Carnet 22

Carnet 22 – Du 21 mars 1979 au 11 avril 1980

 

21/03/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

(Mercredi 09h20)

 

Donc : mercredi soir, l’ai appelée. 

On se voit le jeudi. 

Nuit de jeudi à vendredi : rien d’important ne se passe. Je médite pendant cette nuit et, le matin du vendredi, m’éveille dans un état de détermination très grande, presque de joie. 

Elle me sent « bizarre » (elle me le dira + tard.) Aussi se tient-elle « à distance ». 

Dans la voiture pour l’amener à son cours je lui parle, avec détermination, sans humeur, sans colère, presque joyeusement.  Je sens qu’elle aime ça. Je lui parle de sa mère. Elle me dit : « Tu me diras encore des choses ? » 

Je la laisse à son cours après valse-hésitation, car elle croit un moment que le prof n’est pas là et il s’en faut de peu qu’elle ne vienne avec moi chercher Maryse à Orly qui revient de la Martinique. Mais j’y vais sans elle car, finalement elle a cours. 

Aéroport, en attendant Maryse : état d’excitation interne (mes nerfs remuent, charivari presque angoissant.) (Mais c’est un état heureux.) 

 

ÉCRITURE

 

Je n’ai pas un sou, mon Prince non plus…

 

23/03/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE – CINÉMA – COURT MÉTRAGE « SIBYLLE »

 

Repris le 23/03 à 12h

 

(12h)

 

J’amène Maryse (qui a quitté Marc et ne parvient pas à l’avoir au téléphone pour aller chez elle.) chez Maman Doudou. Puis je repars à Censier chercher Colette à la sortie du cours. 

On passe la nuit de vendredi à samedi ensemble (1) 

Le samedi, on va rue St Vincent de Paul et l’après-midi je vais au Rex avec Laurent acheter les 33 places pour la projection de « Sibylle » le soir au Festival du Film fantastique. A 7 h et demi, on part à la projection (avec Alex qui s’arrête au passage prendre son linge à la laverie. Il tarde et on le laisse. Il y a aussi avec nous Laurent et Dominique.) 

20h. Projection. Les 30 premières secondes de son manquent puis le film accroche la salle et obtient un silence relatif mais les conditions de projections ne sont quand même pas excellentes. 

Après la projection, on va chez Gilles, (elle me dit à un moment : « J’ai l’impression de faire l’amour avec toi…. Je danse comme un fou. Je m’éclate. A un moment elle danse avec 2 mecs. Flambée de jalousie. En anglais « Teasing…  » = elle me provoque… 

(1) Note sur l’après-midi du vendredi : j’oubliais de noter cette chose fantastique : allés à l’hôtel (Hôtel de Paris) pour faire l’amour. Je lui dirai plus tard : « J’aime que tu sois une putain pour moi…. » Et elle aime le faire pour moi…) 

(Je bande en écrivant ça…) 

Je reprends la soirée de samedi : Gilles lui parle et lui dit qu’entre nous ça ne durera pas, ce qui la fait pleurer dans la voiture et me fait très mal à moi aussi. En rentrant, on fait l’amour, bien sûr… 

(La plus grande fatigue ne parvient pas à m’enlever l’envie de lui faire l’amour…) 

Le dimanche après midi, après avoir traîné au lit, on va rue St Vincent de Paul et c’est là, en appelant Gérard L., que j’apprends que « Sibylle » a obtenu le prix du meilleur court-métrage au Festival… 

On va le soir pour la proclamation du Palmarès (on voit « Star Crash » et « Captain Kronos… » 

En rentrant, je trouve un message d’Agnès qui me dit qu’elle a été au restaurant chinois avec Jocelyne, pour l’anniversaire de J. (que j’ai oublié de lui souhaiter.) Petit mot de Jocelyne sur la connerie du répondeur (« Elle a les larmes aux yeux… ») Message qui me fait flipper… Elle le sent et souffre avec moi…. 

Le lundi : tournage prévu annulé. L’après-midi : je passe plein de coups de fil pour contacts « Sibylle ». Je passe la chercher et on va à l’Hôtel de Ville pour remise prix Festival. (Rencontré là les membres du Jury, dont Boisset qui parle de prendre « Sibylle » en 1ère partie de son long métrage.)

 


A noter le jeudi ou le vendredi (?) coup de fil de Maman. Colette sent mon angoisse et mon chagrin. On parle de sa sœur Virginie. Les larmes me montent aux yeux. À elle aussi. (« Elle t’aurait aimé… ») 

 


Le mardi : tournage (60 ans de mariage d’un couple, à Brunoy.) 

Dans l’après-midi, je rentre, rue de Tocqueville. Manuel m’appelle et me propose de se voir le soir. 

On décide d’aller au cinéma (« Halloween ») puis dîner. Je passe la chercher et, en partant, alors qu’elle me questionne sur les sujets que je tourne pour la télé, je lui jette, sans me rendre compte combien je la blesse : « Ne cherche pas à comprendre… » Évidemment, elle se recroqueville comme un escargot qui rentre dans sa coquille… 

Pendant toute la soirée, elle sera loin de moi. Je le lui dis une première fois au cinéma. 

Nous faisons tous les deux de visibles efforts pour nous rejoindre. Mais sans y parvenir… J’attends que nous nous retrouvions seuls pour lui en parler… J’attaque bille en tête, dans la voiture, en allant droit à ce que je crois être la cause de son éloignement : ma phrase malheureuse. « Ne cherche pas à comprendre… » Elle me dit qu’il y a de ça mais pas que ça…Je lui dis alors : « Dans ces conditions, il vaut peut-être mieux que je te ramène chez ta mère, si tu veux… » 

A partir de là : cassure, crise. Flip terrible. Impression de désastre. Je l’amène devant chez sa mère. Elle me dit « On rentre ». J’arrive Porte d’Asnières. Entre temps le « dialogue » a continué. Elle veut repartir, en taxi. Je me mets en colère là-dessus et la ramène chez sa mère. Elle s’enferme dans le silence. Je parle. Finalement, stationnés rue St Vincent de Paul, un peu de tendresse nous rapproche. On retrouve presque la joie lorsque je lui fais passer les vitesses à ma place. 

Mais une fois à la maison, je lui fais l’amour, car j’en ai envie, mais pour la première fois, elle ne participe pas et je viens en elle sans qu’elle jouisse (« Je ne peux plus me retenir… » – « Tu n’as qu’à venir… » 

Elle s’endort, tournée de son côté, mais moi je ne m’endors pas. Je lis (« Un amour » de Buzzati, dans lequel je me retrouve d’une manière hallucinante. Il y a même un personnage nommé Cappa !) 

Les heures passent et je ne m’endors toujours pas. 

Je repense à tout ce qu’on s’est dit : quand je lui ai proposé de la ramener. « Après tout : oui, c’est ça, ramène moi… Et comment on aurait fait si on vivait ensemble ? Tu ne pourrais pas me ramener chez ma mère ! » 

Et quand je réitère mon regret de lui avoir dit : « Ne cherche pas à comprendre. » « Ne crois pas que je vais bouder à tout ce que tu dis. Tu as raison de ne pas vouloir que je sache tout de ta vie. Après tout, peut-être que je voudrai faire pareil…. » (Vieux thème.) 

Elle a des mots qui blessent, elle aussi. « On ne va pas passer le réveillon là-dessus… » – « Je n’ai pas envie de rentrer avec toi ou d’aller chez maman… » (rejoint le « Je veux être toute seule » de 2 dimanches avant…) 

– « On est en train de gâcher les choses… Il ne faut pas. C’est pas bien…. » Quand, à propos du taxi, je lui dis « Si tu pars en taxi, c’est terminé entre nous ! », elle répond « Ne dis pas ça… » (Elle rit de ma colère.) 

A noter, à propos du rire, « Tu me fais rire ! » Alors qu’elle me fait rire, je le lui dis et je dis : « C’est bien ! » Je ne sais pas mais je ne crois pas qu’elle soit d’accord. Je crois qu’elle n’a pas envie que je la fasse rire. 

Dans la voiture, devant chez sa mère, le ventre me brûle : « J’en ai marre d’avoir mal comme ça… » Elle répond « Il n’y a pas que toi ! » À propos du fait qu’elle a été loin de moi ce soir là : « J’ai essayé de venir à toi… Je n’ai pas pu. » – « C’est vrai que tu m’énerves, c’est vrai que je m’énerve…. » Moi : « Oui j’ai senti que je t’agaçais… » (avec Manuel au restaurant : conversation portant presque uniquement sur « Sibylle » ou le « métier » : je n’aimais pas vraiment ça, tout en aimant (car je suis cabot, comme les autres…) 

Elle m’a dit aussi « Pourquoi tu m’as dit ça : « Dans ces conditions : Je te ramène chez ta mère… ? » 

J’insiste là dessus en riant, en disant que je lui ai dit : « Si tu veux… » pour, dis-je, la mettre devant ses responsabilités. (Je lui dis : « Tu recommence à jouer ton jeu… » Elle proteste : « Non. Je ne recommences pas ! ») 

Elle me dit : « Je n’aurais rien dit si tu ne m’avais pas brusquée : on serait rentrés. Je t’aurais parlé. J’avais des choses à te dire…. » 

– « Dis-les moi… » 

– « Non. Ca ne vient pas. Je ne suis pas un ordinateur. Je ne veux pas dire des paroles en l’air. Écoute : C’est vrai que je parle beaucoup plus qu’auparavant. Mais, des fois, tu perds le fil et tu ne sais pas comment dire les choses… » 

En rentrant (la 2ème et dernière fois) je lui dis : « Je ne te demanderai rien… » (Je me sens ligoté par cette promesse. Ce silence obligé me pèse et c’est dans ce sentiment d’être coupé d’elle que la nuit commence, qu’elle s’endort et que mon insomnie démarre. (Je m’aperçois que maintenant, si ça va bien entre nous, je ressens le silence comme heureux. Sur ce point j’ai changé. C’est même moi qui lui dis parfois : « Ne parle pas de ça… » (récemment encore, aujourd’hui je crois ou hier, à propos de l’avenir…) Je lui dis aussi, à un moment : « Tu n’as pas confiance en moi… » 

– « J’ai confiance en toi, pour toi… » 

– « Non : confiance en mon amour… » 

Bref : j’essaie d’interpréter et n’y parviens pas. Je me donne l’impression d’une machine qui patine et tourne dans le vide 

Fin de la nuit : vers 5 heures, alors que je la regarde, elle ouvre les yeux et les referme aussitôt, évitant mon regard. Je réagis à ça, en lui jetant : « Tu évites de me regarder ? » Elle me dit : « Je dormais… » 

– « Non, ça, c’est pas une illusion… » Je me retourne, lui tournant le dos : « Tu as de la chance de dormir tranquillement. Moi je ne dormais pas. » 

Elle pose la main sur moi, me caresse : « Enfin tu viens à moi. Tu y a mis le temps ! » On s’enlace. On fait l’amour. Elle jouit. (J’oublie qu’elle m’a dit : « C’était pas bien hier soir. Je n’ai pas joui. Ca m’effraie ! » (Oui : cessation de la communication sexuelle, cette communication qui a toujours bien fonctionné entre nous. Son langage lui faisant défaut : il y a de quoi s’inquiéter ! Perdrait-elle le contact avec moi, s’arrêterait-elle de me parler comme ça ?). On fait l’amour et c’est bien. On s’endort. Avant je lui dis : « Même quand je ne suis pas bien, je suis avec toi… Dis-le moi au moins : 3 petits mots ce n’est pas grand choses ! » 

– « J’étais loin de toi physiquement et verbalement. Je suis comme ça ! » (A moins que ce ne soit dans la voiture qu’elle m’a dit ça ??) 

Dans la voiture, elle m’a dit aussi, à propos du « Je te ramène chez ta mère » : « Tu savais que j’allais réagir comme ça. Tu ne me connais pas ? » (Et c’est vrai que parfois je me demande comment il se fait que je ne comprenne pas ! Je me dis que, peut-être, je suis passé à côté d’elle et n’ai pas vu l’évidence. Je le lui dirai par la suite (hier soir, jeudi) : « Tu es un petite fille sensible qui réagit pour se défendre par la fierté. ») 

 

27/03/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

VÉCU –  AMIS

 

(Mardi à 1h20)

 

Je viens de rentrer. Passé soirée avec Bertrand. M’a fait flipper très fort (enfermé dans le silence) en me disant qu’il y a un an, il avait été décontenancé par ma « mise à nu » (lui avais proposé de lire mes carnets) à tel point qu’une telle offre lui avait paru suspecte et qu’il m’avait pris pour un homosexuel…

Lui ai dit que j’en avais marre d’être en état d’offre perpétuelle. Il m’a dit alors : « Ne sois plus comme ça… Sois égoïste. »

Lui ai dit que, ne trouvant rien en moi-même, je le cherchais chez les autres. Il a été surpris (voire choqué) que je lui dise ça : « Tu as une femme qui t’aime, tu as fait un boulot qui recueille le consensus de tous ceux qui l’ont vu… Si toi, tu es tout nu avec ça, moi je suis moins que rien… »

(S’apercevoir là, car c’est l’évidence, que j’ai, sans le vouloir, réveillé son propre flip, son propre manque de confiance en lui, sa propre sous-valorisation).

 

L’ai raccompagné sans un mot. Ai tenté de lui dire que je retrouvais là l’éternelle barrière de l’Autre.

Il m’a dit : « Je ne te comprends pas… »

Il m’a même reproché de jouer un jeu.

 

Je ne lui en veux pas de m’avoir dit cela.

On fait parfois mal exprès, pour secouer les gens.

 

En tout cas : c’est vrai (comme il me l’a lui-même fait remarquer) que c’est chouette de m’avoir dit ça.

Il ne faut pas que je néglige ce geste.

Il faut que je lui fasse comprendre que je l’ai senti.

J’ai essayé à l’instant de l’appeler, mais son téléphone est coupé.

 

VÉCU – 2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Pour trouver le vrai chemin des autres (qui est fait aussi de silences et de reculs), il me faut trouver en moi l’Énergie. La ré-susciter. 

Je parlais à Colette du combat en moi entre le caractère de ma mère et celui de mon père : la jovialité de l’une, l’angoisse de l’autre. 

Combat perpétuel. 

Que la joie gagne ! Je le veux de toutes mes forces. 

Que la force me vienne. La force de vivre et d’être heureux ! (Bertrand : « En ayant une telle soif d’absolu, tu ne pourras jamais être heureux ! ») 

Je lui ai parlé de la danse. Un Roberto qui danse ! C’est comme si je m’appelais Gérard ou Jacques ! Étrange pensée : Une re-personnalisation ! (Se souvenir de mon changement radical d’écriture, à Lorient. Décidé de changer d’écriture. Ça venait à un moment, comme ça…) 

Peut-être est-ce le moment : devenir adulte 

Je te retrouve là, Colette. À ce carrefour. Je t’ai trouvée, enfin, (Et là je peux reprendre le bout à bout des pages des jours précédents)  :

Le mercredi matin, nous nous sommes quittés (J’étais encore au lit quand tu es partie.) 

Tu m’as dit : « Tu m’appelles ? » 

Je t’ai répondu : « Appelle moi aussi… » 

Et tu as appelé dans la journée (trouvé un message sur le répondeur.) 

Je t’ai rappelée. Tu m’as dit : « Tu viens ? » J’ai dit « Oui, mais je ne resterai pas longtemps. Je suis fatigué. » 

Je suis venu chez toi, et je m’y suis trouvé bien. Je suis resté comme ça, somnolant, sur le canapé. 

Je suis là à fouiller ma mémoire pour retrouver le fil de ces derniers jours mais ce qu’il importe d’écrire c’est qu’à partir de ce soir là tu as changé profondément. 

 

Tu t’es débloquée. Tu as ouvert les vannes (plein d’images comme ça me viennent à l’esprit, pour exprimer la même chose) : tu es enfin venue à moi, tu t’es abandonnée. 

 

J’ai ressenti nettement ce changement et la joie m’a envahi. 

Comme si mon attente de 8 mois, bientôt, était enfin récompensée. 

 De ce moment, je voulais parler avec toi : je l’ai fait, hier, en effleurant seulement la chose, en te disant que je t’en reparlerais, qu’il fallait d’abord que je reprenne ce carnet pour finir le bout à bout de ces derniers jours. Tu as situé, toi le moment de ce changement, plus tôt, ce fameux matin du vendredi 16, où je t’ai parlé dans la voiture (Et je t’ai dit qu’il y a eu autre chose encore après…) 

Il est sans doute significatif que le détail des jours suivants se fonde dans un brouillard heureux. Je ne me souviens plus. 

(J’ai mon agenda devant les yeux, pour m’aider. Mais en vain.) 

Je crois qu’on ne s’est plus quittés depuis, passant toutes les nuits ensemble, sauf celle-ci. 

Simplement : vendredi (23) passé l’après-midi avec Maman : Choisy – Bd Pasteur – Hôpital Choisy. En rentrant à Choisy, je monte et trouve Papa plus affaibli que jamais : difficultés à parler, sans réaction, me donnant l’impression de ne plus comprendre (j’ai même un mouvement d’humeur, leur demandant ce qu’ils veulent de plus de moi. Mi par réaction contre maman, mi par tentative désespérée de secouer Papa, de le rejoindre. Mais en vain. Je renonce et m’en vais, culpabilisant.) 

Est-ce la raison, mais samedi matin je ne suis pas en forme. Déjeuner avec Agnès et Jocelyne, qui me fait la gueule pendant le repas. 

Il y a le soir une fête chez Yvane et Annick, à laquelle Colette insiste pour que je vienne. 

 

VÉCU – AGNÈS 

 

Pour ce faire, pris arrangement avec Gilda afin qu’Agnès aille avec David et passe la nuit là-bas. 

Je voulais me rapprocher d’Agnès : coup de fil de Jocelyne qui tombe sur Colette et qui, quand je la rappelle, me reproche de me foutre d’Agnès…) Je dirai à la suite de ça à Colette « Il faut que je sache te dire non… J’aurai dû ne pas aller à cette soirée et rester avec Agnès comme j’avais dit que je ferais… » 

 

VÉCU – 2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Cette fête, je l’ai mal vécue. D’abord pas en forme, la forme me vient dans la voiture en allant là-bas.

J’y arrive joyeux, jovial. Je commence à danser : Maryse m’apprend une autre manière de danser la biguine (1 coup de hanche sur chaque temps. Je retrouve des moments que j’avais trouvé tout seul chez Gilles.) Mais quand les gens (dont Colette) se mettent à danser des danses latines (style cha-cha, je crois) que je ne parviens pas à maîtriser, je plonge tête baissée dans le flip caractéristique du rejet et m’enfuis dans la cuisine. 

Elle m’y rejoint puis on passe dans la chambre où je dis vouloir m’allonger, fatigué. Elle ne veut pas me quitter. 

Je lui confie la raison de mon flip. Elle me rassure, me disant que j’ai fait des « progrès », que c’est ainsi, noirs-blancs. (Je parle de la différence de culture, lui rappelant ses mots sur le couple mixte, tout au début de notre histoire.) (Elle comprend.) 

Elle aussi passe aux confidences : elle me reparle de Virginie, de ses rapports avec elle, de sa culpabilité d’avoir « joué avec ses sentiments », d’avoir abusé de la certitude qu’elle avait de son amour (Elle évoque ses enfermements dans sa chambre, son absence d’efforts). 

Bref moment d’accrochage sur un « Tu me fais rire » d’elle (quand je parle de « leçons de danse ») Je lui explique que je prend ça pour une moquerie, elle reconnaît que ça lui est arrivé d’interpréter ça comme ça, elle aussi. 

Puis salle de bains (je m’allonge dans la baignoire) puis on retourne avec les autres danser. On danse tous les deux, mais je l’entraîne dans le hall pour être plus seul (« On se sera à peine fait remarquer ce soir… » dira-t-elle). 

Du hall, elle m’entraîne dans la salle de bains où nous faisons l’amour dans le noir. (Elle m’a dit avant mais je n’ai pas eu la présence d’esprit d’appliquer ça tout de suite, qu’en faisant l’amour avec moi, elle pensait que je me soulage en elle mais que pour ça il faudrait qu’elle soit saoule…) Voilà une chose qu’on fera, d’ailleurs, hier dimanche, le soir, et ce matin. (chose très agréable.) 

« Maintenant j’ai envie de rentrer… » dit-elle. 

On part. 

(Trou de mémoire sur la suite de cette nuit.) 

Le dimanche on traîne tard. On récupère Agnès. On repasse rue St Vincent de Paul. 

(A noter : déjeuné là. Sa mère me parle : « Je peux mourir tranquille en sachant que Colette est heureuse. » (Elle dit que je suis « mieux que les autres », en gros.) 

– « Vous me chargez d’une grande responsabilité ! » 

– « Non. Si vous la quittez, elle gardera un beau souvenir… » 

(Je reviens sur la discussion dans la chambre chez Annick : « Maja a dit, comme Henri, que j’attendais quelqu’un comme toi. » (Elle ajoute : « Qui aurait pu s’appeler Pierre ou Jacques mais qui te ressemble… ») 

(Je flippe un peu sur cette notion, que je reprendrai ici, d’interchangeabilité, en disant qu’un homme rêve d’être unique, irremplaçable. (Je lui dis que ça me fait flipper parce que c’est vrai.) 

Elle dit aussi que c’est dur pour une femme d’appartenir à un homme, que même sans chercher il y a des choses qui viennent à vous… (Flip aussi là dessus) (elle dira dans la voiture que c’est plus facile pour une femme de résister à la tentation). 

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – DESSIN

 

(15 h Salle de montage)

 

Une idée : (à mettre en dessin ?) Une gare à demi détruite (horloge sans aiguille – pancarte de travers – pan de mur écroulé – rails tordus – ballast envahi par herbes folles) et, sur le quai, un « voyageur » « attend », à la main : une valise dont il ne reste que la poignée et des lambeaux de cuir…

 

Commentaire du 16 septembre 2019 :

 

Tiré un photomontage de cette idée (créé en 2016 à 70 ans) – Voir ci-dessous 

 

   Commentaire écrit à 72 ans

 

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE »

 

Je repense de plus en plus à mon projet « LM Bleu » :

Personnage de l’enfant, le fils du fou, qui est comme l’homologue du père (un garçon, le plus probable, ou une fille ?)

Il a donc dans son « appartement » tout un décor miniature où il fait évoluer des animaux (style souris blanche ou lapin ou cobaye) qu’il fait tuer par des éléments de décor.

(La caméra peut alors descendre « dans » le décor et filmer le décor miniature comme un décor à dimensions normales (gigantisation de l’animal).

Personnage de l’enfant : très renfermé, secret, silencieux (mais lui prévoir – absolument indispensable – des retours d’enfance…)

Peut-être vêtu d’un costume (style « Village des damnés »)

La fille est balancée au contact du môme et doit lui servir de préceptrice…

Rapports : conflit-alliance « Les autres finissaient toujours par me battre… » (dit froidement par le môme qui sait)

Sadisme envers les animaux endossé froidement – Sens du « jeu »

La fille lutte, parce que c’est un enfant, contre la pulsion de craquer et de le frapper (il renverse encre sur les livres et cahiers ?) (C’est là qu’il lui dit que les autres ont cédé, il sait qu’elle en fera autant).

Évolution des rapports ? Évolution vers une alliance ? Les rêves de la fille : possible belle séquence de rêve  elle rêve qu’elle est dans le décor miniature du môme et que c’est elle animal pourchassée et promise à la mort (montage fille-souris blanche) (souris qui parle ?) C’était la souris ?

(Elle découvre d’abord le jeu-miniature de l’enfant avant de découvrir celui du père)

(Elle est engagée comme préceptrice, au départ. Quel diabolique fournisseur pour le fou ? (Cf. le couple de « Rosemary’s baby »)

 


Significatif, non ? Que je recommence à écrire, sur ce carnet, autre chose que mon rapport à Colette, que je me retourne vers la création… !

 

ÉCRITURE

 

« On est sortis de l’instant pour entrer dans le temps… » (inclus dans Manuscrit « L’homme que les plantes aimaient »)

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Ces matins-ci je me réveille avec la déprime au bide. Ma première pensée est pour elle, une pensée malheureuse…

 

28/03/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

(22h 15)

 

Mercredi. Hier soir : théâtre. Elle pleure. En rentrant je la questionne. « Tu te compliques la vie. » Pour la 1ère fois elle parle de se quitter. 

Moi aussi. 

Lucide sur tous les obstacles. « C’est vrai que tu n’es pas sûr de toi. Tu n’es pas en paix avec toi-même… » 

Je pleure. Je plaide. Je l’ébranle. On fait l’amour. (Elle n’aurait pas voulu. Frissons à la tête.) 

Matin. Éveil. Silence. Beaubourg. Magritte. On se sépare devant chez elle, dans un baiser, sans un mot. Rapports changés. Mon état d’esprit aussi. Rien à dire. Je n’écrirai plus, pour l’instant, sur Colette et moi.

 

29/03/1979

 

vécu – 2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

(0h 10)

 

 Liberté-Solitude, je te retrouve, ce soir… 

Et ce parfum amer de soir d’été, de malheur chaud et d’espoir sombre…

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE »

 

Complément à la note du 27 sur LM bleu :

Le rêve de la fille. Le fou (ou le secrétaire ?) la questionne sur rêve. Elle le raconte, mais ment délibérément et invente un autre rêve (lequel ? heureux ?) pendant qu’on voit les images du vrai rêve. (Elle raconte qu’elle se rêve couchée et se levant pour sortir et on voit la fille qui se transforme (par fondu ?) en souris dans le lit-boîte d’allumettes (ce qui implique que le rêve est vu par le fou, à travers écran TV (le fou étant alors le gosse ? assis au pupitre ?)

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

(9h 30)

 

 Le jour commence. 

Je créerai. J’en aurai la force. 

Il y a beaucoup de force en moi 

(Merci Maman). 

 


(Café près Tour Montparnasse) 

 

Il est indéniable que je souffre… Je pense à elle et me dis que j’ai fait mon propre malheur… 

Je repense à ses mots : « Comment veux-tu que j’aie confiance en toi, si tu n’as pas confiance en toi, toi-même ? » 

Et quand elle me disait : « Arrête… » sachant très bien que je m’égarais… 

Maîtresse d’elle même toujours et partout. Souffrant, certes, sensible, mais ensevelissant toujours derrière le masque impassible de son beau visage… 

Un petit garçon… Voilà de quoi j’aurai eu l’air pendant 8 mois…. 

(Et quand elle a noté un de mes gestes, me disant en riant que je ressemblais à Agnès…) 

Et pourtant, il est certain que j’ai changé depuis cette nuit là… 

Je sais que je ne l’appellerai pas. 

Je sais que j’ai décidé de ne plus souffrir, ou le moins possible. 

Que j’ai décidé de mobiliser mon énergie pour être fort, pour être heureux. 

Oui, je subis malgré moi les morsures de la souffrance, de la jalousie (l’idée qu’elle en rencontrera un autre !), de l’humiliation (me suis montré si vulnérable…) 

Question de moments, en ce moment… 

 


Je n’ai pas perdu tout espoir de la reprendre… 

Mais je sais que cette fois-ci c’est quitte ou double et ça sera forcement différent. 

(Et ce qui importe, c’est que j’aie envie que ce soit différent. Envie de me dégager de cette emprise obsessionnelle). 

Cesser de ne penser qu’à elle, de ne voir qu’elle. Être autonome. 

Je vois un couple qui rit. 

C’est bien là l’obstacle : l’impossibilité d’un rire « naturel » avec elle. 

C’était vraiment autrefois 

(C’est vrai que c’est fatigant de faire des efforts, de se dire que « c’est pas ça. ») 

 

 (22h50)

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE »

 

Début du rêve :

Elle s’enfile sous les draps, complètement, et disparaît

Fondu enchaîné

La souris sort des draps (modifier le décor. Jouer la dimension-jouet, y compris dans la matière) (en supprimant le bleu trucage)

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

« Et toi : ça va faire très mal ! »

 


Quand elle approuvait « Le faux miroir » de Magritte, elle me faisait subtilement le reproche de ne pas l’avoir vue telle qu’elle est… 

 


La tentation de l’analyse. Toujours…. 

 


 « Je suis habituée à ne pas savoir où je vais… » m’a-t-elle dit. Manière de me dire qu’elle ne veut pas le savoir… 

 

30/03/1979

 

(14h05)

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

To feel it…

To feel the joy inside of me…

No need to say it…

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Une idée :

Les lettres d’amour à ne surtout pas écrire

(ex : un mec qui est avec une négresse) :

« Mon amour : ton corps est noir, ton âme est blanche… » (comique subtil. Ça se chiffre en grammes)

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Elle m’a appelé ce matin. Du cours. 

Ai été très surpris. 

L’ai rappelée à 2 heures. Fais entendre Stevie Wonder : « Es una istoria. » 

Lui ai dit qu’on se verrait dimanche. Choses en moi à mûrir. 

Laisser venir la joie. 

Au montage, là : nerves… 

Nerfs tendus. 

Joie douloureuse. La maîtriser

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE »

 

Pour une scène de persécution :

La maquette = réseau de train électrique : l’avant de la loco =. dangereux (donc : mobile) si elle est « touchée » par la loco = électrification

 


En vrac : des notes :

Il faut que le château soit à l’étranger (Amérique du sud) et le fou, régulièrement, prend l’avion et part pour plusieurs jours s’occuper de ses affaires…

Elle reste seule avec le môme et le secrétaire.

 


Tentative d’évasion : le secrétaire la découvre… Réactions ?

 


Le fou et la maquette : il coupe le moniteur et la persécute à l’aveuglette (scène de frénésie aveugle).

Elle en échappe de justesse.

Dans le décor bleu : traces des « impacts » ? (gerbes d’étincelles)

un titre : « La mort en bleu »… ?

« Le bleu de la mort » ?

« Persécution »

« La mort en miniature » ?

« Modèle réduit » ?

« La mort en réduction » ?

 


Décor-maquette du rêve : ne compte pas seulement le rapport dimensionnel. Compte aussi l’image, la symbolique des objets et l’apparence. Ne pas oublier de jouer ça…

 


Même en dehors des trucages, des visions-vidéo. Jouer la caméra-voyeur.

 


 « Branchez la chambre sur le circuit général… » = le fou peut mater la fille de n’importe quel point du château (moniteurs un peu partout. Il a un code ? Ou un déclencheur perso ? = Seul à pouvoir mater) (Seul sauf le secrétaire que je crois devoir être un ingénieur-vidéo, un génie de l’électronique = partage du voyeurisme)

Elle, scandalisée d’être épiée jusque dans son intimité, traîne son matelas et ses draps hors du champ de la ou des caméras (disparition de l’image vidéo On passe avec elle dans la chambre. Porte s’ouvre : sbire sur le seuil avec chien en laisse. Il le détache  porte en face : sur le seuil, le fou… Il appelle le chien. Le chien traverse la pièce et vient à lui (réaction de la fille pendant la traversée). Le fou caresse le chien. Texte doucereux à écrire – mais plein de menaces –

« Brutus ! Bon chien (le chien lui fait fête, il le caresse) Brave Brutus… Voilà un chien qui adore jouer… Mais c’est curieux – je l’ai remarqué avec les lapins – il ne se rend pas compte de la puissance de ses crocs… Si bien qu’avant même d’avoir commencé à jouer, ces malheureux lapin ont déjà perdu… (Il remet le chien en laisse) Avec moi, ce n’est pas pareil : je laisse quelques chances à mes partenaires… Alors, ma chère Mélissa : choisissez-vous de jouer avec Brutus ou avec moi ? Je serais flatté que vous me choisissiez comme partenaire… Mais je suis certain que si je le détachais, Brutus serait ravi de jouer avec vous et vous préférerait à tous les lapins de ce domaine…

(Réaction d’acquiescement découragé de la fille)

« Je trouve qu’il règne dans cette pièce un regrettable désordre. Wilfrid, veuillez remédier à cela, je vous prie… »

(Le sbire va remettre le matelas en place et refait le lit)

« À vous revoir, ma chère Mélissa…)

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Je sais ce que je vais lui dire quand je la reverrai 

« Je suis heureux… »

 


J’ai le temps pour moi…

 


Bonheur fragile, en moi… J’en prends soin, pour ne pas le casser…

 


Je me mets au point…

 


Suzanne et Jean dans « Touche pas à mon copain » : leur relation = étonnante convergence avec la nôtre (avant) (?)

 

31/03/1979

 

NUCLÉAIRE – SOCIÉTÉ – RÉFLEXION

 

Les générations futures et les déchets nucléaires (obligées de « faire avec ») : qu’est-ce qu’elles penseront de notre génération qui leur a refilé cette peau de banane : mais qui sont-ils, ces fous du XXéme siècle, à quoi ressemblaient-ils ? Et bien, ils portaient costard-cravate, attaché-case, ils avaient une assurance vie, une femme, des mômes et une résidence secondaire.

 

02/04/1979

 

(2 h)

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Et s’il était impossible de réveiller les gens ?

Même en les secouant, en les appelant, en leur hurlant aux oreilles, en les aspergeant d’eau froide… ? Ils dormiraient leurs 7, 8, 10 h de sommeil, suivant les individus et une fois qu’ils se seraient endormis, il faudrait attendre, attendre qu’ils se réveillent…

Conséquences : les pompiers appelés pour un incendie n’interviendraient pas, les militaires prévus pour une garde non plus, pas plus que le médecin à qui on téléphonerait pour une urgence, etc. (le mari non plus, avec qui l’épouse voudrait faire l’amour…)

Idée à exploiter.

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Reprendre l’idée des bébés naissant dans des œufs géants et du rapetissement en place du grandissement actuel

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Reprendre aussi l’idée des extra-terrestres branchés sur le téléphone et tombant toujours sur le même F3 en HLM au lieu de l’Élysée

 

07/04/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

(18 h 40 Chez les parents, à Choisy)

 

Sentiment très net d’avoir passé un cap. 

Signifiant : pas écrit le détail des événements. 

Seule demeure l’impression générale de ce changement de nos rapports. 

D’une décontraction de ma part et d’un rapprochement de la sienne (né de sa plus grande confiance en moi). 

À noter : « Combats-moi ! » (Précisé le surlendemain : « Précède-moi. Vois au-delà de moi. »

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE »

 

Relu notes carnets sur LM bleu :

Noté la main du fou qui « arrête » (répercuté par secrétaire) la fille et indique la zone sinon le point où il va frapper.

Il est certain qu’il faut mettre au point un système où l’on sait à quel endroit le danger va frapper, ce qui permet au secrétaire d’intervenir pour la faire fuir.

Nécessité donc d’un signal…

2 possibilités :

1/ Signal convenu (le fou actionne un avertisseur, optique ou acoustique, indiquant qu’il va frapper).

2/ Signal donné par la mise en scène de la maquette (exemple : élément de décor qui menace de tomber ou de bouger…)

Solution 2= à préciser mais la plus riche.

Analyse de la solution 2 :

Par définition : objet en gros plan = en général : immobile.

Donc : la mobilité du décor doit venir de l’intervention du fou : la main du fou, dans le champ, manipule les objets, pose, soulève, tire, etc.

 


Folie du fou = folie lente, non frénétique.

Il savoure la menace qu’il crée

 

VÉCU – FAMILLE – PARENTS – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

(23h30)

 

Pas content de moi, ce soir.

Ce soir, je ne m’aime pas.

Suite à après-midi familiale où je me suis laissé aller à parler de mes mauvais rapports actuels avec Jocelyne (elle m’a agressé parce que j’étais arrivé à 13 h pour chercher Agnès) puis me suis mis en colère après Papa (sujet engueulades avec Maman) puis ai dit à Sonia : « Je ne te demande pas ton avis » quand elle me disait « Tu te fais encore des illusions ? » (au sujet possibilité qu’ils cessent leurs continuels conflits).

 

Je me sens mal parce que (tout à la fois) :

 – Triste de la difficulté de rapports humains chouettes

 – Je m’en veux de me « laisser aller » (trop bavard)

 – Je m’en veux de me mettre en colère

 – Je me sens conditionné par cette atmosphère familiale génératrice d’angoisse et de blocage

 – Je me sens impuissant à dominer cette atmosphère en étant un personnage positif.

 

Seule solution que j’ai trouvée : ai dormi.

 

AGNÈS 

 

Problème que j’ai en ce moment : mes rapports avec Agnès. Je n’arrive pas à la toucher, à être vraiment avec elle (sauf par éclairs, tout de même). J’ai l’impression de ne pas avoir en moi l’énergie de la gaieté, du rire, du jeu…

Il y a toujours quelque chose qui ne va pas. J’ai bien progressé avec Colette, maintenant c’est la famille, ou Agnès, demain ce sera le fric… On n’en sort jamais !

 

 

1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE – MA MÈRE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Je m’aperçois (il n’est jamais trop tard) combien, avec Jocelyne, je reproduisais mon rapport avec ma mère, rapport d’exaspération !

Rapport lié à la durée (d’où les 11 ans de mariage !) où toute l’agressivité respective doit être exprimée afin d’être satisfaite et comme elle était sans bornes… !

 

Ce qui est à noter, c’est que le point commun de ces deux femmes était, à mon égard, la déception sexuelle, l’une à cause du tabou de l’inceste (ce qui la conduisait à déplacer la demande sur d’autres zones : vestimentaires, comportementales, professionnelles), l’autre à cause du sentiment de rejet entraîné par ma pratique onanistique.

Dans les deux cas : chez moi violence de la réaction mais fixation sur elles d’où : exaspération. Sentiment d’être piégé, encagé et réaction de bête enfermée qui rue et se secoue mais à l’aveuglette, sans songer sérieusement à s’enfuir.

 

PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – MES PARENTS

 

De la tranquillité avec Colette pourrais-je passer à la tranquillité avec les parents, avec le monde, en général ?

Je l’ai senti par moment.

 

Il y a en moi une curiosité : d’où me viendrait cette force, cette paix ?

Je la vois née du néant. Mais « rien ne se crée » (je veux dire : de rien…)

 

Mais c’est vrai qu’on est fait du regard des autres… Avec la famille, avec certaines gens, j’ai le sentiment d’un passif trop lourd, d’une pente trop raide à remonter…

L’importance du regard des autres : Colette l’a bien compris, elle qui s’est créé ce personnage lisse, sans failles, sans aspérités où pourrait s’accrocher la critique… Ne s’investissant pas, elle ne se démonétisait pas…

(À rapprocher de cette notion du « On te regarde » retrouvée récemment dans « Coco la fleur » et rencontrée quelquefois avant).

 

08/04/1979 

 

AGNÈS

 

(Dimanche matin 11h)

 

Agnès joue avec l’eau à la salle de bains

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Pilate fait flageller Jésus + image (extraite d’un film ?) où un mec flagelle un poteau où je ne vois (erreur d’optique ?) personne d’attaché… Cf. « Le roi est nu » : on flagelle, on met en croix, etc. un mec qui n’est pas là, le vide…

 

LECTURE – PEINTURE – MAGRITTE – RÉFLEXION – FANTASTIQUE

 

Noté dans bouquin sur Magritte de Torczin (?) :

Magritte raconte qu’endormi dans une chambre avec un oiseau en cage, il se réveille et croit voir un œuf dans la cage !

Fabuleuse origine de la « pensée » magritienne…

Plein d’interprétations possibles de ça…

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Un paralytique. Un célèbre médecin « non orthodoxe » pratique une intervention sur lui. Il lui branche des rouages, toute une machinerie complexe.

Quand c’est fini, le médecin appuie sur un bouton et le bras du paralytique, lentement, se dresse et se met à tourner, de plus en plus vite

Le visage du médecin s’illumine, il exulte : « Il marche… ! Il marche… ! »

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE »

 

À noter (trouver dans les chiottes du « Napoléon » – « Bambi », avec Agnès) :

Décors avec abîme (style fil tendu, avec épingles à linge (?)

Sur le plateau : bande de praticables 3 (à 50 ou 60 cm seulement du sol mais : si chute  contact avec sol  électrification ou la vérification (?) (Sur praticables : le haut des épingles à linge

 

 

AGNÈS

 

Dessin d’Agnès après avoir vu « Bambi » au « Napoléon », près de l’Étoile

 

 

PEINTURE – MAGRITTE – RÉFLEXION – FANTASTIQUE

 

L’œuf dans la cage de Magritte = le tableau ne rend pas compte de la durée dans le processus de substitution oiseau  œuf.

Le cinéma pourrait le faire… Je reçois la confirmation de ce que j’ai toujours « senti » : l’œuvre de Magritte entretient des rapports profonds avec le cinéma.

 

11/04/1979

 

PEINTURE – MAGRITTE – RÉFLEXION – FANTASTIQUE

 

Lu hier soir bouquin sur Magritte : il parle lui-même du cinéma, a des idées dessus. On sent que ça le concerne…

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Hier journée « sans »… Sans tendresse, sans contacts. 

A partir d’un gag de moi mal compris par elle  éloignement et moi : tristesse sarcastique… 

Et le soir, quand je lui en parle, elle dit : « Ne te pose pas en martyr… » 

Et quand on en parle de ce gag, consistant pour moi à jouer les phallos expédiant bobonne à la cuisine, elle me dit que ne pas avouer mon éventuel phallocratisme consisterait peut-être pour moi à « ne pas être honnête avec moi-même… » 

Fait l’amour après ça, mais pour moi, sans conviction. Lui ai dit – elle acquiesce – qu’il nous faut accepter que le sexe prenne moins d’importance dans notre vie pour, dis-je, être complété, précisément, par la tendresse et le dialogue, commencé, qui doit continuer… 

 


À noter aussi : « Avoue que tu as été bête… » 

 


À noter il y a 8 jours (?) (le soir du « Combats moi… » alors que je lui disais « Donne-moi tout ce qu’il y a en toi… » – « Si je te donnais tout ce qu’il y a en moi, ça reviendrait à mettre des chaînes autour de moi…. » 

Et là est bien le problème : je sens bien qu’elle préserve une part d’elle-même et je ne peux pas le vivre sans en souffrir… Mon problème – éternel – (?) est que je me sens dévalorisé, inférieur… Plus j’y pense, plus ça me paralyse, plus je me sens paralysé, plus je me sens inférieur… 

Mais quand j’y réfléchis, je me dis que le problème n’est pas là. Rares sont les occasions où l’on trouve un autre être inférieur, il faut qu’il se montre particulièrement lâche ou particulièrement dégueulasse, ou particulièrement nul. Tout ceci n’est pas mon cas. Deux sous de bon sens devraient me faire me rendre compte que ce qui la gêne en moi, ça n’est pas ça. 

Hier soir, à propos de la journée, je lui ai parlé de cette journée « sans baiser ». Elle m’a dit « Si : chez Maman… » Dit que c’était un baiser suivi ou précédé de peu de sa phrase : « J’ai envie de te foutre une claque… » 

Je lui dis « Parce que je te résistais ? » 

– « Non : parce que tu étais triste sans raison… » 

– « Croire que j’étais triste sans raison, c’est ne pas me connaître… » 

Non, ce qui la gêne, c’est ma capacité à souffrir… A n’être pas bien avec elle… 

Là, je viens de l’avoir au téléphone (Message d’elle, en rentrant : « Tu n’es pas encore rentré ? Je t’embrasse…. » L’ai rappelée. Conversation « incolore » Lui ai reparlé de la projection à Gaumont demain. Elle m’a dit : « Tu m’appelleras pour me dire comment ça s’est passé ? » puis « Bonsoir, dors bien. » 

Ce soir il me semble que je réfléchis bien, que je ne me plante pas. Je reviens aux paroles anciennes de Michel : « C’est une fille douce, pas compliquée.. » Voilà ce qu’elle aimerait (et que j’aimerais) (là est l’important : c’est ce que nous cherchons tous les deux) = des rapports simples, heureusement simples, simplement heureux… Alors que je complique les choses en ne me contentant pas de ce qui est… 

Quand je serai tendu : attendre de me détendre…(!) Aller vers les autres, aller vers elle… Rire avec les autres, rire avec elle. Simplement. Mais c’est vrai qu’on en peut pas être toujours heureux, qu’il y a, comme ça, des fléchissements, des baisses, des moments de mélancolie, de préoccupation, d’énervement, de tristesse. Ne pas faire un monde de ça. Ça fait partie de la vie. 

Une certaine sagesse, somme toute, à trouver… 

En parler aussi, mais là : attention ! Attention à la manière… En parler simplement franchement, calmement. 

Oui c’est un beau programme. Le vrai programme. Le tiendrais-je ? Faire grandir en moi, comme une plante qu’on arrose avec soin, cette assurance, cette certitude… 

Oui, et aussi : faire comme elle : ne pas s’obséder sur les problèmes, savoir évacuer…

 

13/04/1979

 

4h30 matin. 

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Engueulés téléphone cause maladie (écriture chaotique).

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Un mec trouve sur son répondeur un message d’une fille qu’il ne connaît pas. 

Plusieurs mois plus tard, il rencontre une fille. elle le rappelle et lui laisse le même message.

 

15/04/1979

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE »

 

(9 h)

 

Réveillé très tôt.

Je pense au LM bleu.

Je pense aussi : toute cette énergie en moi gaspillée en tension nerveuse… Utiliser à la joie, à la création, à l’amour.

 


Une scène de jeu pour LM Bleu :

Quelque chose avec l’eau. Une cascade ? (Elle risque de tomber)

(Trottoir. Caniveau. Bouche d’égout

 

 

(La fille dedans résiste au moteur qui entraîne l’embarcation vers l’à-pic à l’aide d’un bâtonnet ou d’une allumette)

(Prévoir peut-être au sol des prises pour qu’elle puisse y planter sa perche).

L’action est donc la suivante : l’embarcation est entraînée vers l’à-pic. La fille résiste, lâche prise, reprend la perche, etc. et se rapproche dangereusement de l’à-pic (si le véhicule tombe, bien entendu  il tombe sur zone électrifiée) (le plateau entier est électrifié. Donc : impossible de descendre de l’embarcation).

Dernier recours : la corde. La corde que le secrétaire lui tend pour qu’elles se hale et « remonte le courant » (elle essaie de l’attacher, sans succès).

Fin de la scène : le signal sonore de fin de jeu retentit : elle lâche la corde, s’écroule au fond de la barque qui part et bascule dans l’à-pic.

 


À noter : cette scène du caniveau est intéressante, car elle permet une intervention de la fille elle-même. Une action de sa part. Elle n’est pas passive et, grâce à la corde, une intervention, aussi, du secrétaire.

Donc, comme scènes de jeu, pour l’instant :

– Petites voitures

– Fil à linge

– Caniveau

 


Je pense, pour la scène du fil à linge : la main du fou, lui barrant la route des épingles à linge où elle pourrait s’accrocher, pourrait être matérialisée sur le plateau non par un obstacle peint en bleu, mais par une barrière de 2 ou 3 lasers…

 

 

(Les lasers viendraient donc en surimpression sur la main du fou. D’autre part, il pourrait y avoir du linge pendu et la soufflerie serait permanente et matérialisée dans le décor par un vent agitant le linge).

(Non : car si elle tombe, il faudrait qu’elle tombe devant le fil en-deçà (puisque décor toujours derrière elle cause incrustation). Or la logique voudrait qu’entraînée par le vent, elle tombe derrière

(mais il peut y avoir un petit linge sur le côté du champ (qui matérialise le vent).

Le jeu, dans cette scène, consisterait à faire l’aller-retour vers une épingle puis l’autre

 

 

Et la main du fou ferait barrage d’abord d’un côté puis de l’autre  les lasers pourraient avancer vers elle idem main du fou, la contraignant à bouger…

Le « joker » serait alors une corde (aussi, comme dans le caniveau) lui permettant de se reposer en s’y accrochant, mais joker à durée limitée : au bout d’un moment, la corde lâche et elle tombe se raccroche au fil et reste suspendue : la sonnerie retentit, elle lâche et tombe (même « chute » (sic) que pour caniveau).

 


Trouver encore 3 ou 4 scènes de jeu aussi fumantes (très content de tout ça).

 


Je pense soudain à une nouvelle scène : DISQUE.

Elle est sur un disque et tourne avec. Elle est entraînée par la force centrifuge vers l’extérieur (zone électrifiée)

Sur le plateau : disque bleu qui tourne (ou plutôt disque géant à l’aspect du disque réel) (quel disque ? Disque microsillon ?)

 


Réfléchir à ça. Pour l’instant, je ne précise pas.

 


Pensé pour les scènes « normales » (notamment l’introduction) au montage apparemment sans lien immédiat de scènes situées dans des lieux différents :

– elle dans sa vie quotidienne

– le fou dans son repaire

etc. (Cf. début « Marathon Man »)

Scène du disque :

 

 

À placer sur un disque microsillon géant (ou disque bleu rempli par image disque microsillon) qui tourne à 45 tours (ou 33 ? Voir vitesse)

Elle est donc entraînée et elle résiste, essaye de remonter près du centre, y parvient quelque peu, et re-entraînée, tombe, roule, se relève, etc.

Solution pour elle : s’arrêter et attraper le bras qui est au-dessus du disque. S’y suspendre, se balancer, repartir vers le centre grâce à ce saut.

Joker : corde (aussi) lancée du haut (au-dessus du centre) qui lui permet, en s’y tenant, de remonter tant bien que mal (entraînée, trébuchant, « tricotant » des jambes) vers le centre.

Signal fin de jeu. Elle lâche et est entraînée.

 


Donc : scènes de jeu :

– Voitures

– Fil à linge

– Caniveau

– Disque

(Les interventions du secrétaire, dans ces scènes, sont de l’ordre de l’exhortation).

Dans la scène du disque et du caniveau, comme dans celle du fil à linge, la main du fou peut intervenir, matérialisée sur le plateau par lasers.

 


Trouver d’autres scènes de jeu.

 


C’est elle qui demande le joker.

Pour scène fil à linge : corde aussi venant du haut à laquelle elle s’accroche, s’accrochant des pieds au fil à linge. À la fin, si signal de fin avant que l’effet du joker ne cesse : elle lâche corde (joker à durée limitée)

Si fin joker avant fin de partie, c’est la corde qui lâche et elle se raccroche au fil à linge, retombe dans l’embarcation, repart vers l’extérieur du disque, on retombe au milieu des voitures…

Moduler : parfois signal fin de jeu avant, parfois fin effet joker).

 

16/04/1979

 

IDÉE

 

Idée cette nuit 

Sablier. Sable s’écroulant. GP sur sable. Il descend et découvre aiguilles et cadran sous le sable.

 

 

Commentaire du 16 septembre 2019 :

 

Réalisé un photomontage à partir de cette idée (créé en 2016 à 70 ans) – Voir ci-dessous :

 

Commentaire écrit à 72 ans

 

 

28/04/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Depuis le 13/04 : l’ai appelée (encore malade)  revus. Week-end à Cannes et retour balade (discuté vie en commun – indécise) Aujourd’hui : elle = « Ras le bol ». Moi parti.

 

29/04/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Rentré hier soir de chez les L. : Message « Rappelle-moi. » 

L’ai rappelée ce matin : Discussion au téléphone 

« Tu m’aimes ? » 

– « Je ne sais pas. Ne me demande pas ça en ce moment. » 

 


Être seulement « normal »…(suis comme un drogué qui ne parvient plus – sans sa dose de tragique – à être seulement normal…)

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE »

 

Idée (pour LM bleu) : les sbires du fou : en uniforme.

 

30/04/1979

 

(19h20 Embouteillages)

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Je suis bien. 

Sentiment d’avoir passé un cap. Pris de la distance par rapport à elle, mais d’une manière positive.

Cette nuit : endormis à 5 heures du matin. « Les derniers feux de la passion… » Ce soir on va au ciné, mais à 8 h, pour « se coucher tôt…  » 

C’est bien.

 

06/05/1979  

 

AGNÈS

 

Week-end : Agnès avec moi. Sortis hier au Luxembourg avec Agnès et Krystelle. Allés ensemble chercher Agnès à l’école. 

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Dans la voiture : crise de larmes en parlant de ma vie sexuelle : changement dans notre façon de faire l’amour. 

Depuis : réfléchi. La crise est longue, elle dure, car son enjeu est capital : émerger de ma névrose. Ça ne peut pas se faire comme ça. 

Névrose qui consiste dans mon rapport difficile avec la femme. Cause mon rapport avec ma mère. Sécurisé par elle, déresponsabilisé. Petit garçon  femme inconnue, effrayante. L’angoisse intervenant comme vécu d’un sentiment d’infériorité intégré pour m’interdire la Femme. (dans laquelle j’ai souvent cherché à retrouver la Mère (exemple : Jocelyne.) La masturbation intervenant là dedans comme immobilisatrice et renforçant l’angoisse. Le Père, dans ce schéma : père ne permettant pas l’identification (positive, seulement l’identification angoissante et négative.) 

Donc, je me sens bien à un carrefour : réintégrer ce schéma d’origine ou en sortir enfin. Suis, sexuellement, en situation d’impuissance pour l’instant. Nœud d’angoisse au ventre. (Ce « nœud » en guise de sexe ?) 

Question actuelle : pourquoi, jusqu’à il y a peu de temps : l’amour = bien entre elle et moi et, depuis peu : n’arrive plus à durer ? Ai perdu mon agressivité dans l’amour. Sentiment de la difficulté de sortir de là sans régresser vers nos rapports primitifs. 

(Non. Rien ne m’apparaît sûr…)

 

16/05/1979

 

(13h15 Montage) 

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

A noter : Samedi dernier (12) : anniversaire de Krystelle. Rapports difficiles Colette-sa mère. « crise » de Colette à mon égard sur : sortie chez Gilles le soir + elle, fatiguée me demandant de l’aider à se lever et croyant que je ne voulais pas. Altercation sérieuse : elle me bouscule, me dit que je la fais chier. Je lui dis que je ne peux accepter ça et m’apprête à partir. Elle pose un ultimatum : « Si tu t’en vas, tu ne me revois plus… » Résolu à ne pas accepter cette crise injustifiée (je venais de lui jurer qu’elle se trompait.), elle me rattrape in extremis. Elle finit par me croire quand je lui dis qu’elle se trompe. On rentre ensemble. 

Le lendemain matin : j’en reparle. La tension se dissipe. Le soir on se retrouve en bas de chez elle (distance entre moi et la rue St Vincent de Paul, en ce moment depuis le samedi 12) pour aller écouter Michel. Il ne joue pas. On passe chez lui. 

Hier soir (mardi 15) repas ensemble Rue de Tocqueville. Fais l’amour comme des fous. Je l’avais désirée toute la journée (allé prendre un pot avec elle et Krystelle à midi. Jupe imprimée et corsage blanc : Elle m’excitait terriblement.) 

 


Je t’appartiens. Mes pensées, mes actes me ramènent sans cesse vers toi. Tu es partout dans ma vie…

 

17/05/1979

 

(Café tabac près montage, rue St Dominique) 

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

 En relisant ce carnet, je m’aperçois qu’il y a des choses capitales que je n’ai pas notées et j’ai envie de le faire 

Lors d’une conversation (quand ?) elle m’a dit « Je vais te parler des hommes que j’ai connus, parce que je pense que je ne t’ai pas assez parlé de mon passé… » Et elle me parle de ces hommes, âgés… Elle me dit qu’elle aimerait que j’aie « Dix ans de plus… » 

J’analyse : ces hommes jouaient pour elle le rôle du Père. (Dans sa vie des hommes qui étaient le Père (Pierre, Paul, Claude) ou qui n’étaient rien (Christian, Georges). Moi, là-dedans : différent. Nouveau. (D’où quand je lui disais « Je ne suis pas l’homme qu’il te faut… » son : « Et si je veux que ce soit toi ? » 

Je lui dis que je suis le premier qui lui ait parlé comme on parle à une personne (adulte.) (Je parle du côté antillais chez elle : la dépersonnalisation. La femme antillaise – même si c’est une « maîtresse-femme » comme Maman Doudou – n’est pas une personne dans son rapport avec l’homme.) 

Je flippe sur ces hommes plus âgés que moi, mais elle me dit que je lui apporte ce qu’il ne lui ont jamais apporté… Lors de cette dernière conversation, elle parle aussi d’une autre chose importante : son agacement devant mon manque de mémoire, mon étourderie, mon non-sens des réalités… Cela je le reprendrai plus tard, il y a juste quelques jours, en disant que ça ne peut pas être vraiment important et elle acquiescera… 

Si je fais le point aujourd’hui, je mesure tout le chemin parcouru à deux… Nous avons décidé réellement de vivre ensemble (début août ou septembre). Nous sommes tous les deux prêts à risquer cela. « Il y aura des hauts et des bas, comme chez tous le monde » a-t-elle dit hier soir (parce qu’avant-hier soir on a fait l’amour comme des bêtes, après un petit repas super sympa et qu’hier soir n’étions pas autant ensemble.) Mais c’est vrai que désormais, indéniablement, Colette et moi, nous sommes ensemble... (« On s’entend bien » a-t-elle dit avant hier soir, elle parlait du sexe, mais moi je pense que ça ne concerne pas que cela…) 

Oui : Nous nous sommes cherchés et nous nous sommes trouvés… 

Ce matin : Pris le bus ensemble. Je lui ai dit : « Je n’arrive pas à te quitter… », elle m’a dit « Moi non plus… » Il y a en moi des « mauvais restes » (angoisse – infériorité – jalousie). A propos de la jalousie : flippé ce matin parce qu’on prenait un café, avant de se séparer, dans un bistrot proche de son ancien boulot et qu’elle a parlé de son patron. Elle m’a dit : « Je hais ton passé. » Moi aussi je hais le sien. Je suis jaloux. Mais n’est-ce pas aussi bien comme ça ?

 

20/05/1979

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE ( ?)

 

Une femme brandit une lettre devant un homme pour la lui lire, puis se ravise. L’homme lui dit : « Allez ! lis : tu frustres les spectateurs… »

 

ÉCRITURE ( ?)

 

« Intensifiction… »

 

DESSIN

 

 

23/05/1979

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « APPARTEMENT-TÉMOIN» – « BIANCHETTI PÈRE ET FILS »

 

Pour Sandro (scène du casino d’Enghien) :

« Quand naquis tu ?) »

Elle : «… ? »

Lui : « T’es née quand ? »

 

ÉCRITURE

 

S’ils avaient à payer les boutons de culottes, on irait braguette ouverte…

 

12/06/1979

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE

 

Je suis arrêté en voiture dans un embouteillage à la hauteur d’un aveugle, assis sur un banc, son chien-loup couché à ses pieds. Le chien me regarde fixement. Je le fixe également. Soudain il se lève, court jusqu’à ma voiture et, par la fenêtre ouverte, me saute à la gorge…

 

07/08/1979

 

PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE – AGNÈS – COLETTE

 

(3 h)

 

Un rêve me réveille : je rangeais l’appartement de Pierrefitte avec des amis (qui ?) en l’absence de Jocelyne (couvertures à plier) (Je crois que le bordel initial était déjà résorbé par une visite précédente de moi (seul ?) (Référence à un rêve précédent, je crois). Pendant le rangement : ce que je craignais se produit : retour de Jocelyne qui «  sifflote » et fait celle que ça ne concerne pas. Elle revient avec Agnès, qui vient me voir et me donne des nouvelles (histoire que j’ai oubliée).

Souvenir d’un autre moment du rêve : je passais en voiture devant l’appartement avec Colette et je lui montrais des bouts du paysage que Jocelyne avait repeint en noir (je me souviens notamment d’une digue peinte en noir) (noir brillant).

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Visité aujourd’hui appartements avec Colette. Deux sur annonce. (Pas bien) puis allés au hasard voir gardiens d’immeuble. Puis un appartement rue Rébeval (souvenir des « Bottes de 7 lieues ») qui nous plaît. Je dois appeler demain type agence.

 

22/08/1979

 

VÉCU – FAMILLE – MON PÈRE

 

Papa à l’hôpital

 

27/08/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Hier soir cause conduite voiture : conflit. Moi : « Je ne voulais pas que ça se passe comme ça. » « Au prix d’un effort sur moi-même… » Elle : « Je sais, tu m’énerves… » Paire de gifles. L’ai ramenée chez sa mère. On en est là. Je reste en plan avec l’appartement, le crédit. Je ne la rappellerai pas. Mal dormi cette nuit. Me suis réveillé à 5 h. Schéma habituel. Mais là, je pense sérieusement qu’on ne peut rien faire d’autre que se quitter. Je suis là, dans un état second, ivre de fatigue, mal à la tête. Pris 2 tranxènes…

 

04/11/1979

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Image, l’autre nuit : un couple, vu en plongée verticale, se regardant, perdus dans les yeux l’un de l’autre. Ils sont sur du sable. Musique romantique. La caméra s’élève, On découvre autour d’eux des violons puis des flûtes, clarinettes, piano, etc. Tout un orchestre. La caméra s’élève encore et on découvre que la masse sombre des musiciens en frac dessine sur le fond clair de la plage, entre mer et cocotiers, la forme d’un cœur…

 

IDÉE

 

Tout à l’heure, en voiture : un type s’aperçoit que ses phares éclairent d’une lumière orange. Il descend et va voir : l’avant de sa voiture est rouge de sang !

 

27/11/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Cette nuit : « Roberto : ce soir, CA SUFFIT ! » 

 

33 ans

 

18/12/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Chanson « Tête-à-tête »

 

Tu te mets au piano

et tu chantes des mots

qui glissent dans ma tête.

 

Je les laisse venir,

je te laisse sourire,

c’est un moment de fête.

 

Le chat sur le piano

ne fait pas le gros dos,

je lui gratte la tête.

 

Je me penche vers toi,

ton regard est sur moi,

ce soir le temps s’arrête.

 

Les flammes font danser

nos deux ombres inclinées.

Dehors, c’est la tempête.

 

Sur tous nos souvenirs,

sur chacun de nos rires,

ma mémoire s’arrête.

 

Vers les jours à venir, 

vers l’amour à construire,

mon âme se projette.

 

Je ne veux que t’aimer

et toujours prolonger

ce tendre tête-à-tête…

 

22/12/1979

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME

 

Cette nuit rêvé : tableau représentant un portrait de jeune homme. À la place des yeux : deux trous par lesquels jaillissent deux jets de sang. Et au fur et à mesure que le sang s’écoule, le portrait se transforme : le jeune homme vieillit et se transforme en vieillard.

 

VÉCU  – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

Hier vécu :

Période de Noël. Un type dans une voiture. Discussion avec la femme qu’il aime. Il se gare. Elle sort pour faire une course. Il l’attend. Pendant qu’elle est absente, il prend une bombe à neige blanche pour arbre de noël, sort de sa voiture et écrit sur le pare-brise » Je t’aime »…

 

27/12/1979

 

VÉCU  – IDÉE SCÉNARISTIQUE

 

(Suite de l’idée de la bombe à neige du 22/12 vécue aussi)

 

Par la suite, il essaye de l’effacer, mais la trace reste. C’est tenace.

 

1980

 

04/01/1980

 

ÉCRITURE

 

« Je me prends les pieds dans la queue de la comète… »

 

05/01/1980

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE – PROJET « MELISSA » – « LE DRAGON ROUGE »

 

Pensé cette nuit un titre pour le long métrage :

« Melissa minuscule »

(ou :

« La femme minuscule »)

 

06/01/980 

 

AGNÈS 

 

Agnès me montre son pouce : il fume !

 

11/01/1980

 

ÉCRITURE

 

Chanson (rythme brasilo-sud-américain) :

Laissez ça là, laissez…

Les chagrins, les ennuis,

Les remords, les regrets…

 

ÉCRITURE

 

Yoy’re the angel God has lost…

(Tu es l’ange que Dieu a perdu…)

 

16/01/1980

 

ÉCRITURE

 

Le contraire de l’ascenseur… ?

Le sans frère… (2014 : from Internet : pas fait)

 

23/01/1980

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Aujourd’hui Colette pris affaires – rendu clefs – rendu argent. (jeudi 17 : rendu alliance. Partie.)

 

21/02/1980

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Samedi 26. Conversation au téléphone. Lui dis de venir. Elle vient. On fait l’amour – très bien. « Il faut que je te trompe ? » 

Soir au restaurant Gît-le-Cœur. Rentrés maison. Elle repart. Revient parce qu’elle n’avait pas le code de chez sa mère. Repart… 

Lundi 28 : elle m’appelle pour venir prendre un verre pour son anniversaire. Nuit à l’hôtel de Paris. Champagne. Amour. 

Mardi 29 : j’ai Agnès avec moi ce soir. Lui écris une longue lettre. Lui dis de venir. 

Mercredi 30 : elle lit la lettre à la maison, l’après-midi « C’est beau ce que tu m’as écrit et c’est vrai. » Le soir, elle rentre à la maison. 

Vendredi 1er : repas chez Maman Doudou avec Maryse, Annick, Yvane etc. En rentrant, elle pleure. Je lui reproche de ne pas me dire pourquoi. Colère chez moi. Repli chez elle. Mauvaise nuit. 

Samedi 2 : Repérage pour les puzzles, elle vient avec moi. Soir : on se retrouve, heureux. 

Mercredi 13 : elle reste dormir avec Krystelle. Soir : je passe. Elle est repliée. « J’en ai marre. » 

Jeudi 14 : Ça dure. Mauvaise nuit. Je la « viole » et la jette. Elle va dormir dans le salon. 

Vendredi 15 : Je lui laisse un mot : « Va-t’en. » Elle vient me rejoindre au tournage, me rate et retourne à l’AFI. Le soir, elle me fait une « déclaration » d’amour. Depuis, c’est la joie.

 

17/03/1980

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Hier dimanche. Pris taxi, avec Gilda et Krystelle et partie

 

IDÉE POUR CINÉMA OU ÉCRITURE – CHOSES VUES

 

Vu tout à l’heure touriste japonais ayant installé son appareil sur pied et courant se placer auprès de sa femme. Il fait de grands sourires à l’appareil et lui tapote et serre affectueusement le bras en l’enlaçant. Côté excessif de ces gestes. Très japonais.

 

25/03/1980 

 

AGNÈS – 2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE 

 

Hier soir : coup de fil de Jocelyne. Agnès venue à l’appareil pour dire qu’elle en avait « assez de Colette ». Voix déterminée.

 

10/04/1980

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Aujourd’hui je t’ai appelée, ce matin, parce qu’hier, la nuit, je t’ai réveillée pour faire l’amour et comme tu n’étais pas si amoureuse que je le rêve… Je t’ai appelée pour te dire que je n’aimais que toi et que, non, je n’irais pas « voir ailleurs… » Et je t’ai rappelée d’une cabine, au coin de la rue Turbigo et de la rue Etienne Marcel et j’ai pleuré dans cette cabine, et je t’ai dit « Je t’en supplie… » Et tu m’as dit « Je t’aime. » 

 

11/04/1980

 

(0h35)

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Tu m’as dit « Protège-moi, met tes bras autour de moi, protège moi. » J’ai dit « Oui et ne crois pas que je sens faible et que je ne sois pas capable de le faire… » Et tu as ri en disant : « Tu me fais rire. » Je t’ai demandé pourquoi et tu m’as dit « Parce que tu me dis ça… » 

Depuis j’ai mal. 

 


 (2 h 15) 

 

Tu dors maintenant, une plainte régulière s’échappant de tes lèvres. Tu étais partie dormir sur les coussins. « J’en ai assez, c’est pas une vie. C’est trop cher payé, pourquoi ? » 

Voulu te faire l’amour, impuissant. 

T’ai fait venir ici après t’avoir serré le cou, espérant que tu voudras faire l’amour (« Je suis bien ici, m’as-tu dit, voulant rester là-bas.) 

Ai commencé à me masturber devant toi. 

– « Tu es malade c’est pour faire ça que tu es m’a fais venir près de toi ! » 

– « Tu m’as demandé à faire l’amour ? » 

– « Ca va pas ! » 

Je me jette sur toi, tente de te violer. 

Impuissant à nouveau. 

Je pleure sur toi, tu me caresse le dos, éteins et te couche. 

Je m’excite sur toi pour te faire l’amour dans ton sommeil. 

 


Bilan depuis juin dernier 

décidé d’habiter ensemble. 

Ai commencé à la frapper. 

J’ai craqué plusieurs fois. 

Elle a craqué, aussi, plusieurs fois. 

 


Me rendre compte que je l’ai assez fait souffrir comme ça. 

Changer d’attitude en changeant ma manière de voir les choses, de me voir dans les choses. 

Pourquoi ne pas le faire avec elle, avec qui j’ai tout de choses en commun, puisqu’il faut le faire pour faire pour vivre, non pas avec elle mais pour vivre tout court. 

En faisant ce bilan, je retrouve intact, le problème de la demande. Ne pas se mettre en situation de demande mais non plus maintenant pour ne pas être inférieur, mais parce qu’une demande excessive est intolérable aussi bien pour celui qui la formule que pour celui à qui elle s’adresse, intolérable parce que ne pouvant être satisfaite. 

Donner, demander, recevoir. Aucun excès dans aucun des 3 termes. Pas de solution, autre, au problème d’exister avec les autres.

 

Avril 1980

 

2ÈME DES 4 FEMMES DE MA VIE : COLETTE

 

Je n’ai pas envie de prendre mes somnifères parce que j’ai envie de te faire l’amour toute la nuit. 

À ta série de questions, tu aurais pu ajouter celle-ci : « Tu souffres ? » et je t’aurai répondu oui. Car c’est la vraie question et la vraie réponse. Et je souffre encore plus que tu fasses comme si je ne souffrais pas, mais je sais qu’il faudrait que je ne te demande pas de souffrir avec moi. 

Je voudrais guérir, mais je ne peux pas. Je me sens impuissant.

Mers carnets personnels depuis 1963