AGNÈS – MA 1ÈRE PSYCHANALYSE (1980-1987)

Séance de ce soir : j’ai tant pleuré.
Sur l’enfance d’Agnès perdue (= la mienne).
C’est parti du fait qu’hier matin, j’ai cherché dans carnets ce que j’avais écrit en 70, au moment de l’analyse. Me suis aperçu que : rien écrit !
Repris carnets deux ans et demi après. À ce moment : écrit résumé des deux ans et demi.
En en parlant à G.,  je me suis aperçu que j’avais oublié de noter la naissance d’Agnès ! → Vive culpabilité → sanglots douloureux et soulageants.

– Note écrite à 36 ans

1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE – AGNÈS

(Épisode Jocelyne : le samedi, je lui avais dit que sa nouvelle coiffure la vieillissait. Elle l’avait mal vécu. Après, j’avais été triste sans comprendre exactement pourquoi, puis je me le suis formulé. Le dimanche soir, Jocelyne veut me faire boire du champagne. Elle me dit : « On parle faux ! » Je lui dis : « Je voulais te dire que si je n’ai pas aimé ta coiffure, c’est que je ne voulais pas que tu vieillisses ! » Elle dit : « Oui : notre jeunesse… ! » Je parle de l’enfance d’Agnès qui m’obsède. Nous nous serrons très fort. Elle me dit : « On y arrivera… Je t’en veux encore, mais on y arrivera… » Agnès entre à cet instant… Pendant un instant, nous sommes réunis tous les trois).

– Note écrite à 36 ans

AGNÈS

Il s’est passé tant de choses, ces derniers jours… !
Samedi : pris Agnès école. Courses ensemble (Félix potin). Après-midi ici (Agnès télé).
Agnès, le matin, quand je la prends, me dit : « Je voudrais vivre avec Papa et Maman » Moi : « Tu ne t’es pas encore habituée ? » Elle : « Si je ne me suis pas habituée, c’est que tu te disputais tout le temps avec Colette ». Elle me parle aussi de sa mère qui a répété publiquement ce que je lui ai dit quand j’ai téléphoné le jour de Noël (« Je regrette de ne pas t’avoir aimée comme tu aurais voulu »).
Ce soir, j’amène Agnès chez Tata Lucie, où est Maman.
Rendez-vous Boule d’or avec Mathilde. (Corsage en satin noir avec col blanc). On va voir « L’empire des sens ». Malaise → restaurant en sortant (Taverne Strasbourgeoise près Odéon). Discussion sur sexualité enfants (ma culpabilité vis-à-vis d’Agnès → culpabilité Mathilde par rapport à ses enfants (elle pleure).
Elle ne m’expliquera ses larmes que plus tard, à la maison (j’ai aussi pleuré parce que j’espérais de « L’empire des sens » une excitation érotique et qu’elle n’a été que tendre et oppressée).
Maison : amour fort. Je crois que c’est là que Mathilde me dit « Je jouis » (sur moi »)
Dimanche : après-midi. Nous allons chercher Agnès boulevard Pasteur→ jardin d’acclimatation. Moments heureux. On joue à plusieurs jeux. Dépense physique. Rires. Joie. Détente. On raccompagne Agnès ensemble
Par la suite, je montrerai à Mathilde combien Agnès est ouverte par rapport à elle. (Pour Agnès soulagement chez elle par rapport à femmes comme Pascale ou Mathilde) (À un moment, Agnès parle de sa condition d’enfant unique et évoque, à mots couverts, difficultés relationnelles avec autres enfants).

– Note écrite à 36 ans