Carnet 38

Carnet 38 – Du 17 juillet 1986 au 19 octobre 1986

 

17/07/1986

 

ÉCRITURE

 

« Nouvelles économiques :

La CONAS et la TRIC vont fusionner… De cette fusion naîtra le BB… » (Ouaf ! Ouaf !)

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Un vieux attend au feu rouge. Il regarde le signal pour piétons. Le petit bonhomme vert s’allume. le vieux traverse. Une voiture survient et le renverse. Le petit bonhomme rouge du signal s’allume alors : c’est un squelette !

 

TÉLÉVISION

 

Je vais à A2 faire remplir mes attestations d’employeurs pour l’Assedic.

En chemin, je rencontre Geneviève M.. Elle me demande si je suis libre pour tourner le 26 et 27 août ! (sujet sur Robert Merle…)

 

Est-ce que le vent tourne ?

 

VÉCU – LITTÉRATURE SENTIMENTALE

 

Reçu ce matin les directives d’écriture des Éditions Mondiales pour mes deux nouvelles…

C’est parfaitement cynique : ce qu’il faut éviter, ce qu’il faut rechercher…

Et, en même temps, je me dis que ça répond à un goût (de plus sûrement très précis) des femmes qui lisent ça…

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

Une scène de dialogue Serge-Sarah pour « L’amour de loin » :

 

Embouteillage. Voitures à la même hauteur. Ils se parlent par fenêtre ouverte. Avancent un peu, se retrouvent, etc.

 

18/07/1986

 

 IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

SF : voyage dans le temps

Vie dure du Moyen Âge.

On y arrive avec un poste de radio. Mais comment montrer à ces gens-là les merveilles de la technologie : pas d’émissions de radio !

 

ÉCRITURE

 

La littérature, c’est le choix des mots, le flop des photos…   (Noté le 03/09 : surtout Proust qui a horreur de la photo et du cinéma !) (2014 : from Internet : pas fait)

 

3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Mathilde hier soir : « Je ne me sens pas ta femme. »

De plus en plus précis (mais c’est loin d’être la première fois) : elle voudrait se marier est un enfant…

Elle me dit : « Des fois je me dis que je correspond à un passage dans ta vie. Je suis là parce que c’est un moment, mais après tu me laisseras tomber… »

 

TÉLÉVISION – PROJET « HISTOIRES VIDÉHORRIBLES » 

 

Appelé Salles. Il est en vacances jusqu’en fin juillet.

Pas besoin de me presser…

Ce qui me manque, pour finir le synopsis, c’est le contenu des séquences filmées.

J’aimerais en faire plus que les dialogues. Je crains l’ennui, la banalité…

 

21/07/986

 

SCIENCE – SOCIÉTÉ – RÉFLEXION

 

(Nouvel Observateur -n° 1132)

 

Trouvé explication des « races » :

Origine commune : vallée de l’Omo entre Kenya et Éthiopie.

Migrations vers le nord : latitudes de moins en moins lumineuses : eu besoin d’une peau + claire laissant passer plus d’UV pour vitamine D (nait d’une réaction photochimique entre lumière et stérols procurés par produits laitiers)  mutations  peau blanche.

+ Toute la gamme entre noir et blanc

Mais pourquoi Noirs = noirs ? On ne sait pas !

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

(17h30 – « L’Écluse »)

 

L’amour de loin :

 

Dans le fond, lorsque le tournage commence, les questions qui se posent à Sarah et aux spectateurs) sont :

 

 – Jusqu’à quel point va-t-il aller dans ce qu’il montrera de lui-même… ? (Il peut se travestir, se valoriser)

 – Sarah va-t-elle l’aimer aussi et comment ?

 – Pourquoi Serge préfère-t-il une fiction à la réalité ? Quel plaisir y trouve-t-il ?

 – Comment cela finira-t-il 

 

Pour avoir les réponses : voir le film ! Mais il ne faut surtout pas formuler ces questions ! !

 

(17h33) : un mec passe en fauteuil roulant (à moteur) devant « L’Écluse »… Maintenant, je les remarque !

(Nota : souvenir du fauteuil roulant du copain paralysé de René (qui m’avait emmené alors que j’avais fait caca dans ma culotte) = scénario = lien avec ça ?

 


Caca = castration (l’inconscient bégaie… !)

 

24/07/986

 

TÉLÉVISION –  3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Aujourd’hui : deuxième jour de tournage reportage pour maquette Télé-Union…

 

Hier soir : j’avais commencé à m’endormir (après que Mathilde m’ait fait chier, me traitant de « vieux » parce que j’étais somnolent (because levé tôt pour tournage). Un coup de fil de Victor U. à 10h30 me réveille  fureur en moi parce que je n’arrive pas à dormir  je mets beaucoup de temps à retrouver le sommeil…

Ce matin : mis réveil à 6h30 ! ! ( Tournage à 8h30 à Boulogne !)

Mal fou à me réveiller. Résultat : 1h30 de retard ! !

Je me calme comme je peux et arrive au tournage (après avoir prévenu L. par téléphone et dit (mensonge) que j’avais pris des somnifères et que pas réveillé à cause de ça…

 

La journée se passe (L. ne me dit rien quand j’arrive), mais je sens une tension avec la petite Marie-Noëlle (qui m’a mis sur le coup…)

Elle ne fait pas le boulot d’assistant (je dis bien fort que je vais acheter du scotch double face : elle ne réagit pas ! (Cf. Cappa sur les « bottes de sept lieues »…)  cette comparaison est bienvenue car, sur les « Bottes », je faisais mal (ou pas) mon travail parce que j’avais quelque chose contre François Martin.

Et c’est ce que je me suis dit à propos d’elle…

Je l’ai prise à part. Elle m’a assuré qu’elle n’avait rien contre moi, mais qu’il y avait un malaise parce que j’étais arrivé en retard 

 

Je ne l’ai pas compris tout de suite mais, m’ayant mis sur le coup, elle se sentie « mise en danger » par moi. Sur le coup, je l’ai cru partagée entre fidélité à L. et son estime pour moi…

C’est plus prosaïque…

 

Je lui ai fait remarquer pour le boulot… « Je ne suis pas assistante, je veux bien rendre des services. Il fallait demander… »

 – « Il fallait être sur le coup… »

 – « Tu es ridicule ! »

Elle s’éloigne…

Fin de séquence.

 

25/07/1986

 

ÉCRITURE

 

Aveugle, sourd et bavard…

 

CINÉMA – – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE » 

 

Beth Shorter pour rôle Billie Holiday :

« J’ai travaillé le rôle de Billie en regardant longuement ses photos… » (cf. Cora dans « Melissa »…)

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN » – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Lu il y a deux ou trois jours synopsis (manuscrit « L’amour de loin ») à Mathilde.

Remarque : non à l’épouse paralysée.

D’accord, mais par quoi remplacer ? (Il faut une raison à ce que Serge se dérobe à l’amour de Sarah. Raison puissante).

Mathilde propose qu’elle soit intérieure : blessure pour cause de déception passée…

Possible. Mais comment l’exprimer ? Ce n’est pas concret comme la femme infirme, ça supprime une scène avec suspense sur plans Serge…

(Dommage !) Supprime côté mélo (« prisonnier du devoir »…) Ça me fait donc hésiter…

Travailler l’autre version :

 

La question vraiment intéressante qui pourrait se poser, c’est :

Un certain nombre de signes de la blessure de Serge apparaissent au long des scènes.

Sont-ils involontaires, non-programmés ? Où sont-ils mis en scène, par Serge, volontairement ? Dans quel but ? (Il faut qu’il y ait un but sinon pas de projet… !

On ne peut percevoir un projet que si on en voit le but… !)

 

Donc : possible scène Sarah-Jean-Louis à propos de ça : telle et telle choses sont-elles voulues par Serge ?

(Ça donnerait une face de plus au polyèdre : face « analyse des images » (retour en arrière – recherche d’un time code – notation time code – etc.…), « instant-replay », « and so on… »)

 


Je me demandais, tout à l’heure, en remontant les Champs Élysées, si le film (« Voleur de bicyclette ») était bien choisi ?

 

VÉCU – MUSIQUE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

(17h35)

 

J’écoutais radio dans voiture. Fille chantant (une « lozérienne »…) (note non terminée cause roulage. Que voulais-je écrire ? C’était sur la route de Soissons pour aller chez Solange V.…

 

Je pense que je devais vouloir parler de mes exaltations anciennes…

(en voiture…)

 

28/07/986

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

Hier soir, terminé le deuxième synopsis de « L’amour de loin ». Je l’ai relu ce matin et envoyé à Solange…

J’avais écrit un compromis entre femme infirme et pas de raisons extérieures (version Mathilde, qui n’aimait pas qu’il y ait mensonge en dehors de la fiction du film) Compromis : une femme et des gosses.

Sur ce, hier Maman m’appelle et me ré-engueule, ou plutôt je re-gueule (car cause : « Je vous en veux, à Jocelyne et toi, il ne fallait pas quitter le statut, tu aurais fait ce que tu aurais voulu… »

 – Moi : « De quoi tu te mêles ? »

De fait, elle ne sait pas de quoi elle parle et c’est ce qui m’agace.

Je raccroche (violemment) et me met à engueuler Mathilde sur le thème : « Tu ne m’aides pas à payer mes dettes. Tu as un mec qui a une épine dans le pied. Je sais que tu fais ce que tu peux, mais, objectivement, ce n’est pas assez et je voudrais que tu me dises : « J’aimerais faire plus… »

Ce à quoi elle répond : « Moi, je ne dis pas, je fais… Une fois de plus (la centième ?) elle montre qu’elle paye beaucoup.

Donc elle se fâche et alors que j’hésite, pour le compromis, refuse de me répondre lorsque je veux lui demander son avis.

Peu à peu, on se calme (je lui demande de m’excuser d’avoir été injuste). On en parle le soir, dans restaurant italien plein de moucherons (!).

Elle dit qu’elle préfère encore femme infirme, mais je sens qu’elle préfère « sa » version. On voit ensemble les détails (je lui raconte idée Sarah vouloir contrôler ses questions + montage moment blessure Serge).

Elle trouve que lors de la scène écrite par elle où elle dit qu’elle l’aime et veut être présente dans sa vie et pas dans son film, il ne répond pas (mire de barres à la place plan de lui), répond par nouveau scénario donné par Jean-Louis  Sarah rompt.

 

Je suis content de ce texte. Très dans la ligne « Sibylle » mais « Sibylle » = court-métrage. Succès confidentiel…

Une histoire comme « L’amour de loin » pour la télé… ?

 

On verra bien. En tout cas, j’en suis fier… !

 


Pour ce qui est de la raison de Serge, je réponds par le mystère. On sent qu’il y en a une mais on ne sait pas laquelle…

 

30/07/1986

 

VÉCU

 

(14h15 – Restaurant « La Galtouse » rue Pierre Lescot)

 

Suis venu déjeuner là seul, en attendant rendez-vous à Télé-Union pour visionnage.

 

Bien-être. Félicité ( ah ! Le double sens des mots… !)

Grand soleil.

Douce chaleur.

Jazz dans la rue. Pas loin. Silence. Ne pas être obligé de parler… !

Je deviens silencieux. Quand je pense que je harcelais Colette pour parler, parler, sans cesse ! (Je pense à l’identification à l’objet perdu…)

 

(Flics passent en courant, main sur le flingue à la ceinture… Une femme-flic (idem) les suit en criant : « Prenez des précautions… »

D’autres suivent en courant. Tout le monde se retourne pour les voir passer… Quel monde !)

 

TÉLÉVISION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

Suite du retard sur tournage :

 

Le lendemain matin, me suis retrouvé dans bureau de L.. Il ne disait rien. Ça aurait pu en rester là. Mais je dois analyser mouvement compulsif chez moi (cf. G. : « conflits aggravés ou fuis… ») : il fallait que j’en parle, que je « fasse du drame » :

 – « Tu n’as rien à me dire ? Au sujet de mon retard ?

 – « Hier je n’étais pas content, c’est vrai. »

 – « Tu peux me virer si tu veux… » (! ! !)  Cette phrase le fait sourire (et que je le comprends !) Je dis que je suis désolé d’être arrivé en retard, et que je ne veux pas être comme un enfant arrivé en retard à l’école et qui se sent puni

 

Idem pour discussion avec Marie-Noëlle : peur en moi alors  agressivité.

Somme toute, ce retard m’ « appartenait ». Quel besoin avais-je d’aggraver les choses ?

Toujours l’aggravation, au mépris de toute analyse lucide de la situation (et du rapport de forces). Il est bien évident que si Marie-Noëlle avait été une assistante (stricto sensu) engagée par moi, le rapports de force eût été différent. Mais elle est « maison » à Télé-Union (liens familiaux ?)

 

Fin du tournage : parlé de ça à Philippe J. (inutile) et à Edwige A. (utile, mais elle m’a déconseillé d’appeler L. sur le champ : « Laisse passer du temps »  excellente réaction. Facteur temps et non-crispation. Il n’y a que les névrosés comme moi pour ressasser (cf. G. encore).

 

Il faut à cette série d’événements une vigoureuse saisie analytique !

 

CASTRATION 

 

On la retrouve dans discussion avec Mathilde à propos du fait que je parle beaucoup de moi  inquiétude sur moi-même.

Perpétuelle réaction de colère chez moi parce que je ne suis pas quelqu’un qui bénéficie d’un a priori favorable sur ses projets. Obligation d’être perpétuellement soumis aux jugements.

« Ce sera toujours comme ça… » (Mathilde)  colère en moi.

 

MA MÈRE

 

Maman m’a appelé car départ en vacances (ai écrit là-dessus. Je veux lui écrire là-bas).

 

VÉCU – TÉLÉVISION

 

Au cours de cette réalisation de maquette Télé-Union, rencontré Fifi (le muet de Canal +) Il sort un disque. Lui ai proposé un scénario de clip (exploiter ce personnage de muet, en le dédoublant. L’un chante, l’autre se tait (mais est agressif) + rappel de l’émission « Tout s’achète » qui l’a fait connaître. Je dois organiser une projection de « Sibylle » pour lui et la monteuse Marion C. (retrouvée pour ce montage) car je pense à lui proposer montage vidéo fiction si j’en fais et dois lui donner scénario « Mélissa » à lire.

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Eu idée (chez Solange V., vendredi dernier) :

Personnages d’une fiction dédoublés car il y a deux auteurs et ils ne voient pas les personnages de la même façon… !

 

31/07/1986

 

 IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Un type s’aperçoit un jour (plus exactement un matin… C’est l’aube, il est couché. Il est réveillé par envie de chier, mais il ne veut pas se lever. Il parvient se rendormir. En se réveillant, il n’a plus du toute envie de chier et ils découvrent par terre, à côté de son lit… (quoi ? Ça reste à voir)

Bref, c’est la « transmutation du caca »…

Dès lors, partout, quand envie de chier, il attend que ça passe et, caché quelque part, il y a l’objet substitutif…

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA – « SIBYLLE »

 

Conclusion de la « honte » dans rapports avec la petite Marie-Noëlle : l’ai invitée à projection « Sibylle » (organisée pour Fifi en vue clip ?) C’est bien ainsi. Il est excellent que je sache ne pas être rancunier, que je sache dominer un problème ou plutôt l’évacuer… (à rapprocher de l’idée d’aujourd’hui ?)

 

02/08/1986

 

LITTÉRATURE – CITATION – PROUST

 

Proust (in « Jeunes filles en fleurs » p. 143 Livre de Poche) :

 

« Les arguments de Monsieur de Norpois (en matière d’art) étaient sans réplique parce qu’ils étaient sans réalité. »

 

03/08/1986

 

3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

(Dimanche – 12h10)

 

Ce matin : violente bagarre avec Mathilde. Je lui ai donné des coups de poing.

 

Hier soir : restaurant. Discussion à propos d’Agnès.

 

Mal.

 


(0h20)

 

Dans l’après-midi, ça a recommencé et j’ai tapé encore plus fort.

Elle s’était blessée en tombant sur un éclat de porcelaine, je l’ai pris et je me suis tailladé le bras avec.

 

ÉCRITURE

 

Un titre qui reflète bien ma désillusion :

« Quelques jours il y a vingt ans »

 

3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – AGNÈS

 

(01h)

 

En allant se coucher, Mathilde m’a dit : « Je regrette ce que je t’ai dit hier soir. »

 

Je suis allé m’asseoir près d’elle, sur le lit, dans le noir et je me suis mis à pleurer. J’ai pleuré longtemps, à gros sanglots.

Je pleurais sur l’enfance d’Agnès (la mienne aussi, sans doute).

 

ÉCRITURE

 

   De quoi avez-vous le plus horreur ?

   De décrocher ma robe de chambre de la patère et découvrir qu’elle a une manche retournée…

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – FEMMES

 

J’ai peur des femmes.

Je me méfie d’elle, je les hais.

 


Je ne suis plus vraiment bien que chez moi.

Je suis devenu un vieux.

 

05/08/1986

 

 ÉCRITURE

 

   De quoi avez-vous le plus horreur ?

   De m’accrocher par la manche à une poignée de porte…

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Je suis très mal !

 

« SIBYLLE » – CINÉMA – TÉLÉVISION – RÉFLEXION

 

Hier : projo « Sibylle » pour Fifi (en vue clip ?), Marion C. (j’ai remis scénario « Mélissa » + synopsis « L’amour de loin »), Camille G. et une copine (black) à elle : Chantal.

 

Dîné ensemble après. Discussion.

Chantal a vu dans « Sibylle » une « réalité ».

Expliqué que pour moi peu importe.

Camille a raconté : avec une copine après mort de sa mère. Un papillon noir entre dans pièce quand elles en parlent.

Moi, je parle de « Prénom Carmen », la scène de la télé : télé = femme dans le film. Télé # femme dans la réalité.

Je cherche « ce qui fait sens », sans me soucier du lien réel des choses que je relie et dont le lien fait surgir le sens (et le mystère, deux faces indissociable de la même pièce de monnaie).

Métaphore = intéressante lorsque trop complexe pour être verbalisée.

Mystère = sens deviné mais informulé. Ressenti (je parle du langage qui continue par d’autres moyens). On ne dit pas : « Ah ! Je comprends que tu ne m’aimes plus ! » Mais on a mal au ventre. Sens et corps.

Évidemment, le problème qui se pose à moi c’est qu’à vouloir créer du sens et du mystère au sein de l’œuvre seulement, on peut se demander quel intérêt peut présenter une œuvre sans rapport au réel ?

Certes, on peut biaiser en disant que les rapports existent mais indirects.

Et puis, exploiter le capital imaginaire même s’il n’est fait que d’illusions (ainsi les mythes charriés par « Sibylle ») n’est-ce pas, à soi seul, un objectif ?

On veut, à toute force, que l’Art ait rapport au Réel, mais l’Art est-il pas le refuge et la consolation d’un imaginaire prémâché par l’artiste ?

Y a-t-il de vraie consolation autre qu’imaginaire, en fait ?

 

Lorsque des gens, lisant des projets, demandent à ce que les personnages soient « crédibles », ils veulent dire, je crois, qu’ils souhaitent que leur imaginaire permette une identification assez universelle (?)

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

Ce qui est fascinant dans « L’amour de loin », c’est que l’illusion sur laquelle fonctionne Serge (être « avec » Sarah  « sans y être ») est une illusion, je crois, universelle, puisque c’est à la fois l’amour et le cinéma !

 


Si ce projet-là ne se fait pas, c’est que l’essence même de ce que je crois être mon talent ne « passe » pas auprès du public… ! (Note du 28/08 : ou auprès des « décideurs »…?)

 

J’attends avec impatience les réactions de Salles, mais, après tous ces mois, la patience chez moi et comme « en sourdine », par la force des choses…

 


Et puis, après Salles (en admettant qu’il aime, ce que je crois possible) quelles seront les autres obstacles ?

 

Nom d’un chien  (« Bobby » !)

 

10/08/1986

 

VÉCU – IDÉES – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Travaillé avant-hier soir avec Mathilde sur idées (récapitulées dans carnet depuis le début : « Imaginairecollection »)

 

CINÉMA – COURT-MÉTRAGE – PROJET « L’AGRANDISSEMENT »

 

Idée de « Alice » enfermée dans l’appareil photo dont on voit l’ombre sur photo.

Parvenus ensemble avec Mathilde à un scénario :

Photographe photographie une femme (avec ombrelle) est un homme inquiétant à l’arrière-plan de son sujet (la femme semble vouloir fuir l’homme).

Puis prend autres photos. Lorsqu’il développe son rouleau : ombre femme avec ombrelle sur toutes les photos et à la place de la femme de la première photo : un « trou noir ».

Photographe revient sur lieue première photo et retrouve le même homme inquiétant qui cherche quelque chose. Il va vers lui, mais l’homme s’enfuit. Plus tard dans la nuit, il entend du bruit chez lui. Se lève, trouve l’homme inquiétant entrer chez lui qui s’enfuit. Trou appareil photo ouvert, ouvre l’obturateur et sort de l’appareil une ombrelle miniature…

La pose sur photo-contact avec ombres : ombrelle de même dimension…

 


Mais depuis réfléchi à d’autres embranchements.

 

11/08/1986

 

VÉCU – MA MÈRE – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Ce matin : lettre de Maman. Pas un mot de « reconnaissance » de ce que j’ai dit.

Silence. Elle est terrible ! Elle, elle, toujours elle !

Au courrier aussi : une carte de Marc B., des USA, qui m’a fait bien plaisir…

 

Hier, en promenade avec Mathilde, vu un soupirail.

Pensé à un « soupirail juif »

 

 

Hier, Victor à la maison (rejoint plus tard par Régine).

Il n’était ni agressif ni méprisant (sauf peut-être qu’il me dit que « je dormais » et que je ne « connaissais peut-être pas mon métier »).

Ce fut agréable.

Il veut que je sois officiellement « propriétaire » d’une voiture qu’il va acheter (cause impôts). Je lui ai dit que ça prouvait qu’il me considérait comme con, mais aussi comme honnête… !

 

 

VÉCU – SOCIÉTÉ – ARGENT – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

(15h10)

 

Tout à l’heure, alors que je m’apprêtais à retirer de l’argent au « César » de la place Gambetta, un type m’aborde et me propose d’aller à 16 h au Novotel pour le lancement d’un nouveau mensuel : « L’essentiel »…

Comment peut-on prétendre avoir concentré l’» essentiel » dans un journal ?

 

Je suis embêté car j’ai peur de puer des pieds, à cause que j’ai mis des espadrilles, croyant être seul… !

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

J’ai revu des photos de moi, hier soir, en fouillant papiers, remontant à 1981-82 (?) : j’étais mince !

Chaque fois, je suis surpris de ma minceur passée, que je vis sur le moment comme de l’embonpoint !

Aujourd’hui, je suis réellement gros. Il me faut donc pas s’étonner que je n’ai (guère) de succès…

 

LITTÉRATURE – CITATIONS – PÉGUY

 

« Ils ont les mains blanches, mais ils n’ont pas de mains… » !

 

12/08/1986

 

TÉLÉVISION – PROJET « HISTOIRES VIDÉHORRIBLES » – CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

Jacques Salles au téléphone. Pas avant septembre… !

 

14/08/1986

 

MUSIQUE – CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

Écouté sur FIP :

Nat King Cole (« Stardust ») (Pathé Marconi – Greatest hits)

 

Pour « L’amour de loin » ?

 

23/08/1986

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – CINÉMA – COURT-MÉTRAGE – PROJET « L’AGRANDISSEMENT »

 

(Samedi)

 

Paris. Rentrés de « vacances » (semaine dans Alpes et sur Côte d’Azur) jeudi soir.

Il fait mauvais ici, il pleut. Depuis hier.

Mon moral n’est pas bon.

Avais eu envie de déposer projet court-métrage (histoire de la femme dans l’appareil photo), mais l’ai racontée hier soir à Jean M. et, depuis, je suis déprimé, ne le trouve plus bon.

Eu pendant cette semaine de promenade une idée pour film comique :

 

 

 IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE (?) – PROJET « PERSONNAGES DÉDOUBLÉS »

 

Tout est dédoublé : une femme éternue deux fois : son compagnon lui dit : « À tes souhaits, à tes souhaits. » Elle répond : « Merci, merci. »

À table : « Passe-moi le sel, passe-moi le sel. » Il répond : « Voilà », il tend une salière et « Voilà », il tend une deuxième salière (ou : « Voilà, voilà » et il passe successivement deux salières).

Qu’est-ce qui est dédoublé dans le décor : tout : ou seulement ce qui va servir deux fois ? (On pourrait deviner ainsi l’action qui va suivre…)

 

24/08/1986

 

CINÉMA – CITATION

 

Article d’Alain Schifres in Nouvel Observateur du 04 au 10/08/1986 

 

« Le syndrome dit du « Dernier tango » où les financiers entrevirent pour la première fois qu’on pouvait avoir le beurre et l’argent du beurre. »  Je trouve ça très drôle !

 

CINÉMA – COURT-MÉTRAGE – PROJET « L’AGRANDISSEMENT »

 

J’ai fait l’essai de mettre quelque chose (deux dés) entre objectif et plan film, pour le projet de court-métrage :

Je n’avais pas pensé que l’image est inversée par rapport à la réalité sur le plan film. Résultat : mes dés étaient en haut de mon image !

Aussi la fille enfermée dans l’appareil serait-elle suspendue eu haut des photos… N’importe qui – même un non professionnel – penserait alors à aller voir dans l’appareil.

Donc fait évoluer le scénario dans un sens différent. Y reviendrai car actuellement je doute. Je ne sais pas si je le déposerai.

 

25/08/1986

 

CINÉMA – COURT-MÉTRAGE – PROJET « L’AGRANDISSEMENT »

 

Nouveau scenar 

Tronc commun :

Photographe photographie fille ombrelle, accompagnée d’un homme.

À l’instant du déclenchement, elle porte la main à son cœur et s’écroule. Regard de l’homme au photographe. Elle est morte. Photographe s’en va.

Mec suit photographe jusqu’à chez lui. Le photographe s’enferme, baisse volets (à tourner rue de la Chine, à la maison), s’endort. Réveillé par bruit, se lève, sort dans salon.

De là, deux options :

1/ Il trouve l’homme et la femme, qui sortent par le balcon (option choisie (28/08/1986)

2/ Il trouve l’homme qui sort par le balcon. Il y va, le voit s’enfuir dans la nuit avec femme.

Il rentre dans le salon.

Options :

1/ Voit un mot sur table « Merci », puis voit appareil ouvert et en sort la petite ombrelle (option choisie)

2/ Une fois l’appareil ouvert, en sort l’ombrelle puis voit mot : « Merci » (moins bon) (un mot, c’est visible. Ça se voit en premier. Cf. 1/ci-dessus)

3/ Voit appareil ouvert, en sort l’ombrelle. Pas de mots « Merci ».

Appendice facultatif :

Il développe rouleau (que l’homme aurait rembobiné) et, sur photo fille ombrelle : à sa place, silhouette noire. (Non)

 


J’hésite (voir choix plus haut) entre toutes ces options car, comme je l’ai dit à Mathilde, ma devise est : « Le mystère oui, la confusion non… » !

 

27/08/1986

 

VÉCU – CINÉMA – IDHEC

 

Un mot vieux de 20 ans ne revient… !

Un mot d’un Brésilien de l’IDHEC (C. da S.), en cours de cinéma avec M. :

 – « Qu’est-ce que le dépouillement ? »

 – « Le dépouillement, c’est le strip-tease du scénario… ! »

 

Commentaire du 24 mai 2018

 

Oui, tout le monde avait beaucoup ri !

 

   Commentaire écrit à 71 ans

 

VÉCU – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

 (15h10)

 

J’attends à la banque réactivation César bloqué, pour avoir des sous…

j’imagine image 

 

César (distributeurs de billets) ouvert et, par la fente, des billets, qui sortent, l’un après l’autre, sans discontinuer et s’envole au vent…  réaction des gens ?

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION – EXISTENCE 

 

Les jours se suivent et se ressemblent.

Le soir vient. Je me retrouve dans mon lit, confortable. Je ne le reproche, mais que faire ? Ne pas dormir ? Je me demande toujours si mes jours ont été occupés à quelque chose qui a de l’avenir !

On ne parvient pas à imaginer que tout ça, toute cette vie, toute notre existence ne débouchera sur rien, sur rien d’autre qu’elle-même… !

 

LECTURE – PROUST 

 

En ce moment, je relis Proust, en annotant beaucoup.

La date d’achat sur les bouquins : 67.

Des notes datées de 71 prouvent que je l’ai déjà relu, mais en restent peu de souvenirs.

C’est beaucoup plus facile à lire qu’on ne le dit…

 

CINÉMA – COURT-MÉTRAGE – CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

Hier chez Renaud B., lui raconter projet de court-métrage ainsi qu’à une copine à nuit : Sylvie M., journaliste.

Leur impression ? Ils ont dit oui, que c’était bien, qu’il fallait le faire, mais je ne sais… (approbation de politesse ?)

Trouvé un titre :

« L’agrandissement »

Moi qui l’ai tant cherché, en vacances, il est venu tout seul, comme ça.

 

Je n’ai plus d’enthousiasme…

 

Heureusement que je me masturbe et ne désire pas Mathilde comme Colette, sinon je la battrais pareil. Lamentable névrosé…

 

Toujours parano, je m’irrite qu’on ne m’appelle pas, qu’on ne me réponde pas, qu’on ne me lise pas…

 

Je suis égoïste, mais n’admet pas que les autres le soient…

 

CINÉMA – ROMAIN GOUPIL

 

(3h30

 

Vu à la télé : « Mourir à 30 ans ». J’y repense beaucoup depuis. Peut-être surtout parce qu’à quelques années près, il s’agit de ma jeunesse.

Émotion à voir ces images « d’époque » en noir et blanc, bougées, à gros grain, avec ces coupes de cheveux, ces fringues…

Je repense encore à Krivine parlant de la « violence de masse »

 

28/08/986

 

VÉCU – POLITIQUE – SOCIALISME – IDHEC – RÉFLEXION

 

Repensé aussi à un de des « militants » parlant de la guerre du Vietnam :

 

« On ne parle pas du Vietnam à cause des petits vietnamiens qui meurent et tout ça… mais parce que la révolution vietnamienne est une révolution socialiste… »

 

Les petits vietnamiens qui meurent… C’était négligeable ! Ce qui comptait, c’était la « justesse » politique…

On a vu ce que ça a donné… Ils étaient « justes », les vietnamiens. Justes bons à crever et à être opprimés (par les communistes)

Par hasard, simultanéité : hier le film, aujourd’hui dans le Monde, dans le cadre de la chronique des années 60 : Mai…

Un journaliste écrit que ce qui reste de Mai, c’est que les gens se parlaient, des gens qui ne se connaissaient pas et n’importe où…

C’est vrai que c’est ce qui me reste (la parole prise en 68 comme la Bastille en 89…)

Mais une parole qui n’était riche que d’elle-même, car nous avions tous au fond de nous, alourdis par lui, le poids du réel et c’est bien de ça qu’on parlait : « Comment ça pourrait changer ? » On n’y croyait pas, on le désirait, mais sans y croire (et aussi en en ayant peur…)

 

Et moi, avec ma théorie de la « rotation des responsabilités »…

Aujourd’hui encore, je me demande si j’étais si con…

Je l’examine, ma théorie (placer chacun son tour aux postes de responsabilité) et je me dis qu’elle est impraticable, mais ce n’était pas plus con que d’autres théories, après tout 

(elle est impraticable à cause de :

 – nécessité d’un savoir que tous n’ont pas

 – Nécessité d’une continuité des hommes pour continuité de la stratégie du groupe…

 

Mais – dans l’ordre du délire – ça se discute : le savoir pourrait être distribué également et la stratégie pourrait être décidée collectivement, pour le long terme, les décisions des « responsables passants » ne pourraient la contredire…

Me revoilà socialiste !

 

Bien sûr, ladite théorie, je ne l’avais échafaudée que parce que j’étais jaloux de voir C., C., E. et d’autres… s’enfermer dans le bureau « des chefs »…

Narcissisme. Égocentrisme. Volonté de dominance. Ne pas l’oublier.

Je n’en suis pas conscient depuis si longtemps…

 

29/08/1986

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME -RÉFLEXION – ANGOISSE – MORT – ABSURDE – FEMMES – MARIELLE

 

(Samedi – 6h30)

 

Ne réveil.

Angoisse. Pensée de mort.

Mais c’est moins cela que pensée que possible vie anonyme, c’est le cas de tant de milliards de gens !

Mon talent ? C’est comme aux échecs, il me manque ce qui fait les champions.

 


Je crois que j’ai seulement mal digéré (seul à la maison hier soir – rien à manger – me suis fait spaghetti à la sauce. Sauce mal cuite et voilà.)

 

Assis sur canapé, pensé à Marielle. Au destin.

 


Je repense à la phrase de Camus : « Il faut imaginer Sisyphe heureux… »

Il y a des choses que je n’ai comprises (et ne comprendrai ?) que bien longtemps après les avoir lues… (et vécues ?)

 


La mort. Comme dirait Zyf : « Et puis il n’aurait jamais existé… »

 


Des objets, des objets pour faire, pour exister avec…

Ce que j’aimerais en ce moment :

 – Un lecteur disque laser

 – une caméra vidéo

 – une bonne machine à écrire 

 – un zoom, pour l’appareil photo

 – un spotmètre

 – le décodeur de Canal+

 

Il n’y en a d’autres, mais ça ne vient pas…

 

ÉCRITURE – PROJET « MOTS CROISÉS » 

 

Il y a un texte que j’ai envie d’écrire, c’est celui sur les mots croisés…

 

VÉCU – EXISTENCE – RÉFLEXION – CORSE – POLITIQUE – INDÉPENDANTISME – CITATIONS – LAVILLIERS

 

(07h09  Je ne me rendors pas)

 

Symbolique ironie : sur Canal+ (brouillé) : le titre d’un dessin animé : « This is a life ? »

 


Encore des attentats en Corse cette nuit.

Ces connards indépendantistes qui continuent !

Dans le genre crétins obstinés, on ne fait pas mieux !

 


Lavilliers : « Je vais peut-être enfin savoir pourquoi toutes les nuits j’attends un jour de plus… »

 


J’ai compris ce que c’était d’être vieux : c’est avoir renoncé (du moins pour ce qui me concerne).

Tant de désillusions, de déceptions… !

 

01/09/1986

 

VÉCU – MA MÈRE

 

La « rentrée »…

Et pour moi, qui ne suis jamais « entré »… ?

 


Hier, je ramène chez elle Maman qui était venue dormir à la maison. On s’engueule, bien sûr. Elle me dit : « Tout le monde a ses raisons… ! » : Elle a redécouvert la « Règle du jeu »…

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE (?) –  PROJET « PERSONNAGES DÉDOUBLÉS »

 

Je me suis demandé – hier ? – si on ne pouvait pas combiner en un seul film mes deux idées :

1/ Personnage dédoublé parce que deux auteurs

2/ Actions et dialogues répétés deux fois…

Ça vient à l’esprit, bien sûr. Il va falloir que j’y pense

 

VÉCU – LITTÉRATURE SENTIMENTALE

 

Posté ce matin les deux nouvelles à Anne-Marie J. des Éditions Mondiales.

J’ai « honoré mon contrat »…

 

3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Hier matin, grosse engueulade avec Mathilde parce que, alors que je suggérais qu’on se passe de voiture, elle m’a dit : « Je ne veux pas de solution de régression… » J’ai répondu : « Il n’y a pas de solution, parce qu’on n’a pas le choix… ! »

Et, plus tard : « Avec toi, ma vie est triste. »

(Cf. retour de vacances : « Tu es blessé, c’est pénible à supporter pour moi. »

 


J’ai failli partir deux fois. La première, elle m’a rattrapé (avenue Gambetta), la deuxième (parking Rosny-sous-Bois), c’est moi qui suis revenu, car je ne voulais pas annuler le week-end avec Agnès (et Maman). Je voulais la fuir, ne voulais pas être à la maison avec elle.

 

Toujours la fuite, comme solution « obligée », comme la seule possible.

 


Sommes allés au cimetière, avec Maman et Agnès. Y avons retrouvé Odette (« anniversaire » mort Nini : le 30 août).

Maman parlé des rêves. Dit qu’elle ne rêvait jamais à nos morts. (Elle en avait rêvé la nuit d’avant : Nini couvert de sang dans un accident).

J’ai dit que moi, j’en rêvais assez souvent, voulant montrer par là que je pensais à eux.

 

VÉCU – MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

 

(Bistro « l’Obligado » – 15h20)

 

Aujourd’hui : reprise des séances. J’ai failli l’oublier !

 

CINÉMA – PROJET « L’AGRANDISSEMENT »

 

Il faudrait que j’écrive le découpage de « L’agrandissement » pour le déposer, comme me l’a conseillé Joe F., qui ne revient qu’en octobre (elle est directrice de production sur deuxième long-métrage de Laurent Perrin).

 

ÉCRITURE – PROJET « MOTS CROISÉS » 

 

Je pense à contacter un « fabricant » de grilles de mots croisés, pour lui parler de mon projet de nouvelle (le jeune et le vieux), mais cela « se fait-il » ? Et que va-t-il pouvoir m’apporter ?

Un avis, une réaction ? Un contact ?

Des définitions ?

Je ne sais pas.

 

Qui ?

Scipion ? (Nouvel Obs)

Voir qui dans « Le Monde » ou « L’événement »… ?

 

VÉCU – PHOTOGRAPHIE

 

Récupéré photos de vacances.

Photo en noir et blanc d’un criquet sur toit de la voiture  « sur lac gelé ».

Envie de l’agrandir…

 

01/09/1986

 

 IDÉE – TECHNIQUE

 

TECHNIQUE,CINÉMA OU TÉLÉVISION,IDÉE POUR UN PLAN,TRAVELLINGS 

 

 

A = paysage qui se déplace (subjectivement) par rotation de la caméra autour de l’élément au premier plan, latéralement.

B = élément qui descend (subjectivement) par travelling ascendant de la caméra le long de lui.

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – zelda

 

Tout à l’heure, sortant de l’Euromarché Rosny, Zelda parlait avec sa mère, me semble-t-il, de son père et du « kasher ». Je m’immisce : elle ne veut pas à m’en parler. Ça me blesse.

Mais, plus tard, dans la voiture, on se caressait, sa mère et moi, et elle dit : « J’aime Roberto ».

 

Je crois que je suis, par elle, repoussé, comme rival du père, et aimé comme aimé par la mère…

 

Toujours pareil : ne pas s’arrêter à une première vision…

 

CINÉMA – TÉLÉVISION – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE »

 

Je note avec avidité le nom de martial Barrault, directeur photo de « Cyril Tourneur » de Jean-Pierre Gras. Exactement l’image dont j’ai envie pour « Mélissa » (copro Ina, maison culture Grenoble,. Direction de production : Module Média.

À contacter… ?

 

vécu – ÉCRITURE

 

« À la naissance de sa fille, un cousin lui avait dit : « Ce serait formidable de faire une image d’elle pendant huit ou dix ans, toutes les semaines, pour la voir pousser comme une fleur… »

Il ne l’avait pas fait, alors qu’il était cinéaste, et c’était le plus grand regret de sa vie.

Aussi, à l’âge de 50 ans, fit-il un second enfant… »

 

03/09/1986

 

CINÉMA – PROJET « L’AGRANDISSEMENT »

 

Vu hier Bourboulon à son bureau pour parler du projet de court-métrage « L’agrandissement ».

Il l’a lu ainsi que son associé Albert Prévost.

Au début, il n’ont pas compris la chute puis ont pensé qu’en image, ce serait plus clair.

Je dois le découper.

Ils doivent le budgéter.

 

Pensé que, pour plus de clarté justement, on pourrait faire que la fille a un malaise avant qu’il ne la photographie. Il est là, debout, parmi les badauds, alors qu’elle est allongée, il lève son appareil, vise et seulement lorsqu’elle « rend le dernier soupir » appuie sur le déclencheur.

Le bruit du déclencheur fait se retourner l’homme qui regarde photographe (photographier une mort = violation d’un tabou. Ça ne se fait pas. Indécence).

 


Parlé avec Frédéric Bourboulon de son silence après lecture « Sarah ».

« C’est la faute à pas de temps » a-t-il dit. Et je le crois.

« Caractériel comme tous les réalisateurs… » a-t-il jugé.

 

MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

 

Je reviens sur ces gens qui ne m’appellent pas.

G. analyse en moi ce côté « parano » 

 – « Qu’est-ce qu’ils vous reprochent ? » a dit hier G. en séance (la première de l’année, c’était hier la reprise).

 

Je me fabrique des histoires là où il n’y en a pas.

 

Manque d’amour, c’est sûr. Mais les gens aiment là où ils veulent, c’est leur affaire. On ne peut aimer partout.

 

ÉCRITURE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

« L’amour est une chose trop sérieuse pour la laisser aux névrosés… »

 

VÉCU – CHOSES ENTENDUES – HUMOUR

 

(14 h)

 

Je déjeune dans une pizzeria, Champs-Élysées.

À côté de moi : une petite blonde. Un type assis près d’elle la drague :

« Vous êtes déjà venue à Paris Parlez bien dans le micro »

Plus tard :

 – « Oui, c’est l’avenue de la Grande armée. Écoutez quand on vous parle ! »

 

Drôlerie, savoir-faire (savoir dire) et cruauté (c’était une petite provinciale un peu timide).

Les mecs avec les filles : souvent j’ai remarqué cette moquerie cruelle…

Et ça marche !

 

 – VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

hier soir,

Mathilde à moi :

 – « Si tu étais un objet : de la pâte à modeler… »

Un animal : un ours…

Ta plus grande qualité : la tendresse…

Ton plus grand défaut : ton égoïsme…

 

Moi à Mathilde :

 – objet : un gant de toilette

 – animal : koala 

– qualité : la tendresse

 – défaut : la maladresse…

 

TÉLÉVISION

 

(16h30)

 

Allé à un rendez-vous avec Arquer (Analyses Cinématographiques)

Très courtois, très attentif et très élogieux.

N’a rien pour l’instant, mais peut-être…

 

Entrevue satisfaisante

 

ÉCRITURE

 

Dans la série les phrases absurdes (subtilement) :

« Il fit montre à son égard d’une secrète hostilité… » 

 

Commentaire du 17 septembre 2015

 

Exemple peu clair, mais le principe de la contradiction interne est possible

 

   Commentaire écrit à 69 ans

 

MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

 

Séance d’aujourd’hui :

 

« Vous avez de la peine à admettre que quelque chose en vous tend à détruire ce qu’il y a pour vous de positif »

 

(À partir épisode Horbette à propos duquel il me dit que j’ai fait en sorte de le décevoir.

Je le conteste absolument.

 

Thème de la déception :

 

« Vous réglez des comptes avec votre père et votre mère. »

 

Moi : déception généralisée : moi par parents – parents par moi – mère par père – et père par sa mère (lapsus qu’il souligne). Je rappelle que mon père s’est marié contre le gré de ses parents).

 

VÉCU – CHOSES VUES – HUMOUR

 

Dans hall Arquer, une image marrante : portrait (sur toile) avec un nom : « Descartes ». Collée sur visage : deux cartes à jouer… !

 

05/09/1986

 

LECTURE – LITTÉRATURE – PROUST

 

Ce serait intéressant de compter combien de fois le mot « comme » apparaît dans « À la recherche du temps perdu »…

 

06/09/1986

 

VÉCU – CINÉMA – TÉLÉVISION – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE » – CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN » – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

Eu au téléphone Marion C.. Elle avait lu « Melissa » et « L’amour de loin ». Elle achoppe sur les deux fins :

« Mélissa » : Ça recoupe remarques d’autres lecteurs. Modification prévue.

« L’amour de loin » : déçue que ce soit ça (paralysie) Attendait « autre chose » (?)

Elle dit qu’elle réagit toujours mal à des scénarios.

Dans la conversation :

« Mais, tes projets, ils n’ont pas encore abouti ? »

Cf. « On en reparlera quand il y aura une production » de R. (ou silence de D.… !)

Une fois pour toutes, comprendre qu’en la personne de techniciens, j’ai affaire à des professionnels qui font un travail (ce qui n’exclut pas qu’en cours de route, ils y prennent du plaisir ou que ça leur soit désagréable) mais je quête –vainement – un enthousiasme qui se dérobe.

(Avec Marion C., à propos des difficultés à lire scénario :

Moi : « Si tous les producteurs me disaient ça, je ne ferais pas de film… »

Elle : « Mais moi, ce n’est pas mon job… »

Arrêter de faire lire scénario pour « constituer une équipe ». Faire lire aux décideurs (ou seulement un petit nombre d’amis).

En cours de tournage, ne plus m’écrier, comme pendant Sibylle : « Mais je suis seul alors ? »

Oui. Je suis seul ! (à un certain niveau, et pas à un autre).

 


En somme, tout se résume à un problème de confiance en moi…

Ce n’est pas nouveau, à vrai dire ! Mais aujourd’hui, j’en ai peut-être un peu plus qu’avant… (?)  (de problèmes ou de confiance ? Ce n’est pas si clair !)

 

VÉCU – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TÉLÉVISION – CRÉATION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

(2h20)

 

Aujourd’hui j’ai été de mauvaise humeur et triste toute la journée.

Pourquoi ? D’abord parce que Mathilde a voulu que je sorte du lit, ce matin, alors que j’avais envie d’y rester (je l’ai traitée de « charogne », mi-gag mi-sérieux), ensuite à cause du coup de fil avec Marion C..

 

Mathilde a senti que j’allais mal (j’étais très silencieux et renfrogné). Très gentiment, elle a parlé avec moi. Je lui ai dit que je voulais « triompher ».

On a parlé de « L’amour de loin ». J’ai dit que je misais sur l’originalité. Elle m’a dit : « Non, tu n’es pas original, tu n’as rien inventé… » Ai parlé de deux originalités : une par rapport au présent (celle que j’espère détenir), l’autre (à laquelle je ne prétends pas), celle d’un Welles, d’un Godard : l’originalité par rapport au passé, à l’histoire : l’invention d’un nouveau langage cinématographique.

 

Mathilde m’a dit : « Il y a quelque chose chez toi : tu te laisses démonter par quelqu’un. Laisse les choses comme tu les as prévues (parce que je lui citais deux idées de Marion C.).

1/ qu’il soit mort quand elle trouve à la fin. Il avait tourné tout le film avant. 

(Ma réaction : pas bon parce que lorsque mort imminente, je ne vois pas le type faire une fiction) (il ne sera plus là pour la voir).

2/ que le Serge des scènes tournées soit un acteur (elle a redécouvert une idée que j’avais eue) et que le « vrai Serge » soit Jean-Louis, metteur en scène).

 

J’ai répondu à Mathilde qu’elle parlait d’une maison solide, étanche, mais que moi, je n’avais pas de fondations (pas de film fait, reconnu et apprécié, à part « Sibylle »), que j’étais le Trou des Halles…

 


Mathilde m’a dit que ce qui gênait dans ce que j’écrivais, c’était que je montrais la souffrance et que les gens ne voulaient pas la voir.

Répondu que c’est très ancien, aussi ancien que la tragédie grecque, de faire de l’art avec la souffrance.

 

MA MÈRE

 

Aujourd’hui allés chez Maman : elle a dit (complètement oublié) que mes verrues étaient parties en une nuit ! (« Je les cherchais dans les draps » a-t-elle dit !) (Comme quoi ? des taches de sperme ?)

 

07/09/1986

 

VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

Les dimanches… !

Ai dormi tard, me suis lavé et habillé tard.

Fui la maison pour aller acheter café (distributeur de billets ne marche pas). Juste de quoi me payer un express.

Suis dans café, place Gambetta, pas l’habituel, celui du coin, en face du tabac.

Mal au crâne.

Introversion. Marche à petits pas. Peu de gestes. Silence.

 

Talent, mon beau souci !

 

Irréversible (?) glissement vers la vieillesse et son silence…

 

08/09/1986

 

PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

(08h – TGV  Le Creusot)

 

Crise en moi en ce moment. Est-ce parce que je recommence à travailler (un peu) ? Ça m’est déjà arrivé de ne pas me réjouir et être galvanisé alors que je touche au but, mais d’avoir au contraire une réaction dépressive.

 

Je me sens fourbu, sceptique, désabusé, parce que chargé du poids de ces années.

(Depuis 81 ? Date du début de réflexion sur « L’image de Pierre »), années d’attente, d’espoir, de croyance.

 

En tous domaines, y compris l’amour. Je n’arrive plus à croire.

 

Mathilde est comme « réfrigérée » par moi. Je sais que ça vient de moi et c’est ce qui m’inquiète le plus.

 

Renaud B. m’a dit avant-hier : « Tu séduirais si tu le voulais, ça dépend de toi. »

 

VÉCU

 

(8h20)

 

Petit accrochage avec une employée de train qui vend café. Je lui donne billets de 10 Fr. (valable jusqu’aux 15) qu’elle refuse.

« Je ne les prends pas, ma société ne les accepte pas. À moins que je le refile à un autre client… » et elle sourit.

Je ne souris pas. Je n’ai pas envie de sourire.

 

3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

Bouffée de colère en moi contre Mathilde qui m’a dit (répété) : « Tu es triste… »

 

La légèreté est obligatoire, de nos jours

 


Hier soir, au lit, je dis à Mathilde : « Tu as de la chance de t’endormir tout de suite. »

Elle : « Avec toi, j’ai toujours de la chance. Tu ne vois pas ta chance à toi. » Elle se tourne et dort. Je la questionne : « Quelle chance ! »

 – « Tu dors le matin… ! »

 – « C’est une chance d’être décalé par le chômage ? »

 

Je parle du silence qui élargit le fossé qu’il y a entre nous.

Elle : « J’ai un coup de barre. »

 

CINÉMA – TÉLÉVISION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

(8h40)

 

Je rêvasse et repense au dialogue au téléphone avec Marion C. :

« – « Ce n’est pas mon job… ! » (lire des scénarios).

Oui, mais : n’est-ce pas le job d’une monteuse (comme d’un opérateur ou d’un décorateur) d’être compétent en dehors de sa spécialité, sur la globalité d’un projet cinématographique ?

Autre chose qu’un technicien interchangeable ?

 

Je me réfère – implicitement – à un enthousiasme qui est, de fait, inexistant et impossible.

À cause du poids de ces 25 ou 30 dernières années (depuis la Nouvelle Vague, dernière époque historique…)

 

Nous sommes en pleine « post-histoire ».

On ne peut – par-delà les possibles sympathies (cf. Renaud B. ou Olivier D., pour la musique (de film ?) – Ne compter que sur des gens qui font un travail.

La plus élémentaire précaution – sous peine de représailles – il ne peut être alors que de ne pas (trop) leur rendre ce travail difficile et désagréable.

On obtiendra alors le moins mauvais travail possible… !

 

Encore une fois, mon erreur est d’arriver « les mains vides ».

(Cf. Jean-Pierre B. : « Elle n’existe pas, ta série ! »)

 

Pour l’instant, je ne pèse rien ! (si l’on peut dire !)

 

10/09/1986

 

TÉLÉVISION – CHRISTIANISME – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

(21h30 – gare de Montchanin – gare du TGV Le Creusot).

 

Tournage terminé.

Tourné au Perreuil, société Profil Scène. Rencontré types ouverts, généreux.

Ce midi, déjeuné avec eux dans une espèce de pavillon moderne.

(Sont plusieurs à habiter les uns près des autres.)

Discuté à table. Ai découvert qu’ils étaient pour la plupart chrétiens.

Les thèmes : l’unicité et la communion.

Respect de l’autre, respect de soi. Possibilité de la certitude, au moins sur un instant de communication.

 

Depuis, j’y repense beaucoup et me défends d’une fascination.

 


Aujourd’hui, parlé avec Simone F., la journaliste. Comme j’exprimais (je ne sais plus comment) ma conviction d’avoir été, je ne sais pas : ouvert – tolérant – gentil, dans le travail, elle a fait une espèce de moue et dit en fronçant les sourcils : « Tu es comme ça (id est ? renfrogné, je crois…). Tu as les pieds sur terre, tu n’es pas Taureau ? »

 – « Non, je ne suis pas Taureau et je ne crois pas à l’astrologie ! »

Bref elle me fout dans un flip sur cette perpétuelle impossibilité de sortir de mon image (réalité ?) de mauvais caractère.

Quelque sentiment de mon propre progrès que je ressente, l’autre me renvoie une pénible réalité.

 

AGNÈS 

 

Flip. Et puis, en travaillant, c’est passé !

Mais ça me fait penser à Agnès disant : « Je n’y pense plus ! »

Agnès, ma petite enfant !

Quand je pense qu’il a suffi, l’autre jour, que je sois en retard (suite malentendu) et que sa mère se mette en colère et la voilà en larmes !

« Je n’y pense plus, mais je reste fragile… ! »

Malédiction sur moi !

Je suis toujours au bord des larmes

Et cette blessure déçoit Mathilde et lui pèse !

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

Dîné seul au restaurant, au Creusot. Walkman. Émission sur le Minitel. Ils parlaient du désir de rencontrer l’autre et du risque de déception. J’ai pensé à « L’amour de loin ».

Un adepte du Minitel rencontre X, autre adepte. X est paralytique. C’est moins spectaculaire que dans « l’amour de loin »… ! (C’est vrai que dans « L’amour de loin », il y a suicide !)

 

TÉLÉVISION – RÉFLEXION

 

Un bon moment, tout à l’heure, à l’Écomusée du Creusot : tournage de la maquette usine animée.

Mise au point d’un travelling (sur chariot à roulettes !) le long de la vitrine.

Tournage en vidéo : tout le monde donnait son avis, mais dans le calme, avec intérêt, sans volonté de prise de pouvoir.

La vidéo permet ce regard collectif sur l’écran.

Peut-être que, quand les acteurs disent (ou d’autres) : il ne faut pas que les acteurs relisent la prise (sous prétexte, je le sais, que ça casserait leur élan, leur émotion, leur sincérité), ce n’est peut-être que de l’angoisse, l’angoisse du partage et du risque y afférent…

 

11/09/1986

 

CORPS – APPARENCE 

 

PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

Je reviens sur l’histoire de la mauvaise réaction aux propos de Simone F.. En fait, c’est de mon corps, de mes traits (durs, sévères) que je souffre. De ce qui crée de moi une image décalée par rapport à ma réalité (tendresse – disponibilité) (tout de même !). Je me sens coupable du « délit de sale gueule » !

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

(2h05)

 

Ai eu F. au téléphone. Il n’aime (toujours) pas la fin de « L’amour de loin » : « grand-guignol », décevant, prévisible (il semble qu’une majorité se dégage sur ce point).

 

Réfléchi. En effet, cette paralysie – après tout – m’a moi-même toujours gêné.

Oui, mais quelle autre fin ?

F. propose qu’elle le rencontre et qu’il dise qu’il avait simplement peur qu’elle ne l’aime pas, ou qu’elle parte après trois jours…

Je trouve ça faible.

Mais j’ai tendance à vouloir des fins « lyriques », spectaculaires (genre avec mouvement de caméra).

C’est peut-être lui qui a raison ?

 

Sinon : repensé aux deux idées de Marion C., mais

1/ par fierté, ne souhaite pas les utiliser

2/ Mathilde dit (pour le coup de Serge = acteur) que « tout le monde » y a pensé ! Et que donc : pas bon…

 

Ce soir : gambergé :

 

1/ Sarah « met en scène » à son tour  scène où Serge est dans fauteuil paralytique. Elle a noté qu’il était toujours assis. Mais est-ce vrai ? N’est-ce pas un roman qu’elle s’invente ?

 

2/ Sarah veut pousser Serge à la rencontrer. Elle va exciter sa jalousie  elle « met en scène » une scène où elle s’adresse à Serge, en gros plan, puis l’embrasse (on la voit de dos, en amorce, juste ses cheveux) on découvre Serge qui visionne ça avec Jean-Louis

 – « Qui est ce type ? »

 – « Une doublure… » (

(La doublure ne parle pas.)

Il faudrait qu’il y ait plusieurs scènes excitant la jalousie de Serge jusqu’à ce qu’il se montre.

 

(Ou alors : Sarah met en scène une série de séquences avec un autre homme ?)

 

(Ou alors : Sarah reprend séquence de « leur » film, mais remplace plans de Serge par plans d’un autre homme, un comédien, qui dit texte Serge.  Vive réaction de Serge : il comprend qu’elle veut lui montrer qu’à force d’être absent, il est « remplaçable ». Jean-Louis l’engage à avoir confiance en lui, lui dit qu’elle l’aime (explication raison distance Serge : peur de l’amour réel (d’où : idéalisation) mais, trop tard : il l’aime et elle aussi. Réalité ou elle irait avec un autre est encore pire (cf. le film « refait »)  il faut qu’il se décide à la rencontrer ! (Ce dialogue peut se situer en même temps que, sur l’écran : bout-à-bout des scènes (pas seulement une)  la tension monte. À la fin, n’y tenant plus, Serge arrête la cassette et téléphone à Sarah pour lui donner rendez-vous (*)

 

(Nota sur dialogue de cette scène :

 

 – « Je suis remplaçable, c’est ça ? »

 – « Les absents toujours tort ! »

 

 – « Mais c’est qui, ce type ? »

 – « Un acteur ! »

(Regard)

 – « Il joue bien ! » (sarcastique)

 

 – « La deuxième scène aussi ? »

 

(*: Idée (! ! !) : On passe sur Sarah au téléphone :

 – « Oui, j’attendais ton appel… Viens tout de suite, je t’attends… ! »

Elle raccroche et met en marche magnéto  film avec Serge. Elle regarde en souriant et arrête magnéto et éteint la télé.

 

12/09/1986

 

CINÉMA – ALAIN RESNAIS – CITATION – RÉFLEXION

 

(13h15 –  In interview Resnais Cahiers du Cinéma numéro 387)

 

« On dit qu’Antoine faisait répéter ses comédiens dans un décor fermé, de quatre murs, et que les comédiens ne savaient que quelques jours avant la générale quel était le mur qui allait s’en aller. »

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN » – AMIS – ZYF – JEAN M.

 

Ce matin, après idée de cette nuit, appelé Jean M.. Je lui raconte le « piratage » du film par Sarah  coup de fil de Serge.

Mais il met le doigt sur nécessité d’une raison « objective » à la distance de Serge.

En cours de conversation, j’ai une nouvelle idée : lorsqu’il se lève pour aller au téléphone, on s’aperçoit qu’il a un pied-bot… !

(On parle de l’histoire de la « prévision » de paralysie. Là : il se lève = surprise pour ceux qui croyaient avoir deviné (il faudra le cadrer, dans son appartement, au début comme dans le film : assis sur tabouret, on voit seulement le haut du corps ( épaules), puis boiteux = « hypertrophie de l’atrophie », comme dit Jean.

 

J’appelle Zyf. Lui raconte ça. « J’en frémis d’aise » dit-il !

Deux approbations en une matinée ! Je suis heureux.

 

13/09/1986

 

 ÉCRITURE

 

« Quand pensez-vous ? » (Noté pendant la projection de « Au cœur de la nuit » vu au Reflet Logos avec Agnès : erreur de sous-titrage savoureuse)

 

AGNÈS 

 

(11h50 café « Père tranquille »)

 

Bien. Faisons le point.

Hier : samedi matin. Mathilde se réveille de mauvaise humeur. Me fait un procès : elle n’est pas satisfaite de sa vie = ne fait plus rien. Je ne lui propose rien. On ne partage plus.

Elle menace de s’en aller le week-end. Veut m’empêcher de prendre la voiture pour aller chercher Agnès comme prévu (j’essaye de téléphoner pour dire à Marc d’aller la chercher, mais ça ne répond pas. Je suis obligé de me sauver pour y aller, car elle est en colère et veut me retenir.

J’y vais. M’arrange avec Jocelyne pour rendez-vous afin qu’elle récupère Agnès, car j’ai l’intention de passer la nuit à l’hôtel et ne veux pas imposer ça à Agnès.

 

CINÉMA – TÉLÉVISION – MUSIQUE – AMIS – LES AUTRES

 

Interruption car Olivier D. a surgi devant moi. Discussion sur projet (?) de clips.

Deux « fatigues » en cours de conversation : 1/ il me dit que « tant que rien de concret »  n’ose pas faire travailler gens. Je dis que moi, je le demande et que les gens refusent « tant que rien de concret » (R. – Marion C. – F. – B.) 2/Je raconte l’argument de « Sibylle » à sa copine : aucune lueur n’éclaire son visage !

 

Contact qui me fatigue  je ne vais pas déjeuner avec eux. Il doit m’envoyer sa cassette (

(Je dois noter autre chose que le négatif : parlé de la conception du clip éventuel sur « Ciné-Passion » : il raconte son idée dans salle de ciné. Je ressors mes idées sur rapports image-réel (porte qui s’ouvre, dit que ce serait bien qu’il ait contact avec l’image, mais sans y entrer. Sentiment d’un accord possible. Mais sentiment de longueur et de fatigue (mal ou plutôt pas assez dormi à l’hôtel ? N’ai pourtant pas eu d’insomnie…)

 

AGNÈS – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE (suite) 

 

Je rapporte voiture et télécommande parking à Mathilde. Je laisse Agnès en bas et monte. Elle gueule parce que je m’en vais et casse deux miroirs. Me dit qu’elle me demande quelque chose que je réponds par départ : égoïsme…

Après-midi avec Agnès (déjeuner dans pizza rue de la Harpe – « Au cœur de la nuit » – Achat dans librairie à côté du ciné : photos d’» Autant en emporte le vent » pour Agnès + bouquin de Michel Chion sur scénario pour moi (acheté aussi aux Puces livres sur Juifs pour Agnès et cartes postales rue des Écoles).

Métro  rendez-vous Porte de la Chapelle. On va dans un bistrot. Y entrent : Marc et le grand-père L. (grand-père d’Agnès côté maternel). Je les invite à boire un verre.

Ils partent.

 

vécu – SEXE – PROSTITUTION – cinéma – littérature – Antonioni – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

 147 (sex-shop) puis rue Saint-Denis : pute (réunionnaise). J’en avais repéré une, mais elle n’était pas là  j’en prends une de remplacement  piaule. Elle me propose une demi-heure à 400 Fr. J’accepte. Me demande de sortir car copine vient pour une passe.

On discute le coup sur une espèce de balcon.

Elle a une sœur secrétaire à TF1. Préférerait faire ça que le tapin, mais le tapin paye plus. Avantage d’un côté et de l’autre.

On rentre. Elle me suce après mise capote : je suis tout mou. Un mec vient : bruits de voix. On croit que c’est un flic. C’est un type à qui une pute doit du fric. Ça me « la coupe ». Je veux récupérer mes 400 Fr. « Je ne peux pas te les rendre : je me suis déshabillée. »

Elle m’en rend 200…

Je vais écouter jazz (pas extra) au Sunset puis pot chez Costes puis  hôtel.

Je lis un peu puis m’endors..

 Je traîne dans les Halles depuis.

 

Sentiments ?

Angoisse de solitude. (Lu un passage, à la Librairie du Cinéma, d’un bouquin de nouvelles d’Antonioni (« Rien que des mensonges ») : une nouvelle courte : une femme quitte un homme après six ans. Elle s’étonne qu’il ne l’appelle pas. Voit son fils qui lui demande : « Qu’est-ce que tu veux : tu as envies de baiser ? »

 – « Envie de quoi ? »

Il sort en claquant la porte.

Ce bruit fait comprendre à la femme qu’elle est seule et que ressentir de la pitié ne l’aidera pas dans la vie

 

Oui, c’est ça pour moi. Si je pars, que Mathilde « me rattrape » n’est qu’une exception qui confirme la règle : si je pars, on ne viendra pas me rechercher + à l’autre bout : si je recherche, ça m’humilie (cf. Colette)

Mathilde : sécurité, chaleur.

Tant qu’elle ne se plaignait pas de moi, je pouvais me dire que je la satisfaisais et ça durait comme ça.

 

 : je me dis que, puisque je ne la satisfais pas : je dois partir (pour elle) mais moi, je sors, et la porte donne sur le vide.

 

Vide de ma vie. Combat pour création plus qu’aléatoire.

Sentiment que le rapport avec Mathilde est unique.

Avec les autres : pas de tendresse.

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN » – AMIS – MICHEL F. – DÉPRESSION

 

(Appelé F., lui ai raconté mon projet de nouvelle fin. Il n’aime toujours pas (pas besoin de cause physique, ça singularise et empêche l’identification, dit-il)

Je reviens sur rédaction synopsis qui rend prévisible infirmité : ai dit que je voulais d’abord « psychologiser » la distance de Serge : peur de l’amour réel.

 – « Tu n’as pas bien écouté… » dis-je.

Là, il devient presque violent :

 – « Ah non ! Pas de ça ! Pas de procès d’intention. »

J’en reste muet et ça me rend triste.

 

Voilà ce qui domine : le retour de ces tristesses soudaines, au moindre souffle d’agressivité ou à la moindre indifférence des autres.

Le retour de quelque chose qui a un nom : la dépression.

Et je suis maintenant comme ceux qui me disait : « Quand ça va mal, je me terre, je n’ai plus de contact avec les autres… »

Cette absence de contact a commencé il y a longtemps, si j’observe bien, étant avec Mathilde : plus de coups de fil, plus de rendez-vous… Ce n’était qu’une dépression masquée

 

Ce qui m’effraye, c’est la disparition même du foyer, de la maison : ultime source de bien-être. Plus de bien-être ? Pas de faire, pas de bien-être… ? Qu’est-ce qui reste ? Je touche la mort des doigts…  Vie au jour le jour. Négociations miteuses, pas de triomphe. Pas de contentement de moi

 

CINÉMA – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME 

 

(18 h)

 

Suis allé voir, au Forum, « Le rayon vert » de Rohmer. Très émouvante Marie Rivière, qui fond larmes toutes les trois séquences. Dialogues où l’œuvre d’art joue à se cacher derrière le réel…

Émouvante attente de l’amour. Mais ce qui est remarquable et me parle, à moi, particulièrement clairement – parce que ça touche mon propre problème – c’est le fait que le « valet de cœur » de Delphine ne se manifeste, ne montre sa tendresse que parce qu’elle – qui jusque-là ne bougeait pas, n’allait jamais vers les autres – accepte de demander (« Vous m’emmenez avec vous ? ») 

 

MA PREMIÈRE PSYCHANALYSE (1980 – 1987) – AMIS – MICHEL F. – JEAN R. – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION 

 

Ceci m’amène à noter quelque chose dont il est surprenant (?) que je n’ai pas parlé ici jusqu’à maintenant, car il s’agit peut-être d’un des moments les plus marquants de mon analyse :

 

Séance de vendredi dernier :

 

Je reviens sur la dernière séance (vendredi d’avant) après laquelle je m’absentais pour tourner au Creusot.

À la fin de cette séance, j’avais dit : « Je ne pourrai pas venir lundi et mercredi, qu’est-ce que vous en dites ? »

 – « Qu’est-ce que je devrais dire ? »

 – « Je ne sais pas. Moi, je fais ce que vous m’avez dit de faire. »

 

Or, cette fois-ci, il a bien réussi à me montrer que l’analyse de cette histoire d’horaires de remplacement est importante car, comme dans mon travail, souvent.

 

Je n’exprime pas ce que je désirerais

 

J’attends qu’on me le propose (magiquement ?) venant de quelqu’un qui n’est au courant de rien de ce qu’il y a en moi.

Et, ne me donnant pas l’occasion de l’explication avec les autres, je leur prête de la malveillance ou de l’ironie.

 

J’ai bien mis le doigt, cette fois-ci, sur la nécessité de naviguer entre mes deux écueils habituels : l’espérance magique et la sécession amère.

 

(A propos du délit de « sale gueule » (voir plus haut), il explique ainsi mon besoin de le voir, lui, en séance : vérifier sur son visage qu’il ne me trouve pas une « sale gueule »… Il note que ça semble être très important chez moi

 

Mais moi, en réfléchissant, il me semble que ce refoulement de mon désir prend des formes subtiles, bien camouflées : ainsi de mon propre doute sur ce que je désire exactement…

(cf. : « si tu n’es pas de ton parti, qui le sera ? »)

 

Je pense que c’est à cette « délectation du doute » que je dois attribuer la fascination que F. exerce sur moi.

Le sentant sans doute, il m’a dit, ce matin, au téléphone : « Il vient un moment où on est seul… ! »

Quant à son « pas de procès d’intention », faut-il en attribuer la relative violence à une culpabilité de me critiquer aussi systématiquement (depuis la première version de « Sarah ») ? Ou bien, comme R., devine-t-il en moi une demande affective qu’il freine, par pudeur, crainte ou manque d’envie d’y répondre… ?

 


Oui, ce qui émerge bien clairement, en ce moment, c’est l’important chez moi de ce côté « parano ».

En étant à six ans d’analyse (ce mois-ci), je l’avais bien perçu, déjà, mais la réponse que je donnais étais de diminuer au strict minimum les occasions d’être critiqué (cf. « L’amour de loin », infiniment moins donné à lire que les autres). Mais les – rares – critiques me tordaient toujours autant le ventre.

La vraie solution est plus subtile et d’abord multiple :

1/ D’abord essayer d’enclencher un processus de réalisation.

Ainsi s’adresser en priorité aux décideurs

2/ me faire confiance. Je suis réalisateur depuis 10 ans, je commence à connaître mon moyen d’expression. En complément : étudier (des écrits théoriques – les films), travailler, écrire, filmer, autant que possible).

3/ Ne pas essayer « d’être Dieu ». Accepter de vivre et si, pour moi, vivre c’est créer, ne jamais oublier qu’il n’est pas de création qui fasse l’unanimité. Qu’en effet, il y a toujours un point où l’on est seul.

Aussi – une fois ceci posé – et compte tenu de l’hétérogénéité des mots et des images, ne pas me sentir détruit en totalité, si je suis critiqué partiellement.

 

Quant à l’expression de mes désirs, abordé par G., elle est incontournable, encore faut-il distinguer le désir du fantasme, voué par nature – je l’ai enfin compris – à être irréalisable, faute de quoi il ne serait pas un fantasme !

 

(Note : Jean-Pierre B. me disant l’interdépendance des conduites : une fille qui le regardait, il l’a regardée. Elle ne l’a plus regardé  lui non plus ! Et moi, l’autre jour au bistrot, le regard rivé à une fille noire sans un regard pour moi. Ça, c’est du fantasme.

Cf. « Tu demandes là où ça n’est pas possible » (Nicole R.)

 


Quant à Mathilde, elle ne veut pas mon départ. Elle veut que je change… ( plus actif, plus inventif, plus désirant, plus complice, plus amoureux).

Le problème est : est-ce que je veux et est-ce que je peux changer ?

 

Significatif : c’est une fois seul, aujourd’hui, que je suis retourné au cinéma (moi qui n’y vais presque plus).

Mathilde dit que c’est à cause de moi que sa vie s’est rétrécie (« Avant, je faisais plein de choses ») Dans quelle mesure fait-elle de la projection sur moi, dans quelle mesure est-ce vrai ?

Et puis le problème porte-t-il seulement sur le faire ? N’est-ce pas une question d’émotion ? Moi je lui dis que je l’aime. Et je pense que c’est vrai !

Mais quel amour veut-t-elle ? La passion du début ?

N’est-ce pas contre l’extinction lente de sa propre passion qu’elle se révolte ? (Création d’une entreprise  responsabilités. Déplacement du noyau de son investissement énergétique).

 

Commentaire du 26 mai 2018 :

 

Là, j’étais particulièrement lucide, car c’est pour son travail que Mathilde m’a quitté par la suite en le déclarant ouvertement

 

   Commentaire écrit à 71 ans

 

Réellement : n’y a-t-il plus de tendresse entre nous ? Je ne le crois pas. Ces crises périodiques qui nous secouent, n’en est-elle pas aussi la responsable. Peut-être pour « mettre du piment » dans notre vie ?

Or moi, j’ai besoin de calme pour me consacrer prioritairement à mon œuvre, n’est-ce pas ce calme qu’elle juge étouffant ? Il y aurait alors contradiction grave !

 

Bref j’en suis là et j’attends un peu que les choses viennent d’elle.

Ce que je redoute, c’est que fonctionne une fois de plus le mécanisme « réparateur » qu’elle a si souvent fait fonctionner, mais qu’une fois de plus, cela ne débouche que sur un sursis et que « ça » recommence… !

 

Pour ma part, retravaillant (?) avec, je l’espère, des chances de continuer, créant et m’affermissant dans ma démarche créatrice, Agnès grandissant et ma culpabilité vis-à-vis d’elle s’atténuant, il me semble que les sources de mes crises se tarissent considérablement et que les petits ruisseaux qui subsistent ne peuvent plus guère « faire de grandes rivières » dangereuses…

J’aime ma relation avec elle (hors conflit, s’entend !) mais elle ?

 

La satisfaction ? Mais la satisfaction absolue existe-t-elle ?

 

Certes, je sens bien en moi, parfois, le frémissement qui pourrait se transformer en émotion immense, celle de l’amour partagé, lorsque le cœur bat plus vite, que les jambes sont M.es et qu’on se sent exister de ressentir si fort un sentiment si humain ? !

 

Oui, mon cœur ne bat plus vite en la voyant, mes jambes restent fermes et je ne me perds plus dans la force d’un sentiment éblouissant.

 

Mais la véritable épreuve de l’amour n’est-elle pas celle du temps ?

 

Un sentiment si fort peut-il durer sans s’altérer ?

 

La transformation qu’a subie le nôtre n’est-elle pas normale ?

 

N’est-ce pas, après tout, le meilleur amour possible ?

 

Je n’ai plus 20 ans et si j’ai déposé derrière moi, une à une, mes illusion, comme les cailloux du Petit Poucet, je sais que, même en pouvant retracer mon cheminement, je ne pourrai plus revenir en arrière !

 

(Je lève un instant les yeux de ce carnet. Je regarde les gens assis à la terrasse – bistrot « L’Écluse », aux Halles- et je me dis que ce que nous voulons tous, c’est un peu de gaieté, de bonheur arraché au destin, or il ne m’est pas facile d’être gai ni heureux, car je suis névrosé. Je sais que c’est difficile à vivre pour ceux qui m’entourent, mais je fais ce que je peux !

 

La pensée qui me réconforte parfois, me donne de la force, de l’espoir, c’est me dire que je pourrai de plus en plus… (sans illusions sur le fait que j’ai des limites, toutefois, mais, comme dit G., je suis en analyse pour les découvrir car, ayant toujours vécu dans l’inhibition névrotique, je ne les connais pas !)

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

Notes sur « L’amour de loin » :

 

Pour renforcer l’imprévisibilité de l’infirmité, je pense à ce que Sarah inverse le processus : piratage du film et, à partir de la première projection, on verrait Serge debout, mais ne marchant pas (en cachant son pied-bot) (alors que, jusqu’ici, j’avais pensé ne le faire se lever qu’à la fin, pour aller téléphoner)).

Ainsi, je déplace l’interrogation à propos raison distance sur la psychologie en renforçant la surprise que créera « quand même » le pied-bot…

Je n’ai donc plus besoin de garder le trucage des scènes assises (nota : peut-être mieux de les garder pour que les petits malins le croient infirmes  surprise surprise ! lorsqu’ils le verront debout. Ça devient trucage par scène où il peut être debout, mais ne marche pas).

 

(Ça pourrait donner : « Tu voudrais m’embobiner (sic !) par ton amour, mais je ne marche pas ! »)

 

D’autre part, pour « habituer » le spectateur à la non-infirmité présumée de Serge, j’envisage de ne pas faire le visionnage du film piraté en une fois, mais de le distiller (comme il l’a fait), ce qui permet une progressivité de ses réactions (en présence de Jean-Louis, donc en dialogue avec lui…) C’est au fil de ces scènes, qu’on s’habituerait à le voir « normal » physiquement et psychologiquement.

 

D’autre part, pour la fin : il l’appelle  elle, au téléphone. Elle raccroche.

C’est lui qui va éteindre magnéto et télé et c’est sur sa télé éteinte qu’on finit.

 

(La découverte du pied-bot peut se faire là : il téléphone assis (téléphone près de lui) et on découvre qu’il boîte lorsqu’il va éteindre la télé (?)

 


Note sur aujourd’hui : dans l’optique « exprimer mon désir », ai eu le courage d’essayer de draguer une petite noire sans considérer mon échec comme assuré ni catastrophique !

 

J’ai essayé, c’est tout. Et c’est bien.

 

CINÉMA

 

Lecture de « Écrire un scénario » :

 

Importance du mensonge chez les personnages.

 

NE PAS OUBLIER

(par rapport aux autres et à eux-mêmes)

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN »

 

Je m’aperçois que je n’ai pas noté une idée nouvelle et importante :

 

Dans piratage du film par Sarah, elle remplace Serge par comédien, mais change aussi les dialogues.. (qui doivent être calculés pour répondre aux siens ou les permettent : double dialogue !) (J’avais déjà flairé cette idée sans réussir à l’alpaguer vraiment…) Bien sûr la nature des dialogues qu’elle va écrire est importante au plus haut chef : ils doivent avoir un sens par rapport à Serge (outre l’introduction du « rival » qui, elle, est statique. Je pense que c’est assez simple : puisque Serge a peur du réel, il faut faire de ce Serge bis un type qui n’en a pas peur (ceci peut être commenté par Jean-Louis) (de ce point de vue, la scène de l’embouteillage (?) : Serge bis peut agir et demander son téléphone à Sarah).

 

AGNÈS

 

À noter : conversation avec Agnès.

On parlait de ma culpabilité de l’épisode Colette.

   « C’était une histoire condamnée d’avance » dis-je.

   Agnès : « Quand on aime, on ne sait pas ! »

Quelle lucidité chez cette adolescente de 14 ans !

 

LITTÉRATURE – IMPRIMERIE

 

(21h)

 

Retour à l’hôtel.

Au lit avec ce carnet et bouquin.

S’il devait ne rester que certaines machines, je voudrais que ce soient celles qui servent à imprimer les livres…

 

PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

Navigation entre toute-puissance et renoncement.

 

15/09/1986

 

VÉCU – CINÉMA

 

(16h05 Interruption tournage « Showbises », chez Dessange, pour cause « technique coiffure ». Bistrot à côté, avenue Franklin Roosevelt)

 

Déjeuné à la cantine de Cognacq. Café au Malar. Rencontré Gérard M., le « transformeur de scénarios » (y met-il un point d’honneur ?)

Il va tourner un film avec argent américain, parlé en américain avec Ben Gazzara ! C’est une commande d’un type qui l’a appelé après avoir vu son « Quidam »…

Le tout est de commencer, mais de commencer fort !

 


VÉCU – TERRORISME

 

Après ça, je rejoins l’équipe pour aller sur le lieu de tournage. Ils m’apprennent qu’il y a une nouvelle bombe à la préfecture de police !

La 15e ?

 

CINÉMA OU TÉLÉVISION – PROJET « L’AMOUR DE LOIN » – AMIS – MICHEL F.

 

Je repense au « Pas de procès d’intention » de F.… La raison n’en est-elle pas :

il se juge suffisamment gentil et attentif avec moi et s’est agacé de voir que je ne le reconnaissais pas… !

 

Toujours chercher la clé de l’agressivité dans le narcissisme blessé (ou menacé, ce qui explique aussi les attitudes de distance, de dérobade (cf. R. : « Je ne peux/veux pas me changer »)

 

Il ne faut jamais oublier que l’immense majorité des gens ne considéreront jamais spontanément, d’eux-mêmes, que leur attitude est insuffisante…

Sauf nécessité absolue : s’en contenter.

Si besoin : intervenir en expliquant la nécessité d’une augmentation de l’investissement ou d’une rectification de la conduite en exprimant clairement dans quel sens on le souhaite. Ne pas le demander à qui n’a aucune raison personnelle de le faire.

 

En dernier lieu, si vraiment il est impossible de faire autrement, si aucune négociation, aucun compromis ne sont possibles : alors, alors seulement, rompre… !

 

CINÉMA – TÉLÉVISION

 

Écrire :

 

1/ découpage du court-métrage « L’Agrandissement ».

 

2/ Réécriture fin « L’amour de loin »

 

16/09/1986

 

3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE – TÉLÉVISION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Hier soir : suis rentré à la maison…

Mathilde n’avait pas vraiment changé d’idée…

J’ai failli repartir, mais je suis resté.

Je suis content d’avoir dit que je ne voulais pas la destruction de notre amour et qu’avant de critiquer notre vie, Mathilde ferait mieux de réfléchir.

Je n’ai pas cédé à mon habituelle tentation de rompre.

 

Ce soir : fin du tournage « Baguette magique » pour Showbises…

Noté :

1/ Je dis à B. (G.) : « Je t’aime bien, B., je t’aime beaucoup… » (élan affectif d’autrefois…) Il me répond : « Je sais… »

Ça me trouble, me rend un peu triste. Mais je me dis : pudeur, surtout de la part de cet homo…

 

2/ Pascale, la jeune fille » « reine d’un jour », très naturelle, considérant coiffure, maquillage et rôles comme des « artifices »…

Je lui dis : « Si tu passes à Paris, n’hésite pas à me contacter… » mais elle ne me demande pas mon téléphone je ne le lui donne pas.

Elle dit : « Je me disais que vous seriez déçus, mais que si c’était mauvais, ça ne passerait pas… ! »

 – « Tu t’en fais des idées dans ta tête… »

 – « Je manque de confiance en moi… »

 – « Je comprends les gens comme ça et je les trouve très riches, très intéressants… »

Elle rougit, rit.

 – « Si tu m’intimides, dis-je, je ne peux pas parler… »

 

On en reste là…

 

On se quitte sur le trottoir de l’avenue Montaigne et je m’en vais sous la pluie…

 

 ÉCRITURE

 

La politesse exige qu’on s’efface avant d’entrer… 

 

Commentaire du 17 septembre 2015 

 

Mieux vaudrait : «…La politesse exige qu’on s’efface pour ne pas entrer le premier… »

 

   Commentaire écrit à 69 ans

 

 Les gens humbles, effacés, vivant d’une vie intérieure et riches de cette vie, entreront dans le royaume du cœur… (Voilà que je parle comme un chrétien !)

 

VÉCU – CRÉATION – RÉFLEXION

 

Ce midi, discussion au déjeuner (Pascale – Geneviève B. – B. G. – Charles, de chez Dessange, Brigitte de chez Dior Parfums) sur l’éventualité que le talent soit toujours reconnu.

Accord pour dire que non. Malheureusement !

 

VÉCU – TÉLÉVISION – JACQUES SALLES 

 

Que vais-je faire ? Essayer (à nouveau) de joindre Jacques Salles ? Il m’envoie promener (par secrétaire interposée).

Non : contourner l’obstacle : écrire ma nouvelle fin et envoyer cette version à D. Baron (nouvel) adjoint de Gallo (retour à la charge. Cf. « Mélissa »)

 

Donc : écrire cette nouvelle fin. Quand ? (Je travaille en ce moment !)

 

17/09/1986

 

VÉCU – TÉLÉVISION – 2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

Aujourd’hui : premier jour montage « Showbises ». Je monte avec Marie-Louise D.. Je ne m’en souvenais plus : monté avec elle les R. et P. de « Remue-méninges ». Elle m’a rappelé – elle s’en souvenait fort bien – l’époque de Colette…

(Station de métro Réaumur-Sébastopol : je m’arrête d’écrire et je prononce ce prénom à voix basse : « Colette ». Ça me fait drôle de me l’entendre dire. C’est un mot que je ne prononce presque plus ! Dire que je l’ai dit si souvent !)

À parler ainsi, avec Marie-Louise, je mesure que j’ai réussi à me sauver de cette « sombre histoire », comme disait Marc L.…

 

J’ai repensé, cet après-midi, à cette histoire : en fait, je souffrais (beaucoup) d’être obsédé par elle et j’aurais voulu qu’il en fût de même pour elle.

Aujourd’hui, cela suscite plusieurs remarques en moi :

1/ Créer un tel sentiment chez quelqu’un est impossible. Ça va sans dire, mais il était hors de question, à l’époque, que je me le dise. Ce n’est qu’après avoir été obligé d’admettre que je n’y parviendrais pas que j’y ai renoncé et que j’ai rompu.

C’est ainsi qu’on gâche de grands morceaux de sa vie, sinon sa vie entière !

 

2/ Raisonnement par l’absurde : supposons que j’aie réussi : quel enfer ! C’est le genre de conflit qui peut faire un mort ou deux !

D’ailleurs, c’est impossible (voir 1) précisément pour cette raison : c’est – littéralement – invivable, au sens de : qui ne peut être vécu :

Et pour une autre raison, structurale : ce type d’obsession « répliquatrice » nait précisément d’une différence d’être qui génère le désir de la réduire tout en interdisant, puisque la différence tient à l’être et que l’être se contente d’être !

 

(23h50)

 

Je m’interroge sur cette fascination pour les femmes noires, fascination sexuelle.

Avant de rencontrer Colette, je n’avais jamais, à ma connaissance, été spécialement attiré par les femmes noires… !

 

Or, après elle, je continue à les désirer fortement et à fantasmer sur elle…

 

Qu’est-ce qui se joue dans ce « désir de la noire » ?

 

Autant dire que cette « différence d’être » dont je parlais plus haut a « quelque chose » de sexuel, mais comment ça s’articule, ce n’est pas encore clair (si j’ose dire !) (C’est d’ailleurs peut-être aussi bête que ça : l’attirance pour le « pas clair »).

 

Ce qui n’est pas clair, comme différence d’être, c’est celle entre l’homme et la femme, non ?

(Cf. plusieurs interventions de G. dans ce sens…)

 

VIDÉO-CLIP

 

Notes sur TV : un clip avec un générique… ! Tout bête, mais jamais fait !)

 

VÉCU – – 2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

Reste à savoir pourquoi l’interrogation sur la différence des sexes s’est focalisée, pour moi, sur la femme noire… !

C’est ça que je ne sais toujours pas…

 

VÉCU – TÉLÉVISION

 

Repensé à Philippe P., qui n’était pas content de mon état obsessionnel au moment de « Remue-méninges ».

Finalement ce petit arriviste n’était pas content que je ne mette pas assez de cœur à l’ouvrage, ouvrage consistant à abandonner ma personnalité d’auteur pour exécuter avec discipline les décisions de Messieurs R. et P. !

Et après ça : jamais un merci, jamais un mot d’approbation !

Marie-Louise m’a dit qu’avec mon successeur, Paul F., qui n’était pas en état dépressif, lui, qui était « normal », ces messieurs n’étaient pas non plus satisfaits !

 

Commentaire du 27 mai 2018 :

 

D’ailleurs, la meilleure preuve de ce que j’écrivais là, C’est que, trente ans plus tard, R. et P. réalisent des documentaires en duo !

 

   Commentaire écrit à 71 ans

 

Enfin bref : il ne faut jamais aller mal, l’air est connu, c’est même une rengaine… » !

 

Il faut se faire enculer, mais avec le sourire 

 

(Je me souviens d’un jour où j’ai appelé P. pour lui demander s’il pouvait m’avoir du hasch…

Non, il n’en avait pas. « Mais pourquoi tu me demandes ça à moi ? m’avait-il dit, d’un air de dire : « Mais tu crois que je fume ? » ou bien : « Mais tu crois qu’on est assez copains pour me demander ça ? »

Comme je suis persuadé qu’il fume, reste le second sens… Et, de fait, on n’était pas assez copains !)

 

(À l’opposé de la « tendance à la rupture », il y a chez moi, parfois, un élan qui me porte vers des gens avec qui je sais qu’il y a une distance, en faisant comme si cette distance n’existait pas, en supposant plus de familiarité, plus de chaleur qu’il n’y en a…

Écueil inverse, mais non moins voué à l’échec…

 

24/09/1986

 

VÉCU – AMIS – ZYF – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

(9h05 Bar des Théâtres avenue Montaigne, attendant tournage à l’Agence des Voyages A2 pour « Aujourd’hui la vie »).

 

Petit bilan après une semaine d’interruption écriture :

 

Dîner avec Zyf, Sylviane et Patrick C., au restaurant.

On parle du silence (de Zyf et de Sylviane qui dit : « Ça les concerne tous les deux, je suis en dehors de ça… » (alors que son côté lointain et « Je n’en pense pas moins » joint à l’affectation de ne pas avoir l’habitude de s’exprimer, m’horripilent au plus haut point, au point que j’ai dit à Zyf que désormais, je le verrai seul… (elle m’avait prodigieusement énervé, à la Claverie, avec son grand rire parce que je n’avais pas d’autre solution que de ne pas payer mon loyer…)

Au cours de ce repas, je dis : « Il en va de la parole humaine à l’inverse des autobus… Dans un autobus, lorsqu’il y a contestation entre deux voyageurs pour savoir si la fenêtre doit être ouverte ou fermée, c’est à celui qui veut la fermer qu’on donne raison… En matière de communication, je pense qu’il faut laisser la vitre ouverte… »

 

VÉCU – TÉLÉVISION

 

Appelé Claude Sambain, adjoint de De Givray, coproducteur des « Voix dans la nuit ».

Évité in extremis une boulette (il voulait appeler Jacques Salles en s’étonnant de mon appel.) Ai précisé que Jacques Salles m’avait dit que « Melissa » l’intéressait au cas où il y aurait une suite… « Ah bon ! a-t-il dit, nous ne sommes pas en mesure de faire une suite… »

Ai battu en retraite. Encore un espoir qui tombe !

 

Aussi ai-je décidé de ne pas m’en tenir à Jacques Salles et de proposer mes productions ailleurs (« Mélissa » et « L’amour de loin ».)

 

(Il faut que je réécrive la fin de « L’amour de loin », dans un sens heureux, car le catastrophisme actuel conviendrait peut-être à la série Mélo de Salles, mais pas à tout le monde !)

 


Tournée « Baguette magique » de Showbises (!) avec Pascale, une « bagnolaise » dont la simplicité m’a séduit… Pensé un peu que je lui plaisais mais… bof !

 

26/09/1986

 

VÉCU – TÉLÉVISION – AMIS – PHILIPPE G. – ZYF – 

 

Tourné séquence « Coulisses de la télé » pour « Aujourd’hui la vie » avec journaliste Philippe G..

Il m’a appelé hier pour me demander d’en faire un autre… Ça m’a fait plaisir, de même que Bourboulon me disant qu’il était très content que je retravaille…

 

Zyf passé à Paris. Il est venu dîner à la maison (avant-hier soir).

Il va mal. Dépendance « Je retomberais bien amoureux… ! » dit-il…

 

En ce moment, je repense au projet de court-métrage sur « l’œil ». Ai appelé Bourboulon pour lui dire qu’on gèle l’opération « Agrandissement », le temps que je vois comment se présente l’autre… Ai essayé, sans succès – de joindre Jean M. à ce sujet…

 

VÉCU – TERRORISME

 

(13 h journal télévisé)

 

Je n’ai rien noté, je crois, sur tous les attentats de ces dernières semaines : La peur… La colère…

Oriach, d’Action Directe, a été arrêté hier (non, pas d’Action Directe, mais des FARL…)

 

27/09/1986

 

CINÉMA – PROJET « LA MORT DANS L’ŒIL » – AMIS – JEAN M.

 

Conversation au téléphone ce matin avec Jean M. à propos projet court-métrage « Œil ».

Je dois appeler B. à Pasteur…

Au point de vue construction dramatique, j’envisage actuellement :

 

Un type (A) va voir un spécialiste optique (microscope ?) (B) en lui apportant une gravure (?), (Photo ?) = Gros plan d’un œil. Lui demande d’utiliser ses moyens optiques pour « descendre » dans l’œil, au fond duquel il y a un « secret » très important pour lui. Il ne dit pas lequel. Il donne de l’argent (beaucoup) à B.

B commence devant A à regarder dans l’œil : il constate que dans œil, il y a un autre œil, et ainsi de suite… Dit à A qu’il faut du temps pour continuer (microscope pas libre ?), qu’il lui laisse la photo, qu’il devra découper un petit bout de la photo (plutôt une photo).

A s’en va. On le suit : il rentre auprès d’une femme (C) malade, couchée. L’interroge anxieusement : « Alors ? » Il dit que B sur le coup, qu’il faut attendre.. C souffre, il s’occupe d’elle.

 

On retrouve B qui passe l’image au microscope. Découvre autre œil dans l’œil…

 

On repasse à A et C. C est très mal. Elle meurt. A lui ferme les yeux.

 

On repasse à B au microscope… Il enlève œil de l’oculaire, étonné. Il regarde le carré qu’il examinait.

Il téléphone. Au bout du fil, A, très la.

B explique qu’il y a modification du champ observé : très étrange…

On est sur lui lorsqu’il écoute réponse de A : il pose m’écouteur et va, dans autre pièce, voir la photo de l’œil, posée, visible. Il regarde : l’œil est fermé !

Il revient au téléphone : tonalité d’occupation : « Allô ! Allô ! » fait-il. On a raccroché.

 

B revient regarder l’œil fermé.

 

CINÉMA – PROJET « LA MORT DANS L’ŒIL » – 3ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : MATHILDE

 

 

(12h10 – bistro près dispensaire Mathilde)

 

En attendant d’entrer chez gynécologue, lui ai raconté ça (projet « La mort dans l’œil »)

Mathilde dit que œil fermé = prévisible.

 

Je pense donc à une autre version, pour éviter – perpétuel souci – la prévisibilité…

 

Idem début, mais on reste sur B qui fait ses « descentes » successives…

On voit « en direct » le brouillage de l’image. B enlève son œil de l’oculaire. La photo est dans la pièce : il la voit : l’œil est fermé.

 

On passe à A. Il est au chevet d’une femme, morte, les yeux fermés (ou bien il est lui ferme)

 

Fin sur photo œil fermé (zoom avant  plein cadre).  Oui !

 

VÉCU – CRÉATION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

À certains moments, créer devient une nécessité, pour m’apaiser…

Et ce qui est merveilleux, c’est que ça marche !

 

MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

 

Séance d’hier :

 

G. (à propos de mes absences dont je ne préviens pas) :

« En rapport avec coups de couteau devant quelqu’un, vous me donnez des trous à voir »

 

30/09/1986

 

CINÉMA – PROJET « LA MORT DANS L’ŒIL »

 

Suis très content : trouvé cette nuit un titre pour le court-métrage.

« La mort dans l’œil »…

 

VÉCU – TÉLÉVISION – CINÉMA – PROJET « LA MORT DANS L’ŒIL »

 

(18h30)

 

Aujourd’hui : journée de montage à A2. Retrouvé ce monde faux, agressif, froid. Les arrière-pensées que l’on sent si fort qu’on pourrait presque les toucher… Je n’aime pas ce monde et il me le rend et il me rend triste…

(Anne-Marie U. racontait comment R. a vidé P. et l’a traîné dans la boue… « Méfie-toi ! » m’a-t-elle dit. Je lui ai répondu que ça faisait longtemps que j’ai choisi ma liberté…

 

Florence J. a lu le projet de court-métrage que je lui ai donné hier ressortir de la photocopie, « comme un croissant chaud »…

Elle n’a pas aimé : « C’est du fantastique ? C’est pas mon truc… »

 


Y pense à ce projet : éviter le bla-bla.

Préférer le sens qui se dégage des images

 

1/ Scène de nuit : la femme antillaise, la doudou devant le tableau… (Non, ne pas mettre une négresse… On m’accusera de racisme… Je connais ce truc des détails que les avides de critiques (vertueux, en l’occurrence) gonflent démesurément…)

 

2/ arrivée du couple à la villa (retour ouikène). La femme se sent mal, s’allonge, n’ira pas travailler. 3/Hôpital. Médecin dit au mari qu’il ne comprend pas cette maladie, mais est inquiet.

 

4/ Prêtre (costume) examine, porte fracturée visite la maison… Trouve le tableau. Seul mot : « Vous avez une loupe ? »

 

 Voilà. Des actes, des faits. Pas de texte. Le moins possible.

 


Mettre une « jetteuse de sort », une vieille dame tout ce qu’il y a de bien, très comme il faut. Manteau, chapeau, collier de perles et bagues… Si la fille du tableau est blonde, mettre une brune en maîtresse jalouse et vice versa…

 


 (19h20)

 

Je bois une bière dans un bistrot du Sébasto tout en emmerdant le chess computer et en rêvassant à la « Mort dans l’œil »…

Moment de bonheur solitaire… Que je suis bien seul ! De mieux en mieux…

 

Moments de jouissance de la vie, arracher à la mort. Inéluctable !

 

VÉCU – LES AUTRES – TÉLÉVISION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

 

Le maître mot est : relativiser ! (Le jugement des autres – notre valeur réelle n’en dépend pas… Ils ne cessent de se tromper, de se fourvoyer dans des illusions d’optique, de fonctionner sur des données incomplètes voire erronées… Ainsi, tout à l’heure, je disais : « Ah ! J’aurais bien dormi dans la pénombre du mixage ! », ne pensant à rien d’autre qu’à ma digestion difficile…

Et Florence J. a dit : « Quel frimeur, ce Cappa ! »

Frimeur, moi ? En l’occurrence, ce n’était vraiment pas le cas !)

 

CINÉMA – PROJET « LA MORT DANS L’ŒIL »

 

« La mort dans l’œil » = il faut à tout prix éviter ce côté « gothique » du fantastique. Faire dans le « normal », le « clean », moderne. Pas design, mais « blanc », propre. Du Dreyer (« Ordet »)

 


On retrouvera ça chez le scientifique, au labo… Unité…

 

VÉCU – TÉLÉVISION

 

Appeler P.… Comme ça, pour lui dire que je sais comment il a été traité (Dominique R. : « Vous n’avez pas su y faire, vous n’êtes plus dans la mouvance… »)

Dominique R. = pauvre femme !

 

Commentaire du 27 mai 2018 :

 

Le terme que j’ai employé : « appeler » au lieu de « appelé » semble indiquer que j’ai envisagé d’appeler, mais que je n’ai pas fait. Dommage ! Aujourd’hui je trouve que c’est une des meilleures choses que j’aurais eues à faire… En outre, je pense que j’ai écrit cela après avoir été viré de l’émission « Aujourd’hui la vie » pour avoir refusé de couper un plan… Autant dire que j’en suis immensément fier et content !

 

   Commentaire écrit à 71 ans

 

01/10/1986

 

02/10/1986

 

VÉCU – AMIS – JEAN-PIERRE B. – CINÉMA – PROJET « LA MORT DANS L’ŒIL »

 

Jean-Pierre B. vient de m’appeler. Parlé de « L’amour de loin ». Il est pour la paralysie, mais trouve que les séquences mises en scène par Serge ne sont pas assez subtiles, trop directes, pas assez de mystère (il dit que ça vient de l’analyse. Stade des « explications »).

 


Jean-Pierre dit qu’il n’aime pas la psychologie au cinéma car ça « frustre les spectateurs ». La psy (au premier, deuxième degré, etc.). C’est à lui de se la faire. En fait, on le frustre parce qu’on le gave… !

 

DESSIN

 

 

 

06/10/1986

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Cigarette prohibée dans taxi  chauffeur exposé tout le temps  « Créatures conformes à nos désirs » = filmer un monde imaginaire peuplé de ces créatures et montrer qu’il est invivable. 

 

Commentaire du 17 septembre 2015 

 

Il faudrait dire : « Créatures et situations »

 

   Commentaire écrit à 69 ans

 

TÉLÉVISION

 

Réécrire « La France interrogée » avec un nouveau titre : « La question de… »

Dire qu’il n’y aura pas une réponse de la France, mais des réponses des Français… M’associer avec un journaliste qui monte, lui proposer d’être le producteur de l’émission et me mettre en wagon derrière cette locomotive. Proposer le tout à Breugnot.

 


  1. Question posée
  2. « Tour de table » réponse. (Public ou dans la rue ?)
  3. Publication des réponses.
  4. Analyse réponse par spécialiste sondage.
  5. Réponse de la vedette.

 

11/10/1986

 

 IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

 [Le début est manquant. Semble être « Une vitrine »…] devant laquelle sont massés en permanence X milliers de personnes # les autres vitrines (les « normales ») devant lesquelles passent moins de gens.

Télé : vitrine où chaque marque a le droit d’exposer brièvement son ou ses produits puis on passe à une autre (entre les pubs : des danseuses (les programmes).

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

(En partant des « questions pièges » de journalistes auquel l’interviewé doit répondre ou dont le refus de répondre est filmé  gens importants se laissent interviewer avec escorte armée qui braque journalistes pendant interview  si question gênante  refus et saisie par gardes du corps de la bande vidéo.

 

VÉCU – PEINTURE

 

Vu :

«Light sleepers » de Guy Gladwell (photo ou tableau ?)

 

VÉCU – MUSIQUE

 

(20h40)

 

Radio : « To you » par orchestres Ellington Basie

Mers carnets personnels depuis 1963