Carnet 45

Carnet 45 – Du 28 novembre 1987 au 7 janvier 1988

 

28/11/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TRAVAIL – TÉLÉVISION

 

(Suite de notes déjà rédigées, à cette date, dans le carnet 44)

 

Attention, je vais essayer de reconstituer la chaîne en partant de la fin :

 

Le but du jeu est de ne pas mourir.

Pour ne pas mourir, il faut ne pas vivre puisque c’est quand on vit qu’on meurt… !

Ne pas vivre, c’est ne pas agir. Si on reste bien tranquille, sans bouger, sans agir, on ne risque rien !

Il faut donc mettre en place un système (ou l’utiliser) qui permette de vivre en agissant, sinon pas du tout, tout au moins aussi peu que possible…

D’où le coup de la création artistique :

(Il faut considérer que certains éléments de la chaîne se rattachent au suivant mais aussi à d’autres, en amont) ainsi la création : elle est l’incarnation d’une mégalomanie galopante (« Je suis un grand artiste ») mais aussi la création qui permet – on va le voir – d’éviter l’action, permet d’éviter…

 


Interrompu. À reprendre. Pointu !

 


Tellement fatigué : je me couche… à 18h45 ! !

 


Ça me fait songer au « tonus » dont parlait Mathilde et à sa mère : « Moi, je suis toujours dans les rues… ! »

 

Il y a quelques années, seul ainsi, j’aurais cherché à voir des gens.

Les « amis », c’était une bouée de secours. Ils me l’ont assez fait sentir… !

Désormais j’évite. C’est une erreur d’ailleurs : ceux qui m’aiment bien sont sûrement contents de me voir (à condition que ce ne soit pas le Mur des Lamentations, voilà tout !)

 


Tout à l’heure, j’ai repensé très fort à l’analyse en me disant que j’avais 41 ans (après demain) et, à la moitié du parcours, je me dis qu’il faudrait que je me réveille : J’AI ENVIE D’ÊTRE HEUREUX ! J’AI ENVIE DE VIVRE !

Je ne cesse de penser à la mort, au lieu de jouir de la vie, c’est moi-même qui m’empoisonne existence !

 

Il faut dire que je ne me suis pas « donné les moyens », comme dirait Joey F., de ma jouissance… !

Il serait temps !

 

C’est vrai que c’est important, cette notion de « se donner les moyens »…

 

Au point de vue travail, je suis perplexe : que faire ?

Abandonner, comme je l’ai envisagé, si l’échéance que je me suis fixée pour la fiction est atteinte sans succès ?

Ou bien continuer comme depuis cet automne où il a bien fallu que je me bouge le cul et où j’ai noué des contacts intéressants (qui ont débouché : la 3 : immigration, la 2 : Monique Cara) (ou qui déboucheront, je l’espère bien : « Charmes » et Cinéma sur la 6…)

 

Alors ? Continuer à créer, plus fort que jamais. C’est ma seule voie, c’est celle que je suis depuis tant d’années – même si ce ne fut pas toujours d’un bon pied – 

 

Écrire, toujours, dès que j’ai un moment : scénarii – projets d’audiovisuel – littérature : m’y mettre. Développer cette idée de roman ?

 


Je ne peux exclure de mon paysage (intérieur) actuel le fait que Mathilde 1/ a une famille très soudée 2/ est une jolie femme.

Voilà un point crucial : cela lui donne assurément une sérénité que moi je n’ai pas, par rapport au futur (cf. « Je suis tranquille sur l’avenir de ma vie amoureuse »)

 

On est d’ailleurs au cœur de la question de mes rapports avec les femmes. Cette chose a déjà été bien vue en analyse : envie de leur trou qui les libère de la peur de la castration, car c’est ça, ma peur de la vie…

 

Si Mathilde m’a séduit, au début, c’est qu’elle me demandait… !

Elle était en demande par rapport à moi et non, comme toujours, l’inverse !

Je manque de confiance en moi : je ne me sens pas séduisant.

Mais j’ai bien séduit des femmes, pourtant !

J’oublie de considérer que c’est lorsqu’on est bien dans sa peau qu’on séduit !

On n’est pas bien dans sa peau parce qu’on séduit, non : c’est l’inverse !

 

Il me faut retrouver ma paix dans mes rapports avec les autres, arrêter de les haïr, de leur en vouloir…

Ces derniers mois, à cause du chômage, je suis devenu insupportable, ça, je le sais. J’en voulais au monde entier, je basculais dans la paranoïa, je ne pensais pas que si j’avais du mal à joindre les gens, c’était parce qu’ils ont du travail, que si mes fiction ne se montaient pas, c’est parce que je ne les proposais pas suffisamment… (et que je ne travaillais pas assez à l’écriture)…

 

Cette parano, ce ressentiment, et ma tristesse, mon inactivité, mes colère aussi envers Mathilde qui « prenait » pour les autres, tout cela a abouti au « J’en ai marre des histoires… » pas très élégant, certes, et débouchant sur une grande violence : me laisser sans un mot dans une période de chômage. Certes, c’est moi qui l’ai mise à la porte, mais s’y trompe-t-elle vraiment ? Y voit-elle de la force ? Ne sait-elle pas que c’est une provocation désespérée pour compenser ma faiblesse, précisément ? !

 


Break : téléphone avec René. Il me propose de me prêter, avec Maman (à la place de Michel B.) les 1500 Fr. qui me manquent en début de mois pour crédit banque.

Dans conversation, je dis à René que je fais régime.

 – « Ah puisque tu le dis, je te dis que tu en as bien besoin… »

  colère chez moi

Encore une colère !

Je n’arrive pas à ne pas me mettre en colère…

J’en pleure !

(Je lui explique regard des autres, problèmes de séduction (il dit qu’il n’y croit pas, que je peux séduire)

 

Elle m’a quitté à cause de moi. Non, elle ne m’a pas quitté. Elle ne m’aurait pas quitté d’elle-même, c’est moi qui l’ai mise à la porte !

Elle est partie car j’ai eu trop de colères !

 

Tout seul, comme ça, j’écris, en circuit fermé, ça va ! Comme ce matin : beaux sentiments (le respect – l’acceptation – la lucidité – etc.) mais : contact avec les autres et ça ne va plus du tout !

(Repensé à ce que j’ai écrit sur Mathilde : qu’elle aime les gens (*)

Elle s’aime elle-même, ça oui (# moi), elle aime sa famille, mais en a assez de mes discours sur leur travail : elle le fait pour gagner de l’argent, pour gratification narcissique, oui, mais pas par « amour des gens », ça c’est ma littérature…

 


Je suis un gamin, ça c’est vrai.

Auprès d’elle, je me croyais fort, je la croyais faible. Je suis faible, elle est forte !

 


Je me raccroche aux autres : G. m’a appelé pour dîner chez lui demain soir…

 


 (*: Ne pas me cacher que les êtres sont différents. Tout le monde n’a pas les mêmes goûts, les mêmes intérêts. Ainsi, j’ai vu émerger un côté de Mathilde qui ne m’était pas apparu tout de suite (sans doute ne l’était-il pas à elle-même…) : un amour de l’argent

Stop ! Cf. René tout à l’heure : « Pourquoi ne pas donner un tout petit peu raison au contexte social ? »

Qu’y a-t-il de mal à aimer l’argent ?

On avait eu cette discussion. Elle : « Du moment que je suis honnête… ! »

 

ÇA SUFFIT !

 

(Ces deux mots occupent à eux seuls toute une page du carnet)

 

JE LUI AI DONNÉ À CHOISIR ET ELLE A CHOISI, C’EST TOUT !

DE QUOI JE ME PLAINS ?

 


Ce qu’il faut absolument scruter, avec force, ce sont des sensations comme celle ressentie aux Deux-Alpes, par exemple : hostilité envers les autres, eux sont à l’aise, eux savent… C’est leur monde, ce n’est pas mon monde. Je peux dire ça du monde entier : ce n’est pas mon monde…

Je n’arrive pas à trouver les mots pour parler de cette sensation précise, de cet état précis (je rêvassais à l’instant à Zyf et à ma fâcherie avec lui : c’est quelque chose du genre : « Et bien tant pis, les Deux-Alpes ne savent pas ce qu’elles perdent ! » Ou bien « Zyf ne me rappelle pas ? Il perd un merveilleux ami ! Tant pis pour lui ! »

 


J’AI TORT JE LE SAIS MAIS JE N’ARRIVE PAS À ÊTRE AUTRE

 


Je leur en veux et je n’arrive pas à ne pas leur en vouloir !

(A qui ? À tous, la liste est longue : elle, Zyf, R., G., ma mère.)

Quand je repense à tous ces gens, s’il y a eu rupture entre nous, ça a toujours été de mon fait (bien sûr, il y a quelque chose à la base, mais il y avait-t-il de quoi rompre ?)

 

MAINTENANT JE SUIS COINCÉ PAR MON ORGUEIL : JE NE PEUX PAS REVENIR EN ARRIÈRE

 

(ET COINCÉ, POUR CERTAINS, PAR LE FAIT QU’ILS ONT PRIS LEURS DISTANCES…)

 

 – Leurs « fautes » :

 

G. : la menace d’arrêter l’analyse (interdiction des pets) (alors que je suis un grand « menaçant » moi-même !) + « Ce qui vous met hors de moi » (et voir suite lettre envoyée à un mauvais numéro).

J’ai réussi – à force d’agressivité – à rendre mon analyse semblable à moi… (  il faudra revenir là-dessus).

 

R. : « On verra quand tu auras une production » (alors qu’il écrivait avec un autre réalisateur), mais enfin, je pouvais choisir un autre co-scénariste et ne pas lui en vouloir de ne pas vouloir écrire avec moi. Sur 10 mecs à qui je le proposerais, combien accepteraient ?

 

Zyf : Refus de témoigner dans mon divorce. Là, c’est un peu plus dur à avaler : refus de prendre parti et d’entériner ainsi un conflit, notion qui est problématique pour Zyf.

 

Ma mère : M’avoir mis au monde. Mais si elle ne l’avait pas fait, je ne serais pas là pour le lui reprocher… !

Or c’est jouissif (en même temps que terriblement culpabilisant) de faire des reproches.

(Je repense souvent à Sartre parlant de la colère, sentiment agréable).

 


Je reprendrai tôt ou tard ma réflexion sur la création artistique et le sens que revêt le choix que j’en ai fait…

 


Je veux noter à partir de la notion d’indignité (mot employé quelque part dans ces carnets) au texte dans le papier pour le Mur des lamentations : ce que j’ai demandé, comme réussite suprême, c’est une œuvre, pas une vie !

Car de la vie, je me sens indigne.

Tout ça est un bon moyen de ne pas vivre, ne pas fonder une famille, ne pas être heureux.

 


Je lis dans « Le Monde » interview Morgan : « (…) et Bogart, en plein déboire avec sa femme du moment, arrivait sur le plateau plutôt rogue !

Je lis cela et cela me console : moi, au moins, je ne suis pas « rogue » (cf. Serge, le documentaliste : « Non, tu fais illusion… !)

Je m’efforce de me tenir bien mais les larmes me viennent aux yeux à tout bout de champ…

 


Me revient une pensée que j’ai eue, dans les premiers jours, des mots à lui dire : « Plutôt crever ! »

(Je n’avais pas vu le sens de ça, par rapport à la mort).

 


Dans le fond, c’est elle qui aurait pu me quitter pour changer mon attitude (mes colères).

 


C’est peut-être ce qu’il y a au fond d’elle. Mais elle n’a rien fait Elle n’a rien provoqué, elle !

 


Dans la série « Les mots qui blessent » : Bedos à la télé : « (…) La femme de sa vie du moment…. »

Elle (à Maman) : « C’est l’homme de ma vie… »

Ça dure si peu, une vie ?

 


Mot entendu :

Bedos :

« Y a pas d’urgence… »

 

(Pour elle non plus… !)

 


Mais avant, avec elle, je gueulais, je cognais, même, et ça passait !

 

 Quelle phrase merveilleuse !

Je le lui disais bien : « C’est la femme qui fait l’homme… »

 


Ce qui revient beaucoup aussi ce sont les souvenirs des moments passés ensemble…

Je ne lui ai peut-être pas assez dit combien ils étaient doux pour moi !

 


Trop gentille avec moi, pas assez exigeante.

 

Autre version : heureuse grâce à moi (donc pas agressive) et n’exigeant rien car comblée…

 

(Assez de me détruire !)

 


Un bref instant, je me suis vusenti en voyage, seul, à l’étranger… (Parce qu’elle y est en ce moment ?)

Jamais fait ça.

Il y a des choses – parce que je ne les ai jamais faites – que je crois impossible à faire pour moi  Important, ça !

 


Elle m’énerve avec son côté « femmes d’affaires » qui prend l’avion, voyage, traite des affaires, explore de nouveaux marchés !

 

JE NE ME TROMPE PAS QUAND JE PENSE QU’ELLE M’A DÉLAISSÉ POUR FAIRE ÇA !

 

Je sais que je lui en voudrais toujours pour ça 

 

Je l’ai aimée, je lui écrivais des mots, j’avais des élans de tendresse.

La vie est cruelle.

 


Il n’y a pas de miracle, je pensais ça tout à l’heure : une prise de conscience, ce matin, ne me change pas complètement…

 


Dans le fond, j’avais peut-être besoin de cette épreuve, je me la suis peut-être fabriquée intentionnellement, pour passer à l’» au-delà de la castration », comme dirait mon bon cousin…

J’ai peut-être envie de me débrouiller tout seul…

 

MAIS ATTENTION : JE N’AI PAS ENVOYÉ PROMENER UNE FEMME POUR QUI JE VENAIS EN PREMIER : CE N’ÉTAIT PLUS LE CAS… !

 

(J’écris ça parce que je me disais : pour « me débrouiller seul », pour cette fierté-là, sacrifier un amour ?

Il ne faudrait tout de même pas oublier la base :

J’écrirai tous ses mots ou plutôt je les rassemblerai car ils sont épars ça et là.

 


Mot entendu (Jeannie Longo) :

 

Journaliste : « Qu’est-ce qui vous manque pour être heureuse ? »

Elle : « Je suis heureuse »

Journaliste : « Montrez-le ! »

Elle : « Non, parce que c’est très profond et ça ne peut pas être montré par des grandes démonstrations et de l’euphorie parce que ça, c’est superficiel… »

 

J’allais dire : me fait penser à Mathilde : introvertie…

Mais je plaque une femme sur une autre… !

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

(From série TV)

 

Un mec est assommé   flou. Il se réveille, allongé par terre avec marques blanches autour de son corps, comme un cadavre… !

 

29/11/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Il est 9h50 et je suis réveillé depuis 6 h (endormi à 1 h du mat)…

Beaucoup de pensées m’ont tourné dans la tête, c’est celle-ci que je note :

 

Voyage à l’étranger. Cette fois-ci : Japon ? Excitant (voir voyage USA) et moi : « manque de tonus ».

Le plaisir du voyage est plus fort que le manque de moi, j’en suis sûr, ce matin. C’est sa vie. Ça lui plaît (cf. Nathalie)

 


Ne regrette rien d’une femme qui préfère voyager seule à être avec toi.

 

Commentaire du 15 décembre 2018 

 

Certaines choses m’auront poursuivi comme une hantise. Ces mots pourraient s’appliquer à Annick, la femme qui allait prendre la suite de Mathilde dans ma vie, autre grande voyageuse qui allait fréquemment me laisser seul à Paris pour s’en aller en vacances aux quatre coins du monde…

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 


Un autre souvenir m’est revenu ce matin : quand je lui ai fait l’amour par derrière, à son bureau, pendant qu’elle passait ses télex… !

 

Quel symbole !

 


Assis sur le canapé du salon : soleil pâle à travers le gris des nuages. Impression de déjà vu. Je suis là à stagner, à Paris, dans le même appartement depuis 8 ans et elle voyage. Gens nouveaux, pays nouveaux. Elle bouge, elle n’a pas le temps de penser.

Je ne sais pas pourquoi, je la sens tranquille.

C’est fort le dépaysement, c’est une sensation qui vous absorbe (je pense surtout aux pays nouveaux pour elle, comme le Japon, et même ceux qu’elle connaît : il y a sûrement des choses nouvelles à découvrir…

(D’ailleurs, elle a pris la caméra, sans me demander mon avis). Et elle reviendra à Paris pour retrouver ses enfants, sa famille. Elle sera reprise par le tourbillon du travail.

Je suis vraiment éjecté !

 

Heureusement, je ne serais pas là !

 

VÉCU – MON FRÈRE RENÉ – ÉCRITURE – LITTÉRATURE – ENFANCE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

On parlait hier soir avec René de mon projet d’écrire.

Je lui ai rappelé qu’il en était à l’origine (« Horace »). Il avait oublié et m’a dit que c’était à un moment où il étudiait les Classiques et qu’il y en avait un autre mais qu’il a oublié (chercher dans lequel il y a Madame Pernelle, à quoi me faisait penser un dirigeable publicitaire pour les laines Pernelle, dans le ciel de Tunis).

Il m’a rappelé que dans mon roman « L’Aiglon », il y avait un tas de morts (Horaces pour ça…) Je l’avais oublié. Voilà une manifestation déjà assez ancienne de mon agressivité… !

 


Je repense à cet « Aiglon » :

1/ Je me rappelle qu’il faisait 37 pages. Je trouvais que ce n’était pas assez pour un roman, mais je n’ai pas continué : voilà une de mes premières faiblesses.

2/ Le titre (c’est la première fois que j’y pense) : « Petit aiglon deviendra grand… et sera un aigle sanguinaire, cruel, mais aussi libre, majestueux et volant ! Quel programme ! Malheureusement peu respecté ! (Seulement pour la part négative, et encore, sans la grandeur de l’aigle). (Me fait penser aussi au cousin de l’aigle, le gypaète du « Livre des quatre saisons »… qui vient enlever le petit chamois…)

 

ÉCRITURE

 

Si on avait recueilli toutes les larmes que j’ai versées, tu pourrais appliquer le slogan : « Buvez, éliminez… » !

 

VÉCU – AMIS – PSY

 

Ce matin : Agnès est là, Maman va venir, j’ai eu Aline Gagnaire au téléphone, G. m’a invité pour ce soir, je dois passer un moment avec B., Jean-Marc m’a invité à un pot pour « notre » anniversaire : un homme qui a ainsi des contacts humains ne peut être entièrement mauvais…

J’ai retrouvé un peu de confiance en moi.

J’ai pleuré un peu tout à l’heure (je suis dans la baignoire) mais aujourd’hui je suis moins malheureux.

 

Je me dis que j’ai des torts sans doute, mais pas tous !

 

ÉCRITURE

 

Je fais des histoires parce que tu défais la nôtre… 

 

ÉCRITURE

 

« La machine dit à l’homme : « Tu me fais peur ! » Comment une machine pouvait elle avoir peur ? L’homme se demanda si elle ne rêvait pas… »

 

41 ans

 

30/11/1987

 

VÉCU – PSY

 

Le jour de mes 41 ans… sur le quai du métro…

 

« Mentir et dissimuler, pour apaiser mon corps ?

Et mon âme ? »

 


Ce matin, j’ai conscience du rapport de forces

 


Aujourd’hui ça cogne plus fort.

Peut-être parce que jour de mon anniversaire ? Et puis : très peu dormi.

État de fatigue immense.

 


Ce qui m’apparaît, c’est que j’ai, moi, introduit le rapport de forces. C’est moi qui ai poussé à la rupture.

 

Mais je n’arrive pas à admettre qu’elle ne m’ait jamais demandé d’autorisation pour rien.

Et ça, si désespéré que je sois – et aujourd’hui je le suis, vraiment, et en contact avec la mort – je ne peux pas l’accepter.

 

J’ai provoqué c’est vrai, mais pas sans raison.

 

Au début, j’étais pour sa famille, pour son boulot, pour son autonomie…

 


Après-midi : je m’étais couché, essayant de dormir et ne parvenant pas.

J’ai craqué : appelé Aline. Sangloté. Lui ai demandé de l’aide. Conversation importante : le bouddhisme – le karma – tout est dans tout et réciproquement – les causes et les effets – la réincarnation.

 

J’en sors flottant, dans la ouate. C’est le manque de sommeil, les larmes, la tension.

 


 (Hall attente toubib, place Gambetta)

 

Je suis déjà plus loin, souffrant, toujours certes, mais déjà dans l’après.

Bien qu’Aline m’ait dit : « Ne rêve pas les choses de telle ou telle façon car la force de ta pensée les fera arriver… », pourtant je me dis que c’est joué, que c’est fini, qu’elle a choisi le passage.

 

C’est la jalousie, maintenant, qui me mord le cœur, avec la remontée par-delà les années, du souvenir de cet homme travaillant dans le pétrole, que j’appelais « le pétrolier », ce qu’elle n’aimait guère…

 

Je pense à son charme, à sa sensualité qui attireront en donne.

Pourquoi n’en profiterait-elle pas ? Cela me ronge le ventre, mais c’est ainsi.

 

Aline a dit là-dessus des choses très claires.

Cela me rappelle Colette me disant « Pourquoi pas ? » Alors que je vitupérais contre le fait que les jolies femmes profitaient de leur beauté.

 

Pour ma part, le vrai problème est de m’aimer moi-même.

C’est ce que je disais à Aline, en pleurant : mon manque de confiance en moi.

 

D’où vient cela ? (*)

 

Mon physique n’est pas si terrible (quand je me revois quelques années après – je parle des moments où je n’étais pas obèse – je trouve les images de moi plutôt satisfaisantes.

Même récemment. Sur la cassette de la soirée avec les Marino – j’avais maigri à l’époque – je me trouvais du charme.

 

Quant au plan psychologique, alors là…

 

Il est fortement probable que je ne retomberais (*!) pas à nouveau sur une femme comme Mathilde qui me laissait impunément jouer mon jeu de la « fausse monnaie », de la provocation (« Cours après moi que je t’attrape »).

(Nota : je repense à des tas de choses qui montrent clairement qu’à côté de ses besoins infantiles de présence dans le lit, ses peurs d’être seule dans la maison, etc. il y avait une part d’elle forte, autonome, voire solitaire (celle qui est partie, à deux filles, aux USA, celle qui parlait de départ, celle qui a monté son affaire, etc.) C’est cela qui me fait penser que, dans le rapport de forces, elle ne cédera pas.

 

(*: Pour répondre à cette question, pour ne pas retomber dans le même rapport (Colette – Mathilde – je note d’ailleurs que je croyais avoir échappé à la pulsion de répétition et bien non !), il va falloir que je reprenne mon analyse.)

 


Les choses que je ne voulais pas voir :

 

La « voiture de ses rêves » (je ne sais plus quoi, si : une Mercedes décapotable).

J’aurais dû faire attention à ce genre de « rêves »…

 


Une chose à noter, c’est que « L’aiglon » a été très inspiré par la vision de « Vingt mille lieux sous les mers (mères ?) »…

J’ai fait un roman à défaut de pouvoir faire un film… !

 

01/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TRAVAIL – TÉLÉVISION

 

Hier : après coup de fil Aline  toubib place Gambetta : craqué. Larmes  TF1. Réunion. Marc m’accompagne en voiture  Bélisaire : craqué. Larmes  repas restaurant avec Jean-Marc, sa copine et un copain lui. À peu près bien.

Chaleur et amitié d’Aline, Marc et Jean-Marc. C’était bien. Ça m’avait fait du bien et quoi que je me sois réveillé encore très tôt (4 h) et que je sois très fatigué, j’étais bien.

 

Et ce matin :

Courrier.

Nicole Ricard, une fois de plus, me renvoie mon synopsis !

 

Retrouvé un sentiment (déjà) oublié (! !) : ma colère, ma révolte contre cette injustice et contre ma misère ! ( Ce que je vois comme tel !)

 

Le désespoir est toujours d’actualité.

 

En retrouvant cela (ma colère), j’ai compris Mathilde. J’ai compris qu’elle se soit lassée de ma violence et de l’aura d’échec et de mort qui m’entoure.

 

Je songe au bonheur comme une terre hors d’atteinte.

 

Je suis en état de mort.

 


Et ça ne s’arrangera pas : essayé d’avoir réactions de gens ce matin : Nicole Ricard – Guilbert – Pivot- Trémège et Catherine Moinot. Celle-ci est la seule que j’ai eue et elle a littéralement démoli le projet (« Histoire qui ne tient pas debout – on ne voit pas ce que vous voulez dire – histoire du conditionnement = pas sot, mais c’est la suite…)

(Elle a dit un truc juste : on ne peut pas vivre avec quelqu’un qui cache son vrai métier).

 

Commentaire du 16 décembre 2018 :

 

Oh si ! On peut vivre avec quelqu’un qui cache son vrai métier : l’affaire Romand, des séries télévisées comme « Le bureau des légendes » et autres, et avant cela, tout simplement, la réalité, mais une réalité qui était cachée, voilà qui démontre qu’on le peut très bien !

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 


 (19h20)

 

Repensé à ça. Rappelé Catherine Moinot. Avais réfléchi. Vais peut-être reprendre « L’homme aux doigts d’or » (autre titre ?) en gardant manipulation mais en changeant suite, pour éliminer les invraisemblances.

 

Journée très dure (au montage : moment de mort (image de la guerre du Tchad : soldat libyen calciné) Début de retour de « la » sensation ancienne (cf. « crise de folie »)

 

Mais, au lieu de basculer dans la colère  essai d’évolution.

 

Rappeler Catherine Moinot = positif.

 

J’ai beaucoup évolué depuis le 13 novembre.

 

Je comprends Mathilde, je comprends que mes colères envers elle remontent à avant elle.

 

J’ai parlé avec Maman au téléphone.

 

Lui ai dit que j’incriminais le manque d’argent, mais, même si j’en avais eu, elle aurait voulu travailler.

Mais, nous nous sommes détachés (elle s’est détachée) à cause de mes colères, oui, mais aussi à cause de son travail et du fait qu’elle n’avait plus guère d’énergie et de temps à me consacrer.

 

Greco est venu au montage. Je lui ai dit pour Mathilde et moi. Ai craqué. Il m’a conseillé d’aller voir son psy !

 

02/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÊVE – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE 

 

(Matin, maison)

 

J’avais pris des somnifères hier soir.

Me suis réveillé, pourtant, au milieu de la nuit.

En ai repris un demi. Rendormi. Rêvé que Mathilde revenait, me disait que je lui avais manqué, on se remettait ensemble.

Un moment, je ne la retrouvais plus. Il y avait des gens. L’orage. Je la retrouvais, lui disais que je voulais l’épouser. Elle me faisait « chut ! » comme si je la gênais par rapport à gens qui écoutaient.

 


Lorsque je me suis réveillé et que j’ai compris qu’il ne s’agissait que d’un rêve !

 

VÉCU – TRAVAIL – TÉLÉVISION – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » 

 

Repensé à l’instant à mon projet (ex « L’homme aux doigts d’or »).

Trouvé nouveaux trucs. Les écrirai.

 

(J’écris mal à cause somnifères ?)

 

(12h30)

 

J’écris mieux !

 

Repensé, donc, au projet.

Possible :

 

Ils sont d’accord pour qu’elle fasse la manip sur lui (à voir. Comment, pourquoi ?) (Il est en clinique pour dépression. Elle est ? Elle applique médicaments sur humains malades).

 

 Manip. Ça ne marche pas. Il le supporte mal. Re-tentation suicidaire  elle décide de tricher  re-manip mais elle lui injecte musique fabriquée par autre musico  il est tout heureux.

 

 On se dirige vers le fait qu’elle a des remords terribles d’avoir triché. Et : il apprend ce qu’il en est  conséquences ?

 

Faire intervenir l’autre musicien ?

 

Ce qui est bien là dedans, c’est qu’à part le postulat de la manipulation qu’il faut admettre, les invraisemblances disparaissent (le côté « rocambolesque » :

 – Elle qui « s’introduit » chez lui

 – Elle qui cache son identité

 – La « cachotterie » de scénariste qui permet de ne pas savoir si Belle Pensée dit vrai (qu’elle lui avait injecté la musique)

 – Belle Pensée, « comme par hasard », amant de l’assistante

 – BR « comme par hasard » branché sur le producteur véreux

 – Le producteur faisant quelque chose d’aussi illégal

 – Catherine retrouvant l’aiguille des images d’Afrique dans la botte de foin des archives

 – David retrouvant grâce aux images une musique standard qui pourrait en fait aller sur 30 000 trucs !

 – David ayant « oublié » un de ses thèmes (comme si moi j’avais oublié » la moindre de mes idées !)

 

 Réflexion faite, je me dis que, pour laisser passer des trucs aussi gros, je manque singulièrement de vigilance ! (Ou que j’avais singulièrement besoin d’avoir un scénario à présenter ! (Rajouté le 03/12)

 

VÉCU – MA MÈRE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE 

 

Je n’ai pas noté un petit épisode :

 

Week-end dernier. Je parle avec Maman de ce que je vais gagner sur les clips TF1.

Elle : « C’est tout ! »

 

 Colère (faible) chez moi. Début de larmes.

Elle : « Oh la la ! C’est ma faute, tout ça… Sono stupida. »

 

Vieux truc : je suis content du sentiment de culpabilité de Maman.

C’est mon vieux moi, ça.

C’est celui qui a cherché à culpabiliser Mathilde.

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÊVE – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – MON NEVEU JEAN-MARC

 

À l’instant, longue conversation téléphonique avec Jean-Marc, qui m’avait laissé un message.

Parlé de lui : il doit se soigner. Il est bloqué à Lyon. Jacquot G.ne le laissera pas partir.

 

Parlé de moi aussi. Longuement. Lui, il me dit qu’il la croit calme et pense qu’elle ne reviendra pas (« Je suis sûr que ce n’est pas elle qui a gueulé le plus fort » (pas tout à fait vrai, ça !)

Il dit qu’il n’a pas assez d’expérience pour savoir si un couple peut se remettre ensemble.

Il me dit que, bien qu’ayant 41 ans, j’ai encore beaucoup à apprendre. ( Je n’arrive pas à retrouver de quoi il parlait) (*)

 

Et surtout : il me parle de la Vie, dont les instants qui passent ne reviendront pas.

Aussi que je fais trop attention à l’opinion des autres

Problème de la réussite : pour lui, réussir, c’est être bien.

 

Mon problème : je suis mal.

 


 (*: Repris de la page d’avant)

L’ai rappelé :

Beaucoup à apprendre = tant que vie = solution aux problèmes dont on ne sait pas si elles sont possibles.

Quand on est mort, on est mort !

 

(Cf. moi avec G. : « J’ai envie de vivre ! »

Lui : « Enfin ! Jusqu’ici vous avez surtout essayé d’être Dieu ! »

 

Commentaire du 16 décembre 2018 :

 

Cette note a une résonance terrible quand on sait que Jean-Marc est mort prématurément, 13 ans plus tard, en 2000, à 39 ans, d’un cancer avec complications. C’est comme s’il pressentait cette mort relativement proche ! Une mort qui m’a particulièrement affecté. Heureusement que je ne le savais pas à l’époque, sinon j’aurais été encore plus détruit !

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 

03/12/1987

 

VÉCU – TRAVAIL – TÉLÉVISION – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » 

 

Ce matin : peu près bien (suis allé m’acheter du café et un pain au chocolat).

Un peu vaseux cause somnifères. Mais j’ai mieux dormi que d’habitude (bien que réveillé milieu nuit et obligé d’en prendre un demi, encore une fois).

 


 (18h15 – métro)

 

Eu, enfin, Nicole Ricard. Pour pas grand-chose : elle me conseille d’aller vers maisons privées + m’allier avec autre auteur possédant les « ficelles ». Pas de création personnelle à la télé. Cinéma : les réalisateurs de cinéma se tournent vers les télés.

 

Pas plus avancé

 


Mon projet : « trop original… ! »

 


Elle me parle aussi de naïveté (avec les qualités de la naïveté).

 

Commentaire du 16 décembre 2018 :

 

Ce mot sur ma naïveté m’était resté en mémoire. J’y ai souvent repensé en me la reprochant amèrement. Mais je ne me souvenais pas que, dans la même conversation, Nicole Ricard me disait que mon projet était trop original ! Voilà qui justifie cette entreprise de saisie de mes carnets, sur laquelle je m’interroge souvent et dont je me demande si elle est bien utile : j’ai déjà pensé que mes projets étaient trop originaux pour la télévision de l’époque et qu’il aurait fallu que je fasse du cinéma. Cela n’a pas été possible mais voilà qui me justifie dans mes convictions et qui montre à quel point mon autocritique quasi permanente était infondée et reposait sur des bases purement névrotiques. La numérisation de ces carnets – et par la même occasion leur relecture – n’a bien évidemment aucune prise sur ce qui s’est passé il y a 30 ans, mais par contre elle s’avère très utile pour ce qui se passe aujourd’hui, où j’ai un projet en lecture justement (« les deux veuves d’Axel Briant » – roman) : plus que jamais je dois être persuadé que l’avenir de mon projet ne tient pas à sa valeur mais au contexte général où la littérature perd de plus en plus de son importance. Par ailleurs ces carnets peuvent être considéré comme une invitation à la confiance en soi pour leurs lecteurs.

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TRAVAIL – TÉLÉVISION

 

Parlé avec Serge G., le documentaliste.

Bon feeling avec ce garçon.

 

Lui ai filé « l’homme aux doigts d’or » à lire. On n’en parlera demain et aussi tapé ce soir note sur le projet des trois garçons que je lui donnerai à lire ainsi qu’à :

 – Aline

– Jean-Pierre B.

+ autres, à voir.

 


Beaucoup de souvenirs de moments avec Mathilde me reviennent…

 

04/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE -AMIS – ALINE GAGNAIRE – ÉCRITURE – PROJETS

 

Hier soir, au cours conversation téléphonique avec Aline Gagnaire, pensé quelque chose :

 

 – Je me demandais pourquoi je voulais à ce point établir qu’on ne m’aime pas (en provoquant des ruptures)

Et, comme je lui racontais l’histoire de Bobby, Aline m’a dit : « Mais les gens croient sincèrement aimer, ta mère a cru bien se comporter et n’a jamais douté qu’elle t’aimait… »

 

 N’est-ce pas la racine de mon comportement : ceux qui disent m’aimer me tuent (tuent le chien) (auquel je m’étais identifié), il importe donc que personne ne m’aime afin que personne ne me tue !

 

Commentaire du 16 décembre 2018

 

Remarquable auto-analyse dont je ne me souvenais absolument pas et dont je redécouvre aujourd’hui, 30 ans plus tard, la pertinence !

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 


Ce matin, ne me suis réveillé qu’à 6 h !

 


En relisant ces notes, je tombe sur l’origine de « L’aiglon » : « 20 000 lieux sous les mers », et je réalise que le personnage principal de ce film est un personnage mauvais, méchant, sadique, cruel et mégalomane : le capitaine Nemo ! Et, en plus Nemo = personne !

Quel héritage pour moi !

 


 (Midi)

 

Je viens de discuter avec Serge G. qui a lu hier soir « L’homme aux doigts d’or ».

Même verdict que tant d’autres : bonne idée, mais mal traitée.

 

Lui avais tapé hier soir de pages dactylo des notes préparatoires pour « les trois garçons ».

 

Ça, il l’a trouvé très bon ! « Très original ! »

 

M’a conseillé de m’y mettre, « toutes affaires cessantes »…

 

Pour un roman ou pour un film ?

 


 (20h15. Post-production à Tigre)

 

Ça traîne : trucage à refaire…

On m’aura demandé beaucoup de changements ! Quand l’enjeu est important, alors là, on s’intéresse à mon travail !

Cela dit : ils ont tous dits que c’était bon, ces clips… Si au moins ça pouvait m’apporter une suite… !

 

Cet après-midi, après réunion avec la DGT, Alain I.-C. m’a encore demandé des changements.

Je me suis mis en colère, une fois de plus, et j’ai pu éprouver une fois de plus à quel point ça me rendait malheureux.

C’est vraiment mon problème.

 

Je songe vraiment reprendre mon analyse.

 

C’est vrai que je découvre deux choses en ce moment (déjà apprises avec Colette, mais oubliées grâce à Mathilde :

1/ je vais mourir (aucun amour ne me protégera de la mort).

2/ Le monde ne s’accorde pas forcément à mes désirs (Mathilde comblait mes désirs tant que ça lui chantait) et toutes mes colères n’y changeront rien. La colère, c’est peut-être agréable comme disait Sartre, mais inefficace !

 


Catherine Moinot m’a renvoyé mon synopsis avec ses mots : « Bon courage. À bientôt. »

Gentil !

 

05/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

À 8 h le téléphone a sonné. C’était elle. (J’entendais très mal).

 – « C’est moi. Tu dormais ? »

 – « Non, je pensais à toi… »

 – « Comment ça va ? »

 – « Et toi ? »

 – « Pas très bien. Je suis très fatiguée. Je suis loin. Je suis seule. Et toi, ça va bien ? »

 – « Non. Je fais une dépression nerveuse… »

 – « Pourquoi, tu n’as pas de travail ? »

 – « Si, j’ai du boulot… »

(friture – coupure)

Elle : « Je ne peux pas rester, je n’ai plus de pièces ! »

 – « Tu ne trouves pas le moyen de me téléphoner correctement ? »

 – « Tu n’as rien à me dire ? »

 – « Et toi ? »

 – « Je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à parler… »

 – « J’attends quelque chose de toi. J’attends que tu me dises que tu manques de moi… »

 – « Oui (je ne suis même pas sûr qu’elle ait dit « oui »). Bon. Aurevoir »  elle raccroche.

 

Depuis ce moment (ça fait 3 heures qui sont passées comme un éclair,), il se passe beaucoup de choses en moi, mais trop, justement, pour le noter…

 


Ce coup de fil ne me procure aucun bien, au contraire il m’angoisse.

Ça me rappelle des coups de fil avec Colette, à la fin, en continuait à se téléphoner mais on sentait bien que c’était fini.

 


Elle s’est contentée d’une courte conversation. Elle n’a pas dit où elle était. N’a pas parlé de l’avenir.

 


Non, ce n’est pas bon du tout.

Espérais-tu autre chose, camarade ?

 


En tout cas, j’ai tenu à ne pas mentir, ne pas jouer : je ne lui ai pas caché ma dépression.

 

06/12/987 

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TRAVAIL – TÉLÉVISION – PROJETS – ROMAN « LES MATHS À MORT »

 

(8h25 – café Gambetta, partant à Rouen) 

 

(Sur la dernière note d’hier 🙂

Justement : je ne sais pas si j’ai eu raison…

 


Pour « Les trois garçons » :

(passant devant une boulangerie) :

Ludo : « Halte au pas ! Trois croissants vont finir de croître ! C’est moi qui régale » ou « Dans nos estomacs… » »

Rémi : « Y en a qui promettent la lune. Lui, il nous en offre trois ! Merci Ludo ! »

Ou :

« Lui, il nous offre des croissant, c’est déjà pas mal ! Merci Ludo… »

 


 (Café : serveur, alors que je demande combien je dois pour le café)

 – « 35 Fr., les neuf prochains sont gratuits ! »

 


Autre moment (pendant un jeu) :

« Halte au jeu ! »

 


 (18h25 – train Rouen Paris)

 

Intérieurement, je suis très mal. Je ne cesse de penser à elle, à nous, à « plus nous ».

Mais je ne le montre pas. Je rentre de repérage pour émission « Ensemble » (!) sur radio immigrés et j’ai joué la comédie. Je ne pense pas que mon angoisse se soit vue. Je m’étonne moi-même d’arriver à travailler avec cette obsession dans la tête.

 


Un désespoir profond me saisit en pensant à la vie sans elle. Je repense aux jours enfuis, aux souvenirs.

 

Tout à refaire !

Et en moi cette culpabilité de vouloir dominer une femme ! Et la certitude que c’est impossible, qu’elle ne me cédera plus, qu’elle ne m’aime plus

(Et pourtant, au début, je ne voulais pas la dominer ! Je n’avais pas à tenter de le faire : elle n’était pas loin de moi, elle aurait manqué de moi, donc elle ne me quittait pas ou bien manquait de moi s’il fallait qu’il en soit ainsi et j’en étais heureux, j’étais tranquille, j’étais serein. Jamais je n’avais connu pareille certitude. Et voilà que cet amour que je croyais si solide a volé en éclats.

L’indifférence, qui écourte une conversation téléphonique (quoiqu’il est vrai que le son était si mauvais !) l’a remplacé !

 

Affrontement entre nous : moi, je fais des reproches car castration. Elle se détache car je fais des reproches (et elle satisfait son narcissisme dans son travail).

Quand elle me dit de là-bas : « Tu n’as rien à me dire ? », n ’est-ce pas une façon de me demander de restaurer son image que j’ai tant dégradée par mes reproches.

Mais la question est : mes reproches sont-ils seulement le fait de ma névrose (cf. G.), ne sont-ils pas aussi fondés ? Il y a tous ses mots… On me dit de ne pas ruminer.

Facile à dire !

 


 (19h40 – métro)

 

Je sens la boule de larmes monter de mon ventre. J’attends d’être chez moi pour pleurer…

 


 (20h10 – maison)

 

Suis rentré. Répondeur vide. Mais je ne suis pas si mal.

J’ai mon projet : mes trois petits gosses. Je m’y raccroche.

 

Je repense à Nicole Ricard me disant de Jacques Salles : « Ce que vous lui avez donné ne correspondait pas à ce qu’il attendait… C’est tout ! »

 

Mais pourtant : « Mélissa » !

Celui-là, il l’avait trouvé bon : « Je vous le mets de côté pour une suite… »

 

Non : ne pas être amer !

Élise Lucet, la journaliste avec qui je vais travailler, m’a parlé de ce chauffeur de taxi séropositif (ayant écrit trois romans et un recueil de poèmes qu’il n’a même pas essayé de publier) et qui était d’un optimisme total !

 

Je sais bien que ce qui a dégoûté Mathilde de moi, c’est mon amertume, mon ressentiment à l’égard du monde entier et mon manque d’esprit d’entreprise…

On retrouve là nos 10 ans d’écart… et nos différences de caractère : elle n’est pas vindicative.

 

Ah, au début, c’était bien : je n’étais pas vindicatif : j’avais de l’espoir (« L’image de Pierre », etc.) Mes coups de colère étaient brefs, je ne lui en voulais pas, à elle. Puis, je me suis mis à lui en vouloir (à partir du « Je ne te dois rien ! ») Et là, mon amertume, née des échecs répétés, mon ressentiment frappant sur elle à coup redoublés, les problèmes matériels dus à mon chômage, tout ça mis bout à bout…

 


Désormais, il faut que ça change je ne veux plus être au chômage !

 

Merde, il y a du boulot dans l’audiovisuel. À moi de me bouger le cul…

Quand je pense à ce L. qui a une maison de campagne !

 


Serge G., Élise Lucet, ont ri en lisant mes notes sur « Les trois garçons » !

 

Je fais rire… ! Quelle bonne nouvelle ! (Je rallume pour l’écrire !)

 

07/12/1987

 

VÉCU – ÉCRITURE

 

Tout à l’heure, je sors une vanne au montage : Philippe, le monteur, dit : « Je voulais aller voir « Yelen » hier soir et quand j’ai vu la queue… » Je termine : « J’ai pas voulu aller jusqu’aux couilles… »

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TRAVAIL – TÉLÉVISION – PROJETS

 

(16h35)

 

Parlé de son coup de fil avec Greco, Jean et Serge G..

Tout le monde me conseille d’attendre. Que faire d’autre, en effet ?

 

La question que je me pose concerne un mot à lui laisser avant de partir à Rouen.

Un mot ? Pas de mot ? Un mot bref ? Un mot long ? Quel contenu ? Quelle position prendre ?

 

Bienheureux ceux qui ne vivent pas ainsi dans un dilemme.

 

Tout à l’heure j’ai rendez-vous avec G.

 

Commentaire du 5 janvier 2019 :

 

Bien qu’ayant terminé mon analyse avec lui, j’avais souhaité rencontrer mon ex-psychanalyste pour… Pour quoi exactement ? Lui parler, le consulter, m’expliquer, me défendre ?

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 

Le cœur de mon problème mon agressivité.

 

Je suis vexé d’avoir à y renoncer, à reconnaître que j’ai tort d’être agressif.

 


Quand ce n’est pas la pensée d’elle, c’est celle de mes 41 ans et de ma non-réussite qui me vient (Nicole Ricard : « Pourquoi voulez-vous absolument faire de la fiction ? (…) Je ne connais de vous qu’un petit court-métrage et un petit film (ou l’un ou l’autre ?) fait avec les moyens du bord… (en réponse à ma question sur mon talent…)

 

Commentaire du 5 janvier 2019 :

 

Quelle douleur j’ai ressentie de m’entendre dire cela et quelle naïveté et quelle imprudence de ma part de m’exposer ainsi au jugement d’une personne appelant « petit court-métrage » mon film « Sibylle » qui, déjà, avait été nominé aux Césars et plusieurs fois primé et qui, près de 40 ans plus tard, est l’objet d’un « culte » de nombreux cinéphiles et est devenu une sorte de « classique ». Par contre, que reste-t-il aujourd’hui de Madame Ricard ?

 

– Commentaire écrit à 72 ans

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA –  PROJETS

 

(18h35)

 

Je viens de lire dans l’Événement du jeudi une enquête sur la fiction à la télé et ça me rend malade, ça me donne envie de pleurer d’être ainsi éloigné du gâteau alors que d’autres s’en taillent une tranche ! À la fois pour le fric et pour le talent.

 

Je n’ai jamais cru que je ne savais pas faire

 

Peut-être que je ne sais pas faire ce qu’il faut pour réussir !

Ce problème de réussite devient obsédant !

 

Il serait temps, à mon âge !

 


Ce que je constate, dans cette enquête, c’est que presque tout est en série.

(Ou alors les œuvres isolées sont des adaptations de grands livres : (« Nous vivons sur une mine » s’accordent à dire l’ensemble des producteurs) (from EDJ).

 


Que faire ? Que faire ? Le temps presse. J’ai 41 ans.

 

Je me rappelle cette tentative des « Histoires vidéhorribles »…

Non : je n’avais pas le souffle (hors « Mélissa », Julie et Linda était compliqués ou schématiques et Sarah, devenu l’Amour de loin, était trop personnel.

 

Faire original, de qualité et pas trop « personnel », voilà l’objectif.

 

« Les trois garçons » est loin d’en être l’exemple.

 

L’ex-Homme aux doigts d’or pareil : cette histoire de projection… !

 

Et puis, rien de tout ça n’est série.

 

Que faire ?

 


Je ne veux pas rater ma vie.

 

Je ne veux pas mourir sans être devenu metteur en scène de fiction.

C’est ce que j’ai voulu faire depuis l’âge de 15 ans !

 

C’est ma vie !

 


Mais ils fonctionnent de plus en plus en divisant auteurs et réalisateurs. Plus le même homme (cf. Santelli dans l’EDJ. Favart, Fansten : exceptions (et encore, ils coécrivent).

 

Donc qu’est-ce qui est le plus important pour moi réaliser les textes d’autres… ? Ou être auteur (satisfaction narcissique).

 

Si c’est ça, n’est-ce pas le roman que je dois viser (« Les trois garçons » en étant le possible exemple) tout en continuant à gagner ma vie avec la réalisation TV (et en élargissant aux films d’entreprise) ?

 


Je suis fatigué. J’aimerais dormir. J’attends le rendez-vous avec G.. C’est interminable ! (Encore trois quarts d’heure !)

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987) – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(21h20. Maison)

 

Je sors de chez G.. (À l’entrée, je lui dis que je le trouve grisonnant : « Il faut mourir, mon frère… » répond-il)

 

G. : « Deux êtres qui ressentent attirance mais sont malheureux parce que séparés (qui sont « honteux » de se le dire)

Blessures d’amour-propre (les plus difficiles à guérir). Les miennes me paraissent, bien sûr, plus importantes (elle : refus du mariage).

Pas de rapport de forces : rapport de faiblesse.

Compétences et faiblesses. Faiblesses : plus présentes que compétences.

 

Si continue : meilleure voie pour se séparer complètement.

J’attends qu’elle me dise des choses. Il s’agit de renoncer à ce jeu narcissique. (À propos de mon agressivité, je dis que manière d’aimer. Je m’étonne que les gens ne le comprennent pas.

Lui : « Vous croyez que tout comprendre, c’est tout accepter… » (c’est ainsi qu’il a refusé les pets ! ! !)

 

Une question me turlupine : quand G. disait qu’il faudrait que je dise à Mathilde que j’étais malheureux sans elle, je lui ai dit : « Mais je lui ai dit que j’étais en dépression… » Il m’a répondu quelque chose, mais je ne sais plus quoi…

 

 (Je viens de l’appeler – 22h45 – pour le lui demander. Il m’a envoyé promener… !)

 – « Je me suis levé à 5 h, etc. »

Je m’excuse, demande si je peux quand même poser ma question 

 – Monsieur Cappadoro, je souhaiterais que vous respectiez ma vie privée… ! »

 

08/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987) – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Hier, G. : « Vous êtes liés et séparés… »

 


Dans le fond, G. ne m’a dit que des banalités, des choses que je savais très bien.

 

Par contre, il y a des choses que j’ai dites ou laissées entendre qu’il n’a même pas relevées, qu’il a négligées.

 

Je pense qu’elle sait que je suis malheureux d’être séparé d’elle. G. se trompe quand il dit que c’est ce qu’il faudrait lui dire. Ou, en tout cas, ce n’est pas suffisant.

Je me demande même si quoi que ce soit est suffisant… !

 

Il est 5h du matin, réveillé une fois de plus, malgré les somnifères.

Je me sens coupable et honteux d’être « ramenard », égocentrique (au point d’avoir dérangé G. à 11 h du soir.

Quel crime !)

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÊVE

 

Cette nuit : rêve.

 

J’étais passager dans une voiture, à côté du chauffeur, la nuit.

Devant nous, il y avait une autre voiture (des gens connus de nous) (?).

 

Tout à coup, toutes les lumières de la voiture où j’étais s’éteignent.

On se retrouve dans le noir.

Je panique alors et dis au chauffeur : «  ! Rallume ! »

 

Note du 13 janvier 2019 :

 

L’interprétation de ce rêve me paraît aujourd’hui évidente : le chauffeur conduisant la voiture dans la nuit de mon psychisme, c’était G., mon psychanalyste. Je m’étais retrouvé dans le noir car j’avais mis fin à mon analyse avec lui, mais mon rêve exprimait le désir/besoin qu’il « rallume », c’est-à-dire redevienne mon analyste et recommence à « m’éclairer ».

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(12h25)

 

Voulant tenir compte de l’avis de G., j’ai appelé Sylvie à Ma Vie Bijou, pour demander adresse hôtel Mathilde et lui envoyer télégramme : « Je pense à toi. »

 

Mais personne (ni boulot ni agence voyage) n’a ces adresses hôtel.

 

C’est fou !

 

Elle a prie goût à l’indépendance…

 

En fait, je ne sais rien. Est-ce que ça lui plaît tellement ?

Le fantasme peut-être ?

 

Sylvie m’a dit qu’elle ne l’avait appelée, pour la première fois, qu’il y a quelques jours et que c’était d’un aéroport, avec les dernières pièces du pays… Qu’elle croit qu’elle partait à Bangkok, mais qu’elle n’en est pas sûre…

 


Jalousie en moi à l’idée de tous ces pays qu’elle parcourt…

 

Et puis pensée que je lui ai parlé de dépression nerveuse et que ça ne la fait pas rappeler pour autant !

Vexation. Blessure narcissique.

Ressentiment.

 


Mais n’est-ce pas ainsi, au début, que je me comportais ?

 

Quand j’étais serein, je ne m’éternisais pas au téléphone…

 

Je ne sais pas.

Attendre.

Elle rentre le 18.

 


 (19h25)

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – SEXE

 

Je repense au coup de fil à G. d’hier soir : c’est la continuation de mon comportement envers lui (infantile) : exiger que la Loi ne s’applique pas à moi (Loi : mort – vie et mort) (déjà entamé : dormir en séance – ne pas venir – ne pas prévenir – ne pas demander d’horaires de remplacement – péter – ne pas associer – lire mes carnets – discuter ses interprétations).

 

Et je lui en ai voulu d’avoir été le gardien de la Loi

 

Je sens donc que quelque chose de capital se joue là, comme avec Mathilde : j’ai envisagé de reprendre l’analyse avec un autre analyste.

Mais ce serait comme quitter Mathilde (comme j’ai quitté Colette) : non pas régler mon problème, mais le fuir, l’éviter, l’occulter pour aller recommencer ailleurs ma quête de toute-puissance…

 

Aussi je songe à l’appeler demain matin avant 8 h (ça, c’est son heure) (et pourtant ça me fait peur) comme Colette me faisait peur car tout cela me place en face de la Mort.

 

De ce point de vue, je trouve positif d’avoir appelé Ma Vie Bijou pour essayer de joindre Mathilde.

Mais cette fuite en avant, sans baliser son parcours, sans indiquer où la joindre (même Sylvie en aurait eu besoin et ne le savait pas), cela n’indique-t-il pas – au contraire d’une jouissance, ou en même temps qu’une jouissance – une angoisse, une souffrance qu’elle fuit, qu’elle tente de fuir en partant loin… ?

 

À cette souffrance, je suis mêlé, car je l’ai blessée et l’ai contrainte à chercher ailleurs qu’avec moi la satisfaction et la gratification narcissique.

 


Je sors d’un sex-shop où je me suis masturbé. Cela aussi, je commence à le voir différemment.

C’est si terne, par rapport au réel . C’est sans doute de n’avoir pas fait l’amour depuis bientôt deux mois (!) qui me fait réagir ainsi.

Ces ersatz me paraissent dérisoires. Je comprends, là aussi, qu’ils servaient à éviter ce qui me faisait peur : ma vie sexuelle, qui, elle aussi, renvoie à la mort via les risques et les souffrances de l’amour et via l’» éphémèrité » (je ne sais pas si ça se dit) de l’acte sexuel.

 

(Non, je présente ce renvoi comme universel, mais c’est ma problématique. Ainsi Mathilde n’avait pas de difficultés à me dire : « J’ai envie de faire l’amour. » C’est moi qui compliquais en exigeant la lingerie à haute dose (alors que je prenais mon pied avec elle).

En tout cas, c’est ma peur de la sexualité et son remplacement par des ersatz qui m’a fait « me castrer moi-même », comme disait G., tous ces derniers temps, et qui a fait dire à Mathilde qu’une femme avait d’autant plus envie de faire l’amour qu’elle le faisait souvent, manière de me dire qu’elle avait besoin de ma virilité.

Et cette notion du « Elle ne m’aime plus car elle a besoin d’un vrai homme » est apparue récemment dans ma tête).

 

VÉCU – TÉLÉVISION – PROJETS

 

Côté boulot, je songe à l’enquête de l’EDJ et aux boites privées et je me demande s’il ne faudrait pas réessayer de placer « Mélissa » comme pilote d’une série sur la télé (mais trouver autre axe que « Histoires vidéhorribles »).

 

09/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

 

Hier soir : dîner chez Patrick G. (lui ai fait lire notes pour « Trois garçons ». Lui aussi m’encourage)

Éclaté en sanglots dans mon assiette.

Je lui en ai parlé, j’en parle à tellement de gens maintenant !

 


Ce matin rappelé G.. Rendez-vous pris pour le 6 janvier !

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA –  PROJETS

 

Rappelé Marie-France Trémège : gentille. « L’homme aux doigts d’or » : pas pour Érato.

Me conseille réexploiter idée de base Homme aux doigts d’or. Une fois réécrit, elle le transmettrait à Isabelle Fauvel de Flach films.

 


Elle m’a dit que Jacques Salles : non décisionnaire à Hamster (et qu’il n’a pas aidé son mari, Bernard Trémège, bien qu’ils soient copains).

 


Je vais lui envoyer « Melissa » à lire, aussi.

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Ce matin : rappelé Sylvie à Ma Vie Bijou

Elle : « Non, je n’ai toujours pas de nouvelles… »

Moi : « Et bien justement, laisse tomber, ne lui parle pas de moi ! »

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA –  PROJETS

 

Ce matin, je ne sais pas : je ne peux pas dire que je sois bien, mais je suis un peu moins mal. Plus actif peut-être ? (Je passe des coups de fil… !)

 

(15 h. Coiffeur)

 

J’ai appelé plusieurs endroits dont Cinétévé (la boîte de Fabienne Servan-Schreiber). Suis tombé sur Françoise Langlès (et non Anglès). Lui ai raconté « Mélissa » qui l’a apparemment pas mal intéressée. Vais l’envoyer…

 

10/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – MON FRÈRE RENÉ

 

(8 h du matin)

 

René ici hier soir (dormi ici).

 

Discussion. Il ne me n’a pas pris position (« Je ne te donnerai pas raison automatiquement… »)

 

 Ce matin, réveillé à 5 h (c’est devenu habituel et c’est terrible, ces réveils dans l’angoisse et la souffrance…)

 

Pensé aux paroles de G. sur les blessures narcissiques de Mathilde.

 

Ce que j’aimais en elle, c’est qu’elle me permettait de jouer ce jeu de partir pour qu’elle vienne me rechercher (les voilà, ses blessures…)

(je m’aperçois que c’est complètement lié au « départ » de Bobby (une « perte » transformée en « départ » pour moi mais qui est restée une « perte » catastrophique pour l’Autre et un « départ-perte » « rattrapé » (à la différence de ce qui fut dans le réel).

 

J’ai parlé à René de ça, ce matin (on a discuté encore un petit quart d’heure avant qu’il ne s’en aille)

et il a dit : « On se lasse… » comme G. avait dit « C’est fini ! »

 

Je n’ai plus de pouvoir sur elle.

 

Alors l’alternative (combien problématique pour moi), c’est :

 – J’arrête avec elle pour chercher du pouvoir ailleurs

 – J’arrête ce jeu des faux départs (de la fausse monnaie). J’arrête ces rapports de pouvoir.

 

Mais je retombe dans le problème de l’insatisfaction.

 

Je me sens comme un ordinateur pas assez puissant pour résoudre un problème :

 

Le jeu des faux départs, la recherche de la toute-puissance, ça date aussi des débuts et même d’avant Mathilde. Ce n’est pas lié à l’insatisfaction.

 

Même quand elle me donnait satisfaction, je le jouais, ce jeu (et surtout là, en fait, puisque la satisfaction qu’elle me donnait, c’était justement de jouer ce jeu.)

 

Elle ne me satisfera plus de cette façon-là.

 

Reste qu’il est difficilement envisageable de me transformer aussi radicalement (avec déjà le fort risque que ce ne soit pas possible, surtout sans support analytique) et, en plus dans les conditions de délabrement où en est parvenu notre couple

(Je veux dire qu’il faudrait, pour que je renonce à quelque chose (comme disait G.) que j’aie une contrepartie.

 


Je pense qu’il faut admettre l’idée que ça a marché avec elle pendant un moment grâce à elle, parce qu’elle me supportait, mais que ça ne marche plus et qu’il me reste encore un grand chemin à faire pour me transformer suffisamment pour avoir un autre type de rapports avec une femme et que ce sera donc avec une autre, car je ne peux pas changer maintenantpas assez vite pour que ce soit avec Mathilde que j’aie de nouveaux rapports.

 

10/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Penser que les « mises à la porte » de Colette ou Mathilde étaient peut-être une manière de rejouer la « mise à la porte » de Bobby… ?

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – AMIS – MARC B.

 

(23h27)

 

Appelé Marc B.. Très longue conversation avec lui sur boulot et vie privée.

 

11/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

 

G. : « Vous attendez qu’elle vous dise quelque chose. »

 

Vrai. Il y eut des ruptures déjà (conflits depuis mai 1987) et raccrocs, mais sans paroles de sa part, sans mise au point sur nos rapports (m’évoque le souvenir de la chanson « Juste une mise au point », qui me faisait penser si fort à Mathilde. À l’époque, je la retrouvais dans les accents plaintifs de la chanteuse et cela provoquait en moi une tendresse mêlée d’une certaine pitié (!). Voilà qui a bien changé !

 

Je suis seul, là, ce matin, comme tant d’autres et je m’aperçois que je n’arrive pas à réaliser que le temps passe, que « ça change » ! Que les gens, les situations, changent.

 

Avec Mathilde il y avait une notion de pérennité qui a volé en éclats. Je me retrouve propulsé dans le provisoire, le relatif, le mortel… (René, l’autre jour, ne comprenait pas cela).

À côté de ça, il envisageait bien, lui, qu’on puisse, par amour, accepter de venir au second plan

(alors que cette sensation de pérennité, de certitude, est un sentiment en rapport avec soi-même, une protection qui procède d’un oubli de l’Autre (parce qu’il s’oublie lui-même ?)

Non, là, j’ai l’impression de m’égarer. Je me fourvoie dans cette idée « du second plan » : on peut jouir de l’autre et de soi. (C’était mon idée quand je « complémentais » le coït par la masturbation).

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Ce matin : recherché papier arrangement avec Assedic. J’en ai profité pour ranger et, en, cherchant mes lettres à Mathilde dans le dossier que j’avais fait pour nous deux, je ne les ai pas trouvées !

Je sais bien qu’elle m’a écrit plus que moi (en relisant tous ses mots d’amour, j’avais le cœur serré de regret d’avoir laissé passer un tel amour ! De n’avoir pas répondu plus et plus fort).

Tout de même, il y a tous mes mots des débuts sur les fantasmes, la sexualité, etc.

Les aurait-elle pris ? Je ne le crois pas. Mais alors où est-ce ? C’était bien rangé pourtant !

Ce matin, je n’ai pas le temps, mais ce soir, je fouillerai partout où ça peut être.

 


 (Quelques minutes plus tard)

 

Fouillé dans son tiroir dans son meuble de chevet, les ai toutes retrouvées (je les lui avais donnés à lire). Et il n’y en a tant et j’en ai lu quelques-unes de si tendres et aimantes que j’ai éclaté en sanglots, debout devant le lit sur lequel je les avais étalées, en criant, dans mes larmes : « Mais je l’aimais… Je le lui disais… C’est dingue de voir ça ! »

 

(À la suite, elle avait écrit un mot, que j’ai aussi (et que j’ai cité plus haut dans ce carnet où le précédent : « J’ai aimé me rappeler notre amour passé. Sache que j’aime l’amour que nous vivons et que nous vivrons. »

 


 (Métro)

 

Je m’aperçois du lien entre la recherche des lettres et ce problème du changement des êtres et des vies (comme si je voulais l’annuler en ressuscitant le passé ?)

 

Mais là, maintenant (métro – 9h15), je pense aux voyages de Mathilde et au goût de l’indépendance que ça lui a sûrement donné. Je me vois trop comme toujours coupable. Je lui ai manifesté mon amour et ma violence, mes colères étaient tout de même supportable, même si gênantes, non : il s’agit d’une évolution de son être à elle, un désir de liberté, un goût de la vie, de l’existence auquel elle aurait aimé m’associer, assurément, mais cela n’ayant pas été possible pour des raisons d’argent, elle a profité de l’opportunité offerte par le travail pour satisfaire ce désir.

 

Alors, en moi, le débat est intense : au nom de cette amélioration de moi-même, de cette recherche de la tolérance de l’amour, dois-je accepter cette indépendance ? Mais alors, que signifie un couple ? Où est l’association, l’aide mutuelle, la mise en commun des compétences, comme disait G., toujours clairvoyant et sage… ?

 

De toute façon, elle, là-bas, (interrompu)

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA –  PROJETS

 

(Repris à 14h25. Au montage. Tigre)

 

Ce matin, appelé Alain Gauvreau au sujet « Mort dans l’œil ».

Il trouve le début bien, visuellement, mais déçu par la fin « pirouette ». Ai plaidé. Il doit en parler avec Darbois qui ne l’a pas encore lu.

 


Appelé (failli ne pas le faire) Marie-Claude Guilbert. Je lui répète les propos de Nicole Ricard sur la « collection jeune auteurs ». Elle dit « Mais il faut avoir moins de 40 ans… » Je dis : « 41… » – « Oh, pour une année… »

Elle dit : mais alors j’aimerais mieux « Mélissa »… ! – « Comment, vous l’avez lu ? » – « Mais oui… » – « Oh, alors oui, Marie-Claude, oui, oui !)

 – « Alors il faut aller vite, j’ai une réunion la semaine prochaine avec Bériot sur cette collection. Ce sera la semaine prochaine que ça se décide… »

 

Je dois lui apporter cet après-midi la cassette de « Sibylle » et le scénario…

 


 (17h20)

 

Je sors de son bureau (brasserie près métro Latour-Maubourg).

Elle n’a même pas reconnu le scénario. Me dit l’avoir lu (Capin le lui aurait passé) mais ne se souvient de rien ! Elle se demande même si elle ne confond pas avec un autre réalisateur !

De plus, elle n’a pas la décision ! C’est Capin qui l’a… ! (Il y a cette histoire des 40 ans !)

 

Décidément, on peut considérer que c’est cuit !

 

En définitive les tentatives de promotion de « Mélissa » en direction des boîtes privées comme Cinétévé ou Vamp production restent plus que jamais à l’ordre du jour… !

 

Marie-Claude Guilbert m’appelle lundi. Bof !

 


En plus, appelé CNC pour aide à l’écriture « Homme aux doigts d’or » : niet.

 


Darbois répondra niet. Bref : stagnation.

 

MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

 

« Mon frère, il faut mourir. »

 

3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Au cœur de tout cela, je ne cesse de penser à elle et je me dis que les « réparations » dont j’ai besoin, venant d’elle, elle ne me les accordera pas ! Elle est plus forte que moi, elle préférera se passer de moi plutôt que de changer (je ne dis même pas renoncer à… !) sa vie professionnelle…

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA –  PROJETS

 

Il va falloir que je relance le magazine « Charmes » du Sabre et « M6 aime le Ciné » de Jouando.

 


Pour l’avenir, filons assez stables : « Ensemble » et « Les coulisses » de la mère Cara (mais c’est assez galère !)

 


Ai branché Colette, l’assistante de Dassier, sur le projet « Lune ». Je n’ai pas encore joint Lavoué. Je vais lui proposer de basculer sur TF1 (plus d’écoute… !)

 

VÉCU – CHOSES ENTENDUES

 

Je note l’histoire de sa vie racontée par Madame C. : un homme rejoint De Gaulle pendant la guerre, va avec lui en Palestine, y découvre des Juifs admirables reconstruisant tout et revient en France à la recherche d’une femme juive qu’il découvre en Madame C. née Weissman… !

 

12/12/1987

 

MUSIQUE

 

Radio : musique du film « Robocop ». Très beau (hermannien…)

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

En matière de sentiments, 10 % de négatif l’emportent toujours sur 90 % de positif…

 


Ce matin, c’est particulièrement dur. Paris noyé dans le brouillard, froid vif. Suis allé chercher la voiture de location pour partir demain en repérage à Rouen.

Ce doit être l’imminence de ce départ qui me tend (et m’épuise) à ce point, la venue du moment où elle sera de retour, si près de moi. C’est ce moment que j’appréhende depuis le début, qui me fait si peur et si mal.

L’idée est vraiment entrée en moi qu’elle ne m’aime plus.

Peut-être G. a-t-il raison de dire qu’elle est blessée dans son amour-propre mais, même si cela est vrai (G., à ma connaissance, ne se trompe pas !) peut-être est-ce encore plus grave : peut-être ses blessures l’ont-elles détachée définitivement de moi… Tout le monde ne fonctionne pas de la même façon : moi, ce genre de combats (à nos débuts) m’ont rapproché d’elle (le coup du pétrolier), peut-être qu’elle, c’est différent. Si elle a couché, là-bas, n’ayant pas fait l’amour depuis longtemps et en ayant envie (les occasions étaient sûrement nombreuses), ça aura peut-être été comme Colette m’annonçant qu’elle avait enfin joui (avec Marcel F.), alors qu’elle m’avait bien déjà trompé mais sans qu’il en soit ainsi.

Idem : le pétrolier. Ce n’était pas le pied, d’après ce qu’elle m’avait dit (et encore, je ne sais plus très bien). Je la crois capable de l’avoir fait « » pleinement », cette fois-ci.

Fragilité des attachements sexuels ! (Cf. Colette). Le sentimental prime tout de même sur le sexuel.

 

En tout cas : pas un coup de fil depuis samedi dernier. Pas une réaction à ma « dépression ». Jouissance de la vengeance ? Culpabilité ? Indifférence ? Comment savoir ?

En tout cas, j’avais écrit : « J’espère que tu te portes bien » en bas du mot accompagnant les papiers de huissier que je vais lui envoyer à Ma Vie Bijou, mais je vais le retirer.

Ne s’est pas préoccupée de ma santé, elle (voire mépris !)

 

Je n’ai pas envie de faire le premier pas d’une réconciliation.

 

J’ai décidé d’attendre (à part le mot pour l’huissier, parce qu’il y a urgence), ce qui n’exclut pas – loin de là – qu’après, je négocie…

Mais encore faut-il qu’elle ait envie de négocier…

 


IL EST TERRIBLE, CE SENTIMENT DE NE PLUS ÊTRE AIMÉ À CAUSE DE SOI, À CAUSE DE SA PROPRE AGRESSIVITÉ.

 


Pourtant je me suis dit tout à l’heure, au comptoir d’un bistrot, qu’il y avait moyen de voir les choses autrement :

Certes, il y a eu mon agressivité (je ne peux la nier), mais elle lui a été longtemps supportable (car elle ne l’attaquait pas trop, elle…) et si mon agressivité s’est tournée vers elle et lui ai devenue insupportable, c’est aussi à cause d’elle !

Il n’y a pas que moi en cause dans ce coup-là ! C’est aussi ce qu’elle a fait, comment elle l’a fait et les mots qu’elle a pensés et dits

(pas un vrai couple)

(d’où ma rébellion car, moi, j’ai suivi le chemin inverse : parti de loin, je me suis rapproché d’elle alors qu’elle, partie de tout près, s’en est éloignée…)

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA –  PROJETS

 

À propos « L’homme aux doigts d’or », avant-hier, coup de fil avec Sabine R.-C. qui suggère que la manip réactivant la créativité soit à la fin, comme un point culminant, alors que, là, je la « vends » dès le début… !

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Je me suis dit l’autre jour que, si je l’avais mise dehors d’ici, c’est qu’elle n’y était déjà plus…

 


Les vrais problèmes : les enfants chez les grands-parents – les rentrées le soir à 10/11 h après passage chez parents – les départs en voyage sans laisser de point de chute, en téléphonant une fois (!) en un mois (je ne parle pas de cette dernière fois, mais de celles d’avant) 

Et la sexualité !

Sans compter (ou plutôt en comptant aussi) l’état d’esprit : traduit par des mots d’un poids terrible : « Je ne te dois rien – Je ne suis pas une femme d’intérieur – Je n’ai pas beaucoup de vie personnelle, je n’en ai pas besoin – On ne peut pas réussir à la fois sa vie professionnelle et privée »

 

Et tout ça, ça tient à elle, c’est elle, ça lui appartient, ce n’est pas lié à moi.

 

Non décidément, je n’ai pas à me sentir coupable.

 


Seulement, bien sûr, tout est à refaire et ce ne sera plus jamais pareil, avec une autre !

 

Pourquoi faut-il quitter quelqu’un qu’on aime ?

Mais on ne peut pas non plus tout accepter (c’est G. qui le dit lui-même !)

 


Il va falloir me débrouiller tout seul.

 

Ça lui est tellement plus facile qu’à moi !

En un sens, quoique jaloux, je suis admiratif devant sa capacité à voyager ainsi seule, absolument seule, à traiter des affaires, constituer une collection à bon prix et de bon goût !

Je lui ai d’ailleurs dit (qu’elle était bien, sa dernière collection…)

 

 Ça m’amène à penser à ma faiblesse à côté de sa force (d’autant plus que la télé allumée pendant que j’écris diffuse des images de soldats israéliens tirant sur des manifestants dans les territoires occupés).

 

Force des Juifs.

Et moi, le Sicilien ?

Je n’ai pas assez confiance en mes forces.

(G. : « Vous êtes liés par vos faiblesses et non par vos compétences ».)

 


Ah oui, voilà ! Je cherchais une idée importante, une comparaison, pour un argument à lui dire, si je discute avec elle, à propos des voyages, du fait qu’elle n’appelait pas : n’a-t-elle pas été en colère contre les enfants, elle, parce qu’ils ne lui ont pas écrit pendant les vacances avec leur père… ? ! !

Elle a eu le sentiment d’être oubliée et elle en a souffert, elle leur en a voulu (c’est moi qui ai gueulé, cela dit, qui leur ai passé un savon et je réalise aujourd’hui que c’est parce que je me retrouvais en elle, que je comprenais ses sentiments… !)

 


Je pense que je serais d’une certaine façon désarçonné si nous nous remettions ensemble (parce que j’avais enfourché mon cheval de bataille ?) et que je me suis préparé à cette rupture, que j’y baigne, comme dans une atmosphère de mort et de désolation : toujours ce goût de la mort.

Je repense à ma question naïve à G. l’autre jour (je ne sais plus ce qui l’a amenée) : « Mais on ne peut pas jouir de la vie avant de mourir ? »

 – « C’est permis… » a-t-il répondu.

 


À propos de la « dépression » dont j’ai parlé au téléphone, sa réaction rejoint peut-être le « manque de tonus » dont elle m’a accusé (pour le sexe et les voyages) (Ce qui renforce ma conviction qu’elle a joint sexe et voyage cette fois-ci…)

 


Elle me l’avait dit le 19/06 et le 10/07 : fait l’amour le plus longtemps (deux fois le soir et une fois le lendemain matin)  Elle : « Je te sens plus puissant… »  Pour rechercher ces notes, j’ai relu carnets y compris pages que je n’avais pas marquées (en effet : oublis…)  elle a eu besoin de ma puissance et ne l’a plus trouvée.

 

Ce qui m’a frappé, c’est la multiplicité de ses gestes et de ses mots d’amour.

 

Aujourd’hui, l’amour est mort !

 

LECTURE – MORT – RÉFLEXION

 

Lire « La source noire » par Patrice Van Erseel (éditions Grasset)

(Révélations aux portes de la mort).

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Je viens de lire article Marie Muller (dans Nouvel Observateur) sur Thierry Paulin, l’assassin de vieilles dames, avec cet épisode où il lui reprend son album de photos : « Tu ne m’aimes pas. Tu n’auras aucun souvenir de moi. »

!

!

Terrible, ces gens qui font tout pour croire qu’on ne les aime pas.

J’en fais partie : le rapprochement avec ce type me fait frémir.

Il est vrai que G. m’a montré que je prenais souvent les choses comme des catastrophes.

Et pourtant, comme je viens de l’écrire : que de mots d’amour de la part de Mathilde.

Mais il y a les miens aussi ! Ils ne sont pas sur ces carnets, mais sur tous les billets que je lui ai laissés, les lettres que je lui ai écrites (et les phrases que j’ai moi-même oublié).

C’est drôle : elle qui m’a sans doute mieux et plus aimé que je ne l’ai fait n’a certainement pas autant pensé à nous est écrit dessus que je l’ai fait sur ce carnet depuis le 13 novembre

(Le véritable amour ne se dit pas en mots mais en actes ?)

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(17h10)

 

Suis sorti. Faire des courses (pharmacie pour enrayer crève commençante – Prisunic pour sous-vêtements chauds, bonnet et écharpe en vue tournage) et, au moment de poster la lettre à Mathilde avec le commandement d’huissier, j’ai rajouté – au dernier moment, écrivant sur le toit d’une voiture – le « J’espère que tu te portes bien… »

 


 (18 h)

 

Je regarde la télé : champion du monde de planche à voile. Je repense à la Grèce où elle faisait de la planche avec l’autre fille… et moi, je m’étais fait tellement mal au genou en essayant que j’avais arrêté… Corps grippé, bloqué. Peur. Peu d’activité. Repli sur moi.

Voilà ce qu’elle s’est mise à voir en moi et qu’elle n’aime pas, elle qui n’a peur de rien et qui aime agir…

 


Sentiment de honte en moi. D’infériorité.

 


 (18h30)

 

Suite de ce genre de sentiments, alors là avec magazine de l’armée de l’air sur formation du pilote de combat. Je n’arrête pas de visualiser Mathilde avec un « autre » homme, plus fort que moi.

 


Toutes ces images d’avion (le Rafale) d’envol, de vol, me font penser à elle, qui n’aura pas cessé de décoller et d’atterrir pendant tout ce mois…

 

Non vraiment : elle m’a échappé. J’en suis certain. Il faut renoncer. Mais je ne pourrai pas renoncer comme dit G.. Je ne pourrais pas accepter son indépendance.

(Bien que je ne sois pas sûr que ce soit ça qu’il a dit. Il a bien parlé de « couple à la fois lié et indépendant… » et signalé que ce n’était pas viable, que nous étions liés par nos faiblesses et non par nos compétences.

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – MORT

 

Je vois de démentielles images de sophistication technologique (visée de nuit ou par temps bouché comme en plein jour…), tout ça au service de la mort !

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

« Chéri, j’ai besoin de toi… ! » : c’est plus le genre de la maison !

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

À noter : une notion importante en ce moment pour moi : sentiment de castration (se traduisant par moins de plaisir dans la masturbation et même un rejet du Sex-shop) (exemple : je zappe et tombe sur une image d’un mec d’une cinquantaine d’années entourées de deux blondes en maillot de bain. Je me dis : impossible pour moi (je n’ai pas le fric ni le physique ni le psychique) mais possible pour elle d’être courtisée (plus que possible : certain !) 

Ça devient obsessionnel. Encore un truc dont je vais avoir un mal fou à sortir ! Et, cette fois-ci, pas de Mathilde pour me sortir de Colette, pour me sortir de Mathilde je n’aurai que moi (et, en écrivant ça, une étrange joie (oh, un embryon de joie, disons) m’envahit, à cette idée de ne devoir mon salut qu’à moi-même (certes, je reprendrai l’analyse, mais l’énergie est en moi, pas en G.). 

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Tout me ramène à elle (et me met en position d’infériorité) : j’ai apporté la télé dans la chambre. Je zappe car rien ne me retient et je me dis qu’elle ne regardait pas la télé, ou presque pas : elle avait mieux à faire. (J’exagère : c’est arrivé. Oui : je suis entré en phase d’exagération).

 


Je relisais, tout à l’heure : « Qui tu es, toi, pour me commander ? »

 

Je ne suis personne.

Mais elle fera ses voyages, ne vivra plus avec moi.

Je ne l’accepterai pas.

Ma tolérance ne va pas jusque-là. Tant pis pour moi si je ne suis pas meilleur que je ne suis.

 

De toute façon, « elle a choisi » depuis belle lurette.

Je ferais vraiment mieux, mais alors sérieusement mieux, d’arrêter d’écrire sur elle et même d’y penser.

 

Je suis bien certain qu’elle, elle ne pense pas à moi. En tout cas pas autant.

 

VÉCU – CINÉMA

 

Télé. JT

Reportage sur la version US de « Trois hommes et un couffin ». On savait que ce ne serait pas les mêmes acteurs, mais ce n’est même pas Coline Serreau qui réalise. Texte du présentateur : « C’est tant pis pour Coline Serreau qui n’a pas su (ou pas voulu ? Je ne sais plus. Oubli intéressant !) se plier aux méthodes de travail américaines et a été mise sur la touche. »

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – TÉLÉVISION – CINÉMA –  PROJETS

 

(13h12 – Rouen – chambre d’hôtel)

 

Je tiens debout, travaille (?) tant bien que mal.

J’ai choisi le silence.

 

À ce jeu-là, elle sera plus forte que moi, c’est certain. En tout cas, elle ne craquera pas. (Si elle ne l’a pas fait, seule, à des milliers de kilomètres, pendant tout un mois (il y a un mois aujourd’hui qu’elle est partie), elle ne le fera plus désormais.

En rentrant, au contraire, elle retrouvera la chaleur familiale et la ruche du travail.

Moi : out !

Donc, il faudrait que je la récupère, en parlant, en m’expliquant, en reconnaissant mes torts, les blessures que je lui ai infligées et en essayant de négocier tout en préservant ce qui me paraît indispensable pour qu’un couple existe : qu’elle ait envie d’une vie de famille et lui accorde au moins autant l’importance que son travail.

Mais je suis, au fond de moi, intimement persuadé qu’il n’en est (plus) rien et que nos destins se sont désormais séparés.

 

La difficulté est désormais pour moi (pas pour elle, car c’est déjà fait, par sa famille, par son travail) de me réorganiser.

Et de retrouver goût au monde, alors que je le trouve gris, triste, ennuyeux et fade, car je suis en état de manque d’enthousiasme.

 

C’est une remise en cause totale, qui me confronte à la mort, car je n’ai plus de croyance, je l’avais déjà noté : c’est l’absurde.

 

Alors, je pense à des gens comme elle (pas seulement elle) qui remplissent le vide de l’absurde par leur activité.

Ils se démerdent pour être en prise sur quelque chose, pour faire bouger quelque chose.

 

Ma seule issue, je crois, pour l’immédiat : « Melissa », cette histoire ancienne et toujours d’actualité, de plus en plus, même. De plus en plus moderne.

 

Mais là aussi : se préparer à l’échec éventuel, à recommencer plein de fois.

 

Je n’ai pas eu 19 briques d’indemnité de rupture de contrat, moi !

 

Je n’ai que moi, que l’énergie en moi, qu’il faut que je racle, que je ramasse du bout des doigts pour en faire une boule chaude et lumineuse, un noyau de puissance… !

 

VÉCU – TÉLÉVISION – ÉLISE LUCET –  PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(22h55 – retour à l’hôtel)

 

Après dîner dans resto couscous vieux Rouen avec Abdel et Ahmid (?), éducateur pour adolescentes « cas sociales », qui a dit des choses fort intéressantes à entendre pour moi qui vont dans « le » sens que je commence à connaître (pourquoi noter ici des « formules », alors que je connais bien le sens général).

 

Ce que je veux noter, c’est la prise de conscience en moi que c’est à moi d’agir et à moi seul qu’il appartient de faire avancer ma situation, si je ne veux plus me contenter de subir.

 


Demain lundi : repérages. Ne pas oublier d’appeler

1/ Lavoué

2/ B. pour Verhaeghe et F. Servan-Schreiber (il faudra continuer là…)

3/ Répondeur (après-midi) pour message Guilbert, mais alors là, je n’y crois pas du tout.

 


Je repense aux paroles d’Ahmid et d’Élise tout à l’heure à propos de la vie où rien n’est définitif, ce qui fait que la vie est fantastique.

 

J’ai beaucoup de mal, moi, à renoncer au définitif et si j’ai voulu faire des films « fantastiques », c’est peut-être que je ne trouvais pas la vie « fantastique ».

 


Je m’aperçois que sur ces carnets, depuis l’origine, il y a 95 % des notes qui me sont consacrées à moi, moi, moi, toujours moi. Je commence en avoir marre et à avoir envie de m’ouvrir un peu aux autres, au foisonnement de la vie (et, en même temps, en écrivant ça, j’ai un peu peur… !)

 

14/12/1987

 

(Lundi)

 

Élisabeth (une fille chez qui nous avions tourné, je ne sais plus pourquoi) :

« Au cœur du problème

Cardiaques s’abstenir.

Que devons-nous faire

quand la veine nous abandonne ? »

(elle ne veut pas aller vivre en Tunisie car « elle ne veut pas être dominée »).

 

et

 

(sa sœur)

« Quand tu tiens la main d’un homme fidèle à ses promesses

ne la lâche plus une fois que tu as fait l’expérience de sa fidélité, car c’est une qualité que l’on rencontre rarement chez les hommes ».

 

Commentaire du 12 janvier 2019 :

 

J’étais impressionné par l’optimisme d’Ahmid et d’Élise, leur ouverture au monde et à la vie, mais n’étais-je pas moi aussi ouvert et, d’une certaine façon, optimiste, moi qui notais scrupuleusement les paroles d’êtres inconnus pour qui je n’étais rien ? Toujours mon auto-dévalorisation…

 

 – Commentaire écrit à 72 ans

 


 (1h20)

 

Ce midi, discuté avec Élise au déjeuner.

 

J’ai enfin compris quelque chose (d’abord grâce à G. (« Vous croyez que tout comprendre, c’est tout accepter »), puis grâce à elle : « Tu as beau savoir que c’est par amour qu’on te fout des claques, les claques, ça fait mal ! » et aussi (alors que je disais que je jouais le jeu de me barrer, mais que c’était parfois moi qui revenais…) : « Oui, mais c’est toi qui te barrais tout le temps ! »

 

Compris aussi que tous les mots, les gestes d’amour que l’on fait à côté de ça ne compensent pas ce mal qu’on a fait. (C’est ce que j’écrivais le 12/12 : « 10 % de négatifs l’emporteront toujours sur 90 % de positif » (ça dépend quel négatif aussi, car moi j’ai toujours tendance à me culpabiliser. Alors, entre la culpabilisation imaginaire et la culpabilité réelle, je dois trouver un juste milieu).

 


Aujourd’hui, Marie-Claude Guilbert d’Antenne 2 devait me rappeler : elle ne l’a pas fait…

 

D’autre part eu Marc B. au téléphone : Ockrent a tout annulé de ce qu’ils avaient fait (sauf les clips qu’elle n’a pas vus) et ce serait Dominique Cantien qui reprendrait l’émission 

Incroyable ! (mais vrai)

 

15/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TRAVAIL – TÉLÉVISION

 

(10h30. Chambre d’hôtel. J’attends l’équipe tournage.)

 

Ce matin : réveillé tôt, comme d’habitude.

Ce qui est notable, c’est le contraste, très fort désormais, entre la sensation agréable de mes rêves (dont je ne me souviens d’ailleurs pas) et la réalité que je retrouve au réveil.

Premiers moments dans le lit : bien. Masturbation (je me masturbe de moins en moins : perçu de plus en plus comme un ersatz !)

(Fait quelques mouvements de gym  fatigue ! Quel chemin à faire ! J’ai l’intention de m’inscrire en salle de gym (?) ou alors d’en faire seul. En salle, je ne serai pas seul.)

Puis sorti, allé à la banque (hier, ai voulu payer le loyer et je n’avais pas calculé ce que j’avais  obligé 1/ de prendre toute la régie 2/ d’emprunter à Élise, qui était avec moi. Donc, ce matin : banque pour qu’ils appellent Paris pour me faire un chèque de caisse.

 

Oui, après ça, sorti  banque. Angoisse de mort. Sentiment de mort. J’avais oublié la mort. Car retrouvé un bref instant ma « puissance ».

 

Mon problème : castration = mort

Mathilde a vu sa féminité mise en doute par ça. Blessure narcissique.

 


J’en suis encore à attendre coup de fil Marie-Claude Guilbert… (interrogé hier soir et ce matin).

 


Hier soir avec maghrébins de la radio  bouffé puis taverne : parties d’échecs que j’ai gagnée  tout fier (plus, avant : dictée Pivot : 4 fautes seulement : tout fier !)

Besoin de gratifications narcissiques.

 

Sentiment d’impuissance, de castration, de mort.

 

16/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TRAVAIL – TÉLÉVISION

 

(0h20. Hôtel. Chambre.)

 

Rentré à l’instant de la taverne, à nouveau.

À nouveau : échecs.

Après repas : effusion – discussion (larmes, de moi, de Gérard, l’assistant OPV = très émouvant !

Puis on se retrouve seul, dans sa chambre d’hôtel.

Mathilde, je t’aime !

 


Et pourtant, j’ai écrit aussi : « Je t’aime » à Colette, mais les conneries sont faites. Il est trop tard.

 


Tournage chez Laurent… « ? », musicien. Parlé de la musique orientale  musique hindoue. Quarts de ton # demi-tons dans la nôtre…

 

Journées mouvementées, harassantes.

Moments terribles.

Je dis à Dominique M. mon angoisse. Il l’ignore (me dit qu’il fait ainsi pour les siennes).

Ainsi fait-elle, elle, la forte.

La vitale. L’énergétique. L’amoureuse de la vie.

 

Aujourd’hui : aimer la vie, serait la trahir !

 

Mon amour, si tu savais combien je t’aime… !

 


Alcool. Taverne, enfumée. Je ne savais pas, n’avais pas été dans de tels endroits…

 


Et toi, tu t’es tapé toute l’Asie… et des mecs aussi ? (ça rime !)

 


C’est dur, c’est dur !

 

Suis un minable ?

J’arrive à 41 ans et me dis que je ne sais rien… ! Je ne savais pas que Pythagore avait découvert l’octave (universel) il y a 2200 ans et qu’un bébé qui gazouille émet des octaves… !

 

17/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(Matin – hôtel, couché)

 

Mal au ventre.

Ce qui domine en moi, c’est la honte d’avoir été agressif au point d’avoir été rejeté (et de ne pas avoir été rattrapé) : G. – Mathilde – Zyf, etc.

 

Le plus dur, c’est ça, c’est de me dire que je suis responsable de ma souffrance.

 

Bête et méchant.

 


Ce matin, clairement : comment me regretterait elle ? Puisque, peu à peu, l’image de moi que j’ai créée est celle d’un mec agressif, hargneux, vindicatif, ne la valorisant pas… ?

 


Avant, quelqu’un (elle) me donnait de la valeur.

 

Aujourd’hui, je ne peux plus compter que pour sur moi (et « pour moi », en effet, le lapsus est exact).

 

Et maintenant je sais que je vais mourir.

 

Ce qui me fait peur et mal, c’est de me dire que, par nature, génétiquement, je suis « programmé » pour l’angoisse et qu’elle ne finira pas jusqu’à ma mort…

J’espère encore que non (je compte sur l’analyse).

Je pense à la psychanalyse et à son invention par Freud et aux générations précédentes, qui n’ont pas disposé de sa (ni de la médecine moderne, ni de la science moderne, la technologie, etc.)

 

Ils ont vécu et ils sont morts.

On invente pour vivre mieux.

Banal de dire qu’il y a un progrès, mais je le perçois bien…

 


Je m’astreins à faire de la gym dans ma chambre, mais je m’essouffle si vite !

Impression de mort…

 


 (23h10)

 

Mais ne regrette pas, Roberto : elle partait cinq semaines sans téléphoner… !

Elle avait envie d’indépendance.

 

C’est normal que ça t’ait rendu dingue… !

 

Et elle n’a pas craqué, en cinq semaines, seule, loin de tous… !

 

C’est fini. Sache le.

C’est comme avec Marie-Claude Guilbert. Je le savais.

 

Mais j’ai eu Fabienne Servan-Schreiber directement, par hasard… ! Je dois la rappeler en janvier (mais je rappellerai Françoise Langlès, actuellement malade, avant) (idem Colette, l’assistante Dassier, pour le projet Lune…)

 

18/12/1987

 

(3h30)

 

Voilà : « la » journée s’est passée (la journée de son retour)… Ai interrogé le répondeur, en soirée. Inutilement, bien sûr…

 

Journée de tournage pas plus intolérable que les précédentes. Je m’asseyais juste plus souvent, étais plus souvent « hors du coup ».

Sans intérêt.

Allés dîner (restaurant asiatique ! Humour… ?)

Assis à côté de Gérard, l’assistant OPV, également auteur. Parlé. Un moment, je dis moi-même (crétin !) que j’ai tendance à me fabriquer mes propres angoisses.

Il me parle de « débordements » de moi-même qui sont coutumiers chez lui, mais qu’il réserve à ses proches (femmes et enfants)

 

Moi, je n’ai pas de proches… ! Plus…

 

19/12/1987

 

(3h45)

 

Voilà (la note précédente) qui aura trouvé un prolongement dans un conflit (conflit parce que saoul : attention à l’alcool !) à propos des horaires (ils sont payés – les techniciens – à la journée sans heures supplémentaires, mais ce n’est pas un forfait  conflit sur le retour (« in » ou « off » journées de tournage). Gérard dit que je ne « maîtrise pas » = terme symbolique

 

Assez !

 


Suzy, la congolaise de Brazzaville, aurait pu…

Mais…

alors je suis rentré et je suis bourré !

 


Kassy (un des maghrébins de la radio communautaire où l’on tournait) : « Il ne faut pas se montrer faible. Les gens n’aiment pas… Il faut mentir… »

Comment se fait-il que je ne sache pas ?

 

Melana (idem) : « Normalement, une analyse, en cinq ans, c’est réglé ! »

 

Moi, j’ai ce « privilège » d’avoir réussi à rendre mon analyste furieux !

 

(Gérard : « Je m’en doutais un peu… » (de quoi ? que je pouvais interpréter (leur volonté de limiter la casse horaire… ») : ça remonte de loin : L.-H. = « interprétant » (il parlait des « interprétants »…)

 

24/12/1987

 

(Soir de Noël)

 

Je n’ai pas noté, à la date du 20, une crise de larmes comme je n’en ai jamais eu, je crois.

Obligé de sortir du restaurant où nous déjeunions (à Elbeuf) pour aller pleurer dans la voiture.

Crié, hurlé, autant que pleuré.

Hurlé sur l’existence.

 

Et ce soir j’écris dans le train, attendant le départ, Gare de Lyon, pour aller « réveillonner » chez René, refaisant en sens inverse le trajet au cours duquel j’avais décidé de vivre avec Mathilde en fin 83.

 

!!!

 

(Et, de plus, noté que je passerai par Bois-le-Roi, lieu de son passé, je devrais dire de son premier passé, car je suis, moi, désormais, le second…)

 


Je note moins. Je « m’apaise » (25 guillemets…) Je n’ai plus pleuré depuis le 20.

J’ai moins besoin d’» en » parler.

Analyser, également : ce besoin de parler de mes problèmes à des gens, des inconnus ou presque, parfois…

 


Seul, désormais, face à moi-même, obligé de ne compter que sur moi, je regarde l’avenir.

 

J’en ai vraiment assez d’avoir des problèmes d’argent.

 

Je pense à reprendre mon analyse car j’entrevois un lien entre : colère – manque d’argent – castration.

 

Mais je ne peux élucider cela tout seul.

 

Seulement : analyse = chère ! = Reprendre avec G. et avec lui justement, car il faut analyser cette rupture, qui renvoie aux autres, à toutes les autres, y compris l’actuelle, la douloureuse (on dit ça d’une note à payer… »

 


Marguerite Yourcenar : « C’est un fait que les morts les plus chers, au bout de quelques mois, seraient, s’ils revenaient, des intrus dans l’existence des vivants. »

 

25/12/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

 

(22h20 – chambre d’une des petites de René que j’occupe)

 

Noël est passé. Je suis resté dormir ici encore ce soir.

 

C’est drôle de se retrouver au même endroit qu’il y a quatre ans, lorsque j’hésitai à vivre avec Mathilde.

 

Je me rappelle de la peur de la vie que j’éprouvais alors.

J’ai choisi de vivre avec Mathilde comme un rassurement… Quelle évolution !

 

J’essaye, malgré le chagrin, la mélancolie et les regrets, de le prendre d’une façon positive.

 

Cette solitude de l’être humain et cette fatalité de la mort, il faut bien que je les… affronte ? accepte ? que je les vive, en tout cas…

 

Voilà une période, Noël, les fins d’année, les changements d’année, qui aura chaque fois marqué mes ruptures :

Avec Jocelyne : début janvier 78 – avec Colette : un peu avant Noël 82 et cette année (quoique la « mise à la porte » date du 12 novembre, mais, grosso modo, c’est une fin d’année…)

 


Tout à l’heure, j’étais assis sur le canapé, en bas. René était près de moi. C’était un des moments les plus pénibles depuis que je suis arrivé ici : je retrouvais mon chagrin, ma mélancolie, mon envie de pleurer. J’ai posé ma main sur son épaule. Il s’est retourné, m’a regardé, presque surpris, en tout cas sans un sourire, sans une réponse.

 

Il est clair qu’il me faut me débrouiller tout seul.

 

De plus, je suis persuadé qu’elle, elle le fait. Elle ne parle à personne de ses problèmes. Elle est digne et forte.

 

Je dois être ainsi. J’en ai assez d’être faible.

 

Bon, j’ai pleuré devant les gens, je leur ai raconté mon histoire, pendant un mois, maintenant, ça suffit !

 

26/12/1987 

 

VÉCU – MA MÈRE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

(19h25)

 

Retour de Veneux avec Maman.

Je pensais revenir seul et me remémorer, une fois de plus, ce voyage d’il y a quatre ans.

 

En définitive, j’ai eu avec maman une « explication » où j’ai expliqué mon agressivité par la sienne.

Elle a dit qu’elle ne levait pas la voix. J’ai parlé de dureté plus grande qu’avec des cris.

Elle a reconnu et dit qu’elle se l’était forgée à la mort de Nini, après avoir envisagé de se supprimer.

 

C’est bête à dire, mais je comprends mieux ma dureté envers les femmes (et ma peur d’elle). Ça a l’air banal de dire que ça se joue par rapport à Maman

 

(Interruption : elle me téléphone, me dit que René m’a trouvé «Très bien, très gai » et elle : « Il n’y a qu’avec moi qu’il est comme ça… » ! ! Évidemment qu’il n’y a qu’avec elle, je n’ai qu’elle comme mère… ! Et elle me dit qu’il faut « prendre sur soi »).

 

C’est dur d’avoir une mère qui a perdu un fils !

 


Contradiction entre ma dureté et ma tendresse…

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Deux idées de ces derniers jours :

1/ Une figue (le fruit) couverte de poils…

2/ On peut dire d’un homme qui est attiré à la fois par la vie avec une femme et avec plusieurs, qu’il est… « mono-polygame »… NON

 

29/12/1987

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(23h32)

 

Voilà : on est mardi.

Elle est venue ici dimanche soir et je ne réussis toujours pas à écrire un seul mot sur ce que nous nous sommes dit !

Trop de choses. Trop denses, trop fortes.

 

Et puis j’y pense, je ne cesse d’y penser, de me former un jugement, d’avoir une réaction.

 

Je n’en ai pas encore vraiment.

Il y en a bien sûr de nombreuses, mais trop ou pas assez pour en faire une !

 

VÉCU – TRAVAIL – TÉLÉVISION – PROJETS

 

Je me concentre sur mon travail (heureusement, j’en ai) : « Super sexy » avec G., projets à proposer aux gens de « Charme » qui désirent travailler avec moi, collaboration bien engagée avec « Ensemble » + à suivre : l’émission de Jouando sur la Six… et autres (exploiter les clips pour Dassier).

Je ne sais pas si je l’ai déjà écrit sur ce carnet, mais je me suis dit que je pouvais proposer « Mélissa » comme le « pilote » d’une série ou plutôt d’une « collection » intitulée « Les tyrans ». Il y a quantité de possibilités d’exploiter des personnages tyranniques, qui le sont de façons les plus diverses…

 

31/12/1987

 

VÉCU – TÉLÉVISION – VIE CULTURELLE 

 

Je lis dans l’Événement du jeudi un salutaire article de l’élégant Jérôme G.,, une véritable cri dont je n’aurais pas cru capable cet apparent mondain (Robert, encore une erreur à ton passif !) Je le cite (et ça fait du bien) : « 1987 semble avoir tué les ultimes défenses immunitaires d’un public bon enfant qui, par son silence blasé, cautionne l’aseptisation des images, le cumul des postes essentiels, l’incroyable légèreté de la politique culturelle, la vacuité des débats de fond, la médiatisation des nuls, la mise au placard des bons, l’agonie des grandes idées et la banalisation des concepts. On ne juge pas seulement la richesse de la vie culturelle en fonction de ce qu’elle propose en vitrine, mais aussi à l’aune de l’esprit de résistance qu’elle fomente insidieusement et fertilement. Rien qu’à cet égard, 1987 aura été une année pauvre. »

 

1988

 

01/01/1988

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TRAVAIL – TÉLÉVISION 

 

(17h20)

 

Émission Ockrent : Fabienne Thibault chante en direct de Boston : « Les uns contre les autres » !

Fou de voir ressurgir ainsi cet avertissement, 10 ans après, en un moment de rupture. C’est pour moi un moment si fort et si douloureux que je ne peux éviter de l’inscrire ici.

 

05/01/1988

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Récapitulatif des derniers jours :

 

Mathilde revenue (pour la première fois depuis son retour), le dimanche 27, en fin d’après-midi.

Discussion.

Entre 27 et 31 : discussion au téléphone où je me défends.

31 décembre : je reste seul à la maison pour le Nouvel an. Elle m’appelle mais ne veut pas sortir avec moi.

Elle me rappelle plus tard : me propose de venir à Montreuil. Je refuse car ce n’est pas demandé « avec amour ». Lui dis de ne plus m’appeler sauf si « mots d’amour ».

Samedi 2 : elle propose à Zelda de venir avec elle, mais la petite ne peut pas. Elle vient seule : elle n’a guère de temps car il y a Mickaël à aller chercher au retour de colonie de vacances. « Alors faisons l’amour » dit-elle. On le fait (trois fois) dans la fièvre. Le soir, elle m’appelle, me passe les petits. Je leur dis que je les aime. Dis à Zelda qu’elle peut me voir quand elle veut. « En tout cas pas demain… » dit-elle (ils vont chez leur père, Mathilde est invitée aussi).

Dimanche soir, elle m’appelle. Me dit que son ex-mari lui a annoncé qu’il avait un cancer de la gorge ! Et il n’a pas de Sécu. Elle va l’aider…

 

Lundi soir : elle m’appelle (chaque fois, je ne sors pas, attendant ses appels). Ulcérée par journée « noire » (Zelda malade, elle n’a pas pu s’en occuper).

Moi très amoureux, très gentil avec elle. Lui dis de se reposer, de dormir. Elle : « Tu me manques ! » Je salue cela ! !

Ce matin, vers 9h : elle passe à la maison. Je suis très mal (pris trois comprimés de Laroxyl : ne me réussit pas du tout !)

 

12h30 : je rapporte répondeur. L’appelle : occupé (trois fois).

J’y vais. Lui propose déjeuner ensemble. Pour la première fois, elle interrompt un truc qu’elle faisait : « Je le ferai plus tard. » Je salue cet événement. (« C’est la première fois ! »)

On sort. Rencontre Lesec. Elle avait oublié qu’elle avait rendez-vous avec lui. Elle dit à Lesec qu’elle va déjeuner avec moi, qu’il attende ! ! L’autre lui fait comprendre qu’il n’a guère de temps. Je m’en vais. On en est là

(ne pas oublier d’écrire que je l’ai appelée à Ma Vie Bijou pour lui faire des reproches

 


VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(23 h 09)

 

Voilà : elle vient de me rappeler. Je l’avais appelé et l’avais « dérangée » (il y avait les enfants). Elle m’a rappelé pour rompre définitivement. Elle ne peut pas changer pour être comme je veux et préfère me le dire.

Me dit qu’elle est mal et se replie sur elle-même.

Lui ai dit que ce n’est pas ce que je voulais, que je voulais, au contraire, que ça la fasse venir vers moi. Ça a raté.

Je l’avais senti, de toute façon. Dès le début. C’est pourquoi j’ai tant souffert : parce que je sentais que c’était mort.

 

06/01/1988

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – MUSIQUE – CHANSON – BEATLES -TRAVAIL – TÉLÉVISION – MUSIQUE – AMIS – GRECO C.

 

Les « avertissements » et autres « signes » se succèdent : là, c’est « Let it be » repris par une pléiade de chanteurs. Me rappelle Gros Chat me parlant de ce disque comme signifiant la fin des Beatles, une fin vécue dans l’acceptation (c’est incroyable, ils sont au moins 60 à chanter !)

 

C’est à moi-même que je dis « Let it be ».

 


Déjeuné ce midi avec Greco C..

Cette fois-ci, c’est lui qui est mal (je veux dire : lui aussi !) Lui aussi se demande s’ils ne va pas arrêter le métier. Lui, il pense à ouvrir un garage automobile !

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME –  3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – JUDAÏSME – TALMUD

 

Je me rebranche, me relie aux autres, lentement.

Se refaire une nouvelle vie, un nouveau rythme (plus rapide, plus rempli).

Mais que c’est dur, parfois, les souvenirs qui remontent !

Se dire que « c’est la vie », comme elle a dit.

Nous sommes restés dignes, tous les deux : c’est l’essentiel.

 


Le Talmud :

« Si je ne prends pas soin de moi, qui prendra soin de moi ?

Et si je ne prends soin que de moi, suis-je encore moi ? »

 

VÉCU – MON FRÈRE RENÉ

 

(22h48)

 

Dîné avec René que j’avais appelé, dans une pizzeria près du métro Pelleport. Moment sympathique entre nous. Mais affreux borborygmes dans mon estomac déshabitué de la pizza !

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME –  3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Au mur il y avait une photo du Rialto ! (Souvenir du voyage à Venise avec Mathilde)

 


Finalement je médite sur ce moment, dans l’amour, ou l’on ne peut plus ne plus faire des reproches à l’Autre

 

C’est le début de la fin.

(Me fait repenser à la chanson d’Eddy Mitchell qu’elle j’écoutais avec délice, pauvre idiot inconscient et immature !)

 

« Oui, c’est le début de la fin

d’un amour qui s’éteint…

etc. »

 

07/01/1988

 

VÉCU – MUSIQUE – BRAHMS

 

Écouté le 3ème mouvement de la Symphonie N°3 de Brahms. Très « musique de film ».

 

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