VÉCU – FEMMES

Et voilà : c’est fini. J’ai eu mal très fort un moment. J’ai encore mal mais d’une autre façon et je suis sûr de t’oublier un jour : c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Puisque tu ne veux pas de moi (j’en suis sûr) je ne me changerai pas pour t’illusionner ; je serai tel que je suis toujours sinon c’est le mensonge et ce n’est pas possible d’aimer ainsi. : [NON]
(texte rajouté et entouré peu de temps après)

– Note écrite à 16 ans

VÉCU – FEMMES

Pourquoi ne pas épuiser la situation ?
Tu peux m’aimer sans avoir osé le dire…
Je te reverrai et lorsque nos regards se croiseront, nous comprendrons tous les deux…
Tu peux m’aimer sans avoir osé le dire…
Nous nous reverrons, par hasard, je fuirai ton regard, tu ne comprendras plus, et les amis nous parleront, nous forcerons à nous revoir, notre histoire deviendra énorme, ce sera le malentendu, la fuite. Tu peux l’aimer et le lui dire : j’aurais très mal.
Tu peux l’aimer sans avoir (?) le dire…
Il te verra et te forcera à répondre, anxieux.
Il te fuira et ce sera un nouveau malentendu…
Se revoir, ne pas se parler, se sourire, subtile mosaïque, je préfère prendre ainsi notre histoire, j’ai trop peur de beaucoup souffrir…
Je n’ai vraiment pas de chance…

[Et non… !]

Le texte entre crochets a vraisemblablement été rajouté plus tard

Note écrite à 16 ans

CITATION – PSYCHOLOGIE/PSYCHANALYSE/MON PSYCHISME – RÉFLEXION

« L’esprit de l’homme qui rêve se satisfait pleinement de ce qui lui arrive… La facilité de tout est inappréciable. »
Pourtant il existe des moment du rêve où l’on a de grandes difficultés à marcher, à courir. On a peur, on est angoissé : le rêve n’est pas un lieu privilégié d’aisance, c’est aussi le royaume de la souffrance.

– Note écrite à 16 ans

RÉFLEXION – POLITIQUE

Non, ce qu’il faut construire ne viendra pas de ce qu’on aura détruit. – Il faut qu’il y ait un projet, une possibilité fondée sur ce qui existe maintenant et qui est pollué par certains immondices qu’on doit détruire, eux, et supprimer.

– Note écrite à 16 ans

 Commentaire du 29 novembre 2011 :

Encore une prémonition de Mai 68, mais de son échec, cette fois, car pas de projet à Mai 68 (sinon celui des groupes d’extrême-gauche)

Commentaire écrit à 64 ans

CITATION

En relation avec la thèse du Dr Laborit sur l’art (Cf. interview) :
« L’Homme énergique et qui réussit, c’est celui qui parvient à transmuer en réalité les fantaisies du désir. »
« Si [l’individu] possède le don artistique, psychologiquement si mystérieux, il peut, au lieu de symptômes, transformer ses rêves en création artistique. Ainsi échappe-t-il au destin de la névrose et trouve-t-il par ce détour un rapport avec la réalité. » (Freud)

– Note écrite à 16 ans

CITATION – LITTÉRATURE

(« Du surréalisme en ses œuvres vives ») « Ce besoin de réagir de façon draconienne contre la dépréciation du langage » : (Lautréamont, Rimbaud, Mallarmé, Lewis Carroll)
« Cabale phonétique » « langage des oiseaux » (J. P. Brisset, Raymond Roussel, Marcel Duchamp, Robert Desnos)
« Révolution du mot » (Joyce, E. E. Cummings, – Michaux)

– Note écrite à 16 ans

CITATION

Joyce vu par Breton : « Au courant illusoire des associations conscientes, Joyce opposera un flux qu’il s’efforce de faire saillir de toutes parts et qui tend en fin de compte à l’imitation la plus approchante de la vie (moyennant quoi il se maintient dans le cadre de « l’art », retombe dans l’illusion romanesque, n’évite pas de prendre rang dans la longue lignée des naturalistes et expressionnistes »
Antithèse constituée par « l’automatisme psychique pur » : « [Ce dernier] qui commande le surréalisme opposera le débit d’une source qu’il ne s’agit que d’aller prospecter en soi-même assez loin et dont on ne saurait prétendre diriger le cours sans être assuré de la voir aussitôt se tarir. »


Second Manifeste : « Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas, cessent d’être perçus contradictoirement. Or c’est en vain qu’on chercherait à l’activité surréaliste un autre mobile que l’espoir de détermination de ce point. »


– « C’est même du bouillonnement écœurant de ces représentations vides de sens que naît et s’entretient le désir de passer outre à l’insuffisante, à l’absurde distinction du beau et du laid, du vrai et du faux, du bien et du mal. Et, comme c’est du degré de résistance que cette idée de choix rencontre que dépend l’envol plus ou moins sûr de l’esprit vers un monde enfin habitable, on conçoit que le surréalisme n’ait pas craint de se faire un dogme de la révolte absolue, de l’insoumission totale, du sabotage en règle, et qu’il n’attende encore rien que de la violence. »


« À quand les logiciens, les philosophes dormants ? »


« Mon rêve de cette dernière nuit peut-être poursuit-il celui de la nuit précédente et sera-t-il poursuivi la nuit prochaine, avec une rigueur méritoire. »


« Le merveilleux est toujours beau, n’importe quel merveilleux est beau, il n’y a même que le merveilleux qui soit beau. »


(Lire « Le moine » de Lewis) « Le merveilleux n’est pas le même à toutes les époques : il participe obscurément d’une sorte de révélation générale dont le détail seul nous parvient… »


« L’homme propose et dispose. »


« Sur le fond du problème qui est des rapports de l’esprit humain avec le monde sensoriel, le surréalisme estime que nous devons chercher à « comprendre la nature d’après nous-mêmes… »


SURRÉALISME, n. m : Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. »


« Si l’on s’en tient, comme je le fais, à la définition de Reverdy, il ne me semble pas possible de rapprocher volontairement ce qu’il appelle « deux réalités distantes ». Le rapprochement se fait ou ne se fait pas, voilà tout.


« C’est du rapprochement en quelque sorte fortuit des deux termes qu’a jailli une lumière particulière, lumière de l’image, à laquelle nous nous montrons infiniment sensibles. La valeur de l’image dépend de la beauté de l’étincelle obtenue ; elle est par conséquent fonction de la différence de potentiels entre les deux conducteurs… « Or il n’est pas à mon sens au pouvoir de l’homme de concerter le rapprochement de deux réalités si distantes. »


« L’esprit se convainc peu à peu de la réalité suprême de ces images. Se formant d’abord à les subir, il s’aperçoit bientôt qu’elles flattent sa raison, augmentant d’autant sa connaissance. Il prend conscience des étendues illimitées où se manifestent ses désirs, où le pour et le contre se réduisent sans cesse, où son obscurité ne le trahit pas. »


« Sans elles [des conditions d’asepsie morale] il est pourtant impossible d’arrêter ce cancer de l’esprit qui réside dans le fait de penser par trop douloureusement que certaines choses « sont », alors que d’autres qui pourraient si bien être, ne « sont pas ». Nous avons avancé qu’elles doivent se confondre, où singulièrement s’intercepter à la limite. Il s’agit, non d’en rester là, mais de ne pouvoir faire moins que de tendre désespérément à cette limite. L’homme qui s’intimiderait à tort de quelques monstrueux échecs historiques est encore libre de croire à sa liberté. Il est son maître, en dépit des vieux nuages qui passent et des forces aveugles qui butent. N’a-t-il pas le sens de la courte beauté dérobée et de l’accessible et longue beauté dérobable ? Le clef de l’amour, que le poète disait avoir trouvée, qu’il cherche bien : il l’a. Il ne tient qu’à lui de s’élever au-dessus du sentiment passager de vivre dangereusement et de mourir. Qu’il use, au mépris de toute prohibition, de l’arme vengeresse de l’idée contre la bestialité de tous les êtres et de toutes les choses et qu’un jour, vaincu – mais vaincu seulement « si le monde est monde » – il accueille la décharge de ses tristes fusils comme un feu de salve »


(Les vases communiquants) « Une règle sèche, comme celles qui consiste à requérir de l’individu une activité strictement appropriée à une fin telle que la fin révolutionnaire en lui proscrivant toute autre activité ne peut manquer de replacer cette fin révolutionnaire sous le signe du bien abstrait, c’est-à-dire d’un principe insuffisant pour mouvoir l’être dont la volonté subjective ne tend plus par son ressort propre à s’identifier avec ce bien abstrait. »


« Si je ne découvre aucun obstacle essentiel à la formation de ce « front unique » [de la poésie et de l’art] c’est qu’il me paraît évident que l’élucidation des moyens propres à l’art d’aujourd’hui, digne de ce nom, l’élaboration même du mythe personnel (le travail d’un artiste occidental consiste à créer un mythe personnel à travers une série de symboles – André Malraux) dont il vient de s’agir, ne peuvent finalement tourner qu’à la dénonciation des conditions dans lesquelles cet art, ce mythe, sont appelés à se développer, qu’à la défense inconditionnelle d’une seule cause qui est celle de l’émancipation de l’homme. »


Ce que je sais, c’est que l’art, contraint depuis des siècles de ne s’écarter qu’à peine des sentiers battus du moi et du super–moi, ne peut que se montrer avide d’explorer les terres immenses et presque vierges du soi. »


« Aussi bien, dans ces conditions n’est-ce peut-être plus déjà de la création d’un mythe personnel qu’il s’agit en art, mais, avec le surréalisme, de la création d’un mythe collectif ( l’artiste est brusquement mis en possession d’un trésor mais ce trésor ne lui appartient pas…)

– Note écrite à 16 ans

LECTURE – CITATION

(Luc Thoré « Signification du phénomène urbain ») « Phénomène inéluctable pour la planète entière, l’urbanisation est la seule issue pour faire face au défi démographique. Elle concerne ou concernera tous les hommes et non plus quelques-uns » (…)
« En plein milieu du jour, on s’enfourne dans les salles ou l’obscurité artificielle permet de projeter des images des champs, des forêts ou de la mer.  » (Intéressante notion du cinéma qui, loin d’être dépréciative, doit être conservée et éclairée par l’œuvre) Des questions…
« La ville comme humanisation de la nature… » (Cela me semble faux dans la mesure où ma propre pensée individuelle de non-humanisme a pu naître et où je sens qu’elle participe d’un mouvement plus vaste, de la pensée collective immédiate et future…)
« Dans le milieu urbain, l’histoire a remplacé la nature sauvage, et c’est pourquoi ce milieu est en soi plus humain que le premier. » (La vision individuelle ne constituerait-elle pas plutôt, en permanence, une démystification de l’histoire ; la coexistence même de bâtiments d’époques différentes plaçant la ville sur un plan situé en dehors du temps traditionnel, c’est-à-dire de l’histoire, mais nous introduisant dans un temps nouveau, peut-être l’absence de temps… ?) → (hypothèse explicative des vieilles maisons de Nevers et des enseignes et des buildings d’Hiroshima dans «Hiroshima»)
« L’urbanisation est, en principe, le processus par et dans lequel la praxis humaine tend à organiser de manière rationnelle les conditions spatio-temporelles de la vie humaine. »

– Note écrite à 16 ans

CINÉMA – CRITIQUE DE FILM – BRESSON

« Le Procès de Jeanne d’Arc » (Robert Bresson)
Bien entendu : un art de la rigueur. Mais il faut définir cette notion : Bresson a dit qu’il avait construit son film sur les paroles. On peut donc s’attendre à une mise en question du langage. Tout le film est centré autour de Jeanne, il est vu par elle, elle a cette volonté (qui est aussi celle de l’auteur) de scruter ce qui l’entoure, d’en prendre conscience pour y chercher un signe. Ainsi les paroles de Cauchon, aussi bien dans leur fond que dans leur forme, étroitement unis, elle les interprète comme un signe du Mal, et ses paroles à elle jaillissent directement des questions sans jamais s’égarer, car elle tire sa force de la connaissance du Mal, étant elle-même une envoyée du Bien.
On sent chez elle, dans ses réponses, une volonté de « donner l’assurance », d’être, à travers son existence, signe du Bien. Cette attitude, concernant l’être profond de Jeanne, dépasse l’interlocuteur, signifie pour « tout le monde ». Le renoncement momentané de Jeanne s’explique par « la vue du feu » et les cris de la foule. Sa chair a pris le dessus sur sa conscience, elle a cessé de contempler le Mal, effrayée (fermant les yeux) et a perdu ainsi sa source de force.
Le plus intéressant, peut-être, du film réside dans la reprise de Jeanne. Elle provient de l’ordre de l’évêque de quitter l’habit d’homme. Il y a ici (ce n’est qu’une interprétation) un passionnant essai sur la sexualité, merveilleuse violation des tabous, institution de la femme nouvelle. À fleur de peau, je prends conscience de l’originalité de cette vision d’une femme farouchement attachée à ses habit d’homme. Certains plans montrent Jeanne assise ou marchant, sans qu’on soit très sûr qui ne s’agit pas là d’un adolescent. Par-delà l’habit, c’est le corps qui est observé, Bresson ne fait pas de différence entre le corps masculin et le corps féminin, spiritualisant l’un et l’autre (habits de velours, étoffes sobres…) mais là où la magnifique révolution s’arrête, c’est sur cet escamotage de l’acte sexuel, auquel on pouvait s’attendre, dangereuse impasse à laquelle risquait de mener la vision première d’un corps uniforme et dans laquelle malheureusement Bresson ne manque pas de tomber : cette volonté de « rester vierge ».
C’est en se révoltant contre l’ordre de l’évêque, et en prenant conscience de sa révolte, comprenant par là qu’elle est l’esprit pur du Bien, que Jeanne trouve la force d’affronter sa mort. Un plan de la fin du film est très significatif : le plan de la croix tenue devant la mourante. En effet il y a ici un échange secret : ce plan peut être celui que voit Jeanne, y trouvant un signe du Bien, mais il peut aussi bien être une métaphore désignant la mourante. Il y a ainsi la reconnaissance du Bien (Jeanne) qui se fait en même temps expression du Bien (Jeanne encore). Il y a communion de signe à signe.
L’uniformité du langage provient de la permanence de la fonction de signe de ce langage.

Procès de Jeanne d'Arc - Bresson - Jeanne et la croix
(Peu de temps après)
Le procès de Jeanne d’Arc est un modèle de vie.  En en sortant, j’ai touché les tissus d’une autre façon…

– Note écrite à 16 ans

CITATION

« L’aménagement de l’avenir ne devient possible qu’avec la statistique. Les calculs laissent filer les cas individuels à travers leurs mailles. Ils ne prévoient que pour les masses. La tension entre futur et présent ou entre l’histoire et l’éternité qui caractérise la civilisation urbaine apparaît comme la métamorphose de l’ancienne contradiction bien connue entre le l’universel et le singulier ou comme l’envers de l’opposition entre le travail, tendu vers le futur au profit de tous, et le loisir orienté vers la satisfaction personnelle dans le présent. » (L. Thoré : « L’action populaire ») 

– Note écrite à 16 ans

CITATION – POLITIQUE

« À la place de l’ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance des nations. »


« À un certain degré de développement de ces moyens de production et d’échanges, les conditions dans lesquelles la société féodale produisait et échangeait, l’organisation féodale de l’agriculture et de la manufacture, en un mot le régime féodal de propriété, cessèrent de correspondre aux forces productives en plein développement. » (Source inconnue) (Marx ?)

– Note écrite à 16 ans

Commentaire du 9 février 2012 :

Oui, la source est bien Marx (« Le manifeste du parti communiste »)

– Commentaire écrit à 65 ans

 

CITATION – SCIENCE

« L’opinion » pense « mal » : elle ne « pense » pas : elle traduit des besoins en connaissance. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. »


« Avant tout, il faut savoir poser les problèmes. Et, quoiqu’on en dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce « sens du problème » qui donne la marque du véritable esprit scientifique.
Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. » (Bachelard : « La formation de l’esprit scientifique ») 

– Note écrite à 16 ans

CITATION – POLITIQUE

« Le 25ème point du programme phalangiste, soucieux de « la dignité de l’Etat et de l’intégrité nationale » recommandait implicitement la séparation de l’église et de l’état. À l’inverse, le second principe fondamental du régime actuel est un acte de soumission de l’État espagnol à l’église catholique romaine dont la doctrine inspire sa législation. » (Esprit n° 12)


« Francisco Franco Bahamonde, généralissime des armées, chef de l’état et du gouvernement, chef du Mouvement, réunissant entre ses mains les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, ne répond de ses actes que devant Dieu et devant l’histoire. »


« Aux Cortés, par exemple, quels sont ces « représentants naturels » [du peuple] ? Des «procureurs » dont la moitié est nommée par Franco, soit directement soit en raison de leurs fonctions (ministres, magistrats, recteurs d’université, maires de grandes villes…) auxquelles ils ont été appelés par Franco ; l’autre moitié est composée de notables « élus » dans les syndicats, municipalités, corporations, députations provinciales, etc. »


« De même, au Conseil National Social des Syndicats, on entend ces « représentants naturels » des travailleurs, nommés par Franco : hiérarques phalangistes, généraux, marquis, évêques… »


« Le Syndicat y est défini [dans la Charte du Travail de 1938] comme un « instrument au service de l’état ». La lutte des classes y a été résolue par décret : ouvriers et patrons coexistent dans les mêmes syndicats et y harmonisent leurs intérêts en vue de l’intérêt national… d’où l’interdiction absolue du recours à la grève. »


« C’est le pouvoir absolu d’un homme qui conjugue en lui les prétentions théocratiques et démocratiques, dont l’activité tournée vers l’intérieur consiste à arbitrer sans appel entre les forces qui l’appuient : « Mouvement », Capital, Armée, Église, à comprimer le peuple et à réprimer sans pitié toute velléité d’opposition, afin de donner à l’extérieur l’impression d’Ordre et d’Unité nationale. »


1/ Les directeurs des journaux sont désignés par le ministre de l’Information 2/ L’activité des journalistes est surveillée par le même 3/ Des consignes sont données aux journaux sur les thèmes à traiter, à ne pas traiter, à développer, à minimiser, etc… »


L’esprit critique des classes populaires espagnoles a fait échouer cette prétention (de la censure).


On évalue, entre 1936 et 1943, à 480 000 le nombre des victimes de la liquidation intensive de la guerre et de la post-guerre civile dues aux massacres ordonnés par les généraux fascistes à Séville, à Badajoz, à Grenade, en Navarre…, à l’activité des tribunaux militaires à huis clos et aux exécutions sommaires dans les prisons… »


En attendant cette réouverture promise de la guerre civile déclarée, « la guerre continue sans rafales de mitraillette, non sanglante, mais non moins vive et décisive » (1959)


« Les petits patrons, victimes des discriminations d’une politique de grand capitalisme, accablés d’impôts, se ruinent lentement. »


« Le logement a aussi été sacrifié, jusqu’en 1957… Le rythme de la construction s’est accéléré, mais sans atteindre avec 50.000 logements annuels le rythme nécessaire pour satisfaire le besoin d’un million de logements qui s’accroîtra encore par l’expansion démographique et l’exode vers les villes. »


« Si, de 1929 à 1956, l’indice de production industrielle a augmenté de 145%, l’indice de production agricole a baissé de 13%. »


« C’est la politique économique et financière tout entière du régime qui obéit littéralement au proverbe : « On ne prête qu’aux riches » (Cavestany — ministre de l’agriculture)


« L’alimentation populaire des espagnols est à base de pain, d’huile, de pommes de terre, de tomates, d’oignons, de choux, de poireaux, de melons. »


« Il y a un vieux capitalisme espagnol (surtout basque et catalan), représenté au ministère par Gual Villalbi (1959), qui est favorisé dans la mesure où il a su s’intégrer au régime, comme le grand magnat Juan March, les grands propriétaires terriens et les banquiers. Mais il y a surtout le formidable essor d’un néocapitalisme franquiste d’actionnaires de SA et d’entrepreneurs sans scrupules. »


« Santiago Carrillo a raison d’affirmer que « en définitive », c’est à l’intérieur et non en France, ni au Mexique que se décide le sort de l’Espagne. »


« Ce qui m’inquiète c’est la dispersion de cette opposition ; ce qui frappe favorablement c’est sa jeunesse. »
« Si elle ne veut pas vieillir dans les prisons d’Espagne et dilapider son capital d’ardeur juvénile, elle doit faire preuve de lucidité, être persuadée que Franco ne quittera le pouvoir que forcé, renoncer à l’idée d’une évolution pacifique du régime par libéralisation ou par voie monarchique, et à celle de l’effondrement brusque par désagrégation spontanée. » (Marius Gaudilliou) (?)


« L’influence du milieu du travail est, pour le moment, réduite en Espagne par la crainte du mouchardage et l’absence d’organisations syndicales libres. »


« La vie de famille se heurte à deux obstacles essentiels : l’un, la crise du logement… autre difficulté : l’éloignement du lieu de travail. »

– Note écrite à 16 ans

CITATION – SCIENCE

« Accéder à la science, c’est, spirituellement, rajeunir, c’est accepter une mutation brusque qui doit contredire un passé. »


« Il vient un temps où l’esprit aime mieux ce qui confirme son savoir que ce qui le contredit, où il aime mieux les réponses que les questions. »

(Bachelard)

– Note écrite à 16 ans

CITATION – SCIENCE

Lecture de « La formation de l’esprit scientifique » de G. Bachelard :

« Par les évolution spirituelles que nécessite l’invention scientifique, l’homme devient une espèce mutante, où pour mieux dire encore une espèce qui a besoin de changer, qui souffre de ne pas changer. Spirituellement l’homme a besoin de besoins. »

« Préciser, rectifier, diversifier, se sont là des types de pensées dynamiques qui s’évadent de la certitude et de l’unité et qui trouvent dans les systèmes homogènes plus d’obstacles que d’impulsions. »

« À une même époque, sous un même mot, il y a des concepts si différents ! Ce qui nous trompe, c’est que le même mot à la fois désigne et explique. La désignation et la même ; l’explication est différente. »

« L’épistémologue doit donc s’efforcer de saisir les concepts scientifiques dans les synthèses psychologiques effectives, c’est-à-dire dans les synthèses psychologiques progressives, en établissant, à propos de chaque notion, une échelle de concepts, en montrant comment un concept en produit un autre, s’est lié avec un autre. »


(Gérard Varet « Essai de psychologie objective. L’ignorance et l’irréflexion. » Paris 1938)


« Nous examinons successivement le danger de l’explication par « l’unité » de la nature, par « l’utilité » des phénomènes naturels. Nous ferons un chapitre spécial pour marquer « l’obstacle verbal », c’est-à-dire la fausse explication obtenue à l’aide d’un mot explicatif, par cet étrange renversement qui prétend développer la pensée en analysant un concept au lieu d’impliquer un concept particulier dans une synthèse rationnelle. »


« C’est cette connaissance de l’objet que, dans notre dernier chapitre, nous examinerons dans toute sa généralité, en signalant tout ce qui peut en troubler la pureté, tout ce qui peut en diminuer la valeur éducative. Nous croyons travailler ainsi à la moralisation de la science, car nous sommes intimement convaincu que l’homme qui suit les lois du monde obéit déjà à un grand destin. »


« La pensée pré scientifique ne s’acharne pas à l’étude d’un phénomène bien circonscrit. Elle cherche non pas la « variation », mais la « variété ».


D’après Gaston Bachelard, la science du 18e siècle, au stade pré scientifique, n’est qu’un « spectacle » → « Pour Voltaire lui-même, la représentation extérieure, imagée, pittoresque prime des ressemblances intimes et cachées » (à propos des automates)


« La connaissance commune est inconscience de soi. » (Edmond Le Roy)


« Sans la mise en forme rationnelle de l’expérience que détermine la position d’un problème, sans ce recours constant à une construction rationnelle bien explicite, on laissera se constituer une sorte « d’inconscient de l’esprit scientifique » qui demandera ensuite une lente et pénible psychanalyse pour être exorcisé. »


« Une expérience pour être vraiment rationalisée, doit donc être insérée dans un jeu de « raisons multiples ».


« Nous ne saurions trop engager nos lecteurs à rechercher systématiquement des convergences scientifiques, psychologiques, littéraires. Qu’on arrive au même résultat par des rêves ou par des expériences, c’est, pour nous, la preuve que l’expérience n’est qu’un rêve. »


« L’abbé Poncelet ne manque pas de dénoncer par ailleurs « l’abus de termes qui a répandu d’étranges ténèbres sur les notions que l’on croit avoir des êtres abstraits ou métaphysiques » (comme le mouvement) »

« Comme le dit très bien Marcel Boll, ce qui caractérise le savant moderne c’est l’objectivité et non pas l’universalisme : la pensée doit être objective, elle ne sera universelle que si elle le peut, que si la réalité l’y autorise. » Or l’objectivité se détermine dans la précision et dans la cohérence des attributs, non pas dans la collection des objets plus ou moins analogues. Cela est si vrai que ce qui limite une connaissance est souvent plus important, pour les progrès de la pensée, que ce qui étend vaguement la connaissance. En tout cas, à tout concept scientifique doit s’associer son anti-concept. »


Lire Brice Parain


« On suit une métallurgie comme un raisonnement. La métallurgie contemporaine est un raisonnement : le thème abstrait explique les manœuvres industrielles. Une opération comme la distillation fractionnée, qui est plus monotone, est entièrement arithmétisée : elle procède presque comme une progression géométrique. La mystique de la répétition ne s’introduit donc pas dans un esprit scientifique moderne. » (À propos de la substantialisation d’un travail patient) – Cette phrase exprime, dans un sens marxiste peut-être, le passage du travail manuel traditionnel « mystifié » (période féodale et religieuse) à un travail « désincarné » qui demande une solution : elle me semble être, en fonction de ce que dit Gaston, dans une conscience de la manipulation industrielle orientée vers l’évolution du « thème abstrait », impliquant les gestes dans la pensée du travail.


« Il est bien sûr que les pierres précieuses sont, dans nos sociétés, les valeurs matérielles indiscutables. » – [D’après l’analyse de Gaston il semble que cette définition des valeurs (les pierres) ne soit pas un arbitraire mais corresponde à un stade de la pensée. Ainsi la notion arbitraire peut n’être que « polémique ». On traite d’arbitraire tout ce qui est fondé sur une structure mentale différente de la sienne et se situant un stade antérieur et dépassé de l’évolution mentale, peut-être non seulement dans l’histoire mais encore dans l’évolution interne de la pensée individuelle.] (1)

(1) Par-dessus le texte entre crochets a été portée la mention « baratin »


R. et Y. Allendy « Capitalisme et sexualité »


« On ne peut pas compléter une expérience qu’on n’a pas soi-même commencée dans son intégrité. On ne possède pas un bien spirituel qu’on n’a pas acquis entièrement par un effort personnel. »


« La vie marque les substances qu’elle anime d’une « valeur » indiscutée. Quand une substance cesse être animée, elle perd quelque chose d’essentiel. »

– Note écrite à 16 ans

IDÉE SCÉNARISTIQUE – ÉBAUCHE

Notes pour le film :

Des ballons de papier sortant des cheminées. Des rubans rouges flottant aux cheminées.
1er plan : Travelling avant par l’entrée du 10 Rue Madeleine Michelis et panoramique vertical jusqu’au toit.
Commentaire : ( Toute la première partie du film doit avoir ce ton « d’histoire ») « Quand on a longtemps marché dans le souterrain obscur, arrivé à la lumière au bas des escaliers où passent parfois des silhouettes blanches, on sait que plus haut, très larges, comme une nouvelle terre, s’étendent les toits de la ville… »
Musique : Sicilienne de la sonate en mi bémol majeur pour flûte et clavecin et peut-être l’allegro final.
Lieux pour ce film :
12 Villa Eylau ( 44 Av. Victor Hugo )
19 Av. Kleber
168ter Av. de Neuilly ( 173 ? )
Façade des 9 et 11 Rue Vérien ( Neuilly )

CITATION – LITTÉRATURE

Querelle des anciens et des moderne : (thèse des modernes) « La nature est toujours la même en général dans toutes ses productions ; mais les siècles ne sont pas toujours les mêmes ; et, toutes choses pareilles, c’est un avantage à un siècle d’être venu après les autres. » (Perrault) (parallèle avec la notion de cycle marxiste ? — on aborde d’ici le problème du temps et du progrès)

– Note écrite à 16 ans