VÉCU – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – SOCIÉTÉ

Impression étrange, ce soir. Forte et pourtant pas comme ces exaltations qui ne durent pas et se révèlent décevantes. Pourtant : impression fugace. Je veux écrire et déjà je ne la ressens plus aussi bien… Mais définitive, cependant, parce qu’il me semble toucher une certitude… Oh pas bien grande, banale, en somme, mais je la sens profondément… Je vois distinctement les soirs que j’ai à passer comme celui-ci. Une certaine tristesse, un écrasement… Le cinéma : qu’on paye, où les exploités nord-africains viennent chercher l’oubli, entassés sur des fauteuils qui grincent lorsqu’ils se lèvent et sortent un à un, pour retourner dehors, l’air vide, et les trottoirs où deux ou trois personnes sont immobiles, affalées sur un banc, debout, regardant une vitrine, le début d’un été où restent à Paris les gens qui ne peuvent pas se payer des vacances, c’est-à-dire presque tout le monde, mais changé, transformé, anéanti par l’été, l’envie de ceux qui sont à La Baule ou à Saint-Tropez. Certitude d’un vide effrayant : le vide de moi-même… ? Et Fritz Lang, dans tout ça ? Comme je le comprends d’en être arrivé à son âge au détachement. Mais n’est-ce pas effrayant ? Il ne lui reste plus que l’exercice de son intelligence…

Note écrite à 19 ans

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