VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

Jocelyne…
Écrire ton nom pour que tu sois présente…
Voilà à quoi j’en suis réduit.
Je me rappelle nos lettres : « Comment faire pour venir chez moi, etc. » Nous avons toujours lutté, nous nous sommes toujours débattus, faibles, sans moyens, séparés… Ça a été notre but, notre univers : nous deux, être ensemble. On nous dispute ce minimum : le droit de se voir, de se toucher. Alors nos rares voyages, nous les attendons avec une impatience amère, nous embrassons des photographies, nous relisons des lettres…
Malheureux enfants que nous sommes… Maudits par le monde, par nos parents… Nous en venons, dans notre impatience exaspérée par l’angoisse et la solitude, à nous entre-déchirer, à nous faire du mal, parce que nous ne comprenons pas que nous avons des droits à revendiquer, une façon de vivre à atteindre…
Jocelyne…
Que j’aime ton nom, et que je t’aime… Je crève de ne pas pouvoir te serrer dans mes bras… Je ressens cette effrayante impression de solitude que je ressentais au Blanc-Mesnil. Un mois aujourd’hui que je ne t’ai pas vue. C’est intolérable ; le cinéma, les rues, Paris ne me distraient pas, ne me font pas supporter ton absence… Il vient un moment où je me rends compte que je suis seul…

Note écrite à 19 ans

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