VÉCU – CINÉMA – KAREL ZEMAN

Minuit. Métro Montmartre. Je viens de voir «Le baron de crac».


Des ailleurs possibles ?


Je me sens entrer dans un cercle nouveau.


Nouveaux logements. Proximité. Pas humaine pourtant…


Recommencer à écrire ? (Ou plutôt continuer…)


Conflit en moi. 2 directions (opposées vraiment ?) : D’une part la réalité (politique) que je sens nécessaire. D’autre part : le rêve, la songerie du poète qui me reprend maintenant que me voilà revenu… Revenu à quoi ? Une situation sociale (logement) plus confortable… Ardeur. Ardeur confortable ? Pourtant ces goûts de nuit… ? Ces cafés ouverts la nuit… ? Cet «embryon» de vie humaine… ? Je suis allé au cinéma comme on part faire la foire (je le sais, j’en suis sûr, bien que pas vraiment foireur…) J’étais en quête… La nuit qui s’ouvre, et la lumière, les visages d’hommes, les reflets dansants des images sur les vêtements des spectateurs des salles de cinéma. Le Baron de crac m’a presque déçu, comme je m’y attendais… Je n’y trouve sans doute pas ce que j’attends désormais du cinéma (maintenant que la crise…) : Un spectacle bien fait, bien monté, qui accroche le spectateur. Il faut que le spectacle sorte de l’écran et parvienne dans la salle. Certains trucs du «Baron», trucs visiblement destinés à cet effet, parviennent au résultat contraire : ils nous lassent (couleurs trop vives et mal raccordées), nous éloignent du spectacle. Pourtant certains moments émouvants, de la même veine que les meilleurs des «Aventures fantastiques» mais ici encore Zeman, dont j’attends beaucoup, n’a pas su donner cette délicieuse nuance fantastique à l’ensemble du film ; il y manque une continuité, il s’agit plutôt, en effet, d’une succession de moments passionnants (euphorisants) séparés par des dépressions longues et ennuyeuses (quelque peu, que M. Zeman m’en excuse…)

Note écrite à 19 ans

Une réflexion sur « VÉCU – CINÉMA – KAREL ZEMAN »

  1. Le métro Montmartre n’existe plus, aujourd’hui c’est Grand Boulevards, à deux pas de chez moi.
    Je me demande dans quelle salle (du Faubourg Montmarte ?) était projeté le film de Zeman.
    Heureux temps, 1966, où on pouvait voir là ce genre de film. Aujourd’hui, il n’y a plus là que le Max-Linder et le Grand Rex, avec leur programmation toute faite.

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