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – AMIS – JEAN M.

 

Hier soir : repas à la maison Jean M., et Emmanuelle, sa femme, est venue plus tard. Scène de larmes et de règlements de compte entre eux.

À un moment, Jean dit que « pour ce qui est de pleurer en public, je suis un expert. » Je dis que je n’en ai pas eu honte.

 

Commentaire du 13 janvier 2019 :

 

Cette note, et en particulier ma phrase sur mes larmes en public, me donne l’occasion de formuler une remarque générale qui va bien au-delà d’elle seule et concerne ma structure psychologique toute entière : il est vrai que ces carnets sont remplis d’épisodes où s’exprime ma vulnérabilité. Mais je l’assume en m’opposant résolument à ce monde de violence qui dénie aux vulnérables le droit d’être eux-mêmes alors qu’ils ne peuvent être autre chose, si grands soient leurs efforts. Je ne dis pas que j’en suis fier, mais j’ai lutté – ces carnets en portent de multiples traces – pour dominer cette vulnérabilité et n’y suis pas parvenu, c’est pourquoi je l’assume et accuse les êtres humains de valider une organisation de la société fondée sur le rapport de forces où les plus faibles sont condamnés. Je ne nie pas qu’il est sans doute impossible qu’il en soit autrement, eu égard à la nature humaine, mais en privé, dans des rapports que je voulais d’amitié, la critique de cette organisation était possible. Pourtant je ne l’ai guère rencontrée et c’est pourquoi je revendique cette vulnérabilité où l’on m’a laissé seul et souffrant. D’ailleurs, déjà, tout au long de ma vie, cette manière d’étaler ma vulnérabilité était une manière de contester la nature humaine, de proclamer à la face du monde que je le détestais, haut et fort, avec courage et en prenant de grands risques. Ceux qui n’ont pas compris cela sont des imbéciles et c’est une variété d’êtres humains qui court les rues. En même temps, de par mon vécu infantile, ma vulnérabilité obéissait à une stratégie d’échec inconsciente (voir mon essai psychanalytique « La place brûlante) et, devant le sentiment de supériorité légèrement méprisant que je ressentais chez les autres devant mes échecs et ma vulnérabilité, je ressentais confusément une sorte de jouissance à savoir, moi, qu’il y avait un projet secret là où les autres ne voyaient que faiblesse et maladresses.

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA –  PROJETS

 

Ce matin : rendez-vous avec Isabelle Fauvel à Flach Films, recommandé (chaudement, me dit-elle) par Marie-France Trémège. Lui ai remis « Mélissa », mais il ne faudra pas être pressé… ! !

Véronique Fregosi était là au début, mais elle a disparu. Ai laissé « Mélissa » + projets collection sur son bureau avec un mot. Lui ai dit : « Fais-moi signe ». C’est le signe de « Va te faire voir » qu’elle pourrait me faire… Une fois de plus, je n’aurai pas réussi à la voir…

 

VÉCU – SEXE – FEMMES – PROSTITUTION

 

En sortant du rendez-vous, je descends la rue Saint Denis pour venir au sex-shop, le 147. En chemin, je flashe sur une pute noire. Je monte avec elle. La baise (avec capote). Assez fort. Lui ai (éternelle question) demandé si elle aimait ça. Éternelle réponse : pourquoi pas ? J’étais excité et actif en la baisant, mais les manifestations d’un désir et d’un plaisir authentiques de la femme, ça manque au coït… Voilà pourquoi on a besoin d’amour.

Baiser pour baiser, ça ne suffit pas.

C’est baiser pour aimer, ou aimer pour baiser, qu’on veut.

 

Je songe à mon amour enfui. Celle qui me demandait : « Tu ne me quitteras jamais ? »

 

Que c’est dur de trouver l’amour, le vrai, le paisible et passionné, celui qui lie le couple et préserve les individus. C’est ça la contradiction majeure à résoudre.

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – AMIS – JEAN M. – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

À propos de l’affect, Jean disait hier que des gens ne pouvaient s’empêcher de pleurer sur le pont de l’Alma, mais que lui, en l’occurrence, ne pouvait s’empêcher d’avoir envie de plonger dans l’eau pour échapper à cette scène. 

Apprendre à respecter les différences.

Ce qui lie Jean et Emmanuelle (chose qui est triste et commune à tant de gens), c’est la volonté souterraine et permanente de changer l’autre.

Mathilde a essayé avec son ex-mari, elle n’a pas voulu recommencer avec moi, elle a donc préféré se changer elle-même, faisant d’une pierre deux coups : dépassant le rapport de couple-rapport de forces et s’auto-construisant durablement.

 


Mon problème avec le désir : après le voyage de mai de Mathilde, quand j’avais découvert le manque et le désir. Quelle a été mon attitude ? Plus de manifestations de mon désir ? Plus de propositions ? Plus d’occasions habilement mises en place ? Non : la même et éternelle exigence = « Provoque-moi » (métaphore guerrière s’il en est) Toute façon, c’était TROP TARD !

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA –  PROJETS

 

Il faudrait que j’envoie un bouquet de fleurs à Marie-France Trémège pour m’avoir introduit auprès d’Isabelle Fauvel (me procurer son adresse).

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(20 h)

 

Voilà. Je viens de mettre toutes les affaires de Mathilde et des enfants en cartons et sacs plastique.

Je n’ai fait que ça depuis 14 h.

J’espérais, en nettoyant la chambre des enfants, retrouver les poèmes d’Agnès.

Je n’en ai retrouvé qu’un (« La ville ») !

Je ne peux pas dire que ça ne m’a rien fait de tout voir redéfiler devant moi ainsi, tant en ce qui concerne les enfants qu’elle…

Mais que faire ?

S’armer de courage. Ainsi je n’aurai plus sous les yeux aucun objet, aucun signe qui blesse… !

 


Je n’ai pas noté (une nuit, juste avant le coup de fil de rupture) : quelqu’un m’appelle au téléphone. Ne parle pas. Je raccroche. Recommence.

Je finis par établir un code : un coup sur téléphone : non. Deux coups : oui. C’était quelqu’un qui me connaissait bien (ma date de naissance – le prénom de ma fille)

Une femme. Malheureuse car on venait de la quitter. Ayant honte de me parler.

Elle voulait que je parle. Lui ai dit que je parlais différemment à des interlocuteurs différents. Pas possible de continuer. Essayé de la faire parler. Pas moyen. Ai fini par brancher le répondeur (elle a rappelé cinq ou six fois !) Qui était-ce ? Je ne saurai jamais…

 

Commentaire du 13 janvier 2019 :

 

Aujourd’hui je me dis que c’était Mathilde, évidemment ! Quelle naïveté de ne pas l’avoir compris sur le moment-même… Qu’attendait-t-elle ? Qu’espérait-elle ? On peut se le demander compte tenu du fait que le coup de fil suivant a été son « coup de fil de rupture ». Sans doute voulait-elle « me faire parler » pour vérifier le bien-fondé de sa décision qui était sans doute en gestation, à moins qu’elle ne l’eût déjà prise.

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 

VÉCU – AMIS

 

J’ai appelé des gens (besoin de téléphone) : M. – Gagnaire – T.  Mariana. Très malade. Elle me fait des prédictions d’apocalypse.

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Il est minuit cinq. J’aspire à mourir

 


Suis bourré comme un coing.

 

Aujourd’hui, en rangeant ses affaires, j’ai retrouvé mon couteau, qu’elle avait caché, de peur de ma violence.

Elle l’avait caché dans mon sac à dos ! Mon sac orange, celui de la ballade de 73. Celui de la Liberté. La sienne ? La mienne ? Je ne sais plus.

Tristesse abominable de ces lendemains d’amour.

Et il faut être « énergétique ». C’est ça qu’ils veulent tous !

Moi, je me tuerais bien ! Et on n’en parlerait plus.

Mathilde, pourquoi ne sommes-nous quittés, nous qui nous aimions ?

 


À la violence de cette question il n’est pas de réponse assez violente !

Quelle que soit la violence de nos désirs, de nos désirs séparés, indépendants l’un de l’autre.

 

Me suiciderai-je ? Plus je vais, plus je pense que oui.

Agnès, j’écris ça pour toi, pour te prévenir. Si je me suicide, ce ne sera pas mal !

 

15/01/1988

 

VÉCU – SEXE – PROSTITUTION

 

Hier, on attendait devant la porte de la chambre, avec la pute noire.

Elle me dit : « Tu es d’où ? Tu as l’air d’un provincial pressé… »

 – « Non, je suis de Paris, mais c’est vrai que je suis pressé… »

(C’est drôle : je me sentais pressé, mais ne l’étais pas ! Pressé par le désir ? Par la volonté de me prouver ma virilité en baisant ?)

Elle me demande :

 – « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? »

 – « Devine… ! »

 – « Ah ! fait-elle, expert-comptable ? »

J’éclate de rire :

 – « Pas du tout. Tu en es très loin ! »

 – « Journaliste ? »

 – « Ah, tu te rapproches… ! »

 – « Cinéaste… »

(Elle l’a trouvé en trois fois seulement !!!)

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – FEMMES

 

(14h25)

 

Hier, après toute cette après-midi de mise en cartons et en sacs, je me suis mis, le soir, à appeler des gens tout en buvant du whisky à la bouteille…

Preuve que l’» entendement » de mon amour m’a fait plus d’effet, en profondeur, qu’il ne me semblait : je me suis bourré la gueule, sans savoir que je le faisais volontairement.

Et je me suis réveillé à l’aube, dans un état très terrible de gueule de bois. Et pas moyen de me rendormir ! J’étais durablement mal : alcool + manque de sommeil.

Et l’angoisse s’en est mêlée : elle s’est insinuée et dure depuis.

Des pensées, les regrets, les souffrances, tournent en moi me font mal.

En plus : grande fatigue physique (trimballage d’hier ?) Ai jeté ce qu’il y avait à jeter de « leurs » restes.

Glissé en revenant sur le sol mouillé : me suis fait mal au genou !

Chute symbolique.

Fatigue. Aujourd’hui : retrouvé le type même de déprime qui a fait fuir Mathilde.

Personne à qui le dire. Sentiment de solitude. Et il faut assurer la comédie sociale. Pour le fric…

 

Je me suis dit qu’au fond, le téléphone ne sonnait pas, on ne me demande pas : c’est moi qui suis encore et toujours obligé de solliciter.

Je le fais, certes, et avec quelle énergie, mais j’ai un coup de cafard et de lassitude.

Je me demande si, quand je me sens bien et attractif, comme je me suis senti ces temps derniers, ce n’est pas moi qui me monte la tête, m’autogratifie, en étant sûr de ma réussite, sûr de ma chance, alors que, au niveau du réel, il y a peu de chose de faites, et si, comme disait G., je ne « prends pas mes désirs pour des réalités ».

 


Sale moment

 


 (18 h)

 

J’ai failli pleurer, tout à l’heure, dans le métro.

Passé en taxi devant Ma Vie Bijou. Vu lumières. 

Émotion. Souffrance. 

Bonheur perdu.

 


Et à côté de ça, je rame déjà avec d’autres femmes : elle ne m’a pas rappelé, la serveuse de chez Alfredo ! Il faut dire aussi que je m’étais pris la grosse tête. On ne laisse pas son numéro à une femme pour qu’elle vous rappelle. Ce n’est pas comme ça qu’on fait. Je fais là comme je faisais pour le travail…

Je n’ai jamais eu beaucoup de succès auprès des femmes…

Peut-être, là aussi, comme pour le boulot, ne l’ai-je pas vraiment voulu ? Maintenant, poussé par la solitude, comme le loup hors du bois par la faim, peut-être me débrouillerai-je mieux ?

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA –  PROJETS

 

Ai envoyé une douzaine de roses à Marie-France Trémège.

Un beau geste qui forcera peut-être un peu plus la chance ?

 


Ai – encore – essayé d’appeler Véronique Fregosi.

On me dit qu’elle est partie. Est-ce vrai ? M’évite-t-elle comme l’a fait Jacques Salles ?

M’a-t-elle classé parmi les gens insuffisamment intéressants, une fois pour toutes ? Je ne sais pas et ça me fait chier.

Je me sens mal aujourd’hui ! C’est fou !

Ai régressé à un stade de manque de confiance, surtout de manque de confiance en la chance, en l’avenir.

Après tout, j’ai fonctionné tous ces temps-ci sur une sorte de certitude que ça allait marcher, que je réussirais et aurais du succès, mais n’est-ce pas – encore une fois – prendre un désir pour une réalité ?

 

Peu importe : je n’ai pas le choix. Je ne peux que croire en moi ! ! Et ceux qui n’ont pas cru en moi viendront vers moi. J’en suis bien persuadé !

 


Pensé à déposer « Melissa » à l’Avance sur recettes.

Pourquoi ne l’ai-je jamais fait avant ?

Encore une conduite d’échec !

 

Je retrouve mon malaise physique de Rouen. Est-ce le problème du sommeil ?

Je vais reprendre des somnifères.

Il faut dire qu’hier soir, j’ai cru que l’alcool en tiendrait lieu. Mais le réveil a été dur !

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Terrible de me dire cela, mais je m’efforce de penser que j’ai bien oublié Colette… alors j’oublierai Mathilde aussi.

Elle me l’a bien dit elle-même, au téléphone, le dernier soir, quand je lui disais : « Mais qu’est-ce que je vais faire, moi, maintenant ? », elle m’a répondu, le plus tranquillement du monde : « Eh bien tu rencontreras quelqu’un d’autre… ! »

 

Quand je lui ai dit que les choses étaient plus faciles pour elle, elle m’a dit : « Ne crois pas ça… Tu sais il ne faut pas croire tout ce qui est écrit » ! ! ! Étrange expression : sur le moment même déjà, elle m’a arrêté et je la lui ai fait remarquer.

Écrit, mais où ?

 

Non, je crois vraiment, moi, que c’est plus facile pour elle, qu’elle souffre moins que moi.

J’ai bien vu comment elle évacuait le manque, comment elle y parvenait.

Et puis il y a plein de choses qui lui facilitent cet « après » : 1/ elle ne vit pas seule 2/ son boulot l’occupe tout le temps (alors que j’ai de longs creux) 3/ elle n’a – apparemment – pas de problèmes d’argent 4/ elle est femme, jolie et jeune.

Tout ça mis bout à bout, ça donne un certain… « confort » !

 

VÉCU – AMIS – DONA LÉVY – FEMMES

 

(01h)

 

J’avais invité Dona Lévy à dîner ici. J’ai été tellement mal aujourd’hui que je n’ai pas eu envie de faire les courses et la cuisine. Proposé aller au resto  Bartolo. Rue des Canettes.

Engagé conversation avec deux filles à côté (je les croyais mannequins et les ai branchées pour le sujet boulot « Super Sexy ») Or l’une était maquilleuse et l’autre… rien de précis. Patricia et Cynthia. Pris leur téléphone.

Cynthia me plaît beaucoup. Beauté lourde et sensuelle, mais je ne la crois pas sensuelle, pourtant, ou du moins encore trop jeune ? Je ne sais pas. Au début, je les croyais pétasses et ne se prenant pas pour des merdes, or l’une s’est révélée idéaliste et rêveuse et l’autre modeste et honnête !

C’est bien de se tromper, en définitive.

 


Il y a quelque chose en Dona qui me rebute. Je n’arrive pas à savoir quoi exactement et ça a toujours été ainsi. Je lui ai dit que je m’étais « retiré du monde » pendant l’époque où on ne se voyait plus, mais c’est bien elle que je fuyais. Quelque chose en elle, je ne sais pas quoi (comme en Zyf). Quelque chose de mort. Elle se dit elle-même sans désir.

Pendant le repas, à un moment (je l’ai dit à Dona d’ailleurs) : on parlait de Mathilde et tout à coup elle m’est apparue différente, même physiquement, telle que je l’ai vue quand elle est venue ce dimanche après-midi, au retour d’Asie : belle, mais étrangère, désormais.

Elle qui a été si proche ! Ce qu’il y a, c’est qu’aujourd’hui encore ça me paraît « incroyable », alors que c’est réel !

J’ai l’impression que c’est le propre du réel : être « incroyable » !

 

16/01/1988

 

VÉCU-FEMMES

 

(12h50)

 

Viens de me réveiller et de faire une chose spontanée : appelé Cynthia et lui ai dit que j’aimerais avoir une relation où je pourrais lui apporter quelque chose (41 – 19 ans !) mais aussi que son corps me plaisait.

Or elle est amoureuse d’un autre mec (25 ans). Lui ai dit de prendre mon numéro au cas où son histoire finirait et où elle aurait envie de venir vers moi. Par ailleurs, je vais demander à Jean-Marc P. de faire des photos d’elle, pour elle.

 

Elle m’a dit que les lents travaux d’approche des hommes la faisaient fuir. Je me félicite d’avoir gagné du temps ! Je me sens apaisé d’avoir fait cette démarche. J’ai exprimé paisiblement mon désir et je vis paisiblement un refus.

 

Lui ai dit : « Sinon, physiquement, je pourrais te plaire ? » – « Je ne sais pas, je ne fais pas attention puisque je suis amoureuse. »

 

TÉLÉVISION – CINÉMA – MÉLIÈS – POÉSIE

 

Émission télé (« Assiette anglaise » de Bernard Rapp) où un mec parle des images de synthèse en disant que « ça commence à ressembler à du Méliès » parce que « c’est peut-être aussi une question de pouvoir car « des poètes maintenant accès à ces machines… »

Me fait penser à la poésie de « Mélissa ».

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Dona parlait hier de Mathilde comme faisant partie de ces gens qui aiment bien grimper sur l’épaule de quelqu’un d’autre pour exister et après le laisser choir, une fois qu’ils existent.

On ne peut nier que c’est bel et bien ça qui s’est passé !

 

Ce qui me laisse encore confus et désorienté aujourd’hui, c’est la confiance totale que j’ai eue en Mathilde au moins à une époque, au début. Il est possible qu’à ce moment-là, si les choses avaient été différentes (si j’avais eu les moyens financiers, si je l’avais épousée, si je lui avais fait un enfant), alors elle m’eût appartenu vraiment, elle m’eût été fidèle et m’aurait accompagné jusqu’au bout du voyage…

 


Ne regrette pas, Roberto.

Assume sereinement. Tu as eu raison de rompre. Vous n’étiez plus un couple.

Elle n’était plus là. Ta dépression y était peut-être pour quelque chose, mais pas seulement. Loin de là !

 


Je vais sans doute (suivant en cela les conseils de Dona) enlever tous les posters de l’appartement et les remplacer…

 


 (1h15)

 

Je l’ai fait…

Suis sorti, cet après-midi, allé au Quartier latin et acheté pour 1600 Fr. de posters et d’affiches.

Enlevé toutes les anciennes (toutes, absolument) et remplacé… Mais il en manque encore un peu. Essayé maladroitement de régler la lampe spéciale pour cadres, dans la chambre, en l’ayant (mal) fixée au mur (pour éviter les déréglages aux ouvertures et fermetures de porte de l’armoire), elle est tombée et l’ampoule c’est cassée ! (la lentille aussi !) Je m’en suis beaucoup voulu.

Pendant que je « refaisais mon décor », le téléphone a sonné et la personne n’a pas parlé et a raccroché presque tout de suite. Est-ce la même que l’autre fois ? Voilà l’» événement » de ma journée : un silence au téléphone !

 

ÉCRITURE

 

(J’ai eu envie de le faire avec « Rien que des mensonges » d’Antonioni que j’ai acheté en même temps que les affiches, à la librairie de La Fontaine (lieu du début de mes amours cinématographiques, cherchant le Cinéma 61 qui parlerait des « Magiciennes » avec les sœurs Kessler…)

Un mec dresse la liste de substantifs, adjectifs, verbes et adverbes employés dans une œuvre.

Oui, j’aimerais le faire avec Antonioni

 

17/01/1988

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Non, je n’ai pas été bien avec elle.

J’ai mis un an à vivre avec elle ! Je ne lui ai pas été fidèle. Je ne l’ai pas épousée. Je n’ai pas pensé une seule seconde à une maison à nous. Je l’ai fait avorter. Elle a supporté tout cela !

Supporté aussi mes colères violentes. Mes paresses. Ma dépression. Mes problèmes d’argent. Et ce n’est pourtant pas elle qui est partie, c’est moi qui l’ai mise dehors…

 

Hier, j’ai changé mon décor, mais je ne me suis pas changé moi-même. C’est pourquoi il me faut reprendre l’analyse car je veux changer, mais je ne veux pas basculer dans les extrêmes inverses (exemple (comme ça m’est arrivé) : vouloir épouser une femme en la connaissant à peine, ou travestir mon véritable caractère juste pour plaire (en me racontant des histoires à moi-même).

Il me faut aussi régler le problème de la masturbation : il est évident que, pendant ce temps-là, je me tiens à l’écart de l’amour.

 

 Il est très bon que je revienne ainsi à la base des choses car, ces derniers temps, c’est plutôt du côté de Mathilde, de ses responsabilités, de ses actes, que j’ai regardé et cela m’a aidé énormément, mais c’est une fausse aide car rien ne m’évitera de regarder de mon propre côté, ou plutôt de mon sale côté, pour faire un jeu de mot qui n’en est pas vraiment un. Les actes de l’un n’effacent pas ceux de l’autre, ils les font oublier, les atténuent, mais, en moi-même, qui essaie d’être honnête et qui sais, il y a des choses que je ne peux ignorer.

Je n’ai toujours pas, je l’ai déjà dit, pas même le « pourquoi » de mon existence, mais, au moins, son « comment » !

J’ai vécu ballotté, inconscient, « victime et bourreau », pour reprendre un grand classique.

Je disais à Dona que c’était « métaphysique » de se retrouver seul, de savoir qu’on ne peut compter que sur soi. Mais qu’on peut compter sur soi… !

Je lui faisais remarquer aussi que « Sibylle » a été « conçu » dans les quelques rares mois de solitude que j’ai connus (non pas « Mélissa »), après il y a eu Colette, Mathilde et 10 ans de silence !

Les femmes ont finalement toujours été une sorte de « frein » pour moi.

C’est vrai que j’aime baiser. Mais de là à vivre en couple et perdre ce sentiment d’urgence, ce besoin effréné de donner une preuve de soi, de sa valeur… !

 Mélissa », ça été la seule bonne voie où je me sois engagé (sans y continuer) pour exploiter le succès de « Sibylle ». Malheureusement, je l’ai si longtemps laissé dormir…

 


 (17h20)

 

Un dimanche. Pas un seul coup de fil !

 

Le décor est nouveau. La maison est rangée. Mais moi je suis vieux et dérangé…

Je me sens si seul !

 


Il semble que, ces temps-ci, ma « positivité » m’abandonne.

J’espère que ce n’est que transitoire…

 


J’ai écrit la lettre à Mathilde pour qu’elle vienne chercher ses affaires.

 


 (18h50)

 

Voilà, je viens de lire la nouvelle que j’avais déjà lue, en feuilletant le livre dans une librairie, rue Champollion, avec Agnès, dans le bouquin d’Antonioni « Rien que des mensonges ».

En fait, c’est pour elle que j’ai acheté le livre. Elle s’appelle « Envie de quoi ? » Et ce qui m’a marqué, ce sont les dernières lignes (c’est l’histoire d’une femme qui se demande « comment va » son amant après leur rupture) : le garçon (le fils de l’amant) sort en claquant la porte. Et c’est ce bruit qui lui fait comprendre sans équivoque que sa vie a vraiment changé, qu’elle recommence à zéro. Qu’elle est seule et qu’elle ne doit pas avoir pitié. Que ce n’est pas ce sentiment qu’il aidera dans la vie. »

Antonioni, toujours (page 77) :

« Un metteur en scène a l’habitude des attentes. »

 

C’est vrai ! Aussi bien pendant un film qu’entre les films.

Je m’aperçois que tous mes longs mois de chômage, toutes mes solitudes entre ici, la place Gambetta et les Halles, ça m’a préparé à cette rupture, j’ai déjà l’habitude d’attendre que le jour passe, que la nuit vienne, avec, entre-temps, moi seul pour remplir le silence et l’espace…

 

(22h20)

 

Mathilde vient de m’appeler. Je ne sais même pas pourquoi.

Pour « savoir comment j’allais ». Je n’ai pas décoléré de toute la conversation.

 

À la fin, lui ai dit que je demandais qu’elle compose entre vie professionnelle et personnelle, dit que, lorsqu’elle partait, je voulais juste pouvoir la joindre pour lui dire que je l’aimais que c’était normal et beau.

Elle : « Je ne sais pas ! »

Moi : « Réponse de connasse, de gamine. Rien à te dire. » Raccroché.

 

18/01/1988

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – TRAVAIL – TÉLÉVISION – AMIS – G.

 

Elle a rappelé (en tout 3 fois).

La dernière fois, je lui ai dit que c’était émouvant qu’elle me rappelle ainsi. Ça été bref.

 


Mais ça fait mal aussi.

Ce matin, je suis mal.

Le sujet avec G. se présente mal. Ce type me rend dingue. Il est nul, feignasse et névrotique.

 


Je me suis réveillé à 5h, cette nuit.

Hier, dans mon entreprise de « rénovation » de mon décor quotidien, j’avais jeté des choses et avec elle l’écharpe que Mathilde m’a offerte récemment, quand nous nous sommes revus. J’ai été saisi d’une soudaine et grande angoisse et culpabilité d’avoir jeté cette écharpe et je suis allé la rechercher dans les poubelles.

Par miracle, je l’ai retrouvée.

 


Une question m’a torturé dès mon réveil, elle m’avait dit : « Tu n’as pas compris » ou « Tu ne comprends pas » ou « Tu ne peux pas comprendre », mais je ne sais plus pourquoi. Et je voudrais tant le savoir !

 


Aussi, un moment, à propos des lettres que je garde. Elle s’en étonne, je lui rappelle la lettre d’après Israël qu’elle a laissée sur la table basse, ainsi que d’autres.

Que moi, je garde tout et pas elle : « C’est comme ça que je vis… »  colère en moi à ces mots. En avons reparlé : elle disait qu’elle aimait avoir les choses éparpillées

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Un tableau de soleil couchant et la fille qui le regarde est éclairée par une lumière rougeâtre.

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME 

 

(2h11)

 

Je reviens de Montreuil. J’étais allé apporter carton papiers à Mathilde qui m’avait appelé car elle en avait besoin.

D’abord gueulé et raccroché.

Puis me suis senti coupable, et ai voulu me comporter sérieusement et les lui ai apportés en taxi.

Je voulais partir, elle m’a dit de rester puis de la réchauffer  avons fait l’amour (très bien).

Puis avons discuté. Mais nous ne sommes pas plus avancés.

Elle ne peut ni se séparer de son affaire ni se réorganiser.

 

20/01/1988

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Hier matin, réveillé par cauchemar. L’ai appelée.

Elle allait le faire. Avait pleuré cause ma lettre cartons.

 

21/01/1988

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Calendrier de nos relations depuis le mardi 05/01 :

 

Mardi 05/01 : coup de fil « rupture »

Jeudi 14/01 : « Mise en carton de ses affaires »

Dimanche 17/01 : elle m’appelle « pour entendre ma voix ». Je suis en colère. Lui parle en colère. Je raccroche. Elle me rappelle et, à la troisième fois, je lui dis que c’est émouvant qu’elle me rappelle ainsi » (dans la soirée j’ai posté la lettre lui demandant de venir prendre carton)

Lundi 18/01. 19 h : elle m’appelle pour papier (livret de famille), me dit que ça peut attendre samedi, mais je lui apporte tous les cartons de papier à Montreuil.

Je veux partir, elle me retient  on fait l’amour (épisode Freddy, le chien, à une heure du matin). On parle longtemps.

Mardi 19/01 : je dors jusqu’à 11 h et l’appelle dès le réveil, angoissé. Elle me dit qu’elle a pleuré à cause de ma lettre qu’elle vient de recevoir et qu’elle allait m’appeler. Propose sortir le soir avec enfants. J’annule les C. que je devais recevoir à dîner  resto pizza avec les enfants. Ça se passe bien entre eux et moi (j’ai acheté aux Galfa Montparnasse écran magique pour anniversaire Zelda et chaussures pour Michael). On parle longtemps.

Mercredi 20/01 elle m’appelle vers 8h me demandant si je n’ai pas appelé 20 minutes avant. Ce n’était pas moi. Lui dis que j’ai pensé à nos mots. Elle dit que les mots « vont plus vite que les choses ».

Séance G. :

 – Ma « rancune »  privé de satisfactions (bébé) par ma mère. Au début analyse, m’était impossible renégocier. Encore difficile aujourd’hui mais possible. Me suis rendu compte choses n’étaient pas comme je les avais jugées d’abord

Je ne l’appelle pas, mais je vais changer ses chaussures (trop grandes). Elle m’appelle mais ne laisse pas de message au répondeur. J’ai l’intuition qu’elle est mal.

Jeudi 21/01 (aujourd’hui) : elle m’appelle vers 14 h. Me dit qu’elle a pris conscience de certaines choses mais prendront du temps pour changer. Confirme qu’elle a été mal hier. Je dis que je la rappellerai ce soir.

 

VÉCU –  – TRAVAIL – TÉLÉVISION  – AGNÈS 

 

Dans tout ça :

1/ pas de boulot en vue avant fin février (?) (« Charmes » ?)

2/ Agnès en clinique, on ne sait pas pourquoi (mal au ventre).

 


Aujourd’hui, dans l’urgence cause promesse Zeyen de lire « Mélissa » dans l’avion de Munich demain, ai réécrit (une deuxième fois) la fin de « Mélissa » (la fin de la fin) et l’ai porté à Cinétévé. Rencontré Zeyen. Bon contact. C’est lui qui a voulu me recevoir.

 

Répondeur : message de Drugeon me répondant quatre jours après, mais me répondant.

 

Quelques bonnes choses tout de même !

 

AGNÈS 

 

Message Agnès : si demain toujours douleurs, on lui pose une sonde dans l’abdomen !

Merde : me fait chier… !

 

22/01/1988

 

(17 h Train Eaubonne-Paris)

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Mec sur patin (?) sur un rail. Relié à un train qui le tire à une vitesse vertigineuse. Danger terrible.

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Je regarde « Apostrophes » et j’imagine, présentant leur dernier roman, Flaubert, Zola, Maupassant, etc.

 

AGNÈS 

 

Agnès : en parfaite santé physique, mais psychique ?

Elle me reproche de l’avoir vexée parce que j’envisageais que c’était psychosomatique. Elle dit que je ne « lui fais pas confiance ».

Elle ne sait pas ce qu’est l’Inconscient.

Toubib dit (et Jo et moi : OK) de lui dire que c’est d’origine ovulatoire. Version « officielle ».

 

ÉCRITURE

 

On a tué un sur dix parce qu’il était insurgé

 

ÉCRITURE

 

Première ment, deuxième ment, etc.

jouer sur le verbe « mentir »…

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Un personnage parle. L’autre lui répond à l’envers ( image ?)

 

24/01/1988

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – MICHAEL – ZELDA

 

(0h30)

 

Passé journée maison (en grande partie à réparer cinq ou six fois de suite porte penderie entrée dont une roulette se barrait…) et aussi (le soir) à attendre Mathilde et préparer sa venue (courses) qui n’a pas eu lieu car leur père n’est pas venu chercher les gosses, alors qu’il avait dit qu’il le ferait pour anniversaire Zelda, à qui j’ai offert – à retardement – « écran magique ». Son mot (à lui) : « Je ne suis pas à la disposition « des gens » (à huit heures du soir ! et les gens, ce sont ses enfants !)

 

VÉCU – AGNÈS 

 

Il est vrai que je ne suis pas retourné voir Agnès à la clinique, mais je l’ai eue plusieurs fois au téléphone, et puis ce n’est pas grave…

J’ai réfléchi et je ne suis pas sûr qu’on ait raison de ne pas lui dire qu’elle n’a rien, physiquement…

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE 

 

Je n’ai pas senti Mathilde déçue de ne pas pouvoir être avec moi. Elle pleure, se plaint de sa vie, dit que « personne ne peut la comprendre », mais moi, je pense que c’est parce que 1/ sa mère n’est pas là et elle se tape le boulot de la maison de Montreuil + les gosses 2/ son affaire lui crée des soucis (et Victor n’était pas là…)

Mais moi, là-dedans ?

Le manque est rare, chez elle…

 


Un de ses mots, remarquables : « On est étranger quand on revient des pays étrangers… »

 


 « Tu téléphones parce que tu as le temps de téléphoner ! » ( Celle-là est incroyable ! !)

 

VÉCU – TRAVAIL – TÉLÉVISION – CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE » 

 

Aujourd’hui, deux coups de fil boulot :

1/ Le Hui Khoa (répondant à mon message).

2/ Patrick Drugeon !! (répondant à demande qu’il me rappelle lundi dernier… ! ! !)

 


Lauzun a lu « Mélissa ». Il aime. Trouve ça très bon. Le compare à la série « Le prisonnier ». Parle de rigueur.

 


Espoir ?

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Espoir dans le travail. Mais dans ma vie affective ?

 


Je lui ai dit : « Il suffit d’un mot de toi pour me faire savoir que tu penses à moi, que je compte pour toi… »

Je n’ai vraiment pas l’impression de compter pour elle.

 

J’espère toujours sortir de situations dont je sais pourtant, au fond de moi, qu’elles sont sans issue !

 


Suite du « journal » de nos relations :

Vendredi 22/01 : rien. Coup de fil ni de l’un ni de l’autre.

Samedi 23/01 (aujourd’hui) : elle m’appelle. Je voudrais qu’elle me veuille. Je gueule « Fuck you ». Elle rappelle  série de coups de fil. Espoir de se voir. Déçu.

 

Attention, Roberto :

Tu continues :

1/ Colères

2/ Procès d’intention

Attention !

 

Tu voudrais te faire croire que tu as changé (G. le dit), mais ce n’est pas suffisant, non, tu n’as pas assez changé !

 

28/01/1988

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CHOSES VUES – HUMOUR – VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Une bonne des « Nuls » sur Canal + : « Il lui avait dit : « La jalousie est une pensée subjective… »

Elle lui a planté un couteau dans le ventre en lui disant : « T’as qu’à faire semblant de mourir… »

 

29/01/1988

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Ce matin, je rappelle Mathilde, à peine éveillé.

(Hier soir déjà avais rappelé, mais elle était nue, avait froid. Je l’avais tiré du lit par ce deuxième appel. C’était pour rappeler que je n’étais pas (seul ?) responsable du fait qu’elle était chez sa mère, qu’elle – après l’amour de dimanche dernier (n’en ai rien écrit = extraordinairement fort et abondant, éjaculé cinq ou six fois dans l’après-midi, après violence du matin (dimanche matin : elle vient. Voit cartons. « J’aurais pas dû venir ! »  Violence. Cassé beaucoup de choses.). Elle, donc, après ça, le soir, m’a fait posément les comptes que je ne gagne pas assez pour qu’on ait la belle vie (+ elle a refusé le mariage parce que pas intéressant pour elle du point de vue impôts !)

Ce matin, je lui ai rappelé ça, car l’approche du retour de ses parents me rend nerveux et j’ai peur qu’elle ne m’aime pas assez pour s’opposer éventuellement (?) à sa famille (?)

 

Elle me dit qu’elle a fait un rêve qui mérite d’être noté : « Que se cache-t-il derrière ces tombes ? » ( ! ! !)  Émission sur vie grands hommes. Générique : fougères cachant un peu les tombes – teintes d’automne. Moi je vois ça comme un beau rêve. C’est ce qu’elle en disait aussi.

 

VÉCU – TRAVAIL – TÉLÉVISION – CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJETS 

 

Je dois noter :

1/ J’appelle Zeyen. Me fait dire qu’il a lu et rappellera  n’a jamais rappelé !

2/ Appel Fauvel. Elle veut me voir  rendez-vous. Me dit que tout est bloqué cause absence Lepetit qui dit que 4 longs-métrages  avenir de Flach Films ? Je me fais introduire par elle chez Hachette (Cleitman)

3/ Écrit scénario clip musique classique  Lauzun

4/ Appel du bureau de Julian (via Micheline Frelon)

5/ Contact « Santimage » pour clips prévention ?

6/ Rendez-vous « Charmes » samedi

7/ Vu Pinard (Total) je dois voir Serror…

 

VÉCU – ARGENT

 

(13h25)

 

Je sors de la banque : fiché à la Banque de France comme ayant eu des incidents pendant cinq ans ! ( Mars 91)

 

Vu Sonnet. Elle me propose de demander transfert de mon compte à l’agence de la place Gambetta. Elle lèvera l’interdiction chéquier locale dès réception demande de transfert  je serai donc un « ancien client » du Crédit Lyonnais, il n’y aura pas interrogation Banque de France donc je pourrai avoir un chéquier. (Avec les Césars qui permettent de connaître son solde + la prise en compte des prélèvements automatiques, ce sera possible d’éviter les mandats sans faire de chèques sans provision).

Ce que je ne veux plus, c’est avoir un découvert. C’est un piège !

 

Par contre, si dans la nouvelle agence : bonne tenue de mon compte, je pourrai envisager une prise de crédit (bagnole ou maison, on verra ça plus tard)… !

 

VÉCU – TRAVAIL – CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE » 

 

Tout à l’heure, à 11h30, vu Dominique Reznikoff. Je lui glisse que je désire faire de la fiction : elle me dit que c’est bien d’» entrer dans l’équipe »… qu’il « y aura » des fictions lourdes…

 


 (16h25)

 

Je sors du cinéma. Allé voir « Robocop ». Marque mon « retour » dans le monde du cinéma ?

Ensuite, appelé Isabelle Fauvel pour savoir si elle avait balisé le terrain pour moi auprès de Hachette (Catherine P.-C.). Fauvel en projection. Je décide d’appeler ladite Catherine. Je crois tomber sur une standardiste : c’est elle (Fauvel lui a parlé de moi le matin). Je décide d’attraper la balle au bond et de faire un saut (c’est à 200 m, rue de Marignan) pour lui apporter le scenar.

Je le fais, elle me garde dans le hall, car elle répond au téléphone (longue conversation avec Jean-Loup Dabadie). Près de la porte, je vois sortir Depardieu. Son regard ne m’ignore pas, il me regarde vraiment. Je sens que nous nous regarderons de nouveau un jour ou l’autre.

 

J’ai dit à Mathilde que je croyais de plus en plus aux signes. J’en entends un à l’instant : c’est la chanson « Joy and pain » de Maze qui passe dans l’Hippopotamus où je suis venu manger seul. Or, c’est la deuxième fois en peu de jours (la fois d’avant dans taxi de nuit. Cassette écoutée par jeune « chauffeuse » de taxi ! Rare, non ? « Maze » : souvenir de Colette, d’une époque heureuse et des paroles qui disent que la vie est faite de joies et de peines. Après la peine, la joie viendrait-elle pour moi ?

 


Je sens un léger souffle, un frémissement, qui agite les pages de « Mélissa ».

Elle palpite, ma petite héroïne… !

 


C’est Pierre Dumayet qui lit pour « Hachette première »…

« Lecture pour tous »…

Pourquoi pas pour moi ? (Astuce ! Mais je ne crois pas que ce genre de mec austère aime mes fantaisies…)

 

J’ai envie de retourner au cinéma voir un autre film… Lequel ? Un article sur « Saxo » qui m’a donné envie d’y aller, mais il n’y en a tant d’autres… !

« Le dernier empereur » ?

 


275 22 03  Ça, c’est le numéro de Ève-Marie Cauchois !!!!!!

Elle m’a rappelé, n’ayant pas retrouvé ma cassette et me proposant d’en faire une copie elle-même ! Lui ai dit que ça allait bien comme ça et que la « normalisation » de nos relations me suffisait, me rendait ma « dignité » (celle sur laquelle on s’asseyait au Pré Saint Gervais… !)

(Je n’aurais vraiment jamais cru qu’elle aurait cette attitude… !)

 

Commentaire du 18 janvier 2019 :

 

Aucun souvenir du contact à l’origine de cette note !

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 

ÉCRITURE

 

Je renifle un billet de banque neuf et je m’aperçois de la supériorité des écrivains sur les hommes d’affaires : on dit que l’argent n’a pas d’odeur, c’est faux : il a une odeur d’encre… !

 

VÉCU – CINÉMA – TÉLÉVISION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

(19h40)

 

J’en suis à mon troisième film aujourd’hui !

Après « Robocop » et « Saxo », je viens de voir « Innerspace » à l’UGC Ermitage.

Tout à l’heure, à la fin de « Saxo », bavardé avec Patrick Bruel, le chanteur, à quelques fauteuils de moi.

Moi, j’avais les yeux humides. Lui était assez serein : « Longueurs – 2 films en un (polar +film sur musique) – musique douteuse à part un titre (« Main title »)

Et il avait raison !

Ce que je peux être sensible ! Ça confine à la sensiblerie.

 

(Cf. ce matin, dit à Colette Etcheverry que ça me touchait que Micheline Frelon ait parlé de moi à Dominique Reznikoff.

Colette : « Ne sois pas si affectif ! C’est bien de l’être, mais c’est dû aussi à la qualité de ton travail… »

 

Je lui ai répondu qu’il y avait des tas de gens qui font un travail de qualité et qui n’ont pas la chance d’être aidés…

 


Une petite note : rencontré Serge Moatti dans la station de métro Franklin Roosevelt :

 – « Qu’est-ce que vous faites ? »

 – « Je tourne. Un documentaire… et je viens de faire une mini fiction… »

 

Une « mini » ? lui qui a fait « Le pain noir » ?

 


À la sortie de « Innerspace » (amusant mais très léger !), je me suis acheté « Les œuvres pour piano » de Satie, par Ciccolini et Tachino, en compact disc…

Je me l’écoute en ce moment (« Première Gymopédie », je pense au clip « Musique classique ». Suis assez content de mon scénario…)

 


Catherine P.-C., d’Hachette, m’a dit qu’Isabelle Fauvel lui faisait passer trois scénarios par an ! J’étais assez content de ça, je dois dire. Mais quel chemin à parcourir pour arriver à la façade d’un cinéma des Champs-Élysées !

Faut pas rêver… !

Non, mais faut agir…

Ne pas faire ce que j’ai fait pendant des années : dormir, rêver peut-être… (même si le grand William a donné ses lettres de noblesse à cette activité…)

 

AGNÈS 

 

Pensé un truc à propos des douleurs d’Agnès et de cette cœlioscopie qui nous a spécialement liés tous les deux (cf. le réveil où elle m’appelait en pleurant).

Je me suis demandé s’il n’y avait pas là, mis en actes, un écho de ma nouvelle (de mon projet) des trois garçons qui décident de se suicider si redoublement. Or, pour Agnès : il y avait menace de redoublement…

De là à penser à une « identification à un personnage du père »… (Cela me fait penser à une intervention de G. me faisant remarquer que j’entrais dans le jeu imaginaire de Lucile (tout en la faisant entrer dans le mien, puisqu’elle portait le même prénom qu’un de mes personnages).

À noter aussi, d’ailleurs, qu’Agnès n’est sûrement pas sans se rappeler qu’Agnès est le prénom d’un personnage de « David Copperfield »… (qui meurt… ? non, Agnès, c’est la survivante. C’est l’autre épouse qui meurt, celle d’avant).

 

01/02/1988

 

VÉCU

 

(Bistro en bas des marches de la rue Villiers de Lisle Adam)

 

Je n’ai rien fait de spécial aujourd’hui.

Le téléphone n’a pas sonné. Il fait gris. Je suis seul dans un bistrot et pourtant je me dis que c’est bon de vivre… !

 

VÉCU – CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE » 

 

(17h45)

 

Tout à l’heure, rentré à la maison : message de Zeyen, s’excusant de ne pas m’avoir rappelé, proposant que je le rappelle, disant que « Mélissa » ne peut sans doute pas intéresser « Cinétévé», mais qu’il en pense le plus grand bien !!!!

 

Oh, frémissements qui parcourez ma vie, continuez, je vous en prie !

 


 (22h12)

 

Je viens d’avoir Jean-Pierre B. au téléphone. Il me disait qu’il avait confié à son ami Jean-Paul qu’il ne « comprenait pas comment un scénario comme « Mélissa » n’était pas « sorti »…

Je lui ai répondu que la réponse était dans mon inconscient et que je ne l’avais pas montré aux bonnes personnes… (pas « sorti » = resté « dedans » – dans moi…)

Je lui ai dit que je me faisais l’impression de quelqu’un qui aurait eu chez lui, dans une armoire, un lingot d’or, pendant plusieurs années, sans rien en faire…

 


Avons parlé du « Brasier » avec Jean-Pierre B..

Il a eu l’Avance sur recettes.

Moi, je n’ai pas déposé le mien à la « recette » mais seulement à la Sept… !

 


Tout à l’heure, Jean-Pierre me disait qu’il avait fait des critiques sur « Mélissa ». Je lui ai dit : « On ne peut contenter tout le monde et Jean-Pierre… ! » Il a ri. Avec lui, j’ai de l’humour…

Je lui ai pourtant demandé de me les mettre sur papier, ses critiques, quand je lui aurai envoyé un exemplaire de « Mélissa » (avec la nouvelle fin…)

 

02/02/1988

 

VÉCU – TÉLÉVISION – TRAVAIL

 

Ce matin : 9h30, le téléphone sonne. C’était Drugeon : tournage pour « Charmes » annulé cause : ils ont dépassé (de 100 ou 200 briques !)

Ces petits cons ne savent pas gérer et ça me retombe sur la gueule !

 

Sale journée !

 


En plus, eu Zeyen au téléphone. Quoique fort courtois, il ne s’est pas privé de critiquer « Mélissa » (dont il pense « le plus grand bien » !) en parlant de la naïveté des films des années 30, qui ne passerait plus aujourd’hui.

Toujours le réalisme ! (à la française).

 


Sale journée !

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Sale temps, vent et pluie. Suis dans un bistrot (« Bar des ondes » près de la Maison de la radio.

Ai fait la tournée des centres de télé (SFP – A2 – Cognacq-Jay – Maison radio) pour les annonces locations et ventes, parce que Mathilde me l’a demandé.

Mais pourquoi faire puisqu’elle est clouée à Montreuil…?

« Pour savoir comment est le marché… » m’a-t-elle dit.

 

Mauvais échange téléphonique entre elle et moi, ce matin.

Moi, hargneux, sur le thème : « Si un mec dépressif à cause problème chômage ne te plaît pas, ne le prends pas ! »

 


Je suis dans un de ces moments où je me dis que la croyance en mon « étoile », c’est dans ma tête seulement…

 

De toute façon, la réalité finale, c’est la Mort…

Oui, mais pourquoi ne profiterais-je pas de la vie avant ?

Merde !

 

« Profiter de la vie ». Je me suis longtemps demandé comment il fallait le faire ? Aujourd’hui je me dis, je constate, que ça passe par l’argent. Inévitablement. En tout cas : en manquer, ça l’empêche… !

 

03/02/1988

 

VÉCU – CINÉMA – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Extrait article sur David Mamet in « Actuel » février 88

 

« Ce n’est pas parce que tu es perdu que ta boussole est cassée… »

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

 

Séance d’aujourd’hui :

 

J’arrive un quart d’heure en retard. Il parle d’» étrange loi du talion », parce qu’il va partir en vacances.

« En tout cas, c’est déjà arrivé ainsi… ».

 

J’évoque dernière séance, je dis qu’il a dit que ma rancune = contre ma mère parce qu’elle avait cessé de satisfaire besoins forts en moi.

Lui : « Non. Pas votre mère réelle… Tout ça : dans votre tête. »

 

Il parle aussi de ma tendance à détruire lorsque je me sens dépendant de quelqu’un (je parlais de Mathilde ayant pas besoin de moi) puis je me sens coupable, triste.

 

À propos des besoins : (« Je voudrais qu’elle ait besoin de moi… »)  « On n’a besoin que de respirer, boire et manger… »

Moi : « Sexe ? »

Lui : « Pas un besoin »

 

04/02/1988

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE (13h15)

 

Hier soir : allés à La Villette voir « Cités-Cinés » sur invitation Marc H..

Avant ça : « discussion » (un peu de violence : lui ai arraché deux boutons de son corsage. Je les ai devant moi pour les recoudre…)

Je veux qu’elle me veuille, je la sens distante, indécise.

Je lui pose le problème de la maison. Elle ne sait pas, ne répond pas vraiment, évite les problèmes…

 

Cette nuit : très peu dormi. Parlé ce matin. Elle me dit à la fois des mots qui font du mal et d’autres qui font du bien :

Du mal : « J’ai peur de notre couple (…) Ma vie est dure. Je suis dure. Je me coupe des gens (elle raconte que Mimi n’a pas voulu venir l’embrasser : « J’ai froid » elle en déduit : « Il pense que je ne peux pas le réchauffer… » (…) Je suis en crise… (j’évoque les débuts)  elle : « Je ne posais pas de questions sur moi-même à l’époque… »

Du bien : j’évoque l’éventualité qu’on ne se voie plus, que lorsqu’elle en aura vraiment envie : « Ne plus se voir ? Non. C’est un déchirement quand on ne se voit plus ! » Et aussi : « J’ai envie de toi (et on fait l’amour) (je le lui avais fait pendant son sommeil).

 


 (13 h 21) Je pleure. J’ai le cœur gros (lui ai écrit lettre-cri d’amour en pleurant) 

 


 (23 h)

 

Métro Réaumur Sébastopol. Je sors du sex-shop.

Pendant que je me masturbe, j’oublie à peu près (et encore : même pendant… !)

Je trouve ces images tristes et pénibles, je les subis. Ce ne sont que des ersatz. Je les consomme comme une drogue dont je serais dépendant ! Alors qu’il y a, vivante, réelle, dans la même ville que moi (pour l’instant) une femme que j’aime (et qui m’aime !)

Mais, ce soir, elle est passée à la maison pour récupérer papier huissier (qui a failli faire déménager meubles ! Si je n’avais pas été là ce matin… !)

Lorsque j’ai dit que j’avais relevé liste agences immobilières de Montreuil, elle s’est mise à s’agiter et à exprimer

1/ son malaise, ses réticences à notre couple

2/ sa culpabilité. Elle est tentée de refaire ce qu’elle a essayé de faire : arrêter unilatéralement la relation « pour mon bien » (« Il ne va pas m’attendre comme ça longtemps, cet homme… ! »)

Elle a dit des mots… « notables » :

 – « Je suis enchaînée et je découvre que j’aime l’être…. (…) Je suis maso (…)

 

Ce soir est un très mauvais soir. Je la sens très mal… !

Et en moi le sentiment de mort est revenu.

Sans elle : vie détruite, gâchée.

Solitude et sentiment que l’Amour sera très difficile sinon impossible à recommencer… Construction de fourmis !

 


En gros et si j’ai bien compris, sa raison pour rompre, c’est qu’elle a « peur que ça recommence, nos histoires »

 

(Lui ai rappelé que je lui avais proposé le mariage. « C’est encore pire ! » a-t-elle commenté !)

 

VÉCU – TRAVAIL – TÉLÉVISION

 

Depuis la nouvelle du tournage arrêté par Drugeon : dépression… Mais aujourd’hui : rendez-vous avec Serror qui a l’air désireuse de me faire travailler (il faudra : 1/ lui envoyer « Sibylle » 2/ la rappeler souvent. C’est elle qui le demande. Elle peut compter sur moi !)

 

J’ai dit à Mathilde que j’avais droit à la dépression, mais que je la surmontais.

Pas le droit de m’y installer et ne rien faire, là-dessus : elle avait raison !

 


J’ai « oublié » de noter que, même jour que la mauvaise nouvelle de Drugeon, j’en avais une bonne : Lavoué m’a dit que le ministère lui alloue 25 briques pour l’audiovisuel… !

Il veut compléter par les banques (mais il ne pourra pas s’en occuper avant le 10 février).

 

05/02/1988

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(14h20)

 

Je regarde Glenn Gould à la télé et ça me fait penser à toi… (Je t’appelle, mais ça sonne occupé : je raccroche).

 

ÉCRITURE

 

(16 h) 

 

Je me réfugie – comme d’habitude – dans les mots 

Genre de « rébus » où un mot est contenu d’une certaine façon :

Exemple : « Il faut se boucher le nez pour scier un gosse… ! »

(On aura compris qu’il s’agit du mot « négocier » – je le précise pour quand je serais gâteux !)

 

Et si, grâce à plusieurs de ce genre de « rébus », on parvenait à une phrase qui serait elle-même un rébus ?

 

Il faudrait chercher à « ouvrir » encore le système… !

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – VIOLENCE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

(22h15)

 

J’appelle ma famille et des amis au téléphone (René – Aline – B.) : il y a eu violence (pour couteau), (je l’avais brandi, peut-être pour m’en donner des coups à moi-même comme avec Colette, elle s’en est emparée, on s’est battus pour ça) elle s’est sauvée, elle est revenue avec ses deux frères. On s’est un peu battus eux et moi (pas assez ?) Ils sont partis.

 

Voilà. C’est fini maintenant. Je me calme peu à peu.

(Il m’a un peu ouvert le nez, ça doit être sa chevalière, je l’ai retrouvé par terre)

 

Commentaire du 18 janvier 2019 :

 

Et j’ai courut derrière la voiture pour la lui rendre !

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 

C’est un peu triste que ça finisse comme ça, mais c’était peut-être ma seule manière de finir ?

Parce que je n’en pouvais plus d’espérer en vain.

 

Une réaction nouvelle en moi la disparition des scrupules.

 

Ça ne sert à rien de produire de la culpabilité. Ça n’arrange pas les blessures de l’autre s’il en a (ce qui n’est pas obligatoire pour qu’il y ait de la culpabilité) et ça en crée chez soi.

 

J’ai décidé de vivre. De profiter. Et moi aussi, si besoin est, de me préserver. De penser à moi.

C’est bien mon tour !

 


Je leur ai jeté alors qu’ils partaient : « C’est le clan ! » Il m’a répondu, toujours insolent : « Bien sûr, tu ne le savais pas depuis le début ? »

 – « Non, je croyais qu’elle m’aimait, ta sœur… ! »

Elle : « Eh ben : tu n’y crois plus ! »

Je lui ai jeté ses clés dans la voiture.

 


 (23h40)

 

De nouveau : seul, la mort…

 

Mais, pour la première fois, peut-être, je me demande si la mort n’est pas une délivrance et si ce n’est pas la vie qui est le plus pénible, ce dont on a peur, au fond (et dont on jouit, ce qui confirme la jonction de la souffrance et du plaisir, du désir et de la peur…)

 


Au fond, là, cette fin vient du couteau, de la lutte pour le couteau (qu’elle a gardé d’ailleurs, peut-être parce que je n’ai pas voulu lui casser un doigt). Lutte pour la domination – symbole : ils (les lacaniens) diraient : « Lutte pour le phallus »)

Elle n’a pas accepté que je cherche à la dominer, plus anciennement : d’être dominée.

Voilà les blessures d’amour-propre dont parlait G.. Elles sont anciennes et n’ont jamais cicatrisé. Elles remontent au temps où elle était dépendante de moi. C’est à ce moment-là que remonte la fêlure : au moment où elle a décidé de ne plus dépendre (et n’a plus dépendu, ou plutôt a renoncé à dépendre financièrement. D’où la jonction puissance – famille – argent)

 


Les rapports de forces

 


L’intérêt

 


Les alliances

 


Stratégie

 


L’argent

 


Elle est sortie sur le palier, a crié, sonné à une porte : rien !

Peut-on à ce point s’entretuer dans cet immeuble ?

Je suis tout de même étonné !

Je m’attends à ce qu’il y ait des plaintes…

 

Et ne serait-ce que pour ça, je suis en colère après elle.

De m’avoir mené là !

 

La voilà, ma faiblesse : ce n’est pas elle qui a été violente et je l’accuse. 

C’est que je fais l’autre me téléguider, je fais l’autre avoir action sur moi.

Je m’aliène à l’autre et après je l’accuse.

 

Mais il faut être inaliénable. ! Il ne faut plus entrer dans ce réseau de relations. Il faut me préserver et ainsi je préserverai l’autre !

 

Je l’accuse d’une situation qui a traîné en longueur, mais je n’avais qu’à rompre.

 

Rompre vraiment.

 

Chose que j’ai faite ce soir.

(Une fois de plus, j’ai provoqué mais provoqué seulement, pas agi.

Je me suis plus senti agi qu’agissant.)

 

Il faut agir et non plus être agi.

S’il y a des décisions à prendre, les prendre. Consulter ceux qui sont partie prenante dans la situation, mais, si la situation ne me convient pas, m’en retirer et mieux encore : ne pas me mettre dans des situations où je risque de m’aliéner ! !

 


Je vais me coucher et je prends les journaux au passage.

Ce geste me fait penser qu’elle ne lisait jamais ou presque : qu’est-ce que j’ai foutu avec des femmes qui ne lisaient pas (Colette – Mathilde) ?

Ça n’a l’air de rien, mais c’est important.

 


Je m’aperçois qu’insidieusement – mine de rien – je me trouve des excuses, je me « donne raison » à moi-même, en me donnant « des raisons » : même perpétuel rejet sur l’autre de choses personnelles.

C’est ma propre psychanalyse qu’il faut faire (que je n’ai pas faite encore. J’ai souvent – non : parfois – le sentiment que je ne l’ai pas commencée).

 


Tout de même : inévitable, la honte…

Honte d’avoir été violent (Oh, je ne lui ai pas fait si mal !) Honte aussi, dans la violence, de n’avoir pas eu le dessus.

 

(que d’images sexuelles !)

 

Là encore : problème confusion de la violence et de la sexualité.

(Ça me ramène à mes notes du début et je note que cette confusion nait d’une peur paradoxale de la vie et de l’amour).

 

Honte de n’avoir pas été plus fort qu’elle.

 

Comme s’il y avait une seule façon d’être plus fort. J’ai été, je suis plus fort qu’elle d’une autre façon. Elle est plus forte que moi de bien des façons…

 

Qu’est-ce que ça peut faire maintenant ?

 

C’est pour l’avenir que j’écris. Mathilde, ça a été l’avenir de celui que j’étais avec Colette… !

 

06/02/1988

 

VÉCU – PROJETS – ROMAN « LES MATHS À MORT » 

 

(16h50)

 

Je viens de faire un somme et, en me réveillant, un peu convulsivement, je me suis dit que je devrais écrire « Les trois garçons » sous forme de film ou téléfilm (plutôt : un téléfilm de 60 minutes).

Je tiens là un beau sujet, une bonne matière. Il ne faut pas laisser perdre ça.

Je tiens là – j’en suis sûr – un succès possible auprès – enfin – des décideurs… 

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

À propos d’hier, pendant que je luttais pour lui reprendre le couteau, je lui disais :

 – « Donne-moi ça ! »

 – « Pourquoi ? Pour en faire quoi ? »

 – « Parce que je le veux »

 – « Tu veux toujours avoir raison ! » 

Et elle ne m’a pas laissé le reprendre !

 

D’une certaine façon, le conflit entre nous a été bien plus fort qu’avec Colette… 

 

VÉCU – CHOSES ENTENDUES- LES AUTRES

 

Vu Dominique, le serveur du café « Gambetta ». Lui ai demandé des nouvelles de l’américaine qui pleurait devant moi parce qu’il lui avait posé un lapin, qui disait qu’elle était amoureuse de lui, qu’elle était pianiste-concertiste.

 Il est allé aux USA pour des vacances, d’abord. Elle l’a escroqué (elle lui doit 800 sacs, sans compter choses non remboursées et argent peut-être volé ! Elle n’est certainement pas pianiste : il n’a pas pu aller la voir en concert – elle travaille en intérim dans un hôpital pour enfants.

Intéressant, non ?

Je revois cette fille installée quasi en permanence à la terrasse du « Gambetta »…

Elle avait trouvé son gogo ! Et moi qui la croyais victime !

Encore une bonne leçon ! Et qui me rappelle quelque chose…

Mathilde, victime ?

Allons donc ! Elle n’a fait que ce qu’elle voulait et j’ai cramé 5 ans de ma vie pour quelques baises (même pas géniales… !), quelques fringues, une chaîne hi-fi et un magnétoscope (et encore : pour une « location »… !)

 


Adios illusiones… !

 


Je ne regrette pas ma violence sur elle. Je regrette plutôt de n’avoir pas ouvert les yeux plus tôt, d’avoir perdu du temps dans une situation sans issue.

(Dès le « Je ne te dois rien ! », j’aurais dû rompre) (En fait, je suis allé me coucher… !)

 

ÉCRITURE

 

Métro. La rame s’éloigne dans le tunnel et un plastique, aspiré par le mouvement d’air, volette au ras du sol, semblant suivre le métro, comme s’il voulait l’imiter…

 

PROJETS – ROMAN « LES MATHS À MORT » 

 

Notes pour « Les trois garçons » :

 

 – Commencer par les montrer « normaux » : chez eux. Les trois réveils ?

 – Je pense à une cinquantaine de séquences pour faire un 60 minutes. Ça me paraît une bonne durée, et les unitaires peuvent-ils réellement faire seulement 60 minutes ?

 


Et si je les visualisais, d’abord, mes trois gamins ?

Ludo, Rémi et Sylvain

Ludovic Lavoué

Sylvain Lhomme

Rémi Cassuto

Rémi est rital. Il faut qu’il soit brun, aux yeux noirs. Un côté noiraud (penser au regard de Louise-Laure, la fille de Jean M.) Mais n’est-ce pas plutôt corse ?

Sylvain, c’est celui qui échouera. Il faut qu’il soit fluet, ne « fasse pas le poids », physiquement comme moralement. Il a moins de vitalité que les autres. Il en a, mais elle est bridée par la culpabilité que lui infligerait la réussite. Il devrait être blond et mince. Un côté « Prince Éric », ce héros scout aux jambes minces.

Ludovic sera le français « moyen » : châtain, yeux verts, corpulence moyenne. C’est le « poids-lourd du groupe » (m’inspirer de Gilbert Lavoué, ce « paysan chercheur scientifique »)

 

VÉCU – CINÉMA – TRAVAIL – TÉLÉVISION – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

(0h)

 

Suis allé voir le film de David Mamet « House of games ».

Scène finale : la psychanalyste menace le truand et lui ordonne de la supplier ou bien elle le tue. Il ne le fait pas. M’a fait penser à Mathilde n’acceptant pas ma domination. Il meurt dignement, elle a subi ma violence dignement (se serait bien laissé casser un doigt !)

D’autre part, le personnage de l’arnaqueur n’a cessé de me faire penser à Victor.

Il dit : « Il ne faut faire confiance à personne » et « Nous vivons dans un monde imparfait. »

 

Bref, ce film m’a marqué car il fait écho aux problèmes de ma vie personnelle.

 


Un point positif pour moi : rencontré au cinéma Jean-Claude et Sido H. !

J’ai été aimable, par pur intérêt, car je n’en ai rien à foutre, seulement en prévision de l’affaire « Lune », si jamais ça se fait, car Bouhin me collera sûrement H. comme directeur de production (bien qu’il ait mis six mois pour faire le devis !)

 

C’est ainsi : il faut être hypocrite et cesser définitivement de le regretter ( important, ça !!)

 

Est-ce qu’elle se pose des questions, la chère Madame T.-U., lorsqu’elle ment effrontément à ses clients ou autres relations de travail ?

 


Je note tout de même que Mathilde a « oublié » ses clefs en partant.

Il a fallu que je les lui apporte dans la voiture.

Faudrait-il se référer à une interprétation psychanalytique d’un « acte manqué » : « Je laisse là quelque chose de moi » ?

Elle n’a pas caché, n’importe comment, « qu’on ne se sépare pas « comme ça » de quelqu’un avec qui on a vécu cinq ans ! »

 

Tout à l’heure, dans le taxi, je l’insultais mentalement. Je lui en veux de m’avoir mené en bateau, que ce soit conscient ou inconscient. Je n’ai rien à foutre : le résultat est le même = j’espérais en vain. Elle n’avait aucune réelle intention de revivre avec moi.

 

Non seulement j’ai bien fait de la foutre à la porte, mais j’aurais dû le faire bien avant !

 

J’avais bien raison, hier soir encore, de lui parler de son orgueil, qui la guidait sans qu’elle s’en rende même compte (elle disait : « Mes parents, ils ne peuvent pas me mettre à la porte : ils m’ont faite ! »

 

Quand j’étais parti une semaine, en lui enjoignant de me laisser des messages sur le répondeur : elle ne l’a pas fait.

Orgueil encore.

 

Et moi, mon orgueil dans tout ça ?

Oh, il compte ! Il a compté, hier, quand j’ai commencé à la menacer du couteau (parce qu’elle défendait Victor, une fois de plus ! Goutte qui a fait « déborder le vase »…)

 


Je parlais à Aline de tout ça : « Moyennant quoi, tu as eu une histoire passionnelle ! a-t-elle dit. Toujours sage, elle le voit distinctement l’intérêt qu’on peut trouver à telle ou telle situation.

Elle a bien compris que j’étais quelqu’un qui a besoin de passion !

 

Ou : « qui en avait besoin… » ?

 

08/02/1988 

 

VÉCU – TRAVAIL – TÉLÉVISION – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE » 

 

La Xème (?) semaine d’inactivité a commencé.

Un bon (?) coup de fil pourtant : de Lauzun, qui a aimé la re-fin de « Mélissa », l’a passée à lire à une lectrice qui – dit-il – a l’air d’aimer… Si consensus, il en parlera à Cottet. Mais, dit-il, il faudra un diffuseur… Lui ai dit que plus facile d’en trouver avec un producteur intéressé que si auteur tout seul… !

Ai l’intention de lui reparler de « Mélissa » en tant que long-métrage de cinéma…

Après tout, c’est peut-être ça, ma chance !

 

Sinon : il n’a pas aimé mon projet de clip de musique classique.

Encore une fois, il s’auto-contredit : me dit que ça l’a déçu (!) que je puisse écrire un scénario de clip musical sans connaître l’interprète car alors : interchangeable. Je lui réponds que j’ai une vue plus « structuraliste » que lui et qu’en effet, j’aime mon idée, que je trouve que c’est une « belle idée ».

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Sinon, bien sûr, je ne cesse de repenser à ce qui s’est passé vendredi soir…

Qu’est-ce que je ressens, qu’est-ce que je pense ?

 – Honte. Pas de honte.

 – Culpabilité. Pas de culpabilité.

Sentiment que tout ça est dépassé. On n’en est plus là, ni elle ni moi. Inutile de perdre du temps à faire un quelconque bilan : on a fait un pas, on est passés à autre chose, chacun de son côté, irrémédiablement ! La culpabilité a été littéralement pulvérisée.

On n’éprouve pas de culpabilité (ni aucun autre sentiment, d’ailleurs) envers un étranger. Or nous sommes devenus étrangers l’un à l’autre après une ultime autosatisfaction : pour moi celle de l’avoir frappée. Pour elle celle d’avoir ramené ses frères.

 

Fin du chapitre ou plutôt même de l’histoire : on change de personnages.

(Non, on peut dire fin du chapitre, pour moi : moi, je suis toujours dans mon histoire, elle n’y est plus, mais moi j’y suis toujours.)

 


Je reviens beaucoup, également, sur « House of games ». Provoque en moi une méditation sur le mensonge et la vérité, qui est « bonne même si elle n’est pas bonne »… Tout le paradoxe est là. Je pense à cela car je sais que mon problème est d’accepter que l’autre ne soit pas moi. Ça prend forme de « signe » que ces quelques lignes clôturent ce carnet, celui de la rupture d’avec Mathilde. Je vois dorénavant l’inconvénient des illusions ou des mensonges.

 


 (3 h)

 

Ma violence, c’est mon enfance… Je la regretterai, ma violence… ! (dans tous les sens du terme).

 


À noter : l’origine de cette violence de vendredi : l’évocation de mes cris (mes aboiements) dans la cour de Ma Vie Bijou parce que je l’attendais dehors…

C’est Bobby (mon chien d’enfance) qui lui a sauté dessus et qui l’a mordue. (Première fois que je fais ça. Ça montre bien le savoir que j’avais que c’était la fin. Par ma violence, je lui ai tendu une perche pour rompre et elle l’a saisie en allant chercher ses frères : « officialisation » de son choix du « clan » contre moi…

 

AGNÈS 

(note écrite par Agnès,  insérée dans les notes du dernier jour de ce carnet car écrite dans ce carnet à la dernière page) :

 

 

 

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