ÉCRITURE

Ecrire une nouvelle ( ? ) où le personnage ( moi ), romantique et immensément triste, hanterait les couloirs du métro et vivrait en contact permanent avec les lutins et elfes des affiches publicitaires, qui se plaindraient à lui d’être ainsi réduits à ce rôle de pitre durant le jour et se rattraperaient la nuit en se baladant partout dans le métro. Parodie de Robbe-Grillet dans la description… ? Commentaire de ceci, le même jour : Idée des gnomes du métro : mauvais.

Note écrite à 19 ans

VÉCU – CINÉMA AMATEUR – « DELPHINE »

Est-ce que je vais présenter « Delphine » à toute la classe ? Pour : je réintègrerais ainsi plus ou moins la classe… (surtout vis-à-vis d’Agel). Contre : le fait que c’est moi qui l’aurais proposé… Il faudrait que quelqu’un joue les intermédiaires…

Note écrite à 19 ans

VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE – FEMMES – MADELEINE

To ignore the [other] people ? Is it possible ? And must we do it ? How could I ignore your fair hair…? But I did not speak about you…

Note écrite à 19 ans

Par la suite (quand ?) commentaire sur ce texte entre crochets : « Qui ? »

Puis le 10 juin 1999 :
Je ne savais plus de qui je parlais. Il s’agissait de Madeleine B., une camarade de la classe préparatoire à l’Idhec, avec qui j’avais eu une aventure d’une nuit et qui s’est suicidée il y a quelques années. J’avais écrit en anglais, ce qui était un subterfuge enfantin pour tenter de camoufler les traces de cette relation en même temps que je les consignais, car en couchant avec Madeleine, je « trompais » Jocelyne, alors que nous étions « ensemble » ( ?) tout en étant dans deux villes différentes, elle à Lorient et moi à Paris … Début d’une longue suite d’ « infidélités » jusqu’à notre rupture… I talked about her hair because it was very soft and beautiful… C’était mon premier contact sexuel avec la femme noire mais je ne savais pas encore quelle importance cela aurait dans ma vie… J’ai revu Madeleine en 91-92 à l’initiative involontaire de Bernard D*. Je suis allé chez elle, au bord du chemin de fer de petite ceinture, juste à côté de la rue Claude Decaen où j’ai habité peu après avoir écrit cette note. Je lui ai donné à lire divers projets sur lesquels elle n’a fait aucun commentaire spécial. Voulant vaguement lui plaire, je lui ai dit qu’elle n’avait pas changé. Et m’a dit que moi si… Devant plus ou moins avoir envie de recoucher avec elle, j’ai dû amener la conversation sur le désir et les sentiments. C’est alors qu’elle a employé cette intéressante expression de « sentiments différés » en vigueur dans sa région. Plus tard je l’ai revue à une manif pour les Assedic du spectacle : elle au bord du trottoir, regardant passer les manifestants, moi parmi ceux qui marchaient, je me suis brièvement arrêté. Elle m’a dit qu’elle n’avait pas appelé car elle s’était absentée. Ce furent nos derniers mots avant son absence définitive. Je suis allé à la Cinémathèque pour la soirée-hommage qui a été organisée après sa mort, soirée où je n’ai pas réussi à m’arrêter de sangloter dans le noir de la salle. Sur ma jeunesse autant que sur elle (témoignage parmi tant d’autres de mon hyper-émotivité). C’est au cours de cette soirée que j’ai vu le long-métrage qu’elle avait réalisé à l’Ile Maurice, sa terre natale. Ni bon ni mauvais, mais intéressant. Souffrant visiblement de son manque de moyens. Des notes sur ces brèves retrouvailles existent sur un autre carnet, mais où ? Elles émergeront un jour…

– Commentaire écrit à 53 ans

 

 

VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE – FEMMES – MADELEINE

What do you want ? To have the power or to have the truth ?

Note écrite à 19 ans

Commentaire du 04 décembre 2011 :

Cette note fait suite à la précédente et concerne également mon aventure avec Madeleine B. : je me demandais à moi-même si je devais préférer la vérité (dire à Jocelyne ce que j’avais fait) ou la manipulation (« the power »), c’est à dire le lui cacher… J’ai choisi de ne pas dire la vérité. Mais je l’ai fait plus tard, pour d’autres relations « extra-conjugales », dans les années 70, où « tout se dire » était devenu une sorte d’obligation. Aujourd’hui, je n’ai pas davantage d’idées claires et tranchées sur ce sujet qu’à cette époque.

– Commentaire écrit à 65 ans

CINÉMA – ÉTAIX

« Yoyo » (vu hier soir) = faiblesses, mais un gag affreux : le clown sur la scène qui est remplacé par les soldats allemands… Tout le monde est mystifié là-dedans : les soldats français, le clown, embarqué avec les soldats français, et les Allemands parce que, sur cette scène, mitraillette aux poings, ils jouent une pièce de théâtre

Note écrite à 19 ans

RÉFLEXION – CORPS

9 h 30. Voltaire.
Mal au nez. Là encore : dimensions. Je n’ai pas une vision précise de la partie de mon corps qui souffre. J’agrandis mes fosses nasales à la dimension de moi-même : cavernes, couloirs, hantés par la douleur, j’y avance, je m’y engouffre mais je ne les porte pas en moi…


Dimensions des odeurs : grandes odeurs — petites odeurs. Un être énorme doit-il avoir une odeur énorme ?

Note écrite à 19 ans

IDÉE SCÉNARISTIQUE

Scénario sur le thème de l’imprudence ?
Une équipe pendant une guerre, qui réalise un film dans une zone qui va être occupée vraisemblablement bientôt. À la fin, réalisateur reste seul, le reste de l’équipe disparaît. Au moment du montage, il montera le film tout seul au milieu du studio désert… (à travailler) cinéma imprudent

Note écrite à 19 ans

CINÉMA – RESNAIS – « HIROSHIMA MON AMOUR

Existence en Belgique d’une thèse (écrivains — etc….) sur Hiroshima (Institut Solvé ?)
Marguerite Duras. Nouveau roman
Resnais : surréalisme
←Proust : durée « Il a essayé de capter un réel permanent à travers l’écoulement de la durée qui dissout » (Bounoure)
Obsession de la mort (courts métrages) ↔ auteur moderne
Marienbad : recherche des forces vivantes qui s’opposent à la sclérose de la durée (forces du rêve)
« Toute la mémoire du monde » : film de science-fiction. Film atroce (bibliothèque = nécropole) (cf. ce que j’écrivais sur la bibliothèque Sainte-Geneviève) ←univers concentrationnaire.
Visite touristique des lieux horribles
Monteur → fragmentation. Temps en miettes dont on ne peut recueillir que les morceaux
Mizoguchi : au-delà du temps
Disparition de l’unité : drame moderne (cf. Pirandello)
Le plus important : sentiment de l’unité (remarque : maladie mentale. Schizophrénie. Télé-Ciné n° 88)
Marguerite Duras : « L’étreinte contient la déchirante distance que rien ne peut abolir. » ← mythe de Tristan et Ysolde
L’amour d’Hiroshima se nourrit de l’oubli d’un autre amour. Recouvrement de l’amour allemand par l’amour japonais. En fait lequel des deux recouvre l’autre ? → fusion
Si on pensait tous les jours à Hiroshima on ne pourrait plus vivre
Nécessité de l’oubli (acte antihumaniste) mais : mécanisme inhumain. Différence entre l’homme et la matière brute : la mémoire. Dignité de l’homme = mémoire.
Tout souvenir est glacé
Poème dramatique. Symphonie. Film musical
Première ambiguïté : amour de Nevers = romance de midinette ou grand amour ? Deuxième : elle veut se rappeler. Oubli = force, force de mort
Agel : à la fin elle a fait un pacte avec l’oubli.
Les fleurs qui poussent vigoureusement → nécessité d’oublier. « Ça continue ». La vie : ce qui ne tient pas compte, ce qui méconnaît →
2 exigences aussi essentielles : immortaliser quelque chose (musée) et la vie (quelque chose d’amoral. La vie n’est pas fidèle.
Si elle retombe dans la blessure de l’amour allemand → masochisme.
Devenir amnésique : sentiment terrible devant lui.
Japonais = comparé à un psychanalyste.
Malaise ← blocage
Architecte, qui bâtit. Il essaie de la sauver (cf. Marienbad)
Japonais = détenteur d’une certaine sagesse (Alain Resnais se dérobe devant cela) Sagesse = consiste à comprendre.
Rivière Ota = cyclique. Elle représente une loi fondamentale de l’existence, qui consiste à se vider et à se remplir.
Loi des cycles, loi des métamorphoses.
Il n’y a donc pas à souffrir de voir disparaître l’amour (allemand).
Amour : au moment où il est vécu : éternel — il cède la place à un amour japonais (le japonais s’identifie à l’allemand. Identité au delà de la personnalité des hommes. Flux et reflux de l’amour.
Film destructeur par rapport à une tradition occidentale.
Occident fondé sur le mythe de Tristan et Ysolde. Amour qui brave le temps. Ici : au fur et à mesure du film (prise de conscience) elle comprend la loi des cycles.
La nuit disparaît. Le deuxième japonais annonce un cycle nouveau.
La sagesse : revivre avec autant d’intériorité chaque fois.
Structure circulaire. Dimension extra spatiale et extra temporelle.
1ère intégration : dans le cycle cosmique.
2e intégration : en 1960 il est vain de penser à des petites histoires personnelles.
Qu’est-ce que l’être humain : un lieu est un moment…
Soyons des lieux. Lions notre destin au devenir historique.
Alain Resnais est irrité par son héroïne qui s’attache à une histoire.
Problème final : qu’est-ce qu’elle va guérir ? Elle ne guérira pas tout de suite (Resnais). « Ce film souhaite s’orienter vers une dialectique » mais « il est dans une contradiction perpétuelle » → ambiguïté. Espoir d’adoucissement mais visage tendu de Riva → le contraire.
500 images différentes parce qu’elle n’a pas fait la synthèse.
Agel : film inauthentique
Éléments d’artificialité
Collet : parti pris, au niveau du scénario, de chercher les rapports les plus alambiqués (on mêle des choses différentes + personnage de la femme : son jeu, sa diction sont tellement concertés que → littéraire
Côté irritant de l’héroïne parce qu’elle se sonde
cf. deux films qui ont la même donnée (histoire d’une femme qui prend conscience) : Ingmar Bergman : « Jeux d’été » — Max Ophüls : « Lola Montès »
Allergie à l’amour
Mes commentaires : Agel réagit en vieux bourgeois, défendant les valeurs sacro-saintes du mariage et de l’affection enracinés dans une expérience commune… comme si cela était NÉCESSAIRE… !
Il peut dire cela car il est marié, a des gosses, une situation (de critique bien côté dans les patronages) mais nous, étudiants, petits bourgeois menacés à chaque instant, en perpétuel déséquilibre, dans l’insécurité de la jeunesse et de la pauvreté, que pouvons nous faire d’autre que d’être des intellectuels, pour la femme : d’être une femme « libre », d’une « moralité douteuse »…
Le seul moyen d’échapper à la destruction de l’amour, c’est de « l’émerveiller » comme chaque jour je m’efforce à le faire. Pour des gens mariés, déjà : non. On peut leur reprocher de s’être mal mariés. Mais nous qui voulons vivre ensemble, qui ne sommes pas sûrs, nous ne pouvons pas nous appuyer sur une tradition bourgeoise et sur notre expérience commune… Il reste : la merveille…
Si nous nous accrochons à la peau, n’est-ce pas parce que il nous faut nous accrocher quelque part et que nous prenons ce que nous trouvons en premier
Sentiment d’instabilité… Nous sommes les lieux où nous sommes et nous sommes n’importe où… Nous sommes n’importe qui… Ceux qui attaquent Resnais au nom de l’humain, je leur réponds que, pour nous, l’humain reste à découvrir…
Hiroshima = cri de désespoir… et d’espoir…   (notes prises lors d’une présentation-débat de « Hiroshima mon amour », au Musée des Arts décoratifs, il me semble, par Henri Agel, notre professeur de cinéma de la Classe préparatoire à l’IDHEC, au lycée Voltaire)

Note écrite à 19 ans

IDÉE – SPECTACLE – TECHNIQUE

Hier soir : idée. Dans ma chambre : photos → idée

1966.02.03

Il y là création d’un espace par différenciation des plans dans lesquels se placent les personnages. Étudier les combinaisons possibles de 2 écrans ( ou plusieurs )
On peut faire varier la relation des 2 écrans. Par exemple, l’image 2 disparaît. La 1 varie ( passe de profil ou de face par exemple ) A ce moment l’écran 2 se déplace et vient se placer en fonction de la nouvelle image 1. Mobilité des écrans suivant la mobilité des images. Étudier la combinaisons possible de ces 2 écrans (ou plusieurs…)

Note écrite à 19 ans

IDÉE – SPECTACLE – TECHNIQUE

Projection sur des écrans placés dans des plans différents.

1966.02.04

Changement de dimensions. A travailler. On pourrait synchroniser ( image sur écran 1, image sur écran 2, avec élimination par glissement des écrans qui s’interposent. A travailler ).

Note écrite à 19 ans

IDÉE SCÉNARISTIQUE

Scénario de l’imprudence :
Séquence 1 : le metteur en scène convainc le producteur
Séquence 2 : il traverse la ville agitée par le remue-ménage de la guerre pour trouver une équipe. Aspect précaire. Aspect du cataclysme dont l’amorce est lancée par cette entreprise qui commence

Note écrite à 19 ans

IDÉE SCÉNARISTIQUE

Hier soir, vu « Vitelloni » de Fellini → Idée ( pour un générique ? ) Le générique du film est constitué par texte en surimpression sur un plan général de rues, la nuit, vues de haut. J’ai pensé que le texte pouvait être celui d’une affiche au départ ( ou un texte d’une dimension différente, synthèse texte-image ( 2 dimensions) Donc, après, quand on entre dans le décor, qu’on descend dans la rue et que la caméra se retourne et regarde dans la direction où elle était avant : lettres inscrites géantes dans le ciel… → ( on devine l’écran, la salle, la dimension du spectateur,Bouleversement des notions de dimensions… Les lettres fournissent le point de repère inamovible autour duquel s’organise la dialectique des dimensions… Voir les rapports avec la « médiatisation » ( on touche la dialectique )

Note écrite à 19 ans

IDÉE – SPECTACLE

Dans une salle de théâtre : beaucoup de gens. Apparaît un géant. Mais ce géant est un nain parmi les géants. Il rencontre un nain parmi les hommes… ← (remise en question sémantique ( rapports avec la Littérature Nain = ? Contenu variable… Parallèle ) Si j’écris un texte, ne pas prononcer le terme de « spectacle total »

Note écrite à 19 ans

IDÉE – SPECTACLE – TECHNIQUE

Projection à l’intérieur d’un cylindre de toile sur la paroi

1966.02.07_1

On peut exploiter cela. Par exemple se servir de la toile comme d’un décor. Accrocher des objets sur la face extérieure. Ils apparaîtraient sur le devant en synchronisme avec l’image. Par exemple : une suite d’images séparées par des fondus au noir ( où tout disparaîtrait ) sur lesquelles passeraient des bas-reliefs sur la toile ( éclairés par des projecteurs qui suivraient le rythme des fondus ) → défilé de statues dans leur décor propre… ( chercher dans cette direction ) Par exemple : statue d’homme passant en vol plané sur un fond de ciel bleu…

Note écrite à 19 ans

IDÉE SCÉNARISTIQUE

1966.02.09

Explosion 2 moins forte que 1 et postérieure. Plan général où le bruit décroît en [s’éloignant] → succession de plans rapprochés : chaque explosion, de près, seule, aussi forte

Note écrite à 19 ans

Commentaire du 13 août 1997 :

Texte entre crochets barré et remplacé par « se rapprochant » avec commentaire : « Plus drôle »

– Commentaire écrit à 51 ans

 

IDÉE SCÉNARISTIQUE

Offrande aux pieds d’une statue de sainte ( Exemple : boucles d’oreilles ) Alors la statue saisit l’offrande et s’en pare, toute contente.

Note écrite à 19 ans

CINÉMA – GODARD – « PIERROT LE FOU » – RÉFLEXION

« Pierrot le fou »   9 h 30. Métro. J’ai remarqué que dans un tableau de peinture, le personnage vous suit des yeux. Le cinéma-spectacle devrait avoir cela (Belmondo parlant au public dans les roseaux)

Note écrite à 19 ans

CINÉMA – POLITIQUE – NOTES DE VISIONNAGE – MADELEINE RIFFAUD

21 h 10. Projection du film de Madeleine Riffaud. Actuellement, un gars parle. Je ne sais pas qui c’est.
Vietnam à 10.000 km des USA. Climat tropical, chaud et humide (trois mois d’hiver à Hanoï. Aucun au sud) Température habituelle : 35 à 45 °. Nature hostile mais grouillante de vie à la préhistoire (tigre → sangsues d’arbres et d’eau) Arrive le peuple vietnamien
Sud = région riche avec une civilisation connaissant la culture irriguée du riz (sur champ horizontal) → ils ont fait la culture sur paliers
Femmes et hommes y travaillent
Ils ont repoussé la jungle et transformé les terres en rizières
Au XVIIe : arrivée dans le delta du Mékong (riche)
Sécheresse → abandon des villages
Tradition de labeur — de lutte
Génies tutélaires : héros de la nation (lettrés – philosophes – rois – militaires)
80 ans de colonisation (sud → nord → centre)
Empereurs fantoches mais résistance populaire (lettrés)
2e génération : bourgeoisie nationale (par intérêt aussi + utopie = exemple : ils voulaient école en langue vietnamienne de (actuellement : au sud : pas encore ← interdit. Cette bourgeoisie répand l’écriture latine.
Soulèvement : répression impitoyable par les Français
1930 : parti communiste indochinois fondée par Ho Chi Minh (qui a appartenu au parti socialiste SFIO en 1911 – 1920 et au PCF après le congrès de Tours de 1920) parce que le PC préconisait l’indépendance des pays colonisés et l’alliance des classes ouvrières
1931 : soulèvement dans le centre (provinces côtières)
Vieille civilisation vietnamienne. Soulèvement paysans qui prennent le pouvoir → emploi de l’aviation (1re fois dans les guerres coloniales) (soulèvement des soviets du Néam (?) → réunions clandestines paysannes (en mai 1932 : célébration de la Commune de Paris)
Le colonialisme a fait mûrir la formation de la nation vietnamienne (← brassage)
Pire famine : 1945 (3 millions de mort) → éclatement du cadre du village. Déplacements de populations suivant les besoins des colonialistes
Tous les chefs du soulèvement vietnamien ne sont pas morts au bagne ← 1936 : succès du Front populaire. Ouverture des bagnes
2e guerre mondiale : occupation par les Japonais (avec la complicité du gouvernement français). Le peuple n’a pas considéré les Japonais comme des libérateurs
Maquis → insurrection d’août 1945 → République démocratique du Vietnam prête à l’amitié avec la France
Les colonialistes tentent de rétablir leur emprise → 8 ans de lutte terminés par Dien Bien Phu (1954)
On devait cela au fait que l’armée bénéficiait du soutien de toute population
(Henri Martin libéré en 1953)
20 juillet 1954 : accord de Genève (France – République démocratique du Vietnam – Laos – Cambodge – URSS – Grande-Bretagne – Sud Vietnam – République populaire de Chine) Les USA refusent leur signature mais promettent de respecter les accords
Ngo Din Diem : octobre 55 → terreur contre les appliquants des accords de Genève (division de la population en légaux – semi-légaux et illégaux) Troupes spéciales commandées par le frère de Ngo Din Diem conseillées et payées par les USA (250.000 dollars par mois)
Le 6 juin 1959 : proclamation d’une loi instituant des cours martiales avec une seule sanction : la mort.
L’insurrection a commencé au sud du Sud Vietnam.
République démocratique Nord vietnamienne : première victoire = contre la faim (provision de riz) 2e : contre la maladie 3e : contre l’analphabétisme (98% de la population sait lire) Éditions en langue vietnamienne
changement dans l’attitude officielle française vis-à-vis de cette guerre (application des accords de Genève) Il faut : condamnation des US – reconnaissance du F. N. L. – relations diplomatiques avec le Nord Vietnam
Chef du front : Guyen Houto

Note écrite à 19 ans

CINÉMA – DOCUMENTAIRE

Idhec : salle de cinéma. Noms à retenir : Grierson et Rotha.
1929 : « Drifters ». Pêche au hareng. Hareng : pas une chose qui tombe du ciel (intersection du courant de 1917 de Lénine et de celui de Zavattini)
Idée neuve de l’écriture : marxiste # formalisme bourgeois
Le cinéma montre « l’inconsciente beauté de l’effort vis-à-vis du travail » (Flaherty)
Ils fondent une société et s’entourent de collaborateurs (Lean — Cornelius)
Ne pas plaquer la beauté : « Elle viendra au moment opportun pour habiter un récit honnête et lucide… » → cinéma moderne
En projection : en voyant « Coal faces », je pense à Hiroshima et à Berthold Brecht
+ « Night mail »

Note écrite à 19 ans

VÉCU – CHOSES ENTENDUES

Grippé. 15 h 30. Radio (P. O.) → le Rythme. Dans des milieux sans rythme : perte des références, perte de l’unité du moi.
Toute parole naissante : cadencée (cadence avant les mots du poème) Toute expression verbale : pulsion avant d’être expression. Geste plus ou moins réprimé qui fait irruption verbale
Vie = phénomène rythmique ? Périodique.
Rythme de quoi ? Rythme avant qu’il y ait rythme de quelque chose… Structure avant d’être structure de quelque chose. Pour qu’il y ait rythme il faut qu’il y ait 1/variation 2/retour périodique : que cette variation se reproduise
Si la période déborde le champ de la conscience = plus de rythme
Tendance spontanée à organiser notre perception en périodicité subjective (même si pas de périodicité objective)
Leibnitz : « Pouvoir penser inconsciemment en nombres est le bonheur le plus divin… »
Mitos → Logos
Rythme purement affirmatif # Logos ← négation
Langage austère, ascétique # magie du rythme (Platon # poètes)
Poésie : modification de nos rythmes vitaux par perturbation ou création d’une nouvelle harmonie
La poésie devrait être un traitement neuropsychiatrique (plus de lecteurs de poèmes mais mélomanes)
Pour que la poésie agisse, il faut la réciter, la faire chanter (cf. spectacle total)

Note écrite à 19 ans

VÉCU – CINÉMA AMATEUR – « DELPHINE »

Présenté « Delphine » à Voltaire. Succès total. Il me reste à présenter mon scénario sur l’imprudence à Agel pour reprendre une position normale vis-à-vis de lui.
Je n’ai pas pu aller voir la chorégraphie de Béjart à l’Opéra (plus de place)

Note écrite à 19 ans

IDÉE SCÉNARISTIQUE

Valeur « fécondante » de l’Utopie… Lieux utopiques : Bibliothèque, Hôpitaux, Clubs de loisirs, contestant le réel. Utopie = contestation du réel.

Note écrite à 19 ans

Commentaire du 05 décembre 2011 :

Plus tard, cette note devait conduire au projet de télévision « Les lieux utopiques » (non réalisé)

– Commentaire écrit à 65 ans

VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

20 h 20. Bus. Petit incident amusant mais qui aurait pu me faire rater le train : le bus a coulé une bielle → transbordement dans un autre bus où j’écris actuellement. Je décolle à 22 heures
« Lullabye of Birdland »

Note écrite à 19 ans

SPECTACLE – RÉFLEXION – VIAN – « LE SCHMURZ »

1966.02.15_1

Comme au cinéma : raccord mouvement — continuité
paroles des personnages → évolution de la « chose »
après le drame on peut repasser en accéléré (cinéma) l’évolution de la chose = évolution du drame
les mots bouffent l’homme mais Vian les utilise : il soigne le mal par le mal ?
« Non, je ne tirerai rien des objets… »

Note écrite à 19 ans

RÉFLEXION – AMIS – ZYF – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

N’est-ce pas en « jouant » les marxistes qu’on le devient le plus sûrement… ? (Art = jeu + réalité… participation → Engagement ← (Lorient-Plage Les mouettes) – Jocelyne nous lisait à Yves et à moi des passages de Marx)

Note écrite à 19 ans

PROJET BALLET VIETNAM – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

J’ai écrit à Jo pour lui donner des idées nouvelles (et synthétiques) pour le ballet « Vietnam ». Côté bestial. Côté simiesque. J’attends sa réponse. Je verrai Jean-Jacques après.

Note écrite à 19 ans

SPECTACLE – DIMENSIONS – « LE BRAVE SOLDAT CHVÉÏK » – PISCATOR

« Le brave soldat Chveik » — Présentation de Bloch : « Le bon Chveik comparaissait devant un major. Le major était figuré par un dessin animé du cruel caricaturiste Georges Grosz. Un écran occupait soudain tout le fond de l’énorme scène, et une figure synthétique, de dimensions formidables, se composait, trait pour trait, devant le spectateur amusé. Au pied de cette image, Chveik bénévole, minuscule, se présentait au garde à vous, en chemise et en caleçon, et saluait militairement… » ← (mise en scène en 1928 à Berlin de Piscator)

Note écrite à 19 ans

IDÉE SCÉNARISTIQUE

La caméra se promène dans les rues et rencontre toutes les autres caméras qui filment les rues, les maisons, les places, tous les films tournés dans cette ville…

Note écrite à 19 ans

Commentaire du 5 décembre 2011 :

Idée magnifique. Il faudrait reconstituer le tournage des films réalisés dans cette ville

– Commentaire écrite à 65 ans

IDÉE SCÉNARISTIQUE

( Pour un scénario sur l’art de persuader ) reprendre l’idée du gars qui vole une caméra et découvre le monde grâce à elle… (?)

Note écrite à 19 ans

RÉFLEXION –SPECTACLE – CINÉMA

Aujourd’hui : frontières plus flottantes entre théâtre et cinéma.
Diderot ↔ cinéma (temps et espace
Tamiz : sommeil de l’hôte et de l’hôtesse debout tenant un drap.

1966.02.23

Projet Varda Bourseiller : ciné-théâtre ! ! « La vieille maîtresse » (Barbey d’Aurevilly) (*)
Bretagne → écran
Paris → théâtre
En France : sectarisme (théâtre).
Bluwal : télé : le répertoire classique a « collé ». Illustrer par l’image un texte : faire des décors irréalistes à un texte vraisemblable (Don Juan)
Auteur complet ?
Mutation du cinéma (cousin du théâtre)
Dénominateur commun théâtre-ciné-télé : spectacle (Bluwal)
Champ-contre champ : politesse que le théâtre rend au spectateur : voir l’acteur de face
« La vie n’est pas dans les apparences seulement » (Tamiz)
Problème de l’architecture théâtrale
Noblesse de la chose vue
Cartons : valeur émotionnelle
Recherche moderne : incorporer aux hommes des valeurs émotionnelles différentes → effet d’ensemble – collages – titres – lectures (cf. technique brechtienne)    (*) : « Impossible parce que théâtre et cinéma provoque des réactions (psychologiques) trop différentes pour les réunir dans un même spectacle, dans un même lieu » (il faut réformer le cinéma → et réformer le théâtre)

Note écrite à 19 ans

Commentaire du 05/12/2011 : notes prises au cours d’une conférence, me semble-t-il. Mais où ? quand ? par qui ? pourquoi ? Mystère !

– Commentaire écrit à 65 ans

PSY – ŒDIPE

Filles : même schéma œdipien que le garçon (aime sa mère et pas son père)
Elle doit faire un stade de plus (aimer le père et rivaliser avec sa mère).
un stade de plus → cela fausse ses rapports avec les garçons (mariages ratant à cause attachement à la mère)

Note écrite à 19 ans

CITATION – VIRGILE – « L’ÉNÉIDE »

« Flectere si nequeo superos,
Acheronta movebo »
(Si je ne peux pas fléchir les dieux,
je mettrai en branle l’Achéron… »
(« Déclin de l’Occident » Spengler)

Note écrite à 19 ans

VÉCU – CINÉMA AMATEUR – « DELPHINE »

Passé « Delphine » chez Thiriet (ciné club Rencontres au Palais de Chaillot)
Le public a sans doute aimé. Mais : amorphe – sans réaction (même pas agressif)
Ah, j’en viens à regretter les corniauds de Bordeaux qui m’engueulaient joyeusement…

Note écrite à 19 ans

VÉCU – 1ÈRE DES 4 FEMMES DE MA VIE : JOCELYNE

Pour l’instant elle se découvre elle-même à travers moi par la création commune. Mais quand elle se sera trouvée, n’aura-t-elle pas envie de créer seule de son côté ?

Note écrite à 19 ans

DIMENSIONS – POÉSIE – RÉFLEXION

Émission de Gavarry — En voyant une émission sur « Nicomède » (Maison de la culture de Caen) : le metteur en scène présente les décors. On les voit en plan général puis on voit les mains du metteur en scène qui détaille le dispositif (décors = maquette). Ce mélange des dimensions ne passionne pas (ne se remarque pas) parce que : didactisme.
Nécessité : poétique (*)
Comment définir « poétique » ? Est-ce : croire à ce que l’on voit en sachant que c’est une interprétation, une mise en scène ?
Peut-être (à certains moments) : photos fixes
(*) : Problème : il y a une dimension prépondérante, qui sert de repère – Il s’agit de les équilibrer (synthèse dialectique ? ? ? ? ? ? ? ? ?

Note écrite à 19 ans

IDÉE – SPECTACLE – TECHNIQUE

 Écran divisé en plusieurs panneaux

1966.02.25

Espace entre les panneaux projection en 1 seule image → décomposition de l’image. Création de l’espace. A exploiter

Note écrite à 19 ans

RÉFLEXION

Fonction magique de l’auteur d’une œuvre. Le public est perdu, ne connaît pas la signification de l’œuvre. L’auteur de la connaît pas non plus mais c’est, au monde, l’être qui s’en approche le plus → il est investi d’un pouvoir magique auprès du public qui croit rencontrer un mage en le rencontrant…

Note écrite à 19 ans

RÉFLEXION – CORNEILLE

Corneille, en inventant le ressort nouveau de l’admiration, s’écartait des règles classiques. De nos jours on préfère Attale à Nicomède, on apprécie les héros dont on a pitié*.
Ce point de vue marque donc un retour aux règles classiques de la tragédie (Aristote). On aime en Corneille ce qu’il a de moins original…
Cependant que peut se demander s’il croit vraiment que « l’amour qu’elle (l’admiration pour sa vertu) nous donne pour cette vertu que nous admirons, nous imprime de la haine pour le vice contraire…? »
N’est-ce pas là une « thèse officielle » qui sert à masquer des intentions secrètes ?
La « pitié » qu’on a pour Attale est bien particulière à cause de la situation (exemple : Nicomède acte 1 — scène 3) situation de comédie (quiproquo. Attale ne sais pas qui est Nicomède… Il le brave et quand il le reconnaît, il se dégonfle)

Note écrite à 19 ans

ÉCRITURE

Des mineurs enfermés dans une mine après un accident. C’était samedi. Ils allaient se reposer le dimanche. L’un deux, devenu fou, répète : « C’est samedi, c’est samedi… »

Note écrite à 19 ans