Carnet 43

Carnet 43 – Du 28 août 1987 au 4 novembre 1987

 

28/08/1987

 

CARNETS

 

Carnet précédent fini : mois d’août  papeteries fermées.

Il a fallu attendre pour trouver celui-ci.

Voulais écrire des choses… Quoi ? Oublié !

 

VÉCU – CINÉMA – AMIS – ÉDITH C.

 

Aujourd’hui discussion déjeuner avec Édith C..

On parle de la nécessité de mettre de l’émotion dans les films. Mais il faut, pour cela, aimer ses personnages. Je lui dis que je ne peux plus car je suis devenu méchant.

– « Je ne suis peut-être pas fait pour faire des films »  dis-je.

– « Non. Tu vas te poser des questions. Il n’est pas trop tard pour faire des films… »

 

VÉCU – TÉLÉVISION

 

Coup de fil avec Gallot (successeur de Bouthier sur A2)  idée (pour thème « cadeaux ») : cadeau = des actions ! Cadeau problématique. Comment les gérer lorsqu’on ne sait pas. Conseils contradictoires. Impossible faire autre chose  elle les revend !

 

29/08/1987

 

ÉCRITURE 

 

(à la place de « Ah ! Bordel… ! »)  « Ah ! Derbol… ! »

 Peut-être que « Ah ! Bolder… » serait plus « signifiant » ?

 

02/09/1987

 

VÉCU – CARNETS

 

Je me retrouve seul avec mon carnet.

J’aime assez.

 

03/09/1987

 

ÉCRITURE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987) – FEMMES

 

On pourrait résumer l’évolution effectuée chez moi grâce à l’analyse de la façon suivante : « Vous croyez que les femmes n’ont pas de désirs… » me disait G.. Aujourd’hui je sais qu’elles n’ont pas de désirs… pour moi !

 

VÉCU – TÉLÉVISION  – AMIS – GILLES D.

 

Ce dernier séjour, à Dijon : montage avec un beau blond aux yeux bleus comme monteur. Pas vraiment au point, encore en formation. Forcément, il avait fait plein d’autres choses avant, je ne sais plus quoi exactement, notamment séjour en Amérique du Sud. Le genre pas vraiment baroudeur, mais « ayant vécu » et « s’étant engagé » (il a flirté avec la politique).

Frappé par le détachement de ce type vis-à-vis d’un métier auquel je me suis, moi, totalement consacré !

Question de l’aisance.

Important : le physique, la belle gueule.

Un moment, il me dit : « Ça ne t’est jamais arrivé qu’une fille veuille sortir avec toi parce que tu lui faisais penser à quelqu’un… ? »

Je lui ai répondu : « Moi, jamais une fille ne m’a dit : je veux sortir avec toi, pour aucune raison… ! »

Rire. « Tu n’as pas eu de chance, alors… ? »

 

 Rapport de forces, tu reviens toujours et je n’ai jamais su m’armer pour être préparé à toi !

 

(Confirmation : Mathilde me raconte hier soir rapport avec une cliente ne cessant de lui dire : « C’est pas les fournisseurs qui manquent ! » Et Mathilde de répondre : « Est-ce que les chapeaux que vous aviez acheté l’an dernier (chez d’autres) ont marché ? Non ? Alors, vous voyez bien ! »

Et tout ça avec le sourire, comme dit Mathilde.

 

Je crois que la seule clef, pour moi, c’est :

 

Avoir conscience de ma valeur, la maintenir envers et contre tout, en toute circonstance, quelque soit l’attitude de l’interlocuteur, quelles que soient ses rodomontades ou son indifférence.

 

Rester calme. Non pas en m’y forçant, mais parce que je sais que ma valeur mérite mieux qu’une engueulade sordide ou qu’un étalage de preuves devant quelqu’un qui ne le justifie pas.

 

 Et n’oublie pas ça, mon pote !

 

Ah, je me sens mieux !

 

20h30 : comme une bonne confirmation de ça, je passe à Canal+ récupérer ma copie. Bauchy, sans rien me promettre, se montre gentil. Dans les couloirs, je rencontre Jean-Louis C. qui m’amène au studio où travaille Gilles D. qui fait la « suite » de « Objectif Nul » et Gilles me dit qu’il a parlé de moi le matin même pour faire le troisième réalisateur avec C. et lui…

Mais je lui dis qu’un direct de cette importance me stresse trop…

 

Commentaire du 22 septembre 2019 :

 

Un virage important, ce refus de ma part : si j’avais réalisé « Les Nuls », ma vie aurait sans doute changé. Mais je crois que j’ai eu raison de refuser : j’aurais été stressé et j’aurais foiré ma prestation, ce qui eût été pire que le refus (cf. plus tard, en 1995, l’émission « Un jour en France », où mon stress fut tel qu’il a débouché sur l’impossibilité de continuer l’émission, à mon grand désespoir : je n’étais pas fait pour le direct)

 

   Commentaire écrit à 72 ans

 

Néanmoins reste le bénéfice de cette rencontre avec quelqu’un pour qui j’ai de la valeur (il évoque, favorablement, mes courts métrages)

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÊVE – TÉLÉVISION

 

(4h30 du matin. Réveillé inopinément)

 

1/ Rêve. J’atterris par erreur dans le bureau à Canal+ que Bauchy partage avec un autre mec (en réalité, ils sont trois ou quatre et c’est un joyeux bordel !)

L’autre type se montre glacial parce que je dérange et je m’en vais « dignement », dans une tension qui ne correspond pas à la réalité mais avec la même mortelle certitude que je n’obtiendrai pas mon financement d’eux…

 

VÉCU – AMIS – GILLES D. – IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

2/ (À la suite rencontre de la fille de Gilles D. qui a aujourd’hui 24 ans et qui l’a « fait grand-père ») : un personnage (vieille mémé gâteuse ?) ne peut pas croire que de petites filles ont grandi et sont devenus « ça », ce qu’on lui montre : deux jeunes filles qui ne ressemblent pas aux petites filles qu’elle a connues…

Elle se met à chercher ailleurs dans la maison puis, bien obligée de constater qu’elles ne sont pas là, est très inquiète qu’on ait laissé partir deux « si petites filles » et espère qu’au moins elles sont accompagnées, etc.…

 

04/09/1987

 

AGNÈS – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – CULPABILITÉ – ENFANCE – MA MÈRE

 

(16h 05 Café terrasse place Gambetta)

 

Deux petites filles (trois ans ? quatre ans ?) passent, se tenant par la main (petite jupe bleu clair -T-shirt rose – coupe « au bol » (un peu la Diane du C.E. de l’école Sainte Bernadette) et je pleure…

Pourquoi ? Pourquoi l’innocence, la vulnérabilité de l’enfance me font-elles pleurer ? Parce que toujours se réveille ma vieille culpabilité vis-à-vis d’Agnès et, plus profondément encore, ma propre blessure d’enfance… ?

Mais laquelle ?

Me suis encore engueulé avec ma mère au téléphone tout à l’heure. Tout en elle, toujours, sous-entend la critique venimeuse à l’égard de ses fils (c’était parti de l’obligation qu’aura René de se lever tôt chaque jour, s’il vient travailler dans le 20ème) et je lui ai gueulé que je croyais en ma valeur (mais c’est une autre valeur que la marchande…)

 


Pendant la conversation elle m’a dit :

« Tu m’as trahi ! » ! ! !

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CHÔMAGE

 

(17h25 : bistro près tour Montparnasse)

 

Je me suis forcé à venir à TF1 pour voir la petite suceuse d’E.

Passé dans autre bureau (du magazine « Pirate ») : ambiance glaciale.

Ça sent le serpent, là-dedans… ! C’est fou, ce que je suis mal à mon aise !

(Ai appris hier par le bistrotier, son amant, que Marc B. a lâché Frédéric Mitterrand (qui n’était pas là, en retard, etc.…) et qu’il a pris deux mois de vacances… !

Comme je le comprends !

 

Plus que jamais il se confirme qu’il faut être « branché »…

 

Je suis remonté au bureau de la petit CE…

Au bout d’un moment, sa manière de venir jusqu’au bureau où je m’étais assis a tout de même rectifié quelque peu ce que j’écrivais plus haut…

Lui ai proposé de lui amener Marc Marino pour voir ce qu’on pourrait faire « avec Los Angeles »…

 

VÉCU – CINÉMA – PIALAT

 

22h10 : je sors de « Sous le soleil de Satan » que je suis allé voir au 14 juillet Odéon.

Pour entrer : beau hall agréable, photos, affiches.

À la fin : on nous fait sortir par une série de couloirs interminables, bétonnés, moches, puants, aux murs couverts de graffitis…

Voilà qui est à l’image de notre société du pognon : tout est fait pour attirer le client et le faire banquer. Une fois qu’il a payé, c’est autre chose…

Capitalisme stupide parce que à court terme.

Il marche au coup par coup, incapable de se penser à long terme.

Entre les moments où il paye, le client n’existe pas. On se moque de ce qu’il peut ressentir…

 

05/09/1987

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « UN AUTRE MONDE » – IDÉE DE DESSIN OU DE PHOTOMONTAGE 

 

(Pour long métrage « Autre monde »)

 

Plan général sur une ville.

Au premier plan : rails parallèles allant, dans la profondeur, jusqu’à une cathédrale qui est comme une gare mais les rails la traversent (pas comme à Paris, mais comme en province…) et partent en courbe à droite (la façade de la cathédrale a été ouverte pour laisser passer les trains)

 

 

Commentaire du 22 septembre 2019 :

 

Réalisé un photomontage d’après cette idée (créé en 2019 à 72 ans) – Voir ci-dessous :

 

   Commentaire écrit à 72 ans

 

 

Plus je vais, plus je pense qu’il faudrait que j’aie le courage et le talent d’écrire (au moins) ce projet fou de film sans scénario, sans personnages, cet « autre monde » que je porte en moi et que je n’ai même jamais osé travailler…

Même si ça ne se réalise pas, au moins, je l’aurai écrit. J’aurai fait ça dans ma vie…

 

06/09/1987

 

ÉCRITURE – ROMAN « LES MATHS À MORT »

 

Trois petits garçons (âge ? 12 ans ?) : Mauvais résultats scolaires.

Ils décident de s’unir pour travailler afin d’avoir la moyenne. Celui ou ceux qui ne l’auront pas se suicideront. 

 

Commentaire du 24 septembre 2015 

 

Naissance de ce qui allait devenir le roman « Les maths à mort »

 

– Commentaire écrit à 68 ans

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Un personnage en train d’agoniser contre une palissade. Deux personnages arrivent : ils viennent coller des affiches sur la palissade. Ils collent. Ils repartent. Le premier type meurt.

 

ÉCRITURE – VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(16h30) avec Mathilde : bouquinistes. Mathilde prend une carte postale, commence à lire : « Ma chère Bernadette, je passe des vacances sensationnelles… » Le bouquiniste la lui enlève des mains.

Moi : « Mais vous les vendez ! »

Lui : « On vend la carte, mais pas la correspondance ! »

 

ÉCRITURE

 

Tout à l’heure, dans je ne sais quel canard, il y avait d’écrit : « Jalousive maladie » (pour « jalousie maladive »)

 

06/09/1987

 

ÉCRITURE – PROJET « BRITISH GRAVES »

 

(Pour nouvelle « British Graves ») :

Jean pense qu’après leur mort, les morts vivent encore tant qu’on pense à eux, pendant qu’on pense à eux. Si plus personne ne pense à eux, jamais, alors ils meurent définitivement, à jamais…

C’est pourquoi, dans les premiers temps de son deuil, elle s’efforce de penser le plus souvent, plus longtemps possible, à David… 

 

Commentaire écrit dans le carnet à une date inconnue 

 

C’est l’idée de « La chambre verte » !

 

07/09/1987

 

ÉCRITURE – PROJET « MOTS CROISÉS »

 

(Pour nouvelle Mots croisés) :

Définition : « Bande de soldats… »  « Galon » (c’est de moi et ça me plaît !)

 

VÉCU – PHILOSOPHIE – RÉFLEXION

 

Depuis que j’ai lu le chapitre de « Le mythe et l’homme » de Caillois consacré au mimétisme, je suis très troublé et j’y ai fréquemment repensé :

Je me dis que si l’instinct joue au niveau du faire, pourquoi ne le ferait-il pas au niveau de l’être ?

Et d’ailleurs, quelle est la différence entre l’être et le faire ?

 

08/09/1987

 

VÉCU – ENFANCE – SOCIÉTÉ – ÉDUCATION – RÉFLEXION

 

Statistiques :

93 % des enfants qui ont redoublé le CP n’iront pas en seconde… !

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Écrire l’histoire d’après la mort. Certains avaient eu parfois l’intuition qu’en effet, après… L’un d’eux, un scientifique, réagit encore en scientifique après la mort. Il cherche à savoir pourquoi et comment les intuitions pendant la vie… Qu’est-ce qui se passait dans le cerveau…

 

VÉCU – AMIS – GILLES D. – ÉCRITURE

 

(19h05)

 

Tout à l’heure, au bistrot de la rue Jean Goujon, bonne conversation avec Gilles D..

À un moment, on parlait de la provocation. J’évoquais ces années 70, les années de « contestation » et lui disais que la provoc, chez lui, m’avait parfois agacé (il disait = « Manière de lutter contre l’idéologie dominante » Je disais qu’aujourd’hui, par rapport à ces années-là : changement : ce n’est pas parce qu’idéologie est dominante qu’elle est mauvaise !

 

 Depuis, y ai repensé :

 

 – « Autrefois : époque des certitudes, des croisades, des colonisations : « C’est parce qu’une idéologie est bonne qu’elle est dominante… » Puis : époque des rebelles, des révolutionnaires, des contestataires : « C’est parce qu’une idéologie est dominante qu’elle est mauvaise. » Aujourd’hui : époque du succès, de la concurrence, de l’intégration au jeu social : « C’est parce qu’une idéologie est dominante qu’elle est bonne… » 

Et demain ?

 

« Ce n’est pas parce qu’une idéologie est dominante qu’elle est bonne… ni mauvaise… » Fini la pensée de masse

 

10/09/1987

 

IDÉE – ÉCRITURE

 

Vu une pub :

« Chic : un cadeau pour la rentrée… »

je transforme 

« Chi ra c : un cadeau pour la rentrée… » (abandon du projet de réforme du code de la nationalité).

 

VÉCU – AMIS – D. 

 

Françoise D. fait du trompe-l’œil.

 

CINÉMA

 

Rapporté par D. :

Gérard Frot-Coutaz : « Dans un film, on invite le spectateur à regarder par le trou de la serrure… Certains font des films ou l’on voit davantage la serrure que ce qu’il y a derrière… » !

 

ÉCRITURE

 

« Aux grands mots / seaux /pots les grands nœuds raides… » (2014 : from Internet : pas fait)

 

10/09/1987

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

(From lecture de « Cosmos » de Carl Sagan (espèces ayant disparu)

 

Paléontologiste ayant retrouvé (ou fait revivre) un animal d’une espèce disparue. Seul spécimen. La solitude de ce spécimen.

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

(pour SF)

 

Un moyen de locomotion transport en commun (train ? avion ?) : Le trajet parcouru s’inscrit en lumineux sur carte…

 

Commentaire du 29 septembre 2015 

 

Cela n’existait-il pas déjà en 1987 ?

 

– Commentaire écrit à 68 ans

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – IDÉE – TECHNIQUE

 

Pour la reproduction des images, au lieu des systèmes de points mitoyens que sont les grains de la pellicule ou les luminophores de l’écran cathodique (qui jouent sur le pouvoir de résolution limité de l’œil) : pourquoi pas, vu à travers une « fenêtre » qui constituerait l’écran, le spectacle de solides tridimensionnels constitués d’un matériau de base, une molécule X, mais « assemblable » et « colorable » à merci pour constituer des volumes, reproductions agrandies ou rapetissées des modèles réels… (et « programmable » pour évoluer en reconstituant le mouvement.  GRANDE IDÉE ! = un faux relief…

Voir suite idée page suivante =

 

ÉCRITURE

 

Je lis ce que je crois être le nom d’un animal mythique, assez effrayant : « La Nautre » et je m’aperçois que c’est une coquille d’imprimerie. C’est « La Nature »… ! !

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – IDÉE – TECHNIQUE

 

(Suite idée page précédente) :

 

Conséquences : pas de changement de plan cut (il faut du temps aux molécules pour s’assembler)  des plans séquences séparés par des fondus « au brouillard » (les molécules se séparent et forment un brouillard coloré).

 

ÉCRITURE

 

(Pour nouvelle « Mots croisés »)

 

Définition : « Science qui permit à Thalès de Milet de prévoir qu’il y aurait abondance d’olives et prouver ainsi – en louant tous les pressoirs à l’huile de la ville – qu’il était fort aisé aux philosophes de s’enrichir, mais qu’ils ne s’en mettaient pas en peine… » (En 14 lettres) :

Réponse : « L’Astrolivologie… »

 

11/09/1987

 

VÉCU- ÉCRITURE – PROJET « BRITISH GRAVES »

 

Aujourd’hui suis revenu à Gâvres (pour la première fois depuis… ?)

Reconnu en partie.

Pas de choc extraordinaire.

Dois y revenir demain et filmer encore davantage mais je crois que la grande leçon est qu’il ne sert à rien d’accumuler les informations sur le réel d’une manière immédiate. Ce qui compte dans ce qui parvient du réel, c’est ce qui s’est déposé lentement, ce qui a été « filtré » par le temps. Armé de cela – qui est ou qui n’est pas mais qu’on ne suscitera pas – il faut tout réinventer !

 

VÉCU – CINÉMA – PROJET « L’IMAGE DE PIERRE »

 

Eu Jean-Pierre B. au téléphone (lui suis envoyé par Édith C.).

En une seule lecture, il est parvenu à ce que j’ai mis deux ans à atteindre ! (Mais c’est normal : il a d’emblée une distance que moi, j’ai dû acquérir…)

Bref, nous nous rejoignions dans la manière d’envisager une réécriture (à part l’idée qu’il apporte supprimer l’orgasme (!)

Ce type est remarquable d’intelligence et de lucidité dans la vitesse.

Il pige vite et bien.

 

À part ça – mais dois-je encore rêver d’autre chose ? – Il me paraît froid, « efficace », très « monde du Cinéma ».

Après tout : tant mieux pour moi ! C’est ce qui peut m’arriver de mieux.

Tant pis pour le sentimentalisme…

Jean, lui, n’a pas su me conseiller. C’était normal : ce n’était pas son métier !

Et si j’avais choisi Jean pour m’embarquer avec lui dans cette aventure, n’était-ce pas par sentimentalisme ? Par une de ces sortes de pulsion dont j’ai été si coutumier et dont la vigoureuse soudaineté tenait lieu de garantie de succès ! Certitude qu’il fallait réviser, bien entendu, par la suite… !

 

12/09/1987

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Dans le futur, à la « fin des temps » : voyages dans le temps possibles. On peut ramener à la vie les morts. Mais personne ne songe à me ressusciter, car je n’ai aucun intérêt pour personne…

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – ÉROTISME

 

Un couple faisant l’amour devant une glace (l’homme prend la femme par derrière. Ils sont à genoux devant le miroir). L’homme dit à la femme d’embrasser l’homme du couple en face, celui du miroir  elle ne peut pas, elle ne peut, avec ceux du couple en face, avoir qu’une relation homosexuelle, embrasser que la femme.

 

VÉCU – AGNÈS – PROJET « BRITISH GRAVES » 

 

(14h25 Lorient. Cours de la Bove. Café « Le théâtre », celui où j’ai dit à Jocelyne « J’ai envie de faire l’amour avec toi… » et où elle a disparu dans les toilettes…)

 

(Je suis assis à peu près dans le coin où nous étions, bien que la décoration du café ait changé, mais l’implantation du lieu reste apparemment la même).

J’ai filmé ce café, à l’extérieur.

Pourquoi est-ce que je fais ces images ?

Je ne sais pas. Peut-être pour Agnès. Pour qu’elle ait une trace du lieu où ses parents ont décidé de s’unir sexuellement, ce qui devait par la suite lui donner naissance…

Par ailleurs, ici, j’attends l’heure de la vedette pour aller à Gâvres…

 

VÉCU – PROJET « BRITISH GRAVES »

 

(18h55 Embarcadère Port-Louis)

 

J’attends la vedette pour rentrer à Lorient. Suis allé à Gâvres. Ai filmé, jusqu’à épuisement des batteries, comme d’habitude.

Retrouvé cette excitation du regard, cette jubilation intense, cette impression de « c’est enfin ça ! » que j’éprouve, me disant perpétuellement : « Comment ai-je pu si mal voir, si peu regarder. On ne sait pas regarder… ! »

Voilà : la vedette jaune arrive (après la verte, qui fait Port-Louis-Gâvres).

Je voulais noter des choses entendues et pas filmées. Le matériau pour la nouvelle s’épaissit. Je crois que je la dédierai à Jocelyne.

Jo, j’ai beaucoup pensé à toi cet après-midi. D’une certaine façon, je t’aime toujours… !

 

VÉCU – PROJET « BRITISH GRAVES »

 

(19h05 Sur la vedette)

 

Les portes sur la mer : une Venise maritime…

 

(repris à 2h30 du matin)

 

Conversation entre jeunes pendant que j’attendais près du débarcadère l’heure de la visite :

    On était déconcentrés par la bagarre (il parle de foot) (…) Elle joue dans la Port-Louisienne (…)

    Une fille : « Il s’appelle comment, celui qui est en noir ? (Elle montre un groupe de trois garçons sur la cale)

    Garçon : « Stéphane X… »

    Garçon : « Je me suis pas réveillé ce matin, j’avais oublié que j’avais un match… ! »

 

VÉCU – PROJET « BRITISH GRAVES »

 

Conversation adultes bistrot :

    Homme : (sanguin – parlant fort – accent gâvrais) : « Un vrai académicien, il écrit pas à la main, il tape à la machine… »

(autre répond inintelligible)

    Homme : « Tu as déjà réussi à lire une écriture de médecin, toi ? »

Autre : signe que non

    Homme : (s’écartant avec geste de triomphe) : « Tu vois bien ! »

 

VÉCU – PROJET « BRITISH GRAVES »

 

 (Sur la vedette Gâvres-Port-Louis)

 

À l’avant de la vedette, une petite brune, mince, cheveux courts, aux traits fins. Elle a les yeux rouges (on pourrait croire à des larmes). L’autre lui parle à l’oreille. Elle a un regard inquiet, coupable. Elle porte des soucis trop lourds pour elle… Lesquels ? Des règles qui ne viennent pas ?

 

VÉCU – PROJET « BRITISH GRAVES »

 

 (From copain groisillon Jo Le P. (de Patrick L.) : « Paris : la ville-poussière… »

 

VÉCU – PROJET « BRITISH GRAVES »

 

Dans une rue de Port-Louis (bout rue de Gâvres) un jeune ivre embrasse une vieille de 70 ans sur la bouche, un litre de rouge à la main qui pend sur le dos de la vieille pendant qu’il l’enlace…

Je passe en riant. Il me dit : « Allez ! Fais pas la gueule ! »

 

13/09/1987

 

VÉCU – PROJET « BRITISH GRAVES » – MÉMOIRE – JEUNESSE – SUICIDE

 

(11h25 Sur vedette Lorient-Port-Louis, à quai, attendant le départ)

 

Je parle avec le pilote du temps. Il parle devant : « Il y a trop de vent… » (pour qu’il pleut).

Il dit « vouan » un peu, pour « vent ». Mais ce n’est pas tout à fait ça non plus. Difficile de retranscrire un accent.

 


Au cours de ce séjour ici, j’aurais appris le suicide de Michel J. (d’après Gérard V.. Il faudra que je vérifie. J’espère encore un peu qu’il ne s’agit pas de lui) et celui de Jimmy Le L., de Locmiquélic, qui était avec nous en philo… !

 

VÉCU – PROJET « UN AUTRE MONDE »

 

(12h05)

 

J’ai faim, alors je me retrouve à l’hôtel restaurant du commerce, à Port-Louis. Je regarde la carte. Notice : « aux environs minigolf – Musée de la marine et P attenant à l’hôtel »  Je lis « Attentat à l’hôtel »…  Me donne l’idée d’un « piratage » de la réalité ou, en changeant ainsi les lettres des textes visibles ça et là, on les remplacerait par d’autres, drôle et « transformateur »… 

Mais c’est trop « référentiel » pour le projet « Autre monde ». Pas assez « autre », justement. J’y  pensais hier, en marchant dans les rues d’ici et me disais qu’il fallait filmer cet « autre monde » comme pour un documentaire, « normalement »…

 

VÉCU – PROJET « BRITISH GRAVES »

 

(Pour « British graves »)

 

Je pense : « Portes sur la mer »  « Portes sur la mort » (ce peut-être par une de ces portes que le pêcheur fait rentrer David chez lui. Il a une maison au bord de l’eau (côté Larmor. Celle que j’ai filmée, avec échelles…)

Ce jeu avec les sons (mère-mort) doit peut-être être réservé à Mary qui apprend (c’est de son âge) le français et a tendance à jouer avec la langue française… ?

 

VÉCU – ÉCRITURE

 

Quand je revois ma vie, je me nomme : « Cruel en proie aux cruels… »

 


Madame L. (on est dimanche…) :

« Non, je ne bouge pas cet après-midi. Celles qui sont restées seules (les veuves) et se sont dit : « C’est dimanche, je vais faire un tour… » en ont fait l’expérience… Il vaut mieux rester chez soi (il n’y a personne).

 

Ce qui m’intéresse, c’est cette notion d’expérimentation, qui profite à toutes…

 

ÉCRITURE

 

Mme L. : boulanger petit  « Petit bout… »  (Boucher idem. Possible)

 

14/09/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME- RÊVE

 

(6h10 – réveillé en plein milieu d’un rêve marrant :

 

Course à pied pour arriver à la Mairie !

Les Communistes courent.

 – « C’est pas trop dur ? »

 – « Ça dépend des bouffées… ! »

Avant le départ : tricherie.

On fait quelque pas, on gagne quelques mètres.

 

ÉCRITURE

 

M. Veuf et Mme Veuve… Un drôle de couple !

 

ÉCRITURE

 

(11h10)

 

« Raider – deux doigts coupe-faim… »

Un enfant lit :

« Faim coupe deux doigts… » !

 

ÉCRITURE

 

Drôle : « À l’issue de… » pour « À la sortie de… »

 

ÉCRITURE – PROJET « MOTS CROISÉS »

 

(Pour nouvelle « Mots croisés ») :

Définition : « Un désordre de drôle… » (13 lettres)

Réponse : « Contrepèterie »

 

ÉCRITURE

 

Livres pour enfants :

« Six petits canards… »  « Six petits connards… »

 

VÉCU – AMIS – ZYF 

 

(18h20)

 

Arrivée à Paris.

Voyage avec Zyf en camion. À l’arrivée : engueulade !

 

Moi : « Tu aurais dû prendre plus loin… »

Lui : (mouvement d’agacement)

Moi : « Qu’est-ce que t’as ? »

Hélas, : il entre dans une violente colère, me disant : « Tu me fais chier, là ! » Me reproche de n’être pas aimable, de l’agresser, de faire la gueule.

 

Ce n’est pas tout à fait faux. Pas tout à fait juste non plus, car pour ne pas l’agresser, justement, je me suis tu tout le long du chemin, à quelques exceptions près.

Alors, il était mal venu de me reprocher l’agression, mais avait senti quelque chose.

Alors pourquoi ce mécontentement en moi ? C’est une autre affaire… ! Ça remonte loin (jusqu’à l’histoire du témoignage refusé pour le divorce) et concerne aussi son attitude (venant peu à moi, ne cherchant pas le contact (suis allé seul à Gâvres deux jours de suite…) et aussi lié à des gens qui ne me plaisent pas (Gérard V. – Sylviane M. – etc.)

À l’heure qu’il est, j’envisage sérieusement d’arrêter définitivement cette relation (qui est tellement épisodique, après tout !)

 

15/09/1987

 

VÉCU

 

Très mauvais retour 

 

ÉCRITURE

 

« L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt… »

C’est pour ça que les exécutions capitales ont lieu à l’aube !

 

PROJET « L’IMAGE DE PIERRE » – HUMOUR NOIR

 

Un nouveau titre pour l’» Image de Pierre », idéal pour couler le film :

« L’amour par intraveineuse… »

 

VÉCU – MARC MARINO

 

(13h40. Restaurant « Hansi », avec Marc Marino)

 

Je sens l’odeur de fruits de mer à côté. Ça m’évoque la mer et c’est très proche, en même temps, de la pourriture.

 Jean : odeur de mer = (pas loin) pourriture

 

À LIRE – MORT

 

Lire : Patrice Van Erseel

« La source noire »

Révélations aux portes de la mort

chez Grasset

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – ENFANTS – TÉLÉVISION

 

(22h25. Bistro tabac place Gambetta. Suis venu manger)

 

Mal avec Mathilde une fois de plus parce que je cherchais avec Michael ses affaires d’hébreu et j’ai dit tout fort : « Y en a partout. C’est devenu trop petit pour eux. Il faut trouver une maison plus grande… »

Elle a répondu :

 – « Cherche ! » Puis « Pourquoi tu dis des choses comme ça devant les enfants ? On ne peut pas en discuter tous les deux… ? »  Colère en moi. Suis parti.

 

Professionnel :

 

 – Rendez-vous raté avec assistant Sexy Folies (CE lui avait « délégué » le rendez-vous…)

 

 – Vu Jammot. Présenté projet « Question de… » Sa réaction : « mettre une dizaine d’exemples »

Sur le pas de la porte, je lui parle de Patrice Laffont « Bonne idée ! » me dit-il.

 

Je vais en parler à Patrice Laffont. On chercherait les contacts-vedettes ensemble…

 

ÉCRITURE

 

Remplacer « Ah ! » Par « Uh ! »

 

17/09/1987

 

PROJET « L’IMAGE DE PIERRE »

 

(5h35 du matin !)

 

Me suis réveillé. Pensé à « L’image de Pierre » (Il faudra trouver un autre titre… !)

 

J’ai une base qui m’excite assez pour que je me lève et vienne l’écrire (c’est bon signe) :

 

[Oh ! Mon regard tombe sur le « Marie-Claire » de septembre posé sur la table et je vois parmi les titres, sur la couverture : « Désir : le cinéma secret des femmes !… !)

 Pas mal quand on sait que la base du film, c’est, précisément, une projection, la nuit, à une femme, et qu’elle prend pour un rêve !]

 

Cette base :

 

La fille prend tous les soirs des cachets pour traitement X : ce qui permet de remplacer cachets (implique une observation de ses habitudes intra-muros)

 

 Action produit :

 

1/ Effet somnifère profond, ce qui permet :

 – de machiner le dispositif (cache projo + casque oreille)

 – de la placer face écran en prévision réveil

 

2/ produit à effet retard  réveil brutal + plaisir + déréalisation + déformation : bref

puis retour au sommeil

 

 Pendant temps éveil : projection cinéma ?

 

On pourrait peut-être imaginer que la fille est (toujours) peintre ou illustratrice de B.D. et qu’elle fait kyrielle de dessins représentant rêves, mais qu’elle cache à son mec (car elle en a un)

Mec les découvre (équivalent du père apprenant le coup des photos pornos)  mec va au labo (mais peut-être ne faut-il pas qu’elle sache qu’il est scientifique ?

 

ÉCRITURE

 

(12h45)

 

Cachée à l’intérieur d’un autre texte (y compris en langage binaire, dans une liste informatique) : LA COMÉDIE HUMAINE…

 

ÉCRITURE

 

« Oh et puis merde ! » 

 

« Oh et puis derme ! »

ou

« Oh et pis merde… ! »

 

  Oh et pis derme… ! »

 

PROJET « L’IMAGE DE PIERRE »

 

Synopsis

 

Personnages :

 

Pierre : 35 ans. Biochimiste

Lucie : 25 ans. Peintre

Michel : (amants réguliers de Lucie) : 35 ans. Inspecteur de police.

Marceau : 35 ans. Collègue Pierre

 

L’histoire :

 

Pierre rencontre Lucie. Il tombe amoureux d’elle, lui fait des avances, mais, bien qu’elle soit attirée par lui, elle le repousse, par fidélité envers Michel, son amant régulier, avec qui elle ne vit pas, mais auquel elle est attachée bien que Michel, lui, ne l’aime pas vraiment et jouisse d’elle plutôt comme d’une sorte de possession.

 

Au cours de leur premier contact, la conversation entre Pierre et Lucie n’est pas tombée sur le métier de Pierre. Lucie ne sait pas qu’il est scientifique.

Pierre, avec la complicité de son collègue Marceau, passionné par l’aspect expérimental de la chose, décide de conditionner Lucie dans son sommeil (description conditionnement) car il ne sait pas qu’il lui plaît et désespère de parvenir à faire sa conquête par des moyens « normaux » de séduction.

 

Le lendemain du conditionnement, il s’arrange pour qu’ils se rencontrent. Elle ne le repousse pas. Il sent son trouble.

Il s’arrange pour qu’elle voie une photo (dans une revue ou autre) du décor du rêve et lorsqu’elle réagit à cette image, dit qu’il connaît très bien l’endroit. Elle lui demande de l’y amener.

 

Elle va faire un tableau du lieu tel qu’elle l’a vu « en rêve » et il est présent dans ce tableau. Il s’en étonne, elle lui révèle le rêve et le plaisir du rêve.

 

Lorsqu’il veut passer de l’imaginaire à la réalité et avoir avec elle une relation sexuelle, elle le repousse, disant que c’est bien même ainsi si le rêve reste du rêve et qu’il ne faut pas gâcher les choses en essayant de les rendre réelles.

 

Il a voulu créer du rêve et y a réussi, mais il est pris à son propre piège : il est pris dans un engrenage : pour rester en rapport avec elle, il est contraint de la « faire rêver » à nouveau.

 

 Autre rêve, autre tableau. Elle les cache à son fiancé, Michel, à cause de la présence de Pierre dans les tableaux.

Au fur et à mesure, Pierre se fait donner les tableaux par Lucie et les emporte chez lui : il peut « rêver » dessus lui aussi.

 

Michel découvre par hasard chez Lucie le tableau du rêve auquel elle est en train de travailler.

Michel, très jaloux, est très en colère de la présence de Pierre dans le tableau. Altercation entre les deux amants au cours de laquelle Lucie révèle l’existence des autres tableaux que Pierre a pris.

 

Fou de rage, Michel s’introduit chez Pierre pour récupérer les tableaux.

Au cours de cette « visite », il découvre les éléments-photos (voir scénario précédent) que Pierre n’a pas caché car Lucie ne vient jamais chez lui. Intrigué, Michel s’en empare.

Il gamberge dessus et suit le même raisonnement que le père du scénario précédent. La photo des singes conduit à chercher un labo (avec animalerie) (plutôt une entreprise de fabrication de médicaments ?)

 

(20h50. Station Javel)

 

Je sors de chez Jean-Pierre B..

Bon contact. Type correct, carré, sérieux.

D’où vient alors cette persistante tristesse en moi ?

Peut-être d’abord du constat de l’échec du scénario précédent.

La fin d’un mythe.

La fin des mythes ?

(Ai appelé Jean M. pour clarifier question du OK pour réécriture et de sa part de droit (!)

Il me disait que j’avais une bonne voix, mais j’étais triste !

Sans doute aussi parce qu’au fond, je n’y crois pas. Je n’y crois plus, parce que j’ai le sentiment que ça ne marchera pas plus cette fois-ci… !

 

ÉCRITURE

 

Un titre possible :

« À mon retour, c’était un autre… »

 


 ou: « À mon retour elle était différente… »

 

Commentaire du 28 septembre 2015 :

 

Évoque  « Le lendemain elle était souriante »

 

– Commentaire écrit à 68 ans

 

PROJET « L’IMAGE DE PIERRE »

 

Bilan de cette première séance avec Jean-Pierre B. :

 

1/ faire du manipulateur un « méchant » (mais plus nuancé que Docteur Mabuse avec véritable motivations sentiments + intérêts 

modalités manips (rêve).

 

2/ donner à la fille un « fiancé » qui est le « bon » du film et mène enquête  confrontation H1 – H2. Le fiancé se retire. Le manipulateur reste avec fille mais, torturé par le remords et le doute sur la véracité de l’amour de la fille, il lui avoue le conditionnement. Ça l’arrête. Elle le rejette et va rejoindre le fiancé.

 

Hésitation : faut-il qu’on connaisse le conditionnement dès le début ?

JP pense que non. Mais j’ai réfléchi dans le métro : je crois qu’il le faut pour que le conditionnement apparaisse comme antipathique et surtout que la fille apparaisse comme une victime à qui on pardonne de tromper son mec et dont on peut dès lors observer avec intérêt l’investissement passionnel…

 

LITTÉRATURE – LECTURE

 

James Baldwin (from « Harlem Quartet ») : (Julia) : «… d’une beauté que je n’ai rencontrée que chez ceux qui ont été contraints de souffrir jusqu’à la stupéfaction et au-delà ».

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

N’est-il pas grand temps que je redevienne tolérant ?

 

Je me suis éloigné de moi-même, de cette part si précieuse de moi qui compatit aux autres et les laisse vivre avec indulgence

 

20/09/1987

 

PROJET « L’IMAGE DE PIERRE »

 

(1h30 du matin) 

 

Bilan de ce week-end :

 

Je relis, page précédente, cette notion de tolérance. Certes, mais il y a aussi la question de ma personnalité et si elle s’exprime ou non dans mes projets.

En vertu de quoi : Mathilde a tout de suite vu que j’étais perturbé et a su que c’était à cause de cette « collaboration » (plus qu’à cause de ce redémarrage sur ce projet et des problèmes de « face-à-face avec moi-même »…)

Un bout de message de Jean-Pierre B. entendu par elle a suffi à la fixer et elle a renforcé mon désir (flottant) de ne pas aller plus loin. Je l’appellerai demain pour le lui dire.

 

Par ailleurs :

J ’ai eu une bonne idée et Mathilde une autre.

La mienne : Il la « fait rêver » d’histoires qu’il raconte avant (il se fait passer pour metteur en scène ou bien a des projets de films-vidéo ?)

Idée de Mathilde (excellente) :

Il est beau. Elle est moche. C’est ça l’obstacle. C’est pour ça qu’elle ne se laisse pas aller à l’aimer et qu’il est obligé de la conditionner ! !  Extra. J’ai dit à Mathilde qu’elle avait mit le doigt sur une chose d’époque : à partir de motivations sentimentales (ce qui est excellent) on se retrouve plongé au cœur d’un paradoxe : manipulation moralement mauvaise et pourtant sentimentalement bonne…) (dans notre langage, pour désigner les opérations qui sont destinées à de bonnes causes ont emploie le terme de manipulation génétique… ! !

 

Or je crois que toute œuvre forte renferme un paradoxe (j’ai lu ça récemment dans un journal, je crois, je ne sais plus où…)

 

À relire, ça fait con, cette phrase. Comme si j’avais découvert ça la semaine dernière dans un journal… !

Non, je notais, comme je le fais souvent, une confirmation de plus d’une pensée ancienne…

 

(J’ai parlé à Mathilde de « Citizen Kane » et de l’ambiguïté du personnage de Kane…)

 

21/09/1987

 

ÉCRITURE – LANGUE

 

Entendu dans un « Cinq dernières minutes » rediffusé par la Cinq :

Une matrone des Halles : (à Bourrel qui se roule une cigarette) : « Vous n’en auriez pas une toute cousue ? »

 

PROJET « L’IMAGE DE PIERRE »

 

(11 h)

 

Voilà. Ai appelé d’abord Édith C., mais elle n’était pas là. Alors ai appelé JP B. et lui dit que je voulais arrêter. Il me dit qu’en effet, en un mois, il aurait écrit un film de lui (car le terrain était préparé, ça le touchait).

J’ai, un moment, au cours de la conversation, envisagé qu’il lise pour réagir, mais il prendrait 10 % ! ! ! ! ! Alors salut ! (Il a quand même tenu à formuler sa critique sur « Sibylle » (la fin : comme quoi on croirait que, lorsqu’on voit le titre « Sibylle », c’est la fin du film (contenu)

Je lui ai fait remarquer qu’il était le seul avoir dit ça en sept ans ! !

Point. À la ligne…

 


 (13h15)

 

Joie. Joie intérieure, brûlant doucement comme une lanterne sourde. Dans mon bain, tout à l’heure, une nouvelle idée, pour une suite : une scientifique, qui bosse avec le beau mec, est amoureuse elle aussi. Elle découvre la manip. Jalouse, elle remplace produit  la fille fait cauchemars au lieu beaux rêves ! !

 

 Pensé (bien sûr) beaucoup à ça et à la suite.

Dans la suite, il faut que le scientifique se démène beaucoup et se mette en danger pour la femme, afin de se faire pardonner par le public la manipulation.

 

Il faut, d’ailleurs, qu’il l’avoue, la manip… (?)

(Pas sûr… !)

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Un mec se suicide. Mais la police croit qu’il s’agit d’un meurtre et un faisceau de malchances accuse quelqu’un qui plonge. Le fantôme du suicidé intervient (sans se montrer) en modifiant petits trucs pour disculper l’autre.

 

VÉCU – TÉLÉVISION

 

Est-ce que A2 peut être mon « Domicile A2ré ? »

 

J’en doute ?

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Un mec qui renifle billets qui sortent du distributeur (ils sont neufs – il est seul).

 

22/09/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Ma vie : rêveur mais rien de réel…

 

VÉCU – SOCIÉTÉ – RELIGION – JUDAÏSME

 

Un petit détail mais qui en dit long et qui est inacceptable : par crainte, les rabbins ne mettent pas à l’entrée de la synagogue que c’est une synagogue (rue des Solitaires). On voit par les fenêtres plusieurs classes. Rabbins. Enfants avec kippas. Mais sur la façade : rien !

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Dans certains films, je remarque les acteurs qui sont morts. Et puis je pense à d’autres films, plus anciens, où tout ceux qui y ont participé sont morts ! Déjà… !

Des morts filmés par des morts !

 

23/09/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – CHÔMAGE – DÉPRESSION – CINÉMA – MUSIQUE

 

(18h30)

 

Aujourd’hui passé toute la journée à la maison, sans pratiquement bouger du canapé, pas habillé, pas rasé, ne cessant de réfléchir au scénario.

 

Je sors enfin et note dans Pariscope cette citation du dialogue de « Lettre d’une inconnue » d’Ophuls (dit par le personnage de Louis Jourdan, que j’adorais déjà enfant) :

« Il est plus facile de plaire aux autres qu’à soi-même… »

 


 (22h25)

 

Je sors du film « Le ventre de l’architecte ».

Qu’elle n’a pas été ma stupeur en entendant, clairement (auparavant, dans le cours du film, il y avait bien eu quelques notes… mais ce n’était pas clair) ce morceau de jazz que j’adorais (comment le définir ?) et que je me repassais tout le temps, c’était quand ? Il y a deux ans, à l’époque de la série à la Sertis…

 

J’ai noté précieusement les deux noms de musiciens cités au générique : Wim Mertens et Glenn Branca…

 

Ce soir, contentement (peut-être ?) en moi, mais je ne sais pas. Je ne sais plus. Je me méfie tellement de mes joies maintenant (cf. G. : « Vous prenez vos désirs pour des réalités… ») ! ! !

 

ÉCRITURE

 

Oulipoesque : « C’est en écrivant qu’on devient écriteau… ! » (2014 : from Internet : pas fait)

 

24/09/1987

 

ÉCRITURE

 

« Le pneu qui reste n’est pas intéressant… »

 

25/09/1987

 

Concerne la note du 24/09/1987

 

Quand je pense que la seule chose que j’ai notée hier, c’est ça ! C’est navrant… !

 

PROJET « L’IMAGE DE PIERRE »

 

Depuis deux jours, je tourne et retourne l’histoire mise au point. Elle a l’air de résister… !

 

L’ai racontée à Mathilde qui la trouve bien. Je veux le tester auprès de quelques copains (Renaud – Dominique M. – Jean-Marc P. – Philippe W. ?)

Il faudra que je demande à Greco C. tuyaux sur vie et environnement musicien. Mais c’est gênant !

 


Je repense assez souvent à ce mec, ce JP B.…

Quel prétentieux !

 

CINÉMA – THÉORIE

 

Chaque plan doit provoquer une question.

 

26/09/1987

 

ÉCRITURE – AMOUR

 

On parle de la malédiction de vivre sans amour… Mais ça peut s’entendre de deux façons : vivre sans aimer ou bien sans être aimé… Qu’est-ce qui est le plus difficile 

 

VÉCU – TÉLÉVISION 

 

« FR3, c’est 3 fois vieux ! »  Pourtant c’est devenu la meilleure chaîne, peut-être !

 

ÉCRITURE

 

Un bon nom pour un musicien : Django Ringard…

Au hasard, il serait guitariste…

 

CINÉMA

 

Alain Riou (in Nouvel Observateur) parlant du bien-fondé d’un hommage à Howard Hawks, à la Cinémathèque : « On n’a guère idée du nombre de bébés parisiens qui naissent chaque jour sans avoir jamais vu « Sergent York »…

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – FEMMES

 

Le désir, pour moi, le grand, le vrai, s’attache aux femmes grandes et je m’aperçois que je n’ai choisi (Colette exceptée) que des petites COMME MA MÈRE ! (Comme si je voulais perpétuer ainsi l’interdit qui pesait sur elle).

 

VÉCU – MON FRÈRE RENÉ

 

L’ESIEE (F ?)

À Marne-la-Vallée

 

28/09/1987

 

SHOAH – GEORGE STEINER – RÉFLEXION

 

(Extrait du Libé du 28/09/1987) (article d’Édouard Waintrop sur « Océaniques »)

« La Shoah fait douter Steiner, comme certains hassidim, de la future venue du Messie. « S’il vient aujourd’hui, on lui dira merci beaucoup de ta courtoisie mais tu viens trop tard. C’est devant les portes des chambres à gaz que tu aurais dû te tenir. La douleur des victimes est plus grande que ta compréhension. »

 


 (Op. cit.)

 

Le mot de Levinas (à propos de Franz Rosenzweig) qu’» une vérité puisse s’énoncer sous forme de deux vérités susceptibles de se reconnaître mutuellement sans coïncider »)

 

VÉCU- 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – RACISME – VIOLENCE

 

Samedi dernier, violence encore, contre Mathilde, à cause de ses propos racistes (à la suite nouvelle grossesse de Patricia  Mathilde : « Si mes enfants veulent aller avec des Noirs, je ne les connais plus… »

 

Le lendemain, elle me dira : « C’est parce que j’ai toujours eu peur du noir… ! »

 

PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR »

 

Vendredi dernier après-midi : rendez-vous rue Marignan avec Renaud B.. Lui ai raconté l’histoire du film. Il m’a suggéré d’inverser et de proposer le rôle à Jean-Michel Jarre !

 

 Depuis, j’y travaille en ce sens…

 


Sur quoi je bute :

 

1/ Raison de la panne du musicien (mort du père ?)

2/ Comment en arriver au moment (après toute l’enquête) où témoignage sur projet de la scientifique (qui amène doute sur la composition musicale)

3/ pensé qu’après la manip, la scientifique disparaît  le mec la cherche  enquête

 

+

 

Pas assez long. Pas assez d’action. Comment rallonger ?

 

Je me suis dit qu’il fallait se servir des images (comme dans le scénario précédent) comme point de départ de l’enquête, mais il faudrait qu’en même temps s’ouvre une fausse piste allant vers l’occulte.

 

PHILOSOPHIE – BOUTANG

 

Boutang (dans « Océaniques » ce soir)

 

« Vous apprenez d’abord la patience par l’impuissance. Et puis, tout d’un coup, en vieillissant, vous vous apercevez que, même si vous le pouviez, vous n’y changeriez rien… »

 

29/09/1987

 

ÉCRITURE

 

Un nom : « Rose Flamant » (from Internet : existe sur Facebook)

 

ÉCRITURE

 

Quelqu’un d’inaimable (Moi) (from Internet : fait (par Voltaire)

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR »

 

Une nuit, tout le monde dans un immeuble (ou quartier ?) se réveille… Pourquoi ?

 

Ce qui précède : idée de cette nuit (me suis réveillé à 3h ou 3h30 du matin ! (Ça m’arrive de plus en plus souvent…)

 

Ce scénario est apparemment (! !) très important pour moi.

Je m’y acharne.

Ai-je raison ?

 

VÉCU – TRAVAIL 

 

(17h30)

 

Ce midi : déjeuné avec Jean-Marc P. à la cantine de Pasteur, avec deux filles du service photo.

Après : allés prendre un café dans un vieux bistrot. On a beaucoup rigolé en évoquant les fausses pubs des « Nuls ».

Ça me faisait du bien et aussi de voir du monde. Je suis souvent seul en ce moment et le téléphone ne sonne guère…

Pas de boulot depuis début septembre.

Ça commence à m’angoisser…

 

PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR »

 

Cet après-midi : idée nouvelle pour le scenar.

 

Idem jusqu’à la disparition de la scientifique (inoculation du produit : par cigarette ?)

 

Puis :

 

 – On enlève le musicien (l’amant de la collègue). Il sert d’otage pour faire pression sur la scientifique.

Le maquereau a trouvé un producteur musical que ça intéresse de manipuler un chanteur (pour se l’attacher et le contrôler)

+ révélation sur qui il est et ce qui s’est passé mais le maquereau ne sait qu’une partie des choses : le projet (mais pas les modalités) (justement maintenant qu’il le tient en otage, elle va tout dire et reproduire la manipulation puis lui disparaîtra + les autres, on ne saura pas qui c’est…) + l’intention de faire composer musique par autres compositeurs (+ que manip a marché)

 le musico est catastrophé (et elle n’est pas là pour protester et dire ce que nous, nous savons : qu’elle ne l’a pas fait ! (ou bien contact : elle le dit mais il doute !)

 Période d’attente. Manip. par la scientifique qui ne peut reconnaître personne car tout le monde est masqué.

 Il est libéré. Ils se retrouvent. Elle est navrée. Il lui en veut, il doute (elle proteste de son innocence). Ils se séparent tristement.

Resté seul, il a l’idée de rechercher dans ses archives et retrouve le thème.  Réconciliation.

 

Reste à retrouver le chanteur (ou chanteuse) conditionné.

Elle a vu les images qu’on lui a projetées pendant la manip

Surtout lui qui est musicien, cherche musique qui peut coller à ces images + enquête dans le milieu showbiz sur producteur requin

Émission télé où chanteuse raconte rêve  composition

ou bien : ils se font passer pour journaliste et pose à un éventail restreint d’artistes question sur rêve

ou bien se font passer pour voyant ayant des révélation à faire sur rêve

générateur compo  ça n’intéresse pas ceux qui ne sont pas concernés, mais au bout d’un moment : tilt.

 

J’en suis là !

 


À l’instant : idée d’une suite :

 

La scientifique, pendant la manip, reconnaît les images projetées

 

 Pour convaincre chanteuse, ils lui projetteront images son rêve (ce ne sont donc pas des images du rêve, mais des images réelles !)

 

 Le producteur salaud et ses complices sont coffrés

 

 Ils peuvent jouir en paix de leur bonheur

 

ÉCRITURE

 

Aménagement d’une idée ancienne : « Café de la poste faisant choix » (2014 : from Internet : fait)

 

30/09/1987

 

ÉCRITURE

 

En passant devant un bureau de change, Quai Saint-Michel, je me suis dit qu’» on était passé d’une société à une autre, de celle où régnait Saint-Michel archange à celle où triomphe « Saint-Michel Exchange »… !

 

01/10/1987

 

VÉCU – CARNETS

 

(Même tout neuf, ces stylos écrivent mal, merde ! Je les adorais, avant, ces « Microballs » (« minicouilles… »)

Non : « Uniball micro » !

 

TÉLÉVISION – PROJET « LUNE »

 

 – Université Arizona : maquette de biosphère pour Mars (expérience d’enfermement pendant deux ans prévue…)

 – Docteur Mendel (Wendel ?). Directeurs missions lunaires

 

02/10/1987

 

ÉCRITURE

 

Psychanalyste « en représentation » dans une soirée mondaine :

« Lorsqu’il eut terminé de parler, je me demandai s’il fallait lui donner un sucre ou lui payer le prix d’une séance… »

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

(Pour une déco étrange) : des serpillières tendues sur murs…

 

ÉCRITURE

 

« Parousie » : un mot qui me sonne « drôle », il m’évoque parure et jalousie.

 

PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION – FUSION

 

Devant l’impossible fusion, on peut accuser trois coupables : la « Vie », l’Autre ou bien Moi… !

Qui ?

 


Les Romantiques, en tout cas, s’en consolent en croyant à un « au-delà » fusionnel et réparateur…

 

03/10/1987

 

SOCIÉTÉ – ARGENT – RÉFLEXION

 

« Ça ne protège pas, l’argent ? Ça ne rend pas invulnérable, la célébrité, la gloire, les plannings de galas, de tournées établis deux ans à l’avance ? Est-ce qu’une « rockstar » en plein succès… »

 

ÉCRITURE

 

(Église Saint-Eustache)

Nunc

(…)

tuagens…  (Vu par un enfant : « Il tua des gens… »)

 

PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR »

 

Pendant le film « Les sorcières d’Eastwick », je me suis dit qu’il fallait absolument qu’on ne sache pas si elle le lui a insufflé ou non une musique composée par un autre…

 

05/10/1987

 

Travaillé ça (note du 04/10/987) hier et abouti à un résultat qui me plaît ! Que je relis un peu comme écrit par quelqu’un d’autre et qui m’étonne ! ! Par sa qualité poétique et sa précision dans l’information donnée une manière élégante, distillée au fil du texte, mais non présentée comme l’essentiel

 

Extraordinaire : j’ai l’impression de n’avoir compris qu’aujourd’hui ce que c’est qu’écrire !

 

ÉCRITURE

 

« Une pouffette… »

    Une quoi ? »

Une petite pouffe… Une petite pouffiasse… (2014 : from Internet : fait)

 

VÉCU – AGNÈS 

 

(17h05 – café donnant sur l’espace vert (intérieur) du Forum des Halles…)

 

J’aime bien venir écrire dans les cafés. Le seul ennui, c’est la musique qu’ils se croient obligés de mettre en fond sonore (très présent, ce fond… !) sinon « ce serait trop triste… »

 


VÉCU – AGNÈS 

 

(Voilà, je suis venu m’installer à la terrasse (déserte). Je n’entends presque plus cette bouillasse « musicale ». Devant moi : verdoiement paisible. À droite : Saint-Eustache (où je suis entré samedi soir, à la nuit tombante, avec Agnès. Elle avait peur à cause de « L’exorciste » vu récemment à la télé.)

 

CINÉMA – DISTRIBUTION

 

(21h25)

 

Hallucinant : je lis dans France-Soir ramassé au bistrot : « Les exploitants attaquent FR3 pour dépassement de quotas. Leur démarche ne devrait pas changer grand-chose à la crise du cinéma. Les Français paraissent de plus en plus déçus par ce qu’ils voient dans les salles. Et celles-ci sont en trop grand nombre (5000) ! ! ! (invraisemblable ! ! !)

Tout se réglera encore une fois par la négociation. Les chaînes de télévision financent le cinéma (! ! ! !).

Il faut avant tout compter avec elles. Les exploitants veulent simplement eux aussi mordre dans le gâteau audiovisuel. » ! ! !

 

VÉCU – CHOSES ENTENDUES

 

Tout à l’heure, un type (25-30 ans) allait et venait dans la rue en répétant : « Le contraire de l’antiquité, c’est les patates pourries… »

 

06/10/1987

 

LITTÉRATURE – ÉCRITURE – EXISTENCE

 

In « Cale sèche » de Jean-François Merle : « L’existence est une demi-mesure entre rien et le récit. »

 

ÉCRITURE

 

Trafiquants de grogs… (2014 : from Internet : fait)

 

ÉCRITURE

 

Texte avec mot en verlan, mais voulant dire aussi quelque chose en « lendroit » : « Tu me casses les pantins » (« Tu me casses les tympans ! »)

 

ÉCRITURE

 

« Je suis amer et aigri, j’aimerais écrire pour régler leur compte à des gens envers qui j’ai du ressentiment, mais ça ne se vendrait pas. Alors j’écris autre chose, je joue la comédie pour me faire « coméditer »…

 

ÉCRITURE

 

Une boule de neige… Et quand on l’ouvre, on trouve à l’intérieur des feuilles fraîches, froissées, on se penche et on les respire, la boule ouverte au creux des mains : elles sentent bon 

 

07/10/1987

 

VÉCU – AMIS

 

Hilka B. raconte qu’elle s’est fait draguer au Harry’s Bar par un mec nommé Tristan ! (alors qu’elle soupçonne CB d’être le père du fils de Marie-Madeleine : Tristan !) 

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Un mec passe dans file d’attente cinéma en racontant fin du film à ceux qui attendent…

 

PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR »

 

Pour « L’homme aux doigts d’or » : le producteur redonne le goût de la musique à une chanteuse (ou un chanteur) qui veut arrêter sa carrière. Comme il faisait beaucoup de fric  le producteur perdrait beaucoup d’argent (il en a pour en filer au kidnappeur).

Le chanteur veut arrêter parce qu’on « l’obligeait » à composer de la soupe. Pour la manip, on lui insuffle de la soupe et il va l’aimer et croire qu’elle est de lui. Il va donc continuer (à rapporter de l’argent) et ne plus faire d’opposition à une musique qu’il croit venue de lui.

 

08/10/1987

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

(Correctif à l’idée du 07/10 page précédente) 

Le mec passe dans file d’attente en disant : « Donnez-moi de l’argent ou je vous raconte la fin du film… ! »

 

09/10/1987

 

VÉCU – LANGAGE

 

Vu au tabac place Gambetta :

Une cliente (au garçon qui s’éloigne) : « S’il vous plaît… ! »

Le garçon : (se retournant) : « Oui ! Ça me plaît ! »

 

VÉCU – CINÉMA – « SIBYLLE » – MÉMOIRE – TÉLÉVISION – AMIS – RENAUD B. – CHÔMAGE

 

(13h45)

 

Je vais aller porter copie « Sibylle » à la salle projo Lelouch avenue Junot (ancien Moulin de la Galette : souvenir de mes débuts d’assistant à la télé : Labourasse et les marionnettes de Philippe Genty (que Labou appelait « Filou »… !) – Léo ferré : « L’émotion, ça s’écrit pas ! »)

Gentiment, Renaud essaye de me propulser comme réalisateur sur la série TV qu’il fait comme premier assistant…

Il est tellement gentil, ce garçon… ! Enfin, on verra !

Hier soir : mon émission sur Musée de Dôle : pas de prix au Festival du Film du Patrimoine…

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Sculpture « moderne » : une sculpture et, inclus dedans : une caméra vidéo + écran TV qui filme une partie de la statue (une partie « invisible » peut-être ? l’intérieur ? ou le verso ?) Oui !

 

Exemple :

Êtres humains allongés (vivants) avec caméra endoscopie à l’intérieur de son corps. Qu’est-ce qu’on voit dans l’écran ? (Autre chose que l’intérieur d’un corps ?)

Titre : « Sculpture de 69 kg +20 kg (poids caméra) +25 kg (poids récepteur) »

 

ÉCRITURE

 

(18h 00) 

 

Je sors de « Barfly ». Barbet Schroeder s’est toujours intéressé aux drogués… Après « More », c’est « More whisky »… !

 

VÉCU – CINÉMA – PROJET « LA MORT DANS L’ŒIL » – AMIS – JEAN-MARC P. – CHÔMAGE

 

Jean-Marc P. parlé de moi à un mec qui va présenter scénario « La mort dans l’œil » avec photos de Jean-Marc à Frédéric Mitterrand… (parce qu’il est question que JM intervienne régulièrement dans l’émission Mitterrand…) Encore un garçon gentil !

 

Le monde n’est pas si mauvais… !

 

VÉCU – CHOSES VUES

 

Au 26 rue des Abbesses, une quincaillerie fermée (il est 15h15). Devant magasin : tous objets (poubelles – bassines – paniers – etc.) protégés par cadres dépliants (attachés par cadenas central) et tendus de grillage (n’arrivant même pas jusqu’en haut, jusqu’à la verrière…) (1,80 m de haut ?)

 

VÉCU – CINÉMA – BARBET SCHROEDER

 

(18 h)

 

Je sors de « Barfly ». Barbet Schroeder s’est toujours intéressé aux drogués…

Après « More », c’est « More whisky »… !

 

VÉCU – ÉCRITURE – ENFANCE – ARGENT

 

Restau juif tunisien près de la rue Montmartre, tout à l’heure : un enfant de trois ans (Jérémie) connaissait les noms de tous les personnages représentés sur les billets de banque ! (Il pleurnichait car son grand-père n’avait pas « Debussy » (20 Fr.). J’en ai sorti un. Comme je disais : « On peut dire que vous lui avez appris le sens de l’argent de bonne heure ! »

La mère : « C’est lui qui a voulu apprendre… »

 

10/10/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – CRÉATION – CHÔMAGE

 

Aujourd’hui samedi (Mathilde partie en Hollande).

Je me suis réveillé mal.

Je m’aperçois que je me ronge en attendant résultat projection « Sibylle ».

Or il ne faut pas attendre. C’est lorsqu’on se met à attendre que ça commence à aller mal.

Cela dit, ma vie entière n’est-elle pas vouée à l’attente ? Oui, mais c’est une attente diffuse, générale, pas une attente ponctuelle, orientée vers un but précis. Le but est plus vaste, c’est : avoir les moyens de créer !

 

ÉCRITURE

 

Ce qu’il y a de bien dans l’image de la boule de neige contenant des feuilles froissées, odorantes (voir note du 06/10) c’est qu’il faut bien que quelqu’un les ait mise dans cette boule, ces feuilles… Et, bien sûr, savoir qui, pourquoi, quand, comment ? Voilà autant de questions posées par cette idée.   C’est à cela que je vois, que je sens que c’est une bonne idée (cf. note du 25/09 : « Chaque plan doit provoquer une question. » Le « suspense », au sens large, est la base du cinéma.

 

PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » 

 

(20 h)

 

Ai encore écrit synopsis « L’homme aux doigts d’or ».

Suis content.

Ça me fait du bien d’écrire. Après tout, ai-je autre chose à quoi me raccrocher ?

Et au moins ainsi j’ai l’impression de faire quelque chose susceptible d’un avenir !

 


En dehors de ça, je vis dans le présent, dans l’instant, au jour le jour…

 

ÉCRITURE

 

Un vent si fort qu’il emportait les cheveux des gens… ( texte barré)

 

LITTÉRATURE – LEWIS CARROLL

 

Je repense Lewis Carroll :

« Divisez une miche de pain par un couteau… Qu’obtenez-vous ? »

 

Génial !

 

Ah ! Avoir inventé ça… !

 

ÉCRITURE

 

Demeurer enfermé entre quatre murs…

Ou entre deux murmures…   (2014 : from Internet : pas fait)

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Mec regarde photo avec une ouverture (?) ouverte, accrochée sur un mur.

Personnage mécontent arrache photo. Dessous, il y a la même ouverture réelle, fermée.

 

11/10/1987

 

ÉCRITURE 

 

(Suite note du 10/10/1987)

 

« Il était enfermé entre deux murmures, c’est-à-dire entre quatre murs… Et quoi que ce ne fût pas facile, il s’efforça de les comprendre et y parvint. Comprendre, c’est contenir : il n’était plus contenu, mais contenant… Il était donc libre. Et comme il avait dû tendre l’oreille, il s’en servit pour s’emballer lui-même et sortit pour aller se mettre à la poste…

 

VÉCU – LITTÉRATURE – GEORGES BERNANOS

 

(13h10 : Henri Guillemin, à la télé, parle de Bernanos : passionnant !

 

Voir qui a fait la musique du « Dialogue des Carmélites » monté par Gildas Bourdet, cette année…

 

PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » 

 

(1h15 du matin)

 

J’avance dans le synopsis de « L ’homme aux doigts d’or ».

Presque fini. Mais j’ai beaucoup plus de mal que je n’aurais cru.

Je sais pas pourquoi…

 

ÉCRITURE

 

Ce que j’aime, c’est le moment où l’on a fini une version d’une histoire et où on croit dur comme fer que c’est « la » bonne. Ce n’est pas vrai, il y en a plein d’autres possibles, mais c’est une illusion qui aide, on se dit qu’on a touché au port, qu’on n’a pas fait tout ce chemin pour rien… !

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

« Journal mural » d’un quartier (Les Halles) :

« À telle salle de jeu, il y a ce nouveau jeu électronique…

À telle boutique de lingerie, ce nouveau soutien-gorge… »

 je m’aperçois que ces nouvelles sont toujours marchandes. Je ne l’avais pas fait exprès.

 

Commentaire du 30 septembre 2015 

 

C’est, 14 ans avant, l’idée du crieur de nouvelles de « Pars vite et reviens tard » (2001) de Fred Vargas. Et dans le même quartier, en plus !

 

– Commentaire écrit à 68 ans

 

12/10/1987

 

VÉCU – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » 

 

(Suite de la note du 12/10/1987 sur le projet « L ’homme aux doigts d’or »)

 

Je demande si ce n’est pas – tout simplement – parce que j’écris la télé allumée et que ça me distrait (bien sûr, je mets l’atténuateur de son, mais, de temps en temps, il y a un sujet qui m’accroche et je remets le son…)

 

Je viens de la couper…

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Hier : conversation téléphonique avec Nathalie P. qui me fait sauter aux yeux le choix de Mathilde. Et ce n’est pas moi qu’elle a choisi ! Il y a en moi une grande colère. Je me sens humilié !

 

13/10/1987

 

ÉCRITURE

 

Préfères-tu perdre tes propres batailles ou gagner celle des autres (2014 : from Internet : pas fait)

 

ÉCRITURE

 

Lorsqu’on a la vie dure, on a des réflexes de vie dure. Lorsqu’on à la vie facile, on a des réflexes de vie facile. Lorsqu’on a connu les deux, ce sont les premiers qui restent… !

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE -ARGENT – PROBLÈME – CHÔMAGE

 

Accrochage avec la mère de Mathilde. Ce qui me fout hors de moi, c’est qu’elle trouve anormal que je réagisse mal à mes soucis…

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Une exécution capitale. On va guillotiner quelqu’un. Ce quelqu’un sue la peur, supplie. « Laissez-moi essayer encore ! Je vous promets que je ferais mieux, etc. (On doit comprendre qu’il est exécuté parce qu’il a mal fait son métier).

Réveille de ce quelqu’un. C’était un rêve. Ouf ! Ce quelqu’un : responsable d’une unité de programme à la télé… !

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE (suite)

 

« Je les lirai ! Je les lirai tous, jusqu’au dernier… Et avec attention, avec amour, comme ceux qui les ont écrits ! Moi aussi, mon métier sera une passion, un apostolat ! Fini les déjeuners jusqu’à quatre heures de l’après-midi. Je dirai à l’heure du déjeuner. Fini de faire lire par la secrétaire, finis les rendez-vous bidons, etc. »

 

VÉCU – TÉLÉVISION – ÉCRITURE – HUMOUR

 

C. (ingénieur de la vision à A2) : « Nana si belle et si chère que, pour en venir à bout, il faut avoir cinq sections sur sa carte orange… » (noté au bistro rue Jean Goujon) (rencontré là C. et S.).

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Une pancarte lumineuse chopée au fil de la course du métro : « Attention chien méchant ! » (Dans tunnel…)

 

15/10/1987 

 

VÉCU – AGNÈS – TROISIÈME DES QUATRE FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – SEXE – CULPABILITÉ – PROBLÈMES – CHÔMAGE

 

Cette nuit : pas de violence (à part coup sur la main de Mathilde mais pas fait exprès : c’était parce qu’elle a avancé sa main au moment où je tapais sur le lit !) Mais : mal. Problème chômage et problèmes sexuels. Je lui reproche de ne pas avoir d’appétit.

J’ai beaucoup pleuré cette nuit. Gros sanglots. Chaque fois que c’est comme ça, c’est ma culpabilité vis-à-vis d’Agnès qui ressort et je pleure en l’appelant…

Je me suis endormi à six h du matin.

Tristesse. Malaise. La seule lumière, ce matin : eu au téléphone Marie-Claude G. qui a aimé « L’amour de loin »…!

 

16/10/1987

 

ÉCRITURE

 

« Symphonie en rut majeur… » (2015 : from Internet : fait) (bien sûr !)

 

17/10/1987

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

(idée « installation » sculpture)

 

Une sculpture :

Une voiture (bruit du moteur tournant – warning clignotant) et, sortant du pot d’échappement, un tuyau plongeant dans la bouche d’un mannequin étendu à l’arrière de la voiture (pieds sous le véhicule – nez bouché par sparadrap)…

 

PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » 

 

Terminé le synopsis. L’ai envoyé à pas mal de gens déjà.

 

Bien que me disant qu’il ne faudrait pas, je me suis mis à attendre

 

Dans le fond, ce qui est le plus dur pour moi, c’est de constater que ce qui est pour moi la vie même n’a pour les autres pas beaucoup d’importance…

 

VÉCU – CINÉMA

 

Je regarde « »  Les enfants terribles » que j’ai magnétoscopé.

 

Idée toute simple (mais il fallait y penser…) : série de champs contrechamps sur Nicole Stéphane et Dhermitte, mais on voit toujours celui qui écoute et jamais celui qui parle !

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – DESSIN

 

 

 

18/10/1987

 

AGNÈS

 

Agnès m’a dit qu’elle faisait peut-être de la spasmophilie et de la tétanie. Elle va faire des analyses. Ça me préoccupe… !

 

ÉCRITURE

 

(19h 00. Parc des Tuileries)

 

Il fait déjà nuit… Buvette déserte. Encore de la lumière…)

« Feuilles mortes, sagement ramassés sous les tables de la buvette… »

 

19/10/1987

 

ÉCRITURE

 

M’intéresser à mes calculs (quand j’essaye de compter combien de fois j’ai pris le métro, combien de sandwiches tel vendeur a fait depuis qu’il en vend, combien de mètres de tissu a cousu telle machine, etc.)

 

VÉCU – TÉLÉVISION – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR »  – CHÔMAGE

 

Je sors d’un rendez-vous avec Jean-Jacques P.. Lui ai donné à lire « L’homme aux doigts d’or ». Comme ça, « pour voir »… !

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE (théâtre)

 

Pièce de théâtre avec décor en miniature (petites chaises – petite table – armoire, etc.) Installer situation à partir de ça.

 

Commentaire du 28 septembre 2015 

 

Cette idée, transformant les comédiens en géants, est enthousiasmante. Mais le décor ne doit pas forcément être un intérieur. Pourquoi pas des dieux parmi les montagnes 

 

– Commentaire écrit à 68 ans

 

20/10/1987

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Je passe sous un échafaudage de peintres et ça sent la maquette de modèle réduit… Amusant : échafaudage / maquette

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

(Idée de pub)

Un type arrive en courant à poil (en slip ?) sur un quai de métro, mais le métro est déjà parti. Alors hier du métro : « collé » à l’arrière : un vêtement.

Légende : « N’ayez pas un — o » (marque en deux syllabes, finissant en o) de retard ! » ou « Ne ratez pas le — o…! »

 

21/10/1987

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÊVE – AMIS – ZYF

 

Rêve cette nuit :

Je rêve de Zyf.

Avec sa mère, nous visitons un musée.

Je remarque une mini-cuvette de WC faisant office d’encrier (est-ce une manière de le traiter de « pisse-copie » ? Sans talent ? Méchanceté en moi qui apparait dans ce rêve comme ailleurs) et veux la lui offrir. Je ne sais plus pourquoi, le cadeau ne se fait pas. Je me mets en colère et fais du scandale dans le musée, ce qui gêne terriblement Zyf.

 

VÉCU – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » 

 

Hier : toutes premières réactions de gens à « L’homme aux doigts d’or » (à part Mathilde et Jean M.) : Dominique M., sa copine Dany et Ronan (OPV copain de Dominique). Ça a plu à tout le monde, et beaucoup !

Ça m’a fait du bien.

(Parce que, pour le reste, ça va très mal !)

 

22/10/1987

 

VÉCU – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » 

 

Pour « L’homme aux doigts d’or » :

Mettre une scène de laboratoire où un scientifique prononce une formule chimique et dit que ça, c’est la jalousie : quand il se produit cette réaction chimique dans le cerveau, on est jaloux !

Étonnement d’un néophyte  Le (la ?) scientifique rigole et explique que la science est loin, très loin de savoir ce que sont les sentiments…!

 

VÉCU – TÉLÉVISION – AMIS – MARC B. – IMPÔTS – GALÈRE – CHÔMAGE

 

Hier : coup de chance (?) incroyable… Marc B. est revenu des USA, il a des responsabilités partout… ! Il va – m’a-t-il dit – me faire travailler…

Je n’ose y croire !

 

Ce matin : redressement d’impôts : on me conteste le droit à la déduction supplémentaire !

 

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE – RÉFLEXION – ABSOLU – RELATIVITÉ

 

Ce n’est peut-être pas leur profit personnel que recherchent ceux qui veulent être « populaires », mais l’absolu idéal de l’abolition de la relativité des opinions (inatteignable, bien sûr). (Cette relativité qui revient sans cesse et dont j’ignorais autrefois qu’il fallait faire « avec »… (ou plutôt sans, sans l’absolu consensus… !)  Raconter l’histoire de cet absolu atteint sur une base de consensus dérisoire…

 

VÉCU- CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

Au courrier ce matin « L’amour de loin » en retour de Marie- Claude G. accompagné d’une fiche de lecture signée Nicole A. qui est la plus magistrale baffe (artistique) que j’ai jamais reçue !

 

 18 h. Ai appelé Marie-Claude G. à ce sujet :

1/ C’était une erreur. On n’aurait pas dû m’envoyer cette fiche… !

2/ C’était « la » mauvaise fiche. Il y en avait une autre, bonne. C’est une lectrice que MCG teste et qui ne convient pas et qu’elle va remercier… !

 Le Destin me venge !

 

 

 Idée :

 

Ce n’est peut-être pas leur profit personnel que recherchent ceux qui veulent être « populaires », mais l’absolu idéal de l’abolition de la relativité des opinions (inatteignable, bien sûr) (Cette relativité qui revient sans cesse et dont j’ignorais autrefois qu’il fallait faire « avec »… (ou plutôt sans, sans l’absolu consensus… !)

 

 Raconter l’histoire de cet absolu atteint sur une base de consensus dérisoire

 

VÉCU – AMIS – JEAN-MARC P.-ÉCRITURE

 

Conversation avec Jean-Marc P. :

1/ Souvenir d’un bouquin de Soljenitsyne ou il avait barré tous les noms russes et les avaient remplacés par des noms français.

2/ Copine photographe de 127 kg mettant en vitrine les photos de mariage avec mariés qu’elle s’était tapés… !

 

24/10/1987

 

IDÉE DE DESSIN OU DE PHOTOMONTAGE  – IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Un plan avec échelles contre un mur et gens derrière les échelles dont les yeux sont tous cachés [par les barreaux des échelles] (Gens de tailles différentes, debout ou assis – enfants et adultes). Qu’est-ce qu’il y a sur les échelles ? d’autres gens ? qui montent vers quoi ?

 

IDÉE DE DESSIN OU DE PHOTOMONTAGE  – IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Faire quelque chose à partir de cette statue dans la cathédrale de Strasbourg, assistant l’écroulement du pilier… Scène de guerre (?)

 

VÉCU – TÉLÉVISION – AMIS – MARC B. – GILLES D. – CHÔMAGE

 

J’attendais pour le noter que ça se confirme (par superstition ?) : Marc B., revenu des États-Unis et appelé comme responsable (sur la 3 et la 2 !) va me faire travailler. J’ai rendez-vous demain.

(J’ai eu de ses nouvelles par C., que je m’étais décidé à appeler, par désespoir, comme j’ai appelé D.…)

D. m’avait conseillé d’appeler pour les après-midi de la 3 et c’est Marc qui en est le responsable !

Fantastique coup de bol !

 

VÉCU – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » – TÉLÉVISION – GALÈRE – CHÔMAGE

 

Je suis dans un état bizarre en ce moment.

Il n’y a jusqu’ici que de bonnes réactions au synopsis de « L’homme aux doigts d’or » et cela (seul !) suffit à me faire imaginer avec beaucoup de force une réussite… mais aussi il y a tous les échecs jusqu’ici et cette période sans travail (deux mois !) (pas de travail à Paris depuis le mois de mai !) Toujours cette impression d’être un « has-been » et le coup de bol de B. me soulage, bien sûr, mais m’amène à me dire aussi que si j’ai trouvé du travail, c’est par un ami, plus grâce à l’amitié qu’à mes compétences et à ma notoriété (qui est bien mince !)

Voilà ce qui me manque : la notoriété.

Quand je parle de me contenter de moi-même et éventuellement de quelques amis comme public, je me demande s’il y a le moindre sérieux dans cette pensée… ?

 

Je ne le sais pas moi-même !

 

Je ne me connais pas moi-même. Ça m’effraye ! Être aussi peu au courant du monde, déjà, et, de plus, aussi peu de soi-même !

 

VÉCU – LITTÉRATURE – MARCEL PROUST – MUSIQUE

 

Tout à l’heure, j’écoutais dans une émission de télé une « Gymnopédie » de Satie, ça m’a fait penser à Proust et j’ai pris mon « Painter » pour identifier la « petite phrase ». Moi qui aime Proust depuis si longtemps et possède le Painter depuis si longtemps, c’est seulement maintenant que j’écris ici que la « petite phrase » est le thème du premier mouvement de la Sonate en ré mineur de Saint-Saëns que Reynaldo Hahn a fait découvrir à Proust… ! !

Je ne l’ai jamais écoutée! (J’ai bien dû le faire, pourtant, en allant voir le film de Schlöendorff ? !) ? ?

Pourtant Satie ne figure pas au nombre de musiciens « inspirateurs » de Proust pour le personnage de Vinteuil (Debussy – Frank – Fauré – D’Indy)

 

26/10/1987

 

VÉCU – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » – TÉLÉVISION

 

Je descends dans le métro en pensant, comme toujours, à « L’homme aux doigts d’or ». Dominique, le serveur du Gambetta, qui l’a lu et est venu à la maison pour en parler, me voit et nous nous faisons signe… Je pense à ce film et je vois au même moment quelqu’un qui l’a lu !

Ça m’inspire cette petite phrase : « Chacun déroule sa ritournelle intérieure… »

 

27/10/1987

 

VÉCU – VIEILLESSE 

 

(10h30 – TGV Dijon)

 

Je viens d’avoir une vision : je me suis vu vieux, impotent, dans un asile ou quelque chose comme ça, ayant tout raté, ayant échoué partout, sans plus aucun espoir, déjà mort spirituellement, mais survivant physiquement – m’accrochant à ce qu’il me resterait de vie – ma principale (seule ?) satisfaction se réduisant désormais à la nourriture

 

VÉCU – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – MON FRÈRE NINI – MON PÈRE – GALÈRE – CHÔMAGE

 

Les pensées si sombres me viennent car : j’ai fait déjà pas mal circuler le synopsis de « L’homme aux doigts d’or » et ce n’est pas l’enthousiasme escompté !

 

Je me dis que je vis sur des illusions que j’ai une peine infinie à perdre !

Illusion d’une conviction magiquement emportée grâce à un texte miraculeux, sorte de grimoire cabalistique, de chapelet de formules magiques…

 

Il n’en est rien !

Les résistances demeurent et la brillante réussite dont je rêve se révèle être la réalité aveuglante qui a été proférée par Marc, le « beau-père » d’Agnès je n’ai pas réussi !

 

Je n’ai pas réussi et ne réussirai pas !

 

Mon imaginaire n’est pas assez puissant…

 

Je veux préciser certaines choses (le train va passer devant les tombes de Nini et Papa). Je n’ai pas le sentiment que vous m’aidez !

Pourquoi ? Est-ce pour me punir de vous avoir méconnus ou négligés ?

Si c’est ça, pardonnez-moi ! Je vous aime. Tous les deux. Je vous ai toujours aimés !

 

Je pleure tellement en écrivant ça ! Je me cache derrière le siège de devant ! Heureusement personne ne me voit !

 

Je suis si malheureux !

Je me sens si faible.

Ça me rend malheureux et coléreux !

Hier : Jo, le mec du sex-shop, qui avait lu « L’homme aux doigts d’or » et qui ne l’aime guère, avec qui je discutais, m’a dit : « Tu ne dois pas avoir à justifier le film ! » C’est vrai ! Or ma faiblesse, ma position de faiblesse, m’amène à me justifier sans cesse !

J’aimerais avoir la position de force qui me permettrait de me foutre absolument de ces opinions éparses et dérisoirement individuelles (# opinion publique, opinion du public…)

 

Idem, ce matin : retard, raté les deux premiers TGV cause insomnie  somnifère  non réveil ! (Déjà vécu !)  j’ai tenu à l’expliquer, à le justifier à Sido (! ! ! !) et elle m’a répondu : « Moi, je suis insomniaque, mais je me réveille ! Enfin, on n’est pas tous pareils !) Ce narcissisme triomphant m’a tordu les boyaux de fureur.

 

J’ai peur de cette fureur en moi

 

Je me rappelle les interprétations de G. qui, décidément, voyait juste.

 

Cette analyse… ! Cinq ans (non : six !) passés pour s’arrêter… ! C’est trop bête. Jamais plus écrit sur l’analyse depuis l’arrêt. Écris aujourd’hui, perclus de douleur et de chagrin.

 

Dur, l’analyse sans concession ! Sans tendresse…

 

Ce qui me désespère, c’est de me sentir si loin de la résolution des conflits, si loin de la fin de l’analyse…

 

Et quelle honte ! quelle mortification d’avoir consacré tant de temps à un si maigre résultat : je suis toujours aussi malheureux, coléreux, violent, faible, bref : névrosé !

 

VÉCU – PROJET « MÉLISSA » – « LE DRAGON ROUGE » – AMIS – ÉDITH C. – CHÔMAGE

 

Édith C., à qui j’avais laissé un message disant que « si on ne pouvait pas compter sur ses amis, alors sur qui ? », m’a renvoyé « Mélissa » avec un mot : « Portugal. Vraiment pas une seconde (!) pour m’occuper de toi. Quoiqu’il en soit, je ne t’oublie pas. Je t’embrasse (très fort) (rajouté manuscrit dans texte dactylo).

 

Avais envoyé « L’homme aux doigts d’or » à son assistante avec exemplaire pour elle. L’a-t-elle transmis ?

 

Je vais lui répondre ça et que 10 pages ! ! ce n’est vraiment pas si long… !

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – TÉLÉVISION – CINÉMA – CHÔMAGE

 

Dans tout cela, un doute me ronge, me torture : ai-je raison de m’obstiner ?

 

Est-ce ma voie ?

 

En ce temps de crise, seuls « survivent » (professionnellement) les… ?

 

Les quoi ?

Les meilleurs ? Est-ce bien certain ?

Les plus adaptés… je crois que oui…

 

Petit Robert, tu n’as jamais su t’adapter !

 

ÉCRITURE

 

(Me donne [mon prénom] une idée : un personnage voué à la littérature car dès son enfance il porte un nom de dictionnaire…

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR »

 

Ce matin ai imaginé une scène pour « L’homme aux doigts d’or » (je cherchais une scène pour l’enfance du musicien exprimant l’importance capitale de la mère liée à la musique et aux images. Ai trouvé :

Mère apprend le piano à l’enfant (tout petit, 5 ans ?) en peignant elle-même et en mettant verticalement devant les touches un « panorama » de paysage et en disant à l’enfant : « Appuie sur le village, la forêt, le pont, etc. » 

 

 

VÉCU-PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – AMIS-MARC B. – COMPASSION

 

(12h50 – resto couscous Dijon)

 

Roberto, ta colère ne vient que de ton intense égoïsme. Songe à ceux qui meurent, ceux qui souffrent dans leur chair, ceux qui souffrent à travers la souffrance ou la mort de ceux qu’ils aiment… ! Tu as été préservé de cela… (pourvu que ça dure…)

Pense à B., hier, te parlant des épreuves que le Destin (?) met sur sa route (ainsi l’histoire poignante qu’il me racontait hier.

On parle cette femme morte. Je la croyais beaucoup plus vieille que lui, remplaçant sa mère. C’était son amie.

Il lui parle !

Je lui demande si elle lui répond.

Il me dit « Dans les faits, à travers les gens que je rencontre… ! »

Il me raconte ce pêcheur US pour qui il a encore une attirance. L’autre lui dit qu’il est séropositif et que, atteint d’un cancer de l’estomac, il ne trouve pas de chirurgien acceptant de l’opérer.

Marc va le faire venir ici.

Il voit cela, sans doute, (je le crois) comme une revanche possible sur la mort de cette femme, en tout cas une lutte, une nouvelle occasion de lutter contre la mort qui renvoie – en effet – à la mort de cette femme…

 

Je me sens petit, misérable. Je ne prête aucune attention aux autres, du moins j’ai l’impression d’avoir agi ainsi jusqu’ici.

Si je prêtais attention à cette souffrance est à ses – malheureusement – infinies variations (*)  peut-être alors serais-je un artiste qui a une œuvre à mettre au monde.

Est-il possible que j’aie si mal vu jusqu’ici ?

 

Je me serais donc perdu, égaré, dans mon jeu d’images, de doubles et de reflets ?

 

Je ne sais pas. Je me sens si misérable !

 

ÉCRITURE – SOUFFRANCE

 

(*) La souffrance est l’écrivain du monde… (2014 : from Internet : pas fait)

 

28/10/1987

 

ÉCRITURE – SOUFFRANCE

 

(Suite à la note du 27/10

 

« Elle a un stock infini de situations inédites, parfois invraisemblables, mais toujours puissantes et incontestables… ! Viendrait-il à l’idée de contester son intrigue ? Jugeriez vous (interrompu)

 

VÉCU – TÉLÉVISION – AMIS – ÉDITH C. – CHÔMAGE

 

(18h43 – TGV retour de Dijon)

 

Je repars sans aucun regret. Le bilan de tous mes tournages ici n’est guère positif.

Me suis – encore une fois – engueulé avec H.. Ce type est incroyable : non seulement il ne fait pas son boulot – ou met un temps incroyable à le faire – mais, en plus, il gueule parce que je proteste contre ça !

Il devait m’envoyer devis. Il ne l’a pas fait (15 jours après… !)

Il n’a eu qu’à le prendre dans une chemise devant lui ! Il aurait pu le faire aussi facilement pour me le poster !

 

Non : je ne suis pas quelqu’un d’important. Voilà la raison.

Idem pour Édith C. m’envoyant un petit mot : « Je n’ai pas une seconde pour m’occuper de toi… » C’est faux ! Faux ! Archifaux ! Lorsque tous ces gens occupés veulent quelque chose, ils trouvent le temps !

 


1/ J’enverrai à E. C. une lettre carabinée

2/ Si le ministère de la Recherche veut coproduire avec FR3 Dijon, j’exigerai de le faire avec un autre chargé de production.

Tant pis s’il faut alors que je me tienne sur mes gardes. Il le faudra, de toute façon.

 

Idem : ai vu Cécile J. et Fabrice C. à qui j’ai dit explicitement que je cherchais du travail : pas un mot de leur part. Pas un mot d’encouragement, même pas un « Comment ça va ! »

 

Ainsi va le monde.

 

30/10/1987

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CHÔMAGE

 

Coup dur ! Les après-midi de la 3 sont reportés début décembre ou janvier (?) Donc : on arrête tout !

 

Je me retrouve sans rien, comme le matin où j’ai appelé C. et où j’ai été si content d’apprendre que c’était B. qui s’occupait de ça… !

 

De plus, hier, Marc H. m’avait proposé de bosser avec lui sur des portraits pour Nancy, mais ça non plus, ça ne se fait pas ! (Alors que l’espoir de ça, en remplacement, m’avait fait encaisser plutôt bien la nouvelle de l’arrêt des après-midi  j’appelle H., il m’annonce ça… !

 

À part ça : écrit à Édith C. une lettre de reproches et de rupture…

 

VÉCU – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR » – TÉLÉVISION – ASSEDIC – GALÈRE – CHÔMAGE

 

Aucun retour de lecture de tous ces gens à qui j’ai envoyé « L’homme aux doigts d’or » il y a au moins 15 jours maintenant :

D. – M. – F. – Bourboulon – (sans parler de Jean-Michel Jarre via Iris Carrière et des « officiels » d’A2 (G. – Ricard)

 

Maintenant, quand ma pensée se porte sur « L’homme aux doigts d’or », je ressens une sensation désagréable !

 

Ton mal, tout ça, à cause problème Assedic : trop-perçu et carence  Pas d’Assedic en novembre !

Y aller…

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME -MORT

 

(2 h du matin)

 

N’arrive pas à dormir. Sentiment de mort. Nouvel Obs : « confession » de Jean-Paul Aron (que j’avais filmé en 75 pour « Les vitrines ») : il a le sida ! Tout à l’heure, Jean M., au téléphone, m’apprend que Anne Hoang est morte !

 

     Ho

Anne Ho(ang)

‘M)      o(rt)

 

Commentaire du 22 septembre 2019 :

 

Anne Hoang : une personne remarquable avec qui le contact que j’ai eu témoigne une fois de plus de ma profonde névrose : Anne Hoang produisait l’émission « Contre-enquête »  qui, comme son nom le suggère, « revisitait » des situations, des institutions pour en donner une image non-conventionnelle, voire critique. Je lui avais proposé de faire un sujet sur les gens gagnant au loto et réagissant négativement à cet évènement tant désiré (maladie – problèmes psychiatriques – comportements aberrants- etc.) Elle l’avait accepté, mais moi, ensuite, j’avais été pris de panique devant l’idée de réaliser ce sujet (sans doute par suite d’une projection de moi-même dans la situation filmée (ma stratégie d’échec) et je n’ai plus voulu le faire, malgré ses relances ! Moi qui cherchais du travail ! Le monde à l’envers ou plutôt : Robert Cappadoro à l’envers ! En outre Anne Hoang n’était pas comme Bougrain-Dubourg faisant réaliser un sujet que je lui avais proposé (le cheval et le mouton) par un autre : la fidélité d’Anne Hoang à l’auteur du sujet lui a interdit de le faire réaliser par quelque d’autre et l’a privée d’un sujet fort ! Je me reproche mon attitude encore aujourd’hui, tant d’années après et bien quelle soit morte… Mais pourquoi me faire ce reproche puisque je sais aujourd’hui que mon comportement était névrotique, mais ne le savais pas à ce moment-là…. Ce n’est qu’une « erreur » de plus dans ce « journal de mes erreurs » !

 

   Commentaire écrit à 72 ans

 


M’étais dit que je ne relancerais pas les destinataires muets du synopsis : l’ai fait…

1/ Bourboulon : contre Jarre, ne se prononce pas sur le projet

2/ D. : maladroit

3/ Joey F. : contre (comme j’étais agressif et aigri : « Je te souhaite bon courage… » (genre : « Il va t’en falloir beaucoup, car tu te fermes des portes… »)

4/ Jean M. : aime

5/ Agnès : l’a fait circuler parmi ses copains. Très apprécié.

 

Moralité : les « gens du métier » sont des cons… !

 

VÉCU – SEXUALITÉ

 

Je vois dans le Nouvel Observateur deux annonce, un homme, l’autre femme, côte à côte, même agence (Atout Communication), apparemment ils se conviennent. Pourquoi ne se mettent-ils pas ensemble ? Leurs annonces sont superflues.

 

31/10/1987

 

ÉCRITURE

 

Elle l’a frôlement aimé… 

 

ÉCRITURE

 

Ils faisaient des « Ah » et des «Aulx » en reniflant l’odeur de ses pets…  NON

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – AMIS – RENAUD B. – DÉPRESSION – GALÈRE – CHÔMAGE

 

(15 h)

 

Les humiliations ne cessent de s’accumuler : après altercation d’hier avec Joey F., appelé ce matin Renaud B. en week-end et, comme je lui demandais de transmettre le synopsis à des producteurs, il m’a dit : « Je ne vais pas démarcher pour toi, c’est ton film… »

Il a adouci les choses après, mais ça été quand même violent !

 

Terrible situation que celle, même pas de demandeur, mais de quémandeur !

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Scène chez le dentiste (enfant ?). Le dentiste a attaché les bras du patient pour éviter gestes à conséquences néfastes, mais à portée de doigt : sonnette. Patient peut en user s’il veut que le dentiste arrête. Au moindre geste : sonnette. Le dentiste ne peut pas commencer !

 

VÉCU – TÉLÉVISION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – INTERROGATIONS – DÉPRESSION – CHÔMAGE

 

Abandonner ce métier ?

J’y pense sérieusement maintenant.

Mais pour faire quoi ?

Aller à l’ANPE en parler ?

 


Mathilde me dit que si c’est pour gagner 6000 Fr., mieux vaut que je reste aux ASSEDIC à 8000 Fr. !

 

Et un métier manuel ? Faire une formation pour ça ? Menuiserie ?

 


 (17 h ?)

 

Je n’ai pas de montre à portée de la main et n’ai nulle envie de bouger. Suis resté au lit depuis ce matin, sauf déjeuner avec Mathilde et les enfants. Me suis recouché après…

 


Le grand danger pour moi, ce qui me réveille la nuit, en proie à l’angoisse, c’est de me dire que je suis réellement mauvais, juste parce que certains n’aiment pas mes projets !

 

Quant à la possibilité effective de les réaliser, il est possible en effet qu’elle soit très faible, sinon nulle… !

 

De là l’éventuel choix de changer de vie, de métier…

 

Mais ça ne sera pas parce que j’étais un mauvais artiste

 

ÉCRITURE

 

Je lis l’édito du Nouvel Observateur.

Jean-Daniel ou la respectabilité du subjonctif… (2014 : from Internet : pas fait)

 

01/11/1987

 

VÉCU-MA MÈRE – MORT – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – CHÔMAGE – DÉPRESSION

 

(Maison- 14h25)

 

Toussaint. Maman aurait voulu que j’aille avec René et elle au cimetière.

Suis resté seul ici.

Mathilde sortie avec les enfants.

Suis couché. Ne me suis pas lavé depuis avant-hier matin…

 

Hier : discussion avec elle. Ni elle ni moi n’avons plus goût à rien.

Elle souffre de ma souffrance, s’ennuie à cause de mon repli sur moi.

Ne lui ai pas caché que ce renoncement auxquelles je vais peut-être être contraint ne me rendra pas la joie de vivre.

Faudra-t-il se quitter ?

 

Ai parlé de 2 points : :

 

1/ Je n’accepte pas d’être le seul responsable de mon sort et je cherche à accuser (*) « les autres »  agressivité en moi que je me reproche  colère contre moi-même  dérivation sur les autres (= cercle vicieux). Je m’en veux de ne pas parvenir en sortir.

 

2/ Si je me résigne à ne plus qu’écrire simplement, je me dis que je n’ai rien à dire et que je manque de puissance créatrice  sentiment de culpabilité…

 

(*: Mathilde : « Ça sert à quoi d’accuser les autres ? »

Elle : non. Elle m’énerve. Je la sens supérieure à moi par cette tolérance.

 

Si seulement j’avais été reconnu, je ne serais pas devenu aigri et méchant…

 

ÉCRITURE

 

(Idée pour la nouvelle « British graves »)

 le présenter comme un « reportage historique » sur personnages réels ? ? ?

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – TÉLÉVISION – GALÈRE – INTERROGATION – DOUTE – CHÔMAGE

 

Si je suis toujours resté jusqu’ici loin du public, ou plutôt si je ne veux plus être loin de lui, il faudra que je me coltine avec le réel

C ’est le réel dans l’œuvre qui intéresse le public, c’est ça qu’il veut. Il faut que les faits relatés aient un poids de réalité. Sinon c’est « l’insoutenable légèreté des lettres… » !

 

02/11/1987

 

VÉCU- 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – COLÈRE – VIOLENCE

 

Encore fait une scène ce matin.

Qu’est-ce que je veux, d’ailleurs ? Je ne sais même plus. Qu’elle en fasse une… peut-être…

 


Elle m’a appelé à l’instant pour me dire qu’elle pensait à moi.

Elle : « J’sais pas. Je suis pas bien ».

Moi : « À cause de moi… »

Elle : « J’sais pas. »

 

ÉCRITURE

 

Idée : le mec qui se met en colère parce qu’il meurt et c’est sa femme « qui prend »…

 

ÉCRITURE

 

Chien qui s’enfuit systématiquement devant le Président de la République…

 

03/11/1987

 

VÉCU – TÉLÉVISION – ARGENT – DROITS D’AUTEUR

 

(bistro coin rue Ballu-rue Blanche, près SACD)

 

J’en sors. Enfin une bonne chose : suis venu à la SACD pour toucher avant sur droits d’auteur décembre, je m’attendais avoir 50 % (comme à la Scam) soit 2000 Fr. : en réalité, je viens de toucher 4000 Fr. !

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – PSYCHANALYSE – TÉLÉVISION – PROBLÈMES – CHÔMAGE

 

Ces jours derniers : grosse tempête en moi. Envisagé quitter métier. Mais aujourd’hui je pense qu’il vaudrait mieux plutôt me bouger plus le cul ! Y mettre beaucoup, beaucoup plus d’énergie que je ne l’ai fait.

Idem pour le synopsis : ne pas le laisser dormir comme j’ai fait pour les précédents.

 

Je repense à mon analyse. Me disais tout à l’heure dans le métro qu’on pouvait croire qu’elle était finie, au bout de six ans ! Je sais, moi, qu’il n’en est rien.

Je sens bien qu’il doit y avoir une unité, quelque chose qui relie les problèmes épars de ma vie : famille – sexualité – métier – création. Mais je n’ai pas le « schéma de montage ». Les pièces gisent devant moi, éparpillées. Chaque morceau est un bloc de souffrance, les relier l’apaiserait sans doute… !

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

(3h20) j’écoutais tout à l’heure débats écrivain dans « Permission de minuit » (émission Frédéric Mitterrand animée par Jérôme Garcin) sur la célébrité médiatique via Apostrophes et ça m’a donné :

 

IDÉE : Histoire d’un écrivain qui médite sur le nombre faramineux des livres et des écrivains (qui entraîne la bousculade médiatique) et conclut qu’un homme vraiment pur et fort, considérant qu’on écrit par narcissisme, mais qu’aucune voix ne prévaut sur une autre et qu’à moins d’être le nouveau Flaubert…

Aussi n’écrit-il pas !. Il arrête, se tait.

Or la force de ce silence sera exprimée par la faiblesse d’un texte : le mien !

Occasion de dire pourquoi j’écris, pour échapper à quelle angoisse d’inexistence. Un dialogue, en somme, entre cet écrivain et moi, entre un de mes personnages et leur auteur (à moins que je ne sois le personnage de cet auteur, passé dans la vie réelle puisqu’il n’écrit pas ! ?)

 

ÉCRITURE

 

Dialogue entre deux amis :

– Allô ? Peux-tu me prêter de l’argent ?

– Oui, combien ?

– 5000 francs.

– D’accord, tu me les rends quand ?

– Dans 15 jours ou jamais parce que si je ne peux pas te les rendre dans 15 jours, je me suicide…

(Un temps)

– Écoute, je ne te les prête pas, je te les donne…

 

04/11/1987

 

VÉCU – TÉLÉVISION – PROJET « L’HOMME AUX DOIGTS D’OR »

 

Mais suis beaucoup bougé le cul (téléphoniquement) aujourd’hui pour le synopsis « L’homme aux doigts d’or » (et le court-métrage « la mort dans l’œil ») ( A2).

Contacté attachée de presse de Jean-Michel Jarre (« Mon opinion n’a pas d’importance ».) Lui ai quand même fait un numéro mondain faisant appel à un « contact » entre nous (elle a voulu un moment me renvoyer au producteur (Dreyfus), mais je m’en suis sorti in extremis

 

ÉCRITURE 

 

Il s’appelait Max.… Comme maximum… (À propos d’un homme d’argent)

Chercher dans ce sens mais en plus élégant…

 

Mers carnets personnels depuis 1963